ce blog a pour vocation de présenter nos créations ( herbiers contemporains, land art, fleurs imaginaires, art nature, art environnemental et art écologique)
Cette mosaïque pixel incarne la forêt et plus particulièrement une hêtraie comme celle des vieux arbres de la Gautrie que vous pourrez admirer lors d'une promenade dans la forêt de Réno Valdieu.
2 - Pixel-Artmosaic de la forêt - l’automne
Cette mosaïque incarne la rectitude des chemins forestiers comme ceux de la forêt de Bellême, chemins rectilignes dont vous pourrez profiter lors d'une promenade à l'automne.
3 - Pixel-Artmosaic couleurs du bois manufacturé et teinté
Cette mosaïque s’inspire de l’exploitation humaine de la forêt et de l’arbre qui arrive dans nos décorations intérieures, meubles, marqueterie, parquets, boiseries.
4 - Pixel-Art Mosaic des pelures de pomme
Ces mosaïques sont réalisées avec des pelures de pommes diverses aux couleurs étonnantes et variées - du jaune au vert, du rouge au violacé... Par déshydratation, elles se conservent durablement et conservent leur plasticité propice à la création.
5 - Pixel-Artmosaic des feuilles d'arbres
Cette série incarne la plasticité du végétal qui reste fragile voire cassant. On trouve de l'orme, du hêtre, du lierre, du chêne, du peuplier... Appliquer cette plasticité à la mosaïque permet de combiner le brillant, le mat du végétal sur des tonalités d'été ou automnales.
6 - Forêt imaginaire du Perche
En assemblant des feuilles dites squelettiques, nous avons pensé une forêt imaginaire du Perche ou des alignements du bocage où l'arbre se détache à l'horizon.
8 - Acrylique on canvas - 4 carrés de feuilles blanches
C'est une évocation de l'angoisse de la feuille blanche", avec des feuilles des arbres du Perche.
9 - Acrylique on canvas - tapis forestier 2026
Evocation du tapis forestier en écho à la litière forestière qui produit l'humus en forêt.
10 - Acrylique on canvas - Feuille blanche sur blanc
La feuille blanche, en écho avec l'angoisse de l'écrivain et de l'artiste face à la feuille blanche.10 – Acrylique on canvas - Feuille blanche sur blanc
11 - Carré photographique des 9 arbres du Perche remarqués par le Collectif Corblin - Levaillant
Cette série de 9 photographies correspond à nos coups de cœur pour des d'arbres remarquables, remarqués, vénérables que nous avons vu dans le Perche dont l'alisier torminal : 48.612833, 0.881500 ; Les saules blancs de Saintigny : 48.346139,0.952417 ; le pommier d'Arcisses : 48.352028,0.869500
12 - Tête de "trogne", bois flotté
Le Perche, pays des "trognes" a sa réplique dans ce bois flotté.
13 - Racine Carrée, bois flotté
Ce format carré est la valorisation des racines des arbres qui sont pour la plupart invisibles à l'oeil nu.
14 - Mosaïque d'écorces d'arbres et autres végétaux
Pour l’exposition "arbres remarqués" d'Eure-et-Loir, un travail artistique et photographique a été entrepris et un livre a été édité. Cette mosaïque d’écorces s’inscrit dans ce prolongement.
15 - Mosaïque - Herbier contemporain des arbres et des plantes tinctoriales du Perche
Au 18ème et 19ème, entre Nogent, Mortagne, Authon et Bellême des teintures naturelles aux plantes ont été appliquées sur les étamines du Perche.
Notre herbier contemporain des plantes tinctoriales fait écho à cette activité du temps où la teinture se faisait avec les plantes.
16 - Mosaïque - Herbier contemporain des graines d'arbres et autres végétaux du Perche
Cette oeuvre évoque les graines des arbres du Perche et nous dévoile la diversité végétale au travers des fruits, des drupes, des graines.
17 - Carte "A chacun son Perche"
A chacun son Perche est le titre générique de cette carte, fruit de notre recherche historique, géographique, botanique, toponymique des "Perche" ornais, sarthois, eurelien et vendômois.
18 - Carte de l'activité cidricole et des aires géographiques du Perche - 1850 et 2020
Le Perche, province disparue au début du 19e siècle a connu une cohérence géographique, paysagère, agricole et cidricole du 19e siècle au mitan du 20e siècle. Le renouveau de l'aire géographique cidricole 2020 redessine une aire nouvelle contenue dans celle de 1850.
19 - Carte des terres du Perche - Invent [terre] sols et humus du Perche
Cet inventaire artistique des terres et humus du Perche est une invitation à découvrir les sols que l'on a l'habitude de piétiner sans les voir. L’humus forestier et bocager est une des composantes et une des richesses du Perche.
20 - Mosaïque Invent [terre] sols et humus du Perche
Tableaux des couleurs des terres du Perche à l'image de la diversité des minéraux qui sont constitutifs des matériaux utilisés en architecture et en construction.
21 - Mosaïque des dérivés des fruitiers du Perche
Pâtes de fruits, gelées, pépins pour la pectine sont à l'oeuvre mêlant coing, prune, pomme et corme dont la gelée de coing confectionnée par Annie Ernaux en 2025.
22 - Mosaïque des variétés des fruitiers de pressoir cultivés dans le Perche
Cette mosaïque, cet herbier du verger percheron et des fruits de pressoir met à l'honneur quelques-unes des variétés emblématiques du Perche avec une porosité assumée avec le Maine, l'Ouest et la Normandie.
23 - L’Arbre à capsules végétales : fruits et graines du Perche et autres curiosités botaniques d’ici et d’ailleurs
Cette installation comporte une structure d'arbre avec 5 branches principales sur lesquelles sont accrochées des sphères contenant des ressources botaniques.
24 - Pendulaires de feuilles d'arbres du Perche
Cette tombée de feuilles mortes symbolise l'automne et nous invite à les observer, les identifier et les reconnaître.
25 - Paravent à capsules végétales : fruits, graines et feuilles en pendulaire
Ce dispositif artistique complète l'arbre à shères. Dans les sphères sont intégrés fruits, graines et autres curiosités végétales.
26 - Perches, échalas et mosaïque
L'identité percheronne s'est construite à partir de la « perche » objet et mesure concrète. Aujourd'hui nous les parons de smalts vénitiens.
27 - Bouteilles sculptées en bois flotté gravées au nom des producteurs de cidre du Perche AOC
Hommage aux producteurs de cidre du Perche qui ont obtenu l’AOC cidre du Perche en 2020.
28 - A pied dans le Perche, Bois flotté et mosaïque
Le Perche est une contrée où l'on aime marcher, randonner. Cette oeuvre bois flotté mosaïque est un hommage à l'activité sportive.
Le Conseil Départemental de l'Eure-et-Loir nous accompagne avec 3 formats photographiques des trois arbres remarqués d'Eure-et-Loir .et un format photographique sur bâche, d'écorces des arbres d'Eure-et-Loir.
Le liensuivant GPS vous permettra de vous aider à vous y rendre pour les admirer : Les saules blancs de Saintigny : 48.346139,0.952417 ; chêne de Méaucé : 48.473806, 1.002806 ; le pommier d'Arcisses : 48.352028,0.869500
Vous pouvez consulter le site dédié à ces arbres : https://storymaps.arcgis.com/stories/05bfe05f9f7a44cca8143f6127933cb9
30 - Colonne bois flotté, cuir et verre d'Albertini (France)
Ce bois flotté est un dialogue entre le règne minéral (Verre Albertini) et le règne animal (cuir)
31 - Levaillant Siméon, photographe des patrimoines, autoportrait parmi les arbres - 2011
Cette photographie met en scène la place de l'humain dans la nature, dans son environnement originel et naturel. Le Perche, l'arbre et l'humain sont indissociables.
32 - Carré tinctorial des plantes et arbres au pouvoir tinctorial
Cette mosaïque incarne la teinture naturelle sur textile en écho à la tenture qui se pratiquait dans le Perche à Bellême, Mortagne, Nogent et Authon.
33 – Création florale des échappées du verger avec des épluchures de pommes
Cette création vous inspirera pour vos créations lors de l’atelier que nous animerons le 1er Novembre pendant la fête de l’arbre et de la pomme.
Description des contenus botaniques
Mosaïque d’écorce
Œuvre n°14
Ecorce de chêne, de hêtre, de houx, de bouleau et autres ressources en dialogue avec le visuel des écorces du Conseil Départemental 28
--------------------------
Herbier des plantes tinctoriales
Œuvre n°15
------------------------------
Herbier des graines et fruits des arbres
Œuvre n°16
---------------------------------
Inven[terre] humus et sols du Perche
Œuvre n°20
Avec plusieurs pots contenant de l’humus
--------------------------------
Herbier des produits des fruits de pressoir
Œuvres n°21
Les boites de Pétri contiennent des variétés de pommes à cidre cultivées dans le Perche et de pommes à deux fins. Certaines sont d’origine locale, du Maine, du Perche et de la Normandie (Perche ornait). A leurs côtés, des cormes déshydratées avec leurs pépins.
Dans cet herbier contemporain figurent également des produits dérivés des pommes comme la gelée de pomme ; pomme-coing ; pomme-prune ; corme (confiture).
------------------------
Oeuvre n°22
22 - Mosaïque des variétés des fruitiers de pressoir cultivées dans le Perche
Herbier contemporain des fruits de pressoir et du verger du Perche Variétés des trois vergers de l'Ecomusée du Perche
(cour de l'Ecomusée - cour du prieuré - verger conservatoire route de la Pierre Procureuse) Saint-Cyr-La-Rosière, Orne, Perche ornais, Normandie
Quinze pommes (P. à cidre, P. à couteau et P. à deux fins)
et
la corme piriforme (C. à deux fins)
------------------------
Carré tinctorial
plantes et arbres au pouvoir tinctorial
Œuvre n°32
Oeuvres n°23 & 25
Carré photographique des 9 arbres du Perche remarqués par le Collectif Corblin – Levaillant
Œuvre n°11
Nous vous soumettons notre sélection d'arbres que nous vous proposons d'aller rencontrer lors de vos prochaines balades.
L'ensemble de notre sélection se trouve sous le tableau ci-dessous.
Contenus textuels avec le QRCODE
Liens vers les corpus textuels
1- La carte à chacun son Perche
Carte des aires géographiques du cidre du Perche 1850-2020
2 - Histoire des fruits de pressoir dans le Perche - cidre et cormé par le collectif Corblin-Levaillant - avril 2026
4 - Arbres et plantes à propriété tinctoriale du Perche - Exposition "Œuvres d'arbres" à l'Ecomusée du Perche par le collectif Corblin-Levaillant de 09 à 11 – 2026
5 - Perche - Toponymie des paroisses, bourgs, villes de France mentionnant la province du Perche auxquels ces lieux étaient rattachés sous l’ancien Régime, avant la Révolution française < 1789 - Collectif Corblin-Levaillant
6 - Humus, sol, sous-sol : les horizons méconnus du Perche [de la litière forestière au terreau ] Terres du Perche - végétales, minérales et humus par le Collectif Corblin-Levaillant 2014-2026
7 - Toponymie des Arbres dans : Lieux dits ; Bois ; Forêt - dans le Perche - Collectif Corblin Levaillant 2026
8 - Rencontre avec les arbres remarquables, remarqués, protégés, vénérables et/ou historiques par le Collectif Corblin-Levaillant - exposition "Œuvres d'Arbres" Ecomusée Saint-Cyr-la-Rosière 17 septembre - 29 novembre 2026
Le Perche à travers les âges depuis l'antiquité à aujourdhui en 64 cartes
Schématiquement l'ensemble des cartes sont apparues au 16e siècle hormis celle de la Gaule romaine celle de Peutinger découverte en Bretagne en 1900. La première carte de France date de 1525, mais la plus anciennement complète est née au XVIIIè siècle. C’est la carte de Cassini.
En réalisant cette recherche sur le Perche nous avons découvert un certain nombre de cartes qui permettent de comprendre mieux le Perche d'ajourd'hui.
Ce Perche n'a plus d'existence administrative depuis que la province a été découpée et dont le territoire a été réparti dans quatre départements, dans trois régions françaises depuis la Révolution française.
Il sera intéressant de les consulter pour mesurer la compléxité à évoquer aujourd'hui ce territoire jadis nommé Perche et que l'on nomme désormais Perche ornais, Perche sarthois, Perche eurélien et Perche vendômois ou loir-et-chérien.
Avertissement : reproduction interdite sans l’accord des auteurs cités
Cartographie du Perche
Ensemble de cartes d’hier à aujourd’hui
ou autrement dit
« A chacun son Perche »
D’après les archives nationales, régionales, par le prisme de l’Histoire, de la géographie, de la géologie, de l’agriculture, de la botanique, du tourisme, de la topographie, de la toponymie, de l’hydrographie, …
L’ensemble de ces cartes situent ce territoire qui s’est construit peu à peu au fil des millénaires à l’endroit où il fut occupé par les celtes puis par les gaulois avant l’invasion des romains puis des peuples barbares sur ce carrefour d’échanges et de passage du nord au sud et l’est en ouest.
L’arrivée des vikings puis des anglo-normands ont clairement délimité une frontière septentrionale stable avec ledit Perche en fonction de l’évolution et de l’extension historique de la Normandie et du Royaume de France dont a fait partie le dit Perche. L’axe Alençon - Moulins-la-Marche - Verneuil - Dreux est devenu cette limite septentrionale assez stable du 11e au 14e siècle de la province du Perche du Royaume de France avec la Normandie et la Normandie anglo-normande.
Au 16e siècle commencent à se dessiner les cartes qui indiquent que les limités orientales approchent les villes de Dreux, Illiers-Combray, Bonneval, Châteaudun et plus floues vers le vendômois et bien moins avec le Maine qui portant a conservé des traces toponymiques certaines des noms de perticus, pertica ou perche.…
La Révolution française redessinera totalement les contours de la Normandie empiétant sur l’ancienne province du Perche ainsi par exemple Tourouvre, Longny, Rémalard, Mortagne, Bellême, Ceton devinrent normands.
Ce qui fut la province du Perche disparut pour se fondre dans trois autres régions et dans quatre départements ce qui fit que Mortagne devenu normand (bourg de la province du Perche) s’affirma plus tard comme Mortagne-au Perche de même que Longny.
Chacun que tout territoire aux contours délimités peut à tout moment se modifier : prenons l’exemple de l’Alsace Lorraine tantôt prussienne, tantôt française.
Faut-il rappeler que les limites de la France n’avaient pas encore incorporé la Savoie et le Niçois.au début du 19e siècle. …
Après avoir défendu une régionalisation fondée sur la géologie (1888), Vidal de la Blache découvre et propose d’autres formes de cohérence régionale. Observateur des faits d’actualité, il remarque le mouvement spontané d’association régionale qu’effectue le monde de la production agricole et industrielle, de la banque et des communications. Voyageant en Amérique, il remarque la rapidité et la concentration des échanges et des flux. Il identifie le rôle des villes dans la polarisation des activités. Il forge alors la notion de « groupement régional » attentive à l’économie et à l’influence urbaine. Agissant comme expert, il propose une nouvelle organisation fondée sur 17 régions animées par une capitale (1910)[1].
Ces quatre première cartes[1] situant le Perche illustrent bien la difficulté à lui définir des contours.
Alors y-a-t-il un Perche géologique ? Y-a-t-il eu qu’un Perche historique après qu’il ait été véritablement fondé à Saint-Avit près de Mondoubleau ? Y-a-t-il une cohérence de ce territoire sans véritable carte avec ce que l’on nomme la géographique, la botanique, l’architecture d’un territoire utilisant des matériaux locaux mis à disposition puisés dans le sous-sol?
Et le paysage ? les paysages de ce territoire ne sont-ils pas aussi une clef de lecture et d’interprétation ?
Aujourd’hui les traces toponymiques du Perche méridional depuis Saint-Avit viennent souligner qu’il est plus vaste qu’il n’y parait historiquement, d’Est en Ouest ce qui concoure aujourd’hui à ce que l’histoire du cidre viennent s’imbriquer dans des contours (aire géographique établie assez proche de celle du jeune Parc Naturel Régional du Perche qui décennie après décennie s’étend progressivement vers le Loir ou vers l’Huisne sarthois.
Le Perche se revendique aujourd’hui sous des critères identitaires nourris par la défense et la promotion d’un savoir-vivre authentique dans un cadre où le cheval percheron a aidé l’homme à le construire sur des terrains difficiles et parfois exigus ou hostiles préservé entre forêts et bocages où la « pierre » et des enduits de couleurs viennent lui conférer un aspect préservé auquel ses habitants semblent très attachés, attirant ces dernières années de nouveaux arrivants séduits par son caractère patrimonial naturel, architectural et son cadre de vie unique. Si la Normandie voisine a accueilli les chevaux de course et l’excellence du cheval dit de trait, le Perche a conservé l’identité d’un cheval percheron.
En guise de conclusion, le Perche s’avère être un territoire sans véritable carte précise mais avec une réelle identité revendiquée comme Alain l’a écrit.
« Le Perche est un coin de province très déterminé. Quand je vais en Bretagne et que j’arrive au Mans, vers Nogent-le Rotrou et Condé -sur-Huisne je passe à travers un pays de monticules, assez boisé avec de grasses prairies ; je reconnais le Perche à une certaine aisance des maisons, aux chevaux vigoureux aux moulins prospères. C’est mon pays.[…] . »Alain[2] & [3]
[1] Le tour de France d’un géologue, Nos paysages ont une histoire, François Michel, Delachaux et Niestlé, Brgméditions, pp 11 et 17.
[2] Portraits de famille, Mercure de France - in : Antoinette Guerrini, Pittoresque et Poésie d’une petite ville, Mortagne-au-Perche, Les Amis du Musée Alain et de Mortagne -au-Perche, 1996, p. 13
Esuves : Peuple de la portion armoricaine de la Gaule celtique. Leur territoire correspondait à ceux des anciens diocèses de Bayeux et de Sées, soit le centre et l'ouest du département du Calvados et une grande partie du département de l'Orne.Les Ésuviens ne nous sont connus que par trois mentions faites dans la Guerre des Gaules de César sous les formes Esuuios (II, 34 ; III, 7) et Esubios (V, 24).Après la conquête romaine, Ésuviens ne furent plus mentionnés. Dans un contexte inconnu, cette cité fut démembrée entre la fin du Ier s. av. et le début du Ier s. ap. J.-C. pour constituer trois nouvelles cités : les Sagiens, les Bodiocasses et les Viducasses. Tout porte à croire qu'avant la conquête romaine, ces trois peuplades constituaient des pagi de la cité des Ésuviens.[1]
Carnutes : Peuple de la Gaule celtique, puis de la province romaine de Gaule lyonnaise. Leur territoire s'étendait sur toute la région comprise entre la Seine et la Sauldre (affluent du Cher), soit l'Yveline, le Mantois, le Drouais, le Blésois, le Pays chartrain, l'Orléanais, la Sologne et une partie du Gâtinais. Leur territoire correspondait donc à celui des anciens diocèses d'Orléans, de Chartres et de Blois (avant 1790). Leur métropole fut d'abord Cenabum (Orléans), avant que celle-ci ne fut transférée à Autricum (Chartres). Chartres tire son nom actuel de celui de ce peuple.Dans le dernier quart du IIIe s. ap. J.-C., la cité des Carnutes fut divisée. La portion méridionale de leur territoire fut constituée en une nouvelle cité, celles des Aurelianenses.
Dans le cadre de la réforme provinciale de Dioclétien (dernière décennie du IIIe s. ap. J.-C.), la province de Gaule lyonnaise fut divisée en deux nouvelles provinces. À cette occasion, la cité des Carnutes intégra la province de Lyonnaise première. Un nouveau redécoupage eut lieu du temps de Constantin (314 ap. J.-C.), conduisant à ce que la cité des Carnutes échut à la province de Lyonnaise quatrième.[2]
Cénomans : Peuple de la Gaule celtique, leur territoire correspondait à la moitié orientale de l'ancien diocèse du Mans (avant 1790), c'est à dire l'actuel Haut-Maine (soit une grande partie du département de la Sarthe). Leur capitale était Vindinum (Le Mans).
Attestations et étymologie
Ce peuple fut mentionné sous les formes Aulercis Cenomanis par César (Guerre des Gaules, VII, 75), (Aulerci qui cognominantur) Cenomani par Pline (Histoire naturelle, IV, 107), ΑὐλίρκιοιοἱΚενομανοὶ par Ptolémée (Géographie, II, 8, 8) et enfin sur deux inscriptions découvertes à Allonnes : AVL(ERCI) CE[NOMANI (CAG-72, p 116 ; AE 2003, 1187 ; 2004, 928) et CIVIT(AS) [AV]L(ERCORVM) [CENOMAN(ORVM)] (AE 2003, 1189 ; 2004, 930 ; 2011, 764). Leur nom est gaulois. Le premier composé s'explique par lepréfixe au-, qui exprime l'idée de séparation ou d'éloignement, associé au terme -lergo / -lerco qui signifie "trace". "Aulerques" devait signifier "(ceux qui sont) loin de leurs traces". L'étymologie du second composé n'est pas résolue. En 27 av. J.-C., dans le cadre de la réorganisation administrative de la Gaule opérée par Auguste, le territoire des Aulerques Cénomans fut intégré à la province de Gaule lyonnaise (Pline, Histoire naturelle, IV, 107). Quelques années plus tard, lorsque Auguste définit le statut des cités de la province (16-13 av. J.-C.), la cité des Aulerques Cénomans hérita du statut de stipendiaire (Histoire naturelle, IV, 107), elle fut donc soumise au paiement du tribut.
La cité des Aulerques Cénomans au Bas-Empire
Dans le cadre de la réforme provinciale de Dioclétien (dernière décennie du IIIe s. ap. J.-C.), la province de Gaule lyonnaise fut divisée en deux nouvelles provinces. À cette occasion, la cité des Aulerques Cénomans intégra la province de Lyonnaise seconde. Lorsque cette province fut à son tour divisée, lors de la réforme provinciale de Constantin (314 ap. J.-C.), la cité des Aulerques Cénomans intégra finalement la province de Lyonnaise troisième.[3]
La grande Beaulse comprenant les pais Chartrain Orleanois, le Perche, le Maine, d'Aniou, de Touraine, Blaisois, de Brenne, Vendosmois, et Dunois, Briet, Philippe (1601-1668). Cartographe
1 Fi 495 [Perche, Vendômois et Blaisois] : Perchensis Comitatus, La Perche Comte ; Comitatus Blesensis, Blaisois, par Joanne Temporio, [atlas géographique cosmographie, XVIIe], plume et aquarelle. Archives du Loir-et-Cher
18e siècle
Carte Perche wordpress province du Maine, 1700 Carte du Perche dans ses limites historiques, avec Grand Perche, Perche-Gouët et Thymerais.[1]
1 Fi 583 Le Maine, l'Anjou et la Touraine. La Beauce et la Sologne. Le Perche-Gouët, le Vendômois, le Dunois, le Blaisois, l'Orléanois et le Païs chartrain, par N. de Fer géographe de sa majesté catholique, [XVIIIe], carte imprimée et aquarellée. Archives du Loir-et-Cher
Le (s) Perche (s) d'aujourd'hui se situe au carrefour de la Beauce, de la Normandie, du Maine et de l'Orléanais
Carte des provinces du Maine et du Perche, dans laquelle se trouve comprise la partie septentrionale de la généralité de Tours / par Delisle, Guillaume (1675-1726). Covens & Mortier. Fonction indéterminée , J. Covens et C. Mortier (Amsterdam),17..[1]
Cette carte ancienne de la Préfecture Générale d'Orléans (Aurelianensis Praefectura Generalise) couvre les actuelles régions du Centre, du Poitou-Charentes et des Pays de la Loire. Elle a été dressée et éditée par Gerard Valk vers 1720.[1]
Carte du gouvernement général des provinces du Maine et Perche[1] / dressée... par J.-B. de La Fosse, Mondhare, Louis-Joseph (1734-1799)., Éditeur : Mondhare (Paris), 1780, Sujet : Maine, Gouvernement du Perche
Géographie du Perche[1] et chronologie de ses comtés ; suivies de pièces justificatives formant le cartulaire de cette province ; [et d'une] table alphabétique donnant les identifications des noms de personnes et des lieux.... Partie 1 / par le vicomte de Romanet,...
Étude de Vidal-Lablache de 1910 pour l'application des principes généraux de l'organisation régionale en France, reprise par Émile Glay dans son article La réorganisation administrative de la France, pour le numéro-programme d'août 1919 de l'hebdomadaire Floréal. Date 1910 Source Floréal : l'hebdomadaire illustré du monde du travail Août 1919 Numéro-programme, p.2 E. Glay : LA RÉORGANISATION ADMINISTRATIVE DE LA FRANCE. CODHOS / OURS, 2012-81221. Bibliothèque nationale de France[1]
« Le Parc naturel régional du Perche a été créé par décret du Premier ministre le 16 janvier 1998. A cheval sur les régions Normandie et Centre-Val de Loire, son périmètre actuel s’étend sur 202 041 hectares, répartis sur 10 communautés de communes, 91 communes : 52 dans l’Orne et 39 en Eure-et-Loir.
Caractérisé par des paysages emblématiques de bocages, de prairies et de collines, les forêts occupent près de 50 000 ha de sa surface, tandis que l’eau sillone sur 1 160 km. Terre nourricière, l’agriculture occupe 61 % des sols du territoire, avec une forte tradition de polyculture élevage. Pays d’harmonies et d’équilibre, le Perche est réputé pour son cheval percheron, ses pommes, ses paysages, ses manoirs, son bâti… Des patrimoines savamment et patiemment façonnés par le temps et par la main de ses habitants, mais que vient mettre à mal notre mode de vie contemporain et le réchauffement climatique.
Le Parc a pour vocation d'aménager et de développer ce territoire, en concertation avec ses acteurs (habitants, institutions et associations), en sensibilisant au respect de l'environnement et en protégeant ses patrimoines.[1]»
En ce qui concerne la Sarthe, l’Atlas régional des Pays de la Loire reconnaît une unité paysagère appelée « Perche sarthois », conscrite à quelques communes sur un arc de cercle entre Saint-Cosme-en-Vairais au nord et Vibraye au sud, en passant par La Ferté-Bernard. En revanche, le pays du Perche Sarthois, né d’un regroupement de communautés de communes, et qui correspond aussi à un Pays d’art et d’histoire labellisé, est beaucoup plus vaste, et s’étend jusqu’à Bonnétable, Savigné-l’Evêque et Saint-Calais. Quand l’Atlas considère le relief (des plateaux entaillés de petites vallées, notamment), les structures plus officielles s’attachent davantage à l’image de marque, et font déborder le Perche vers des micro-régions déjà affirmées, telles que le Saosnois.[1]
« le sujet est complexe selon le point de vue qu'il soit géographique, géologique ou historique, aussi je vais reprendre la formule de l'Inventaire du patrimoine du canton de la Ferté-Bernard (p.10) qui laisse entrevoir la difficulté à cerner la frontière du Perche qui a fluctué au fil de l'histoire : "les luttes d'influence entre ces deux contrées (Perche et Maine) furent nombreuses et l'on ne trouve sur la frontière du Perche qu'une géographie féodale confuse qui, avec le problème des ressorts et paroisses mixtes, perdura jusqu'à la Révolution." Cependant, pour vous apporter des éléments du point de vue historique sur les lieux de notre territoire, à savoir : La Chapelle du Bois et la Croix des Cinq Charmes : D'après le censier de La Ferté (1er quart du XIVe siècle), la limite entre le Perche et le Maine correspond au ruisseau le Moire (limite actuelle entre les départements de l'Orne et de la Sarthe), donc la Croix des Cinq Charmes et le reste de la commune de La Chapelle-du-Bois appartenait au Maine .» [1] La Prousterie (Avezé) : Le château et la seigneurie de la Prousterie en Avezé était dans la châtellenie de Béllême à l'origine mais le reste de la paroisse d'Avezé était dans le Maine. »
Communes du Perche Vendômois[1] du Perche autrement dit « Pays du Perche en Loir-et-Cher »[2]
« Les 4,5 communes du Perche-Gouet, du territoire du « Pays du Perche en Loir-et-Cher » sont Le Plessis-Dorin, Saint-Avit (ne pas prononcer le t), Arville, Le Gault-du-Perche (éviter d’écrire Le Gault-Perche, cela ne plait pas aux habitants) et la moitié de Souday correspondant à l’ancienne paroisse de Glatigny.
Les vingt autres communes du « Pays du Perche en Loir-et-Cher » appartenaient, sous l’ancien Régime, au comté de Dunois.
Depuis la Révolution, ces 26 communes furent géographiquement comprises dans le Perche Vendômois. Le département de Loir-et-Cher est constitué de diverses régions très différenciées géographiquement et culturellement : la Sologne, la Vallée de la Loire, la Petite Beauce, le Val de Loir et le Perche Vendômois pour la partie septentrionale du département. Le nom de Perche Vendômois a été attribué parce que son paysage se différentie des autres régions par son bocage, ses pommiers à cidre, ses chevaux et vaches, et son habitat. La grande gloire des Percherons sont les chevaux percherons. Mondoubleau était une région d’élevage des percherons.
Les foires de Mondoubleau avaient grande notoriété jusque dans le Grand Perche. [3]»
[1] In : Liste des communes de la Communauté de Communes du Perche et Haut Vendômois
La présentation de ce document apporte une indication, à propos de la forêt de Moulins-Boismoulins, qui sera maintenue dans la Carte de la France sylvoécorégion. En effet comme le document le stipule « même si les limites géographiques du Perche sont plus discutables que ses limites historiques, celle de ce catalogue sont avant tout établies à partir des éléments écologiques forestiers. En effet, c’est en confrontant les données recueillies sur le terrain, dans le but de se rapprocher le plus possible d’une homogénéité écologique régionale, que nous les avons fixés.
Il faut signaler encore que cette zone définie a été historiquement tantôt normande, tantôt du Perche (province) ce qui a duré durant plusieurs siècles au Moyen-Âge.
«Au milieu du 11e siècle, Guimond de Moulins, qualifié de marquis (du bas latin marchio seigneur d’une marche, pour frontière) est le premier seigneur du lieu. Le Duc de Normandie, Guillaume-le-Batard, lui confie la défense de son duché sur cette éminence naturelle à la frontière du Perche, rattaché alors à la couronne de France. La motte castrale est vraisemblablement aménagée à cette époque avec plusieurs enceintes et une plate-forme sommitale accueillant un donjon en bois, quelques bâtiments et une chapelle. L’histoire de Moulins est marquée par celle des ducs de Normandie puis des rois d’Angleterre. Au gré des alliances, des trahisons et des réconciliations, la Marche passe alternativement du giron anglais à celui des comtes du Perche jusqu’à ce que Philippe Auguste le rattache définitivement
DREAL/P. Galineau
Situation
A l’est du département de l’Orne, la commune de Moulins-la-Marche se situe au nord-ouest de la forêt du Perche et à 14 km au nord de Mortagne-au-Perche. La butte se trouve au sud du bourg. Le sommet de la butte de Moulins-la-Marche au domaine royal, en 1204. A partir de 1290, Moulins fait partie de l’apanage des comtes du Perche. Le château est détruit par les anglais, vers 1428-1430, lors de la guerre de cent ans mais la Butte demeure néanmoins un poste de guet et de défense. En 1636, Louis XIII érige Moulins en vicomté qui subsiste jusqu’à la Révolution. La Butte et ses environs sont alors la propriété de Monsieur, frère cadet du Roi Louis XVI et futur Louis XVIII. Il en confie l’apanage (à perpétuité) à deux frères : Louis et Alexandre Férault de Falandre. 1791 marque le début d’une longue bataille juridique entre la commune et la famille Férault pour la possession de la Butte qui est laissée à l’abandon. Dans les années 1930, les héritiers Férault qui louent déjà quelques jardins au pied de l’éminence, envisagent d’étendre la vente à l’ensemble de l’ancienne motte féodale. Le délégué du Touring-Club de France demande alors la protection de la Butte et elle est inscrite parmi les sites en avril 1931. Les terrains vendus en jardins (au nord et à l’ouest) ne sont pas inclus dans le périmètre de protection. En 1942, la bataille juridique continue et le site est en voie de dégradation, il devient « un dépôt d’immondices contraire à l’hygiène ». Les propriétaires font abattre les arbres qui le couvrent et, en 1954, le délégué régional des Beaux-Arts envisage de mettre un terme à la mesure d’inscription de « ce lieu qui a perdu tout intérêt.[1] »
Site inscrit N°61064 – Moulins-la-Marche – Butte
Le cas de la forêt de Bourse : La SER B 33 : Perche regroupe trois régions forestières nationales IFN de l’ouest du Bassin parisien : - le Perche (61.9), au nord ; - le Plateau calaisien (72.5) au sud-ouest ; - le Perche-Gouët et Vendômois (41.2), au sud-est. S’étendant sur cinq départements : Eure, Eure-et-Loir, Loir-et-Cher, Orne et Sarthe, et trois régions administratives : Centre, Basse-Normandie et Pays de la Loire, la SER B 33 est entourée des SER : - B 32 (Plateaux de l’Eure), au nord ; - B 31 (Campagne de Caen et Pays d’Auge), au nord-ouest ; - B 61 (Baugeois-Maine), à l’ouest et au sud-ouest ; - B 62 (Champeigne-Gâtine tourangelle), au sud de la vallée du Loir ; - B 44 (Beauce), à l’est. Le Perche tire son nom de la sylva pertica qui couvrait, il y a plus de 2000 ans, l’ensemble de ce territoire. L’appellation Perche-Gouët (ou Petit Perche) vient du nom de Guillaume Gouët, seigneur de Montmirail, qui a donné une unité à cette petite région. La région du Perche est réputée pour la qualité de son chêne et l’élevage du cheval de trait percheron. La SER B 33 comprend l’ensemble du territoire du parc naturel régional (PNR) du Perche et une petite partie, couvrant la forêt domaniale de Bourse, du PNR de Normandie-Maine.
L’intérêt de la carte de l’inventaire forestier[1] sylvoécorégion tel qu’il oriente les contours d’une région naturelle ainsi dessinés procure un cadre de référence unique et un repère objectif inscrit dans un plus vaste territoire et celui-ci s’approche de ce que l’on appelle aujourd’hui la région naturelle du Perche. L’autre intérêt est de contenir plus largement ce que l’on pourrait définir comme une ancienne forêt primaire contenant l’Abies Alba Pectinata L qui chevauche à la fois cette zone et celle plus au nord en Normandie de l’Orne allant vers le sud Calvados (en rose pâle)
La forêt de Moulins-Bonsmoulins que l’on dit située en limite Nord au nord du Perche figure sur cette carte sylvoécorégion ainsi que celles de l’arrière-pays orientale d’Alençon : Forêt Domaniale de Bourse ; au Sud-est figure la forêt de Marchenoir et au sud-ouest la forêt de Bercé.
Faut-il préciser que cette zone s’apparente à une zone géographique repérée et à une zone d’exploitation et de gestion forestière figurée par l’IGN forestier en France métropolitaine.
Dans le cas précis « Le Perche correspond à un bombement de l’auréole crétacée du Bassin parisien recouvert de formations à silex parfois limoneuses, mais aussi par endroits sableuses ou, surtout, argileuses, d’où la prédominance des sols hydromorphes. Les chênaies-(hêtraies) constituent la végétation forestière la plus fréquente de cette région bocagère, avec des chênaies remarquables (forêts de Bercé ou de Bellême par exemple).
Utilisation du territoire
Le paysage bocager de la frange ouest du Perche et du plateau Calaisien est constitué d’une mosaïque de parcelles irrégulières avec des haies plus ou moins fournies et des arbres fruitiers qui donnent au paysage un aspect très boisé. La densité du bocage n’est cependant pas aussi forte que dans les régions plus occidentales. De grands massifs forestiers riches en chêne de qualité répartis sur l’ensemble de la région donnent à la région une réputation indéniable : Bellême, Réno-Valdieu, la Ferté-Vidame, Senonches, Vibraye et, surtout, Bercé… Au sud-est, le grand massif privé de la forêt de Marchenoir, qui paraît être en Beauce, est rattaché au Perche.[2]»
Pour relativiser une forêt qui parait être en Beauce, elle peut dans ce cas rejoindre ou s’intégrer au Perche. A ce titre nous pouvons imaginer fusionner cet inventaire aux contours de ladite région naturelle du Perche dans laquelle pourrions-nous situer le Perche historique, le Perche géologique, le Perche touristique, le Perche littéraire, le Perche équidé et architectural…
CESER Centre-Val de Loire - Le Perche en route vers un grand projet de territoire[1]
Le projet s’articule en 2015 autour des communautés de communes
Du Perche d’Eure- et- Loir : CC de l’Orée du Perche ; CC du Perche ; CC du Perche-Gouët ; CC du Perche Senonchois ; CC du Perche-Thironnais ; CC des Portes du Perche.
Du Perche ornais : CC du Haut-Perche ; CC du Pays Bellêmois ; CC du Val d’Huisne ; CC Perche Sud ; CC du Pays Longny au Perche ; CC du Perche Rémalardais ; CC du Bassin de Mortagne au Perche (qui a fusionné avec la CC du Pays den Pervenchères en 2013).
Du Perche sarthois : CC du Pays Bilurien ; CC du Pays des Brières et du Gesnois ; CC du Pays Calaisien ; CC Maine 301 ; CC du Pays de l’Huisne Sarthoise ; CC du Pays du Val de Braye.
Du Nord-vendômois et Perche Haut-Vendômois : la Communauté de Com m unes des Collines du Perche, créée en 1993, regroupe 16 communes, représentant 6 328 habitants en 2011 ; La communauté de com m unes du Perche Vendômois rassemblant 10 communes et 2645 habitants en 2011 ; Depuis janvier 2014, la nouvelle communauté de communes du Perche Haut-Vendômois rassemble cette dernière et celle du Haut Vendômois composé de 13 communes.
« Le Perche ?
Mais où diable se cache donc ce bout de territoire ? Tout le monde en a peu ou prou entendu parler, mais rares sont ceux qui savent le situer réellement. Le Perche court depuis l’Eure-et-Loir jusqu’en Sarthe en passant par l’Orne. Le Perche, ce sont des collines verdoyantes à hauteur d’hom e ; ce sont des petites rivières qui serpentent au fond de vallons joliment herbeux et où paissent encore quelques trop rares troupeaux de bovins ; ce sont des bois autrefois giboyeux qui se transforment en forêt depuis que les paysans abandonnent les fermes et les cham ps ; ce sont des longères, enfin, nichées en pleine campagne ou aux abords de petits bourgs sans prétention, arborant des façades couleur d’ocre claire et des toits de petites tuiles serrées, bâtiments rachetés depuis quelques années par des bobos en mal d’air pur et de tranquillité. Agnès Boucher, écrivaine (5 août 2014). »[2]
Repères et définitions à propos des arbres dits remarquables, vénérables, admirables, à protéger… préparé par Pascal Levaillant, artiste-botaniste via A.RB.R.E.S., dictionnaire et la réglementation de mai 2023.
Arbre remarquable
L'âge avancé d'un arbre est un paramètre important. La consultation d'archives (cartes postales, gravures...), la localisation de l'arbre et son environnement ainsi que et les témoignages permettent d'estimer l'âge d'un arbre tout en conservant son intégrité. Eléments visibles indiquant des signes de vieillesse :
Arbre peu vigoureux (croissance lente, peu de feuilles en saison...)
aspect irrégulier du tronc et des branches (présence de bourrelets, tronc creux, contreforts importants...)
Ce critère dépend de l’essence : un if de 500 ans n'est pas exceptionnel, un hêtre de 500 ans serait exceptionnel.
La mesure de la hauteur peut se faire à l'aide d'une croix de bûcheron, facile à concevoir et utiliser.
Ce critère dépend de l'essence, (ex: une hauteur de 25m ne suffit pas à un pin laricio pour en faire un arbre remarquable, un olivier de plus de 15m est exceptionnel).
La circonférence d'un arbre se mesure à 1.3m du sol, dans un plan perpendiculaire à l'axe du tronc. Comme pour la hauteur ce caractère dépend de l'essence (ex: un châtaigner de 4m n'est pas exceptionnel alors que c'est le cas pour un érable de Montpellier de plus de 3 mètres de circonférence).
L'arbre a-t-il un intérêt historique (associé à un personnage historique, témoin de faits historiques, planté lors d'un évènement...) ?
L'arbre est-il associé à une légende ou à une croyance religieuse ou païenne ?
Morphologie et physionomie (aspect tortueux, enlacé, rectitude, forme animale, arbre taillé originalement, couleurs, envergure...), association du ligneux avec le minéral, intérêt paysagé.
CRITÈRES BIOLOGIQUES L'arbre a-t-il un fonctionnement original, présente-t-il des adaptations particulières au milieu, a-t-il des particularités physiologiques (ex: blanchissement d'une partie du feuillage...)?
AUTRES CRITÈRES L'arbre se trouve-t-il hors de son milieu naturel de répartition ? l'arbre est-il isolé ou intégré dans un peuplement remarquable?
Un arbre présentant un ou plusieurs de ces critères pourra être dit remarquable, cependant cette appréciation laisse aussi une place à la subjectivité.
L'association A.R.B.R.E.S. s'intéresse particulièrement aux arbres remarquables à portée nationale.
Un arbre remarquable est avant tout un arbre exceptionnel qui fait naître de l’émerveillement, de la curiosité ou juste un certain intérêt. Ainsi, un arbre n’est « remarquable » que s'il est reconnu comme tel par une ou plusieurs personnes.
Il y a de multiples façons pour un arbre de se faire remarquer. Sa dimension, sa forme, son esthétisme, son âge ou encore sa valeur historique ont attiré l’œil sur lui. C’est pourquoi les arbres remarquables représentent un patrimoine naturel, culturel et paysager exceptionnel.
Ces observations font toutefois place à une certaine subjectivité ! Sur la base de démarches similaires menées par d'autres territoires, le Pays Pyrénées Méditerranée a retenu certains critères afin de faciliter le recensement sachant qu’un arbre remarquable peut cocher une seule ou plusieurs caractéristiques :
Âge : l’arbre observé est-il particulièrement ancien pour son essence ?
Dimensions : l’arbre possède-t-il une circonférence, une hauteur ou une envergure importante ?
Forme : l’arbre a-t-il des branches tortueuses, un tronc troué, une adaptation morphologique, etc. ?
Rareté : l'arbre est-il d'une essence rare à l’échelle du territoire étudié ?
Histoire : l’arbre est-il lié à un évènement, un personnage célèbre, une coutume ou une légende ?
Paysage : l’arbre fait-il office de repère visuel ou dispose d’une localisation le mettant en valeur ?
Il est à noter que bien que nous parlions souvent d'arbre remarquable au singulier, la remarquabilité peut aussi se justifier pour un groupe d'arbres que ce soit sous forme d'un alignement ou d'un peuplement.
Vénérable
Définitions de « vénérable »
VÉNÉRABLE, adj. et subst.
[En parlant d'une chose] Qui inspire le respect en raison de son âge. Arbre, bouteille vénérable. Un magnifique et vénérable exemplaire de l'édition princeps (A. France, Bonnard, 1881, p. 442).Jacques Thiriet (...) rapporta triomphalement de la cave une bouteille de vin vieux. C'était un vin vénérable, récolté dans les temps anciens, et qu'on gardait pour les grandes occasions (Moselly, Terres lorr., 1907, p. 184).
Arbre protégé
L'arbre est protégé par le Plan Local d'Urbanisme (PLU), lorsqu'il est inscrit en tant qu'Espace Boisé Protégé (EBP). L'article L130-1 du code de l’urbanisme permet ainsi d'interdire l'abattage sans autorisation d'une surface boisée mais également d'une haie, d'un parc, d'un alignement d'arbres et même d'un arbre isolé.
Le PLU peut également identifier l'arbre comme un élément du patrimoine naturel remarquable à protéger. L'arbre remarquable a alors une valeur historique ou sentimentale et est parfois exceptionnel par son âge ou par sa taille.
A savoir : l'arbre protégé par PLU peut-être abattu uniquement avec autorisation de la mairie.
Pascal Levaillant, mai 2023
Nous vous soumettons notre sélection d'arbres que nous vous proposons d'aller rencontrer lors de vos prochaines balades.
L'ensemble de notre sélection se trouve sous le tableau ci-dessous.
Les arbres du Perche eurelien
1 _ Forêt de Senonches 28 :
Le Chêne du Poste de Louvilliers
Dans la parcelle 41 et en face d’une maison forestière ce chêne de 3,68 mètres de circonférence se mire dans la mare qui se trouve à ses pieds. Encore un beau chêne de 180 ans témoin des hautes futaies de Senonches.
2_ Arcisses : Pommier - le dernier survivant de la prairie depuis le 16e siècle
In : https://storymaps.arcgis.com/stories/05bfe05f9f7a44cca8143f6127933cb9
3 - Saintigny : Saule blanc
In : https://storymaps.arcgis.com/stories/05bfe05f9f7a44cca8143f6127933cb9
4 - Saint-Eman 28 :Chêne pédonculé 22 m circo 5.4m
Bord les sources du Loir – Eglise Saint-Eman
In : https://storymaps.arcgis.com/stories/05bfe05f9f7a44cca8143f6127933cb9
5 - Méaucé 28 : Chêne pédonculé 12 m circo 10 m
Le Gros Chêne, rue de la petite sauvagère - témoin des rencontres amoureuses du Roi Henri IV, près de la Loupe
6 - La Ferté Vidame 28 : Alisier Torminal 12 m circo 1.7
Site naturel de la forêt humide de Mousseuse accès rue des Bruyères Etoile
In : https://storymaps.arcgis.com/stories/05bfe05f9f7a44cca8143f6127933cb9
7 – Saintigny : Châtaignier dans un virage
In : https://storymaps.arcgis.com/stories/05bfe05f9f7a44cca8143f6127933cb9
8 - Forêt de Senonches 28 : 2 hêtres, les hêtres croisés près de l’Etoile à 5 branches
In : https://storymaps.arcgis.com/stories/05bfe05f9f7a44cca8143f6127933cb9
Les Hêtres croisés
Ces hêtres de la parcelle 157 sont une curiosité dans la mesure où soit naturellement soit sur intervention humaine, on distingue un croisement d’un arbre sur l’autre, où l’un des deux est venu se souder sur le deuxième ainsi qu’un témoin a pu le relater, ayant vu ces deux arbres au temps de leur prime jeunesse se rassembler ainsi.
Gué de la Chaine Vaunoise chemin de la pinardière limitrophe commune de la route de la Gué de la Chaîne
3 - Pervenchères 61 : Chêne pédonculé de la Lambonnière
495 ans - Indiqué à partir du village
Accès par le chemin de la Voyere et prendre à gauche juste avant la chèvrerie
4 - Origny - Belforêt-en-Perche : Chêne de l’Ecole
C'est en 1927 que ce chêne a été dédié à l'Ecole Nationale des Eaux et Forêts dont il tire son nom. Le chêne de l'école est un chêne sessile né en 1666 sous le règne de Louis XIV. Il a plus de 350 ans ! Il force l’admiration : sa circonférence à hauteur d'homme est de 4,55 mètres et il dépasse les 42 mètres de hauteur.
Accès par la D644 prendre la route la Haute Frenes puis au bout la route des Fournaux
5 - Forêt de Bellême : La Vallée du Creux
Découverte de la forêt et du ruisseau du chêne Galon – venant de Belforêt prendre la D644, Avant Gadai, face à Les Bulotières prendre à droite le chemin de la forêt jusqu’au chemin du Grand Maître et peu après on remarque la vallée du Creux.
6 -Forêt de la Trappe : Sapin de l’Aigle entre l’abbaye et le rond de la Trappe - Se garer au parking du Parcours Santé Forêt de la Trappe prendre D930 vers la base de loisirs de Soligny sur 100 m, virer sur le chemin de la forêt jusqu’à le carrefour à 5 branches
C’est sur cette portion que Bernardin de Saint-Pierre a observé des sapins plus hauts que les autres.
7 -Forêt de la Trappe : Chêne de BellePerche entre le carrefour de l’Etoile du Perche et Randonnai
Randonnai, prendre la route de Bresolettes sur la gauche en face de la zone des étangs
8 -Forêt de Réno-Valdieu : Les grands arbres de Gautrie (Hêtres)
Relique de l’immense "Silva Pertica" gallo-romaine. Cette majestueuse futaie s'étend sur plus de 1.600 ha et est issue de la réunification (à la Révolution Française), de la forêt de "Val-Dieu", ex-propriété du monastère des Chartreux, et de la forêt dite "de Réno"...6 septembre 1993, fut créée la « Série artistique du canton de la Gautrie ». L’origine de ce peuplement remonte aux premières années du règne de Louis XIV.
Les implantations carolingiennes et les dépendances du Valdieu.
Partir de la D912 à Mortagne-au-Perche prendre la route de Bertins puis le chemin de la Fortinière jusqu’au chemin de beauvais(sur la gauche) stationner à la fin du virage un sentier prend sur la droite (chemin bordé de haie le chêne se trouve à proximité
"Fruit d'un inventaire mené durant deux décennies par des bénévoles passionnés, Au fil des arbres invite le lecteur à aller à la rencontre de ces arbres d'exception lors de 24 étapes qui seront autant d'occasions de pousser les découvertes un peu plus loin, vers d'autaspresres congénères porteurs de mémoires multiples. Une itinérance d'ifs en châtaigniers, de chênes en séquoias, de cytises en platanes, et bien d'autres, pour tenter d'appréhender un monde arboré dans sa diversité et sa beauté, en lien étroit avec celui des hommes confrontés aux dures nécessités de la vie ou en proie à l'humeur vagabonde. Et l'on découvrira ainsi que les plus gros en sont pas nécessairement les plus vieux, que les plus familiers viennent parfois de très loin, que les utilitaires sont parfois délaissés, et qu'au cimetière aussi, les arbres peuvent être rois"
in : https://www.sepenes.fr/au-fil-des-arbres-le-livre
Les arbres du Perche vendômois
1_ La Chapelle-Vicomtesse: Chêneà l’origine d’une trogne – espace pique-nique
2 - Choue : Poirier de l’église (3,35m circ) canton de Savigny
3 - Le Gault-du-Perche : Charmede plessage
4 - Sargé-sur-Braye : Trogne de saule blanc(6,85m circ),
5 - Fontaine-les-Coteaux: Alignement de 14 trognes de saulesen bord D34
6 - Lunay-la-Mézière :Orme champêtre(4,15 m circ)
7 - Saint-Agil (Couëron-au-Perche): 3 trognes proche du bourg, de chêne (8,20m / 6,62m / 6,55m circ)
8 - Souday : Trogne de chêne + 600 ans (7,40m circ)
9 - Boursay : Chemin des TrognesMaison de la Botanique
Cette mosaïque pixel incarne la forêt et plus particulièrement une hêtraie comme celle des vieux arbres de la Gautrie que vous pourrez admirer lors d'une promenade dans la forêt de Réno Valdieu.
2 - Pixel-Artmosaic de la forêt - l’automne
Cette mosaïque incarne la rectitude des chemins forestiers comme ceux de la forêt de Bellême, chemins rectilignes dont vous pourrez profiter lors d'une promenade à l'automne.
3 - Pixel-Artmosaic couleurs du bois manufacturé et teinté
Cette mosaïque s’inspire de l’exploitation humaine de la forêt et de l’arbre qui arrive dans nos décorations intérieures, meubles, marqueterie, parquets, boiseries.
4 - Pixel-Art Mosaic des pelures de pomme
Ces mosaïques sont réalisées avec des pelures de pommes diverses aux couleurs étonnantes et variées - du jaune au vert, du rouge au violacé... Par déshydratation, elles se conservent durablement et conservent leur plasticité propice à la création.
5 - Pixel-Artmosaic des feuilles d'arbres
Cette série incarne la plasticité du végétal qui reste fragile voire cassant. On trouve de l'orme, du hêtre, du lierre, du chêne, du peuplier... Appliquer cette plasticité à la mosaïque permet de combiner le brillant, le mat du végétal sur des tonalités d'été ou automnales.
6 - Forêt imaginaire du Perche
Cette série incarne la plasticité du végétal qui reste fragile voire cassant. On trouve de l'orme, du hêtre, du lierre, du chêne, du peuplier... Appliquer cette plasticité à la mosaïque permet de combiner le brillant, le mat du végétal sur des tonalités d'été ou automnales.
8 - Acrylique on canvas - 4 carrés de feuilles blanches
C'est une évocation de "l'angoisse de la feuille blanche", avec des feuilles des arbres du Perche.
9 - Acrylique on canvas - tapis forestier 2026
Evocation du tapis forestier en écho à la litière forestière qui produit l'humus en forêt.
10 – Acrylique on canvas - Feuille blanche sur blanc
La feuille blanche, en écho avec l'angoisse de l'écrivain et de l'artiste face à la feuille blanche.
11 - Carré photographique des 9 arbres du Perche remarqués par le Collectif Corblin - Levaillant
Cette série de 9 photographies correspond à nos coups de cœur pour des d'arbres remarquables, remarqués, vénérables que nous avons vu dans le Perche.
12 - Tête de "trogne", bois flotté
Le Perche, pays des "trognes" a sa réplique dans ce bois flotté.
13 - Racine Carrée, bois flotté
Ce format carré est la valorisation des racines des arbres qui sont pour la plupart invisibles à l'oeil nu.
14 - Mosaïque d'écorces d'arbres et autres végétaux
Pour l’exposition "arbres remarqués" d'Eure-et-Loir, un travail artistique et photographique a été entrepris et un livre a été édité. Cette mosaïque d’écorces s’inscrit dans ce prolongement.
15 - Mosaïque - Herbier contemporain des arbres et des plantes tinctoriales du Perche
Au 18ème et 19ème, entre Nogent, Mortagne, Authon et Bellême des teintures naturelles aux plantes ont été appliquées sur les étamines du Perche.
Notre herbier contemporain des plantes tinctoriales fait écho à cette activité au temps où la teinture se faisait avec les plantes.
16 - Mosaïque - Herbier contemporain des graines d'arbres et autres végétaux du Perche
Cette oeuvre évoque les graines des arbres du Perche et nous dévoile la diversité végétale au travers des fruits, des drupes, des graines.
17 - Carte "A chacun son Perche"
A chacun son Perche est le titre générique de cette carte, fruit de notre recherche historique, géographique, botanique, toponymique des "Perche" ornais, sarthois, eurelien et vendômois.
18 - Carte de l'activité cidricole et des aires géographiques du Perche - 1850 et 2020
Le Perche, province disparue au début du 19e siècle a connu une cohérence géographique, paysagère, agricole et cidricole du 19e siècle au mitan du 20e siècle. Le renouveau de l'aire géographique cidricole 2020 redessine une aire nouvelle contenue dans celle de 1850.
19 - Carte Invent [terre] sols et humus du Perche
Cet inventaire artistique des terres et humus du Perche est une invitation à découvrir les sols que l'on a l'habitude de piétiner sans les voir. L’humus forestier et bocager est une des composantes et une des richesses du Perche.
20 - Mosaïque Invent [terre] sols et humus du Perche
Tableaux des couleurs des terres du Perche à l'image de la diversité des minéraux qui sont constitutifs des matériaux utilisés en architecture et en construction.
21 - Mosaïque des dérivés des fruitiers du Perche
Pâtes de fruits, gelées, pépins pour la pectine sont à l'oeuvre mêlant coing, prune, pomme et corme dont la gelée de coing confectionnée par Annie Ernaux en 2025.
22 - Mosaïque des variétés des fruitiers de pressoir cultivées dans le Perche
Cette mosaïque, cet herbier du verger percheron et des fruits de pressoir met à l'honneur quelques-unes des variétés emblématiques du Perche avec une porosité assumée avec le Maine, l'Ouest et la Normandie.
23 - Arbre à capsules de fruits et graines du Perche et d'autres curiosités botaniques d’ici et d’ailleurs
24 - Pendulaires de feuilles d'arbres du Perche
Cette tombée de feuilles mortes symbolise l'automne et nous invite à les observer, les identifier et les reconnaître.
25 - Paravent à capsules de fruits, graines et feuilles en pendulaire
Ce dispositif artistique complète l'arbre à capsules. Y sont intégrés fruits, graines et autres curiosités végétales.
26 - Perches, échalas et mosaïque
L'identité percheronne s'est construite à partir de la « perche » objet et mesure concrète. Aujourd'hui nous les parons de smalts vénitiens.
27 - Bouteilles sculptées en bois flotté gravées au nom des producteurs de cidre du Perche AOC
Hommage aux producteirs de cidre du Perche qui ont obtenu l' AOC cidre du Perche en 2020.
28 - A pied dans le Perche, Bois flotté et mosaïque
Le Perche est une contrée où l'on aime marcher, randonner. Cette oeuvre bois flotté mosaïque est un hommage à l'activité sportive.
Le Conseil Départemental de l'Eure-et-Loir nous accompagne avec 4 formats photographiques des trois arbres remarqués d'Eure-et-Loir .et un format d'écorces des arbres d'Eure-et-Loir.
Pommier Arcisses
Alisier à La Ferté Vidame
Châtaignier à Saintigny
30 - Colonne bois flotté, cuir et verre d'Albertini (France)
Ce bois flotté est un dialogue entre le règne minéral (Verre Albertini) et le règne animal (cuir)
31 - Levaillant Siméon, photographe des patrimoines, autoportrait parmi les arbres - 2011
Cette photographie met en scène la place de l'humain dans la nature, dans son environnement originel et naturel. Le Perche, l'arbre et l'humain sont indissociables.
32 - Carré tinctorial plantes et arbres au pouvoir tinctorial
Cette mosaïque incarne la teinture naturelle sur textile en écho à la tenture qui se pratiquait dans le Perche à Bellême, Mortagne, Nogent et Authon.
33 – Création florale des échappées du verger avec des épluchures de pommes
Cette création vous inspirera pour vos créations lors de l’atelier que nous animerons le 1er Novembre pendant la fête de l’arbre et de la pomme.
La toponymie est l’étude linguistique des noms de lieux, d'une région ou d'une langue, du point de vue de leur origine, de leur transformation, ou de leur signification.
Sur la commune de Dame-Marie à deux pas de Saint-Cyr-la Rosière
En trois noms Boulay (bouleau), pommeraie (pommier) et Beau-Chêne (chêne)
D'après notre étude poussée sur la région naturelle du Perche voici nos conclusions à propos de la toponymie boisée :
La toponymie du Perche évoque la diversité des espèces végétales que l’on peut identifier dans les paysages variés et vallonnés. L’arbre est omniprésent tout comme les arbres fruitiers tel le cormier, le pommier, le poirier, le noyer et le châtaignier.
Ces arbres sont des marqueurs de territoire dont la toponymie reflète leurs présences. Le bouleau se reconnait aussi sous le vocable de Boulay, Boulaie ; l’aulne sous la forme de Aulnay, Aunay, Launay ; le chêne sous les noms de Chesnay, Chesnaie… ; le peuplier se reconnait sous les noms de Alba, tremble, tremblay, Tremblaie ; le Jarrier est un lieu planté de chênes et l’orme se dit aussi Ormeaux, Ormoie - lieu planté d’ormes.
La liste des lieuxdits, villages, hameaux, bois et forêts évoquent :
Le Perche à 66 reprises
Pré de la Perche - cf. Géoportail - Vibraye en Perche sarthois
Concernant le végétal
boisà 621 reprises chêne à 208 reprises bouleau à 111 reprises haieà 102 reprises ; aulne à 100 reprises buisson à 79 reprises forêtà 48 reprises cormier à 49 reprises plessis à 46 reprises coudrier à 44 reprises champs à 44 reprises orme 42 poirier à 36 reprises Epine à 36 reprises lande à 34 reprises verger à 32 reprises tremble (peuplier) à 30 reprises pressoir à 28 reprises houx à 27 reprises Pré à 27 reprises
Ces citations évoquent l'identité des paysages du Perche où la faune s'abrite et s'épanouit plutot sereinement.
La toponymie boisée de la région naturelle du Perche répertoriée et repérée
par Pascal Levaillant 2025-2026
Toponymie des Arbres dans : Lieux dits ; Bois ; Forêt - dans le Perche
Le Bois Besnier ; Le Petit Bois La Garenne ; Le Petit Bois ; Bois de Montdoublerain ; Bois des Noës ; Bois de la Tasse ; Bois Doublé ; Bois des Sablons ; Le Bois Laurier ; Bois du Pavé ; Le Bois Olivier ; Bois de Courvalin ;
Le Bois L’Evêque ; Le Petit Bois ; Les Bois d’Angers ; Bois Guillaume ; Bois du Breuil ; Bois Grimard ; Le Bois Neuf ; Le Bois Rond ; Bois du Chatelet ; Boiserou ; Le Bois Joli ; Bois Gouin ; Sur le Bois ; Bois de la Croix ; Bois des Bruyères Murettes ; Bois de Bauderies ; Le Grand Bois ; Bois de Lanfrières ; Bois de la Belle Etoile ; Bois de Puisard ; Bois de Béaugé Bois de Sasnières Le Bois Torché Bois de Chesnaux Les Bois Les Grands Bois ; Bois des Gouttes Noires ; Bois de la Perche ; Bois des Chêneaux ; Le Petit Bois de Madère ; Bois de Châtelier ; Bois du Pin de Sucre ; Bois des Vallées ; Bois de la Genetière ; Le Bois Joly ; Le Petit Bois ; Le Bois Rigault ; Bois Bretons ; Grand Bois ; Bois de Merceries ; Bois de Bon Refuie ; Bois de Panama ; Le Bois ; Le Petit Bois ; Le Bois Bénéré ; Les Bois ; Bois Saint Paul ; Le Bois de Lucas ; Bois Minot ; Bois Blancs ; Bois des Loges ; Le Bois Briquet ; Bois de Malassis ; Le Bois Carré ; Bois de la Tasse ; Bois du Boulay ; Le Long des Bois ; Le Bois Joly ; Bois de la Mancelière ; Le Bois Briquet
; Bois de Malassis ; Le Bois Carré ; Bois des Chênes Baudry ; Bois de la Duprairie
; Le Long des Bois ; Bois de Buffalo ; L’Orée du Bois ; Bois de Sagère ; Bois de la Saucelle ; Bois de la Barre ; Le Bois Robin ; Bois des Dames ; La Maison du Bois
Bois de la Ferrière ; Le Haut Bois ; Le Bois des Menus ; Le Bois Joly ; Bois de Sauveloup ; Bois du Boulay ; Bois de l’Avenue ; Bois de la Sagère ; Bois du Fourneau ; Bois de Villeneuve ; Bois des Seize Arpents ; Bois de Benne ; Le Bois Josse ; Le Bois Croûlé ; Bois des Cordes ; Bois de Neuilly ; Bois de l’Epinay ; Bois de la Chevalerie ; Bois du Roy ; La Grange des Bois ; Le Grand Bois ; Bois de Villedieu ; Bois des Grands Chênes ; La Bruyère des Bois ; Bois Impérial ; Bois Buisson ; Bois Loquet ; Bois de la Motte ; Bois de la Roussière ; Le Bois Bouilly ; Bois des Giroudières ; Bois Barons ; Sainte Marie des Bois ; Bois des Corbeaux ; Bois du Fief ; Bois de Semur ; Bois de Grammont ; La Borde des Bois ; Le Petit Bois ; Bois de la Bergevinoise ; Le Petit Bois ; Le Bois Moreau ; Lacour du Bois ; Le petit Bois ; Bois des Maugrattés ; Bois de Chartre ; Bois Clairs ; Bois de la Quentinière ; La Cour des Bois ; Bois des Haies ; Bois Poirier ; Le Bois Poirier ; Le Bois Thomas ; Bois de la Berthière ; Bois des Trembles ; Bois au Moine ; Bois de la Millasse ; Le Bois au Moine ; Bois des Haies ; Le Bois Massot ; Le Bois Boutrais ; Le Bois Marié ; Bois de Feillet ; Bois de la Heslière ; Le Bois Anjouy ; Bois de Normandie ; Bois de Paradis ; Bois de Beaulieu ; Bois de l’Enfer ; Bois du Château ; Bois des Demoiselles ; Bois de France ; Bois Grimard ; Le Bois Joli ; Le Bois Neuf ; Le Bois Rond ; Bois du Chatelet ; Bois Gouin ; Sur le Bois ; Bois de la Coudraie ; Petit Bois ; Boiserou ; Bois Guillaume ; Bois du Breuil ; Le Clos du Bois ; Le Moulin du Bois ; Le Bois Verrière ; Bois de la Ventrouze ; Bois des Chauffiètes ; Bois des Bruyères Murettes ; Le Bois des Menus ; Bois de La Gouée ; Bois d’Artel ; Le Bois Foucher ; Le Bois Martel ; Bois de la Vernoë ; Le Bois Girard ; Bois des Trembles ; Bois des Bruyères ; Le Bois de La Haie ; Bois de la Morandière ; Le Bois ; Le Bois Gas ; Bois de la Madeleine ; Le Bois Joli ; Le Bois de Brunelle ; Grand Bois de Montireau ; Le Bout du Bois ; Bois Buisson ; Bois de Favril ; Le Bois du Monil ; Bois des Fourches ; Les Petits Bois ; Bois de Boinville ; Bois de la Pleisse ; Bois des Plants de Champrondière ; Bois des Gisors ; Bois des Chênes Clairs ; Le Petit Bois le Comte ; Bois du Puits ; Bois des Hauts Cornets ; Bois Brûlé ; Bois Renard ; Bois Castel ; Bois Saint Père ; Bois de L’Hermite
Bois de La Gatine ; Le Bois Planté ; Bois Cadet ; Le Bois Planté Bois Nauly ; Bois du Gros Coin ; Bois des Ys ; Bois des Vallées ; Bois de la Haye ; Bois de Cernay ; Bois des Desserts ; Bois de la Barre ; Bois de la Canne ; Bois de la Fleurie ; Bois de Montgraham ; Bois de Volimberg ; Bois de la Guillotière Beauchamp ; Bois des Aubrys ; Bois de la Plesse ; Bois des Vaugaudrons ; Bois de la Boulaye ; Bois de la Baronnie ; Bois de Beauvais ; Bois du Vau Martin ; Bois de la Herse ; Bois de Luptière ; Bois de Ballerey ; Bois Du Gibet ; Bois de Frileuse ; Bois de Galaisière ; Bois Foulon ; Bois Saint-Jean ; Bois de la Cour ; Bois de Beaumont ; Bois des Noues ; Bois de la Varenne ; Bois de la Fagotière ; Bois de la Cheminée
Bois Gaillard ; Bois de Grandmont ; Le Bois Allis ; Bois des Chatelets ; La Noë du Bois ; Le Croc du Bois ; Bois des Cracotières ; Bois Rond ; Bois des Souches ; Le Bois ; Grand Bois de Pontgouin ; Bois des Chouans ; Bois de La Chevalerie ; Le Bout du Bois ; Bois de la Rougerie ; Bois de Mesnault ; Bois du Mesnil ; Bois de Saussay ; Le Bois au Large ; Bois de la Moisière ; Le Bois des Chênes ; Le Bout du Bois ; Le Bois Valet ; Bois de la Galaizière ; Le Bois Vert ; Bois de Voré ; Bois Saint-Georges ; Bois des Brûlés ; Le Bois Hamel ; La Cour du Bois ; La Boudrière des Bois ; Bois de Saint-Laurent ; Bois des Perrignes ; Le Bois de la Châtaigneraie ; La Maison du Bois ; Bois du Sublaine ; Le Bois du Puits ; Le Grand Bois ; Le Petit Bois Balai ; Le Grand Bois Balai ; Le Bois Guyon ; Le Petit Bois ; Le Bois Levé ; Le Bois des Brosses ; Bois de Saint-Agil ; Bois du Verger ; Bois Neuf ; Bois Lalande ; Bois de Villeneuve ; Bois de Champorchain ; Bois de la Vaudourière ; Bois du Couteau ; Bois au Febvre ; Bois du Coq d’Atry ; Bois Ancelin ; Bois de devant ; Bois de la Virginité ; Bois de la Géraudière
Bois de Valembourg ; Bois de Beauvoir ; Bois de Fargot ; Bois des Chênas ; Bois de l’Eglantier ; Bois de la Vallée Marie ; Bois de la Touche ; Bois de Gournay ; Bois du Nid de Pie ; Bois Brûlé ; Bois Saint-Georges ; Bois de Josapha ; Bois de l’Odière ; Bois de la Hutte ; Bois Cadenne ; Bois de la Prédonnière ; Bois de l’Eglise ; Bois de Galouries ; Bois du Fief Corbin ; Bois d’Assise ; Bois des Grands Marchais ; Bois de la Huiloterie ; Bois des Catelas ; Bois de Gratte-Loup
Bois Chesneau ; Bois du Breuil ; Bois de la Plaisanterie ; Bois de Malitourne
Bois du Curé ; Bois des Péchardières ; Bois de la Tudinière ; Bois de Bon Repos ; Bois de Bouffry ; Bois de la Bulière ; Bois des Vallées ; Bois de Villasse ; Bois du Jard ; Bois du Cercle ; Le Bois Martin ; Le Bois Nézard ; Le Grand Bois de Lagny ; Les Petits Bois d’Authou ; Le Petit Bois de Logny ; Bois de la Justice ; Domaine du Bois Landry ; Bois de Brémont ; Le Bois Seur ; Bois des Guépières ; Le Bois de l’Estre des Champs ; Le Bois Radas ; Bois de la Boussardière ; Bois de la Carrière ; Bois de la Pilonnière ; Bois du Vieux Château ; Bois de Montlevrou ; Bois des Sables ; Bois des Luards ; Bois de Bréhaut ; Bois des Poteries ; Bois Rigot ; Boisneuf ; Bois Méan ; Bois de la Roche Bernard ; Bois de Saint-Martin ; Bois de Saint-Agil ; Bois Dimier ; Bois des Essarts ; Bois Bertrand ; Bois du Buisson ; Bois Ruffin ; Bois d’Adèle ; Bois de la Vigne ; Bois des Glands ; Bois de la Bigottière ; Bois du Gland ; Clairbois ; La Fosse du Bois ; La Ferme des Bois ; Le Grand Bois ; Le Petit Bois ; Le Bois ; Le Bois aux Moines ; Le Gros Bois ; Le Petit Bois ; Bois de Bouthenvilliers ; Grand Bois de Dangeau ; Bois de Coupigny ; Bois Crepeau ; Bois de Brétigny ; Bois Sémé ; Bois de Brétigny ; Le Bois Guillon ; Bois de la Pleisse ; Le Grand Bois ; Le Petit Bois ; Clairbois ; La Touche des Bois ; Le Grand Bois Bercy ; L’Être du Bois ; Le Petit Bois ; Le Petit Bois ; Le Petit Bois ; Le Bois Poulain ; Le Bois ; Le Bois Bourgeois ; Le Bois du Fay ; Le Bois Ruiné ; Le Bois Normand ; Le Petit Bois Normand ; Le Bois aux Moines ; Le Grand Bois Le Bois Chesneau Le Bois Normand ; Les Grand Bois ; Les Grands Bois ; Les Grands Bois ; Le Bois aux Moines ; La Fosse du Bois ; Maisonnette du Petit Bois ; Le Bois Girard ; Le Bois Saint-Père ; Le Bois Bezault ; Bois de Saint-Denis ; Bois d’Adèle ; Bois de la Vigne ; Bois de Sannay ; Le Bois Blanc ; Les Bois Clairs ; Petit Haut Bois ; Saint Denis du Petit Bois ; Bois de Crémisy ; Le Bois Rouge ; Bois Véron ; Les Bois Besnard ; Les Grands Bois ; Le Bois Mouchet ; Le Petit Bois ; Le Bois Mouchet des Marandeaux ; Le Petit Bois Méan ; Le Petit Bois ; Le Bois Rotroul ; Le Bois Saint Père ; Le Bois Girard ; Le Bois Raimbourg ; Le Petit Bois Mort ; Le Grand Bois Mort ; Le Bois Sainte Anne ; Le Bois du Prieur ; Le Bois Blanc ; Le Petit Bois ; Le Petit Bois des Hêtres ; Le Marais Bois Gars ; Bois de la Pépinière ; Boislandries ; Les Hêtres Bois de la Roche ; Bois de la Matrassière ; Le Bois Sentier ; Le Bout du Bois ; La Lande Bois de Roussigny ; La Forge des Bois ; Le Bois de Beauvais ; Le Bois Morinière ; Bois du Tertre ; Le Bois Guyot ; Les Petits Bois ; Bois de Crennes ; Le Grand Bois ; Le Bois Carré ; Bois de la Martinière ; Bois Nanette ; Le Bois Billard ; Bois d’Effe ; Bois sous Cherré ; Bois du Mortier Noir ; Bois Provost ; Les Bois ; Les Bois ; Château la Cour du Bois ; Petit Bois Allard ; Bois de Meule ; Bois de Benide ; Bois des Loges ; Le Bois Gonsard ; Le Petit Bois ; Les Bois ; Bois Gars ; Le Bois Sumelet ; Le Bois Ranchard ; Le Bois Raguenal ; Le Bois de Gouffres ; Le Chef des Bois ; Le Bois Gaultier ; La Rue Du Bois ; Le Bois Revert ; Le Bois Jolivet ; Bois d’Ecouenne ; Bois de la Marette ; Le Bois Fouquet ; Le Bois de Bures ; Le Bois l’Evêque ; Bois Salé ; Le Bois Rond ; Le Bois de Vidai ; Bois de la Justice ; Bois de la Bruyère ; Champ sous Bois ; Le Bois des Haies ; Le Bois Duval ; Le Bois Marin ; Grand Bois Allard ; Bois de Nauvay ; Le Bois Sibylle ; Bois de la Bretèche ; Bois de la Billette ; Bois de la Prousterie ; Bois de Gémages ; Le Boistier ; Le Bois de Fortou ; Le Bois au Roi ; Le Bois Blandin ; L’Être des Bois ; Le Haut Bois ; Le Bois Boutard ; Le Grand Bois Gouhier ; Bois Robin ; Le Bois Joly ; Le Petit Bois ; Le Bois Monfort ; Le Petit Bois au Roi ; Le Bois Rond ; Le Bois Colin ; Le Bois Bourlier ; Le Château des Bois ; Le Bois de l’Aumône ; Le Bout du Bois ; Bois des Glons ; Bois de Maurissure ; Bois de la Fourche ; Bois des Guépières ; Bois de Nogent ; Bois de Cormier ; Bois des Forts ; Bois Saint-Eman ; Le Petit Grand Bois ; Le Bois Goupil ; Les Bois ; Bois de Méréglise ; Bois de la Boussardière ; Bois de Mottereau ; Bois de Frazé ; Le Bois Planté ; Le Bois de L’Eglise ; Bois de la Cochardière ; Le Petit Bois Huret ; Les Bois ; Le Bois de Chainville ; Bois des Glons ; Le Bois de l’Aumône ; Le Bout du Bois ; Le Bois Lecomte ; Le Bois Gaillot ; Le Bois aux Merles ; Le Bois Ragan ; Le Bois Massé ; Le Bois Brûlé ; Bois de Méréglise ; Bois de Reuse ; Le Bois Auvée ; Le Petit Bois ; Le Bois de Fay ; Le Bois Malon ; Le Grand Bois ; Le Petit Bois Bercy ; Les Terres de Bois Mort ; Le ; Grand Bois Landry ; Le Petit Bois Landry ; Le Bois Landry Beaudoux ; Le Bois Gilet ; Vieux Bois de la Terre Brûlée ; Rond des Quatre Sapins ; Bois des Blots ; Bois des Abbayes ; Bois de la Grosse Pierre ; Bois Neuf ; Domaine du Bois Landry ; Bois de la Fourière ; Bois d’Illiers ; Les Bois ; Sous le Bois ; Le Bois Fézedin ; Le Bois du Pré ;Bois de Montgoubert ; Le Clos du Bois ; Le Bois de Challois ; Le Petit Bois ; La Calucière des Bois ; Le Gros Bois ; Les Gros Bois ; Les Bois ; Le Bois d’Arville ; Bois de la Givauderie ; Château de Bois Bertrand ; La Jeaunière du Bois ; Les Bois ; Le Petit Grand Bois
Le Chêne (26); Chêne Vert (7) ; Le Chêné ; La Chesnaie ; Le Chêne Bouillé ; Le Chêne Vert ; Château du Chesnay ; Le Chêne Lierru ; Le Chênet des Vaux ; Le Chesnay ; Les Chênes ; Le Chêne d’en Bas ; Chêne de Rancé ; Le Gros Chêne ; Le Chesnaye ; Les Mares du Chêne ; Le Haut Chesnay ; Le Bas Chesnay ; Chêne de l’Etoile ; Les Trois chênes ; La Chesnaie ; Le chêne Rouge ; Les Chesneaux ; Le Chêne Guyon ; Le Gland ; Les Chênes ; Le Chêne Blanc ; Les Trois Chênes ; La Croix du Chêne ; La Chênerie ; Le Chesneau ; La Chesnaie ; Chêne Rond ; Les Chênes ; Les Chênes ; Les Trois chênes ; La Chênaie ; Petit Chêne ; Chênebault ; Chêne Moreau ; Les Petits chênes ; Les Grands Chênes ; Le Chêne Creux ; Le chêne aux Fées ; Le Chênet des Vaux ; Le Chesnay ; Les Chênes ; Chêne de Rancé ; Le Gros Chêne ; Le Chêne d’en Bas ; La Chesnaie ; Le Chesnaye ; Chêne Rond ; Les Mares du Chêne ; Le Chêne Fromentin ; Le Chêne Lizé ; Le Chêne au Prieur ; Chêne Fauteuil ; Le Chêne d’Auvilliers ; Les Trois Chêneaux ; Le Gros Chêne ; Les Trois Chêneaux ; Le Chêne aux Dames ; Le Haut Chesnay ; Le Bas Chesnay ; Chêne de Belleperche ; Chêne de l’Etoile ; Château du Gland ; Le Chêne Fromentin ; Chennebrun Le Chêne Guyon ; Le Chêne à la Chouette ; Rond du Chêne Mariette ; Chêne Mariette ; Le Chainay ;; Le Chêne Lizé ; Le Chênay ; Le Chêne Creux ; Le Chesnay ; Les Trois Chênes ; Le Chêne ; La Chênaie ; La Chesnaie ; La Chesnaie ; Le Chesnay ; Le Bas Chesne ; Le Haut Chêne ; Le Chêne aux Loups ; Breteau ; Le Gros Chêne ; Le Chêne de la Croix ; Le Chêne la Bosse ; La Chesnaie ; Le Chêne aux Dames ; Le Chesnay ; La Chesnaye ; Les Glands de la Mariauderie ; Les Pièces du Gland ; Les Glands ; Les Grands Chênes ; Les Petits Chênes ; Les Chêneaux ; Les Chesneaux ; Les Jarriers ; Le Petit Beauchêne ; Le Chêne Creux ; Le Chêne Gervasier ; Le Beau Chêne ; Le Petit Beauchêne ; Le Chesnay ; Le Chesnay ; Le Jarrier ; Le Jarrier ; Chêne Galon ; Le Gros Chêne ; Les Chênaies ; Le Jarrier ; Les Chênes ; Le Chesnay ; Le Chênet ; Le Bas Chêne ; Le Haut Chêne ; La Chesnaie ; Chêne de l’Ecole ; Le Chêne Saint louis ; Beauchêne : Le Chêne Brûlé ; Les Grands Chênes ; Les Petits Chênes ; La Jarrière ; Beau Chêne ; L’ Etang du Jarrier ; Le Chênai ; Le Petit Chesnay ; Le Grand Chesnay ; Le Petit Chêne ; Le Chêne Foudré ; Le Chêne Droit ; Le Chenay ; Le Grand Chêne ; Le Jarrier ; Le Jarrier ; Le Grand Jarrier ; Le Jarrier ; Le Haut Jarrier ; Le Grand Jarrier ; Le Petit Jarrier ; La Petite Jarrière ; La Mare aux Chênes ; Chêne Feuillu ; La Chenaie ; Le Petit Chêne ; Le Chêne Feuillu ; Hameau du Chêne Vert ; Les Petits Chêne Les Grands Chênes ; La Petite Jarrière ; Les Petits Chênes ; Chesneau ; La Chesnaye ; Le Chêne Pivert ; Le Chêne Pulvé ; Le Gland ; Le Chêne Guillou ; Chêne Dreux ; Les Chênes ; Les Petits Chênes ; Les Cinq Chênes ; Les Chênes ; Le Chêneguier ; La Chesnaye ; Le Chesnay ; Le Chesnay ; Le Gros Chêne ; La Chesnaye ; Chênegué ; Beauchêne ; La Grande Chesnaie ; Le Jarrier ; Le Chêne Brulé ; Le Gros Chêne Beauchêne ; La Chênaie ; Beauchêne ; Chênelong ; La Chesnaye ; La Chênetière ; Le Chêne Creux ; Le Jarrier ; Le Grand Beauchêne ;
Les Alisiers
L’Aunay (17) ; Launay (17) ; Le Petit Aulnay (6) ; Les Aulnaies (5) ; Les Aulnays (3) ; Le Grand Aunay (2) ; Le Parc Launay ; Les Aunays ; L’Aulnaie ; L’Aunay Malard ; Le Parc Launay ; Les Aunays ; Les Aunais ; La Launay ; Launay sur l’Eau ; L’Aunay d’en Haut ; L’Aunay d’en Bas ; L’Aunay Boucher ; Le Gué des Aunays ; Launay Cochon ; L’Aunay Guerin ; L’Aunaie des Guiniers ; Les Aulneaux ; Le Moulin de l’Aulne ; Aunay ; Les Grands Auneaux ; Le Moulin de Launay ; Moulin d’Aunay ; Les Aunais ; La Vallées des Aulnes ; Les Petits Auneaux ; Les Petits Aulnays ; Le Moulin l’Aunaie ; Le Petit Aunay des Bois ; Les Aulneaux ; Le Gué de l’Aunay ; L’Aunay Margot ; L’Aunay des Bouillons ; Clairaunay
Le Houx 14) ; Le Bois Houx ; Les Bois Houx ; Les Houx (2) ; La Borde des Houx ; Le Gros Houx (2) ; La Rue des Houx ; Le Champ du Houx ; Le Petit Houx ; La Planche du Houx ; Bouhoux ; Grand Houx ;
L’Aubépin (3) ; Rond de l’Aubépine (2) ; L’Aubépine
Le Boulay (43) ; Les Bouleaux 13) ; Le Petit Boulay (10) ; La Boulaie (9) ; Le Grand Boulay (8) ; Les Boulais (6 ) ; Les Boulaies (5) ; La Boulaye (4) ; Le Bouleau (2) ; Bouleaux (2) ; Les Boulays (2) ; Boulaye ; La Boulay ; Le Boulai ; Le Boulaye ; Les Boulayes ; Les Boulais ; La Campagne des Boulayes ; Le Grand Boulay ; Le Boulay Bellisseaux ; Le Boulay Saint-Clair ; Le Boulay Bijault ; Le Boulay Buthon ; La Boulaie Le Boulay du Pin ; La Boulaie Blanche ; Le Boulai des Murs ; Le Haut Boulai ; Le Bas Boulai ; L’Etang du Boulay ; Le Bois Du Boulay ; Boulay ;
Les Brûlins
Les Bruyères de la Ronce ; Les Bruyères de Réveillon ; Saint-Pierre-La-Bruyère ; La Bruyère du Marronnier
Sous Buis ; La Maison du Buis ; Marolles-les-Buis
Le Buisson (45) ; Le Gros Buisson (4) ; La Buissonnière (3) ; Le Petit Buisson (4) ; Le Haut Buisson (3) ; Buisson Réjoui ; Les Buissons ;
Le Buisson Collet ; Le Buisson Rossignol ; Le Buisson Elouis ; Le Buisson Marronnier ; Les Trois Buissons ; Le Buisson Marie ; La Buissonière ; Les Buissons Thorigny ; Le Buisson au Chat ; Les Buissonnets ; Le Buisson du Four ; Le Buisson de Fay ; Les Hauts Buissons ;
La Campagne des Boulayes ; La Campagne des Petits Plants ; La Campagne des Petits Plants
Les Cerisiers ; Les Cerisiers ; Cerisière
Longs Champs ; Les Champs Verts ; Les Champs Bohères ; Les Grands Champs ; L’Être des Champs ; Le Clos des Champs ; Les Hauts Champs ; Les Grands Champs ; Longs Champs ; Les Champs Verts ; Les Champs Bohères ; Les Grands Champs ; Champs ; Les Hauts Champs ; Le Clos des Champs ; L’Être des Champs ; Les Champs ; Champ Chardon ; Champ Rond ; Le Champ Feuillet ; Le Champ des Ronces ; Le Champ Vert ; Le Champ Voisin ; Les Champs Mallet ; Les Petits Champs ; Le Champ Coq ; Le Champ Long ; Le Champ Mèle ; Le Champ Forin ; Grand Champ ; Champ Mousseau ; Les Champs Tors ; L’Être des Champs
Les Charmes ; La Charmoise ; Les Charmes ; Les Charmes ; Le Charmois ; Le Charme ; La Charmille ;La Basse Charmoie ; La Charmoie ; La Charmille ; La Charmoie ; Le Charme ; La Charmoie ; Le Charme ; Le Charme ; Les Cinq Charmes ; La Charmoie ; La Charmoie ; La Charmoye ; La Charmoie ; Le Charme ; Le Charme ; Le Charmois ; Les Charmettes ; Les Charmois ; Le Charmeteau ; La Charmoye ; Le Charme ; Le Charme ; Le Charmois ; La Charmille ; Les Charmettes ; Les Charmois ; Le Petit Charme ; Le Petit Charme ; Le Petit Charme ; Le Grand Charme ; Le Grand Charme ; Le Charmoy ; Charmoie
La Châtaigneraie ; Le Petit Châtaignier ; Le Châtaignier ; Le Châtaignier ; La Borde des Châtaigniers ; La Châtaigneraie ; Les Châtaigniers ; La Châtaigneraie ; Le Châtaignier ; Les Châtaigniers ; Les Châtaigniers ; Le Châtaignier ; Le Châtaignier ; La Châtaignière ; La Châtaigne ; Châtaignier ; Les Châtaigniers ; Châtaigniers aux Pendus
La Clairière ; La Clairière
Les Copeaux
Le Cormier ; La Cormerie ; Le Cormier ; Le Petit Cormier ; Le Cormier ; Le Cormier ; Le Cormier ; Cormé ; Le Cormier ; Le Cormier ; Le Cormier ; Le Cormier ; Le Cormier ; Le Cormier ; Le Petit Cormier ; Le Cormier ; Le Cormier ; Les Cormiers ; Les Cormiers ; Les Cormiers ; Les Cormiers ; Le Petit Cormier ; Le Grand Cormier Le Cormier ; Le Cormier ; Le Petit Cormier ; Le Grand Cormier ; Les Cormiers ; La Croix du Cormier ; Le Cormier ; Le Grand Cormier ; Le Cormier ; Le Cormier ; Le Cormier ; Le Cormier ; Le Cormier ; Cormes ; La Corme ; Le Grand Cormier ; Le Cormier ; Le Cormier ; Le Cormier ; Le Cormier ; La Cour Aux Cormiers ; La Cormerie ; La Grange Cormier
La Coudraie ; La Coudraie ; Le Petit Coudray ; Le Coudray ; Le Coudray ; Les Coudrais ; Le Coudray ; Le Grand Coudray ; Le Grand Coudray ; Les Coudres ; Le Coudray ; Le Coudray ; Le Coudray ; Le Bas Coudray ; Les Coudrais ; La Haute Coudra ; Le Coudra ; Le Haut Coudray ; Le Coudray ; Le Bas Coudray ; Le Haut Coudray ; Le Grand Coudray ; Le Coudray La Coudraie ; Le Coudray ; Le Coudray ; La Coudre; La Haute Coudre ; La Coudre ; Le Coudray ; La Coudraie ; La Grande Coudraye ; La Petite Coudraie ; Le Coudray ; La Coudre : La Coudre ; La Coudraie ; Le Coudray ; La Coudraie ; Saint Germain de la Coudre
L’Epine ; L’Epinay ; L’Epine ; Les Grandes Epines ; Les Grandes Epines ; L’Epinay ; L’Epinay ; Le Goutier de l’Epine ; Le Goutier de l’Epine ; Les Epinais ; Champ de l’Epine ; L’Epinaise ; L’Epine ; L’Epine ; L’Epine ; Les Epineaux ; Les Epinettes ; L’Epinet ; L’Epine moussue ; L’Epinay ; La Grande Epine ; Le Grand Epinay ; Le Petit Epinay ; L’Epinay ; l’ Epinay ; L’Epine de Pointe ; L’Epinay ; L’Epinay ; L’Epinay ; Le Champ de l’Epine ; L’Epinay ; L’Epinay ; Lépinay ; L’Epinay ; L’Epine Rose ; L’ Epinay ; Les Epinolières ; L’Epine ; L’Epinay ;
L’ Erable
L’Essart ; L’Essart ; Le Grand Essart ; Les Essarts ; Les Essarts ; Bel Essart ; Les Essarts ; Château du Grand Essard ; Le Petit Essard ; La Clairière ; Les Coupes ; Les Friches ; Les Essarts ; Les Friches ; Les Friches ; Les Friches ; Les Friches ; Les Grandes Friches ; Les Friches ; Les Essarts ; Les Friches ; L’Essard Rochette ; Les Lisières ;
Fay ; Fay ; Le Fay ; Fay ; Le Petit Fay ; Le Grand Fay
La Framboisière
Les Feuillets de Montbeslin ; Les Belles Feuilles ; Le Feuillet ; Les Belles Feuilles ; Les Belles Feuilles ; La Feuillette ; La Feuillée ; Le Feuillet ; Les Feuillus
La Forêt ; La Forêt ; Forêt Domaniale du Perche et de la Trappe ; Forêt de la Pierre ; La Forêt ; Les Forêts ; Forêt de Valenne ; La Grande Forêt ; La Forêt ;; Maison Forestières des Loges ; Forêt de Longny , La Forêt ; Les Trois frères - forêt de Senonches ; La Forêt ; La Grande Forêt ; La Petite Forêt ; Forêt Domaniale de Réno-Valdieu ; Saint Jean de la Forêt ; La Forêt ; Forêt de Bellême ; Forêt de Goyette ; Forêt de Bonnetable ; La Grande Forêt ; Forêt de Montigny -le-Chartif ; Le Forêt ; Les Hautes Forêts ; Les Basses Forêts ; La Forêt ; La Forêt ; Forêt d’Azé ; Forêt de Fréteval ; Les Forêts Les Forêts ; Les Petites Forêts ; Les Basses Forêts ; La Forêt ; La Grande Forêt ; La Forêt ; La Forêt ; La Forêt ; La Forêt Odinot ; L’Aître Forêt ; La Grande Forêt ; Grande La Forêt ; La Forest ; Forêt de Montmirail
Le Grand Frêne ; Le Fresne ; Le Frêne ; Le Fresne ; Le Grand Fresnay ; Le Petit-Fresnay ; La Fresnaye ; Le Grand Frénay ; Le Petit Frénay ; Les Frênes ; La Fresnaie ; La Fresnaye ; Le Petit Frêne ; Les Frênes ; La Petite Fresnaie ; Fresnay ; Le Grand Fresne ; Le Petit Fresne ; Le Frêne ; La Fresnaie Fresnay ; Le Grand Fresne ; Le Petit Fresne ; La Fresnaye ; ; La Fresnaye ; La Fresnaye ; La Frêne ; La Fresnelle ; Manoir de la Fresnaye
La Vieille Futaie ; La Vieille Futaie
La Garenne ; La Garenne ; La Garenne ; La Garenne ; La Garenne ; La Garenne ; La Garenne ; La Garenne ; La Garenne ; La Garenne ; La Garenne ; La Garenne ; La Garenne ; Les Garennes ; La Garenne ; La Garenn ; e ; La Garenne du Tranchet ; La Haute Garenne ; La Basse Garenne ; La Garenne ; La Garenne ; La
Garenne ; Garenne de la Brosse ; La Garenne des Pineaux
Le Genetais ; Le grand Genetay ; Le Grand Génetay ; Les Genêts ; Le Genetais ; Les Genêts ; Le Genêtet ; Le Genetay ; Les Genêts ; Les Genetais ; Le Genneté ; Les Géneteix ; Le Genêt des Vaux ; Les Genetets ;
La Groseillière ; Le Groseiller
La Haye Roger ; La Haie ; Les Petites Hayes ; La Borde des Haies ; La Haie Ballet ; Les Haies ; La Haie Châtel ; Les Haies ; Les Haies ; Milles Haies Les Grandes Haies ; Les Haies La Haye Roger ; La Haie ; La Haie Ballet ; La Haie Châtel ; Les Hayes ; Les Hayes ; Les Haies ; Les Hayes ; Les Haies Blot ; La Haie ; La Haie Berdière ; La Haie Rossignol ; Les Haies ; La Haie Morin ; La Grande Haye ; Les Hayes ; La Haye Chauvin ; Les Haies Guitton ; La Haie Neuve ; Les Haies L’Alleray ; La Haie ; Les Haies ; Les Haies Quartier ; Les Haies Ballets ; Les Haies ; L’ Hôtel Haie ; La Haye ; La Haie de Couter ; Les Haies ; La Haie ; Les Hayes ; Les Hayes ; Les Haies ; Les Haies ; Les Grandes Hayes ; Les Haies ; Les Haies ; Les Haies ; Le Patis des Hayes ; La Haie des Biches ; La Haie ; Haie de Champ ; La Haye ; La Haie des Îles ; La Grande Haie ; Les Petites Haies ; La Grosse Haye ; La Vieille Haie ; Les Haies ; Les Petites Haies aux Biches ; Les Haies aux Biches ; Les Petites Haies ; Les Petites Haies ; Les Grandes Haies ; Les Hayes ; La Haie Volée ; Les Hayes ; Les Haies ; La Haie ; Les Haies ; La Haie Marie ; La Haie ; Les Haies ; La Haie ; Les Hayes ; La Haie Bourlier ; La Grande Haie La Haie Godefroy ; La Haie Neuve ; Les Hayes ; Les Petites Haies ; Les Grande ; s Haies ; Les Haies Fouillard ; Les Haies Parenteaux ; Les Grandes Haies ; Les Haies de Barville ; Les Grandes Haies ; Les Petites Haies ; Le Pré des Haies ; La Haie ; La Grande Haie ; La Haye à la Dame ; La Haie des Mesles ; Les Haies ; La Haie Vierge ; La Haie aux Biches ; La Haie ; La Haie ; La Haie Gouget ; Les Haies ; La Haie ; Les Haies ; La Haie ; La Haie du Guet ; Les Grandes Hayes
L’Herbage ; L’Herbage ; L’Herbage ; L’Herbage ; L’Herbage ; Le Petit Herbage L’herbage Béard ; Les Grands Herbages ; Les Grands Herbages ; L’Herbage ; Le Grand Herbage ; Les Herbages ; Les Herbages ; Les Herbages ;
Le Viel Hêtre ; L’Hêtre Brûlé ; Les Hêtres ; Les Hêtres ; Le Vieil Hêtre ; Les Grand Hêtres ; Le Grand Hêtre ; Le Grand Hêtre ; Les Hêtres ; Les Hêtres
Les Houppes
Les Joncs ; Les Joncs Blancs ; Le Jonc Marin ; La Mare des Joncs ;
Les Petites Landes ; La Lande ; Les Landes ; La Lande ; Les Landes ; Les Landes ; La Lande ; La Petite Lande ; Les Landes ; La Lande ; La Lande ; Claire Lande ; La lande ; La Lande ; Les Landes ; La Belle Lande ; Les Landes ; La Bruyère de la Lande ; La Lande-sur-Eure ; Les Landes ; Les Landes ; Les Landes ; Les Landes ; Les Landes ; Les Landes ; La Petite Lande ; La Lande ; Les Landes ; La Petite Lande ; Les Landes ; Les Landes ; La Lande
La Grande Mousse ; Les Bruyères de Mousseuse ; Moussière
Le Mûrier
Le Noyer ; Les Noyers ; Le Petit Noyer ; Le Noyer ; Les Noyers ; Le Noyer ; Gars Noyer ; Les Noyers ; Le Noyer ; Les Noyers ; Les Noyers ; Le Noyer : Le Noyer : Le Noyer Blanc ; Le Noyer ; Le Noyer ; Les Noyers ; Les Noyers ; La Bruyère des Noyers ; La Butte du Noyer ; Les Noyers ; Le Noyer ; Saint Hilaire des Noyers ;
L’Ormeau ; L’Ormeau ; L’Orme ; Les Ormeaux ; L’Ormeau Jacob ; L’Ormetay ; Les Ormeteaux ; Les cinq Ormeaux ; L’Ormeau ; L’Ormeau Jacob ; L’Ormetay ; Les Ormeteaux ; Le Gros Ormeau ; L’Ormois ; L’orme ; L’orme Chevallier ; Le Moulin de l’Orme ; Les Ormeaux ; Les Ormeaux ; Le But aux Ormes ; L’Ormeau ; L’Orme ; Les Ormeaux ; L’Ormeau ; L’Ormeau ; Les Ormes ; Les Ormeaux ; Les Ormeaux ; Les Ormeteaux ; L’Ormois ; La Croix de l’Ormeau ; Les Ormeteaux ; Le Gué aux Ormes ; L’Ormerie ; Saint Fulgent des Ormes ; Saint-Pierre-des-Ormes ; L’Orme ;
L’Oliverie ; Les Oliviers ; L’Oliverie
L’oseraie ; L’Oseraie
Croix de l’Osier ; L’Osier ; Croix de l’Osier ; L’Osier ;
Le Pignon Vert ; Le Clos Pignon
Le Pin ; Rond des Pins ; Le Moulin du Pin ; Le Pin La Garenne
La Plaine de la Grande Plante ; Plaine du Chatelet ; La Plaine de la Grande Plante ; La Plaine des Bouleaux ; La Plaine de la Garenne
La Plante ; Les Plantes ; Les Plants ; Les Plants ; Le Plant
Les Prés ; Le Pré
Le Plessis ; Le Plessis ; Le Petit Plessis ; Le Grand Plessis ; Le Plessis ; Le Plessis ;
Le Plessis ; Le Plessis ; Le Grand Plessis ; Le Plessis ; Le Plessis ; Le Plessis ; Le Plessis ; Le Plessis ; Le Plessis ; Le Plessis ; Le Plessis ; Le Plessis ; Le Plessis ; Le Plessis ; Le Plessis ; Le Plessis ; Le Plessis ; Le Plessis ; Le Plessis ; Le Plessis ; Le Plessis ; Le Plessis ; Le Grand Plessis ; Le Petit Plessis ; Le Plessis ; Le Plessis Le Plessis ; Le Petit Plessis ; Le Plessis ; Le Petit Plessis ; Le Plessis ; Le Plessis ; Le Plessis ; Le Plessis ; Le Plessis ; Le Plessis ; Le Plessis ; Le Plessis ; Le Plessis ; Le Plessis ; Le Plessis ; Le Plessis ; Le Plessis ; Le Plessis ; Le Plessis ; Le Plessis ; Le Plessis ; Tellières le Plessis ;
La Prousterie ; Le Moulin de Proust ; Les Proustières ; La Prousterie
Prairie de la Plisse ; Prairie du Téné
La Maison des Prés ; Les Prés Merland ; Les Prés ; Les Petits Prés ; Les Prés ;
Les Grands Prés ; Le Moulin du Pré ; Les Prés ; Le Moulin du Pré ; Le Grand Pré ; Les Prés ; Le Grand Pré ; Pré du Tertre ; Le Pré de la Commune ; Moulin des Prés ; Saint Vincent des Prés ;
La Racinière
Les Ronces ; Le Bas Ronceray ; Les Ronces ; La Ronce ; La Ronce ; La Roncerie ; La Roncière ; La Ronce ; Le Moulin de la Ronce ; Le Moulin Ronce ; La Ronce ; Les Ronces ; Les Ronces ; Les Ronces ; La Ronce ; Roncé ;
Rond-Point de la Sapine Noire ; Les Sapins des Pauvres ;
La Saulaie ; La Saule ; Les Saules ; La Saulaie ; Les Saulais ; Les Saules ; La Saulaie ; La Petite Saulaie ; La Tuilerie des Saules ; La Fosse des Saules ; La Saule ; La Saulaie ; Les Saulettes ; La Saule ; La Saulaie ; La Saule Blanche ; Les Saules ; La Tuilerie des Saules
Les Souches ; La Souche ; Les Souches ; Les Souches ; La Vallée des Souches ; Les Souchettes ; Les Souches ; La Souche ; Les Souches ; La Soucherie ; Les Souches ; Les Petites Souches ; Les Grandes Souches ; Les Souches
Le Taillis Chaline ; Le Taillis ; Taillis de Thivaux ; Le Taillis ; Taillis du Breuil ; Taillis du Houssay ; Le Taillis des Plantes ; Taillis du Breuil ; Taillis du Houssay ; Le Taillis des Plantes ; Taillis de l’Ouche ; Le Taillis ; Le Petit Taillis ; Les Taillis ; Le Taillis ; Taillis de Tripaulin
Les Terres Noires
Les Tilleuls
La Tremblaie ; La Tremblaie ; Le Tremblay ; Le Tremblay ; Les Tremblayes ; La Tremblaye ; Le Tremblay ; Le Tremblai ; Le Tremblai ; La Tremblaie ; La Tremblaie ; Le Tremblay ; Le Tremblai ; La Tremblaie ; Le Tremblay ; Le Tremblay ; Le Tremblay ; Le Tremblay ; Le Tremblai ; La Tremblaie ; La Tremblaye ; La Tremblaye ; La Tremblaye ; La Tremblaie ; La Tremblaye ; Le Tremblay ; Le tremblay ; La Tremblaie
Un véritable tour d'horizons de la nature des sols du Perche
Le sol a ses couleurs que nous ignorons car dissimulés sous la litière forestière, sous l'herbe des herbages et des prairies, sous l'herbe des vergers, sous les jeunes pousses des cultures céréalières, sous les plantes techniques ... sous nos pieds comme nous le rappelle souvent Marc-André Selosse du MNHN suivant les pas de l'émérite Bernard Boullard, botaniste et pédobiologue de Bois-Guillaume, né en 1927 en Normandie à Annebault.
Un milieu de biodiversité.
Le sol et ses horizons, dont l'humus nous livrent leurs couleurs. L'humus est un substrat long à se générer par l'effet de décomposition végétale biomécanique et organique, par l'effet des micro-organismes, champignons et radicelles en action sous l'effet de la chaleur, de la pluie, du froid...
Ce flux permanet de haut en bas est necessaire et traverse de haut en bas du sol et sous-sol constituant ainsi les différents "horizons".
La dimension artistique vient souligner notre exploration et nos prélèvements effectués "in situ" deci-delà.
Une immersion à fleur de peau de notre Terre
Proposer une gamme chromatique et un extrait de la substance déshydratée sont au cœur de ce voyage au contact de la surface de la terre, qui est si proche de nous, sous nos pas, sans trop y faire attention.
Le Perche septentrional et méridional est une mosaïque de couleurs parfois visibles à l'œil nu lors d’affleurement ou de retournement de la terre végétale agricole. La meilleure façon de percevoir ces "horizons" est d'observer les collines et les talus des chemins, des cavées, des bords de route...
Il suffira d'aller arpenter le Perche dans tous les sens, souvent en zigzag du Nord au Sud ou d’Est en Ouest.
Le premier itinéraire fut en 2025 revenant de Bretagne et traversant le Perche par Bellou-le-Trichard ; Chapelle Souef.
La seconde fois ce fut en 2026 descendant de Normandie par Boissy-au Perche ; La Ferté Vidame ; Longny-au-Perche ; Monceau-au-Perche ; La Chapelle-Montligeon ; Mauves-sur-Huisne ; Colonard-Corubert ; Saint-Cyr-la-Rosière ; Dame-Marie ; La Perrière.
Le troisième trajet partit en 2026 de Normandie pour rejoindre Gacé et de là rejoindre Moulins-la-Marche ; Soligny-la-Trappe ; Champs- Sainte-Céronne ; Bazoches-sur-Hoëne ; Boëssé ; Saint-Julien-sur-Sarthe ; Pervenchères ; Suré ; Origny-le-Roux ; Saint-Fulgent-les-Ormes ; Jauzé ; Igé ; Bellême ; Le Pin-la-Garenne ; Mortagne-au-Perche ; Saint-Mard-de-Réno, Saint Victor-de-Réno ; Bizou ; Le Mage ; Moutiers-au-Perche ; La Loupe…
Le quatrième trajet partit en 2026 de La Chapelle-Souëf pour aller à Igé, Bonnetable, La Feerté Bernard, Cormes, Gréez-sur-Roc, Montmirail, Glatigny-Souday, Saint Agil, Boursay, Saint-Avit, Bethonvilliers,Authon, Saint Germain de la Coudre, Gémages, Saint-Cyr la Rosière.
Les couches superficielles évoquent les humus, les limons, les argiles, le lœss, l'argile à silex.
Le Parc Naturel Régional du Perche indique dans une de ses communications que les matériaux concourent à une harmonie régionale avec les sables, le silex, les grès et grès roussard qui caractérise une gamme de couleurs qui ont été inventoriées et étudiées par les services du Parc.[1]
C'est un herbier végétal et minéral que nous allons vous proposer avec ces mélanges de terres vivantes, minérales enrichissant humus, tous horizons confondus en Terres de Perche.
Cette recherche a démarré en 1996 à Mormoiron dans le Vaucluse non loin des ocres-pigments de Roussillon puis en 2015 pour la phase de conception de l'exposition "Nature au crible" qui a été présentée à l'ESPE de Mont-Saint-Aignan et à l'abbaye du Valasse en pays de Caux : minéraux, échantillons de terre du pays de Caux, de sable en France, de coquillages...
Cet élan s'est prolongé au fil du temps avec les couleurs des sables jusqu'en 2023 puis des sols lors de la conception de l'installation sur "Humus Miraculum" à Cahors lors de l'édition Cahors Juin Jardins 2024.
De retour dans le Perche après une résidence d’artiste au manoir de Courboyer en 2019-2020, c'est la nature du sol et du sous-sol du Perche, que nous voulons (le collectif Corblin-Levaillant) mettre en lumière.
Sans oublier d'autres terroirs de France : Morvan, Dombes, Bugey, Bretagne, Marne, Lorraine, Brie, Aisne, Oise, Alsace, Vosges, Bourgogne, Alpes Varoises et Maritimes, Val-d'Oise ... voire de l'étranger : Portugal du côté de Peniché et Sintra ...
Seule la chromatique des couleurs des terres du sol nous invite à cette collection de terres qui nous permetrtont à terme de peindre avec les "pigments naturels de l'humus et de la terre" du Perche, du pays de Caux et de France.
93 -Île de France - Seine-Saint-Denis - Saint-Denis ;
94 -
95 - Ile de France - Val- d'Oise - La Roche-Guyon ; Magny-en-Vexin
Soit 48 départements de la Métropole
Inven [terre] humus et sols du Perche
Par ordre alphabétique des lieux et communes où se sont effectuées les micro prélèvements.
Humus d’écorce ;
Humus de feuilles squelettiques ;
Humus de trogne du chemin des trognes),Boursay, 41 ;
Arcisses - la Poterie 28 ;
Authon-du-Perche 28 ;
Bazoches-sur-Hoëne 61 ;
Belhomer-Guéhouville 28 ;
Bellême la Croix Feue-Reine 61 ;
Bellou-le-Trichard 61 ;
Berd'huis 61 ;
Bethonvilliers 28 ;
Bizou 61 ;
Boëssé 61 ;
Boissy-lès-Perche 28 ;
Bonnétable 72 ;
Bretoncelles 61 ;
Bubertré - forêt de la Trappe 61 ;
Ceton 61 ;
Champrond-la-Gâtine 28 ;
Champs-Tourouvre-au-Perche, 61 ;
Colonard-Corubert 61 ;
Comblot les Mares 61 ;
Cormes 72 ;
Coudray-au-Perche 28 ;
Courgeon 61 ;
Dame-Marie 61 ;
Dancé 61 ;
Digny 28 ;
Frazé 28 ;
Frétigny-Saintigny 28 ;
Gémages 61 ;
Gréez-sur-Roc 72 ;
Igé 61 ;
Illiers-Combray 28 ;
Jaudrais 28 ;
Jauzé 72 ;
La Bosse 72 ;
La Chapelle-Montligeon 61 ;
La Chapelle-Souef 61 ;
La Croix-du-Perche 28 ;
La Ferté-Bernard 72 ;
La Ferté-Vidame 28 ;
La Framboisière 28 ;
La Loupe 61 ;
La Perrière 61 ;
La Saucelle 28 ;
Le Mage 61 ;
Le Pas-Saint-L'Homer 61 ;
Le Pin-la-Garenne 61 ;
Le Theil (Val-au-Perche) 61 ;
Les Aspres 61 ;
Les Corvées-d'Yys 28 ;
Longny-au-Perche 61 ;
Louvilliers-lès-Perche 28 ;
Maillebois 28 ;
Manou 28 ;
Mauves-sur-Huisne 61 ;
Méréglise 28 ;
Miermaigne 28 ;
Monceaux-au-Perche 61 ;
Montigny-le-Chartif 28 ;
Montmirail 72 ;
Mortagne-au-Perche 61 ;
Mahéru, 61 ;
Moutiers-au-Perche 61 ;
Margon, Arcisses, 28 ;
Origny-le-Roux 61 ;
Pervenchères 61 ;
Préaux-du-Perche 61 ;
Randonnai 61 ;
Rémalard 61 ;
Rougemont 28 ;
Saint-Aubin- des-Coudrais 72 ;
Saint-Agil 41 ;
Saint-Avit 41 ;
Saint-Cyr-la-Rosière 61 ;
Saint-Cyr-la-Rosière (La Pierre Procureuse) 61 ;
Saint-Eliph 28 ;
Saint-Eman 28 ;
Saint-Germain de la Coudre 61 ;
Saint-Julien-sur-Sarthe 61 ;
Saint-Fulgent-les-Ormes 61 ;
Saint-Mard-de-Réno 61 ;
Saint-Maurice-lès-Charencey 61 ;
Saint-Victor-de-Réno 61 ;
Saint-Victor-le Buthon 28 ;
Senonches 28 ;
Soizé 28 ;
Soligny-la-Trappe 61 ;
Souday, Glatigny 41 ;
Suré 61 ;
Thiron-Gardais 28 ;
Tourouvre-au-Perche 61 ;
Tourouvre (La Foucaudière) 61 ;
Vaunoise 61 ;
Verrières 61 ;
Vichères 28 ;
Par ordre alphabétique des lieux et communes où se sont effectuées les micro prélèvements.
Certains prélèvements ont été effectués et ont fait l'objet de prises de vue en Sarthe, Loir -et- Cher, Eure-Et-Loir et Orne par le repor[terre] Claude Troxler, artiste du Perche de la Chapelle-Souef.
Il a réalisé en ma compganie un reportage photographique à Igé, Bonnetable, La Bosse, La Ferté-Bernard, Cormes, Gréez-sur-Roc, Montmirail, Saint-Agil, Boursay, Saint-Avit, Bethonvilliers, Authon, Ceton...
Auzouville-Auberbosc, La Poullaillerie, verger de M. Vittecoq
Bacqueville - talus herbage ;
Baons-le-Comte - plaine ;
Barentin, jardin - argile ;
Bois-d'Ennebourg, Coquereaumont, plaine ;
Beauval - plaine ;
Bouville, Bourg-plaine ;
Canteleu, forêt ;
Canteleu, ferme des deux Lions - AMAP ;
Canteleu, AMAP, taupinière ;
Carville-la-Folletière, Hameau-plaine ;
Carville-pot-de-Fer - talus ;
Cideville - plaine ;
Cideville - fossé ;
Cideville - argilo-silex ;
Croix-Mare, plaine ;
Doudeville, Bosc Malterre, plaine ;
Doudeville, Galleville ;
Duclair, Hameau-Plaine Les Monts ;
Duclair, Les Monts - 2
Ecalles-Alix, plaine ;
Ectot-les-Baons, plaine vers Vallevile ;
Etoutteville, Plein-Bosc, plaine ;
Flamanville, calvaire, plaine ;
Franqueville-Saint-Pierre - Val aux daims ;
Fresne-le-Plan, plaine ;
Gueures - abord sous bois ;
Gonzeville, village plaine talus ;
Harfleur, 56 rue Paul Doumer ;
Hautot-Saint-Sulpice - Plaine le Tot ;
Hautot-Saint-Sulpice - Le Nouveau Monde, plaine ;
Hénouville - coteau ;
Hénouville le Bas, Ancienne vigne du curé d'Hénouville ;
Héricourt-en-Caux La Sécheresse ;
Hermanville - talus coteau ;
Heurteauville - tourbière ;
La Fresnaye, rue Felix Faure ;
Maromme - coteau ;
Maromme - sous A15 ;
Maromme - coteau Clairette ;
Martainville - sortie bourg plaine ;
Martainville, plaine ;
Melamare, rue Saint Romain ;
Mont-Cauvaire - bourg ;
Morgny la Pommeraie ;
Ouville L'abbaye Mont de Bourg ;
Ouville-l'abbaye , plaine, bourg ;
Pays de Caux, argilo-silex ;
Pissy-Pôville, plaine ;
Pôville, coteau ;
Quincampoix, les Meslins, coteau ;
Saint-Arnoult, talus ;
Saint-Aubin-Epinay, côteau ;
Saint-Aubin-Routot, RD 6015 ;
Saint-Jean-de-Folleville, plateau ;
Saint-Laurent-de-Brévedent, rue du château ;
Saint-Martin-aux-Arbres, le Bout de Bas ;
Saint-Martin-aux-Arbres, le Bout de Bas ;
Saint-Martin-aux-Arbres - plaine ;
Saint-Martin-aux-Arbres - Caillebourg - les Mares ;
Saint-Pierre-de-Varengeville, la ferme de Simone ;
Servaville, plaine ;
Saint-Paer, plaine ;
Saint-Romain, le vieille route ;
Saint-Wandrille - plaine Callebourg ;
Touffreville-la-Corbeline - butte Henri IV ;
Tôtes - plaine ;
Veauville-les-Baons - plaine ;
Yvetot - rocade sud ;
Yvetot, Pays de Caux, recette humus miraculus de Leperchey
Et dans divers endroits de la Seine-Maritime
à compléter pour constituer l'
Inven [terre] sols du pays de Caux
Octeville sur mer ; Fontaine la Mallet ; Sainneville ; Angerville l'Orche, Gonfreville l'Orcher ; Oudalle ; Vergetot ; Mannevillette ; Anglesqueville l'Esneval ; Cuverville ; Villainville ; Les Loges ; Bénouville ;
Beuzevillette, La trinité du Mont , la Cerlangue, Gommerville, Houquetot, Beuzeville la Grenier, Raffetot, Yébleron, Vattetot Beaumont, Goderville, Ecrainvill, nBretteville du Grand-Caux, Saint Maclu la Brière, Bénarville, Mentheville, Maniquerville, Froberville, Ganzeville, Colleville, anacreteville-sur-Mer, Vinnemerville, Gerponvillr, Valmont, Thiergerville, Ypreville Biville
Toponymie des paroisses, bourgs, villes de France mentionnant la province du Perche auxquels ces lieux étaient rattachés sous l’ancien Régime, avant la Révolution française < 1789
Compilation de 1754 & 1782
GUYOT Edme-Gilles
Le Dictionnaire des postes de 1754 et de 1782 contient le N° de toutes les villes, bourgs, paroisses, abbayes, & principaux châteaux du Royaume de France & du Duché de Lorraine. Les provinces où ils sont situés, & le nom du plus prochain bureau des postes, où les lettres doivent être adressées pour chacun desdits endroits.
Les principales villes de l'Europe, les états où elles sont situées, & la distinction de celles pour lesquelles il faut affranchir.
Différentes observations utiles à tous ceux qui font en Commerce de Lettres.
Livre nécessaire à toutes personnes, pour adresser exactement leurs Lettres, & éviter le retard, ou la perte que le défaut de bonne adresse peut occasionner.
Dédié à monseigneur le comte d'ARGENSON, grand maistre et surintendant général des postes et relais de France.
Ce fut fous la fin du règne de Louis XIV que les Postes furent établies sur le même plan où elles sont aujourd'hui.Si l'on s'aperçoit qu'il y ait deux Bureaux de Postes de même nom , on aura attention de désigner la Province, afin que la Lettre n'aille point dans un Bureau pour un autre.C'est dans la vue de mettre ( s'il est possible, ) le Public en état de profiter plus avantageusement de cet établissement que l'on a composé le Dictionnaire qu'on lui présente aujourd'hui, au moyen duquel chacun pourra en mettant à ses Lettres des adresses correctes, le guider avec sureté à leurs véritables destinations.
Ces indications ont toutes été éditées à partir de 1749.
Cette liste est attribuée à la seule province du Perche administratif et de sa périphérie proche avec mention de quelques abréviations tels le V pour désigner la Ville ;
B. Bourg ;
P. Paroisse ou Village ;
Abb. Abbaye ;
Ch. Château ;
Bar, Baronie ;
H, Hameau. Sachant que la province du Perche est un mot court de six lettres il s’écrit en entier sauf pour compléter le nom d’une paroisse ou d’un village où il supporte une abréviation :
Mortagne au P. pour Mortagne au Perche.
L’objectif de cette transcription est d’identifier les communes limitrophes du Perche qui pour certaines ont été rattachées au 19e siècle à une autre région comme certaines antérieurement attachées au Perche et rattachées à la Normandie au sud-est d’Alençon. Prenons l’exemple du bourg de Céton qui en 1754 appartenait à la province du Perche mis qui est devenu normand depuis le début du 19e siècle.
Ces découpages des pays et des provinces ensuite reparties dans les départementaux et régions ont contribué à une perte d’identité territoriale pour bien des sujets du Royaume après la nouvelle division administrative post révolution française.
Voilà un exemple concret : le Perche a disparu du paysage français au profit de trois grandes régions françaises du Maine et Loire ; de la Normandie et de la Région Centre. D’autre part on ne peut réduite le Perche aux seuls contours du Perche historique, du Perche de l'Ancien Régime.
Le (s) Perche (s) qui est l’objet de notre exposition artistique induit des territoires jadis attachés à ces composantes géographiques, provinciales ou administratives. La région naturelle du Perche vient affirmer des unités paysagères indissociables à la forêt la constituant jadis, aux collines les portant avant qu’elles aient fait l’objet d’un défrichement progressif depuis le Moyen-Âge pour donner place à un découpage en parcelles, bocages que les nombreuses haies et trognes signalent encore aujourd’hui.
Le Perche dans lequel s’est inscrit le Parc Naturel Régional du Perche correspond à un vaste territoire incluant à l’est comme au sud-ouest et sud-est les « marches » séparant ce territoire informel du Perche à l’Orléanais, au Maine à la Beauce, à l'ancienne province normande de l'Ancien Régime.
Le Perche dont le Perche ornais, sarthois, eurélien et Loir-et Chérien se borne aussi au fait que les rivières le traversant et le rainurant proviennent d’une zone géographique située sur le double bassin versant aux limites de ces partages des eaux au nord vers la baie de Seine ; Risle, Eure, Avre, Iton…, au sud vers la Loire : Loir ; Sarthe, Huisne, Braye, Même…
A propos du Perche Thymerais :
« Le Thymerais est une région naturelle française issue du Perche composée du plateau au nom éponyme situé entre l'Avre et l'Eure.
La région est également associée à la famille de Châteauneuf qui régna sur l'ensemble du Thymerais entre les Xe et XIIIe siècles.[2]
Morvilliers[3] est une commune française du Thymerais dans le Perche. Le climat est océanique avec des étés tempérés. Le parc naturel régional du Perche se trouve à environ 4 kms
Rohaire[4], La commune fait partie de la communauté de communes des Forêts du Perche. Rohaire est une commune du Thymerais dans le Perche. La commune s'étend sur une surface de 1 001 ha.
Par ordre alphabétique de Z à A
En rouge ne sont pas considérés aujourd’hui dans le Perche
En brun le bureau de poste de rattachement
V pour désigner la Ville ; B. Bourg ; P.Paroisse ou Village ; Abb. Abbaye ; Ch.Château ; Bar. Baronie ; H. Hameau ; Com. Commanderie ; Pr. Prieuré ;
Bellou - le - Trichard Paroisse Perche- Bellême 3 1ieues. S. Cosme 1 1ieue ½ (commune jadis identifiée en Normandie puis dans le Perche qui est restée après la Révolution Française en Normandie dans l’Orne )
BellavillerParoisse Normandie - Mortagne au Perche - 1754
BellavillierParoisse Château Perche- Mortagne au Perche ou Belleme 2 1ieue -1782 (changement sous l’Ancien Régime)
Concernant Logny-au-Perche lire(Longny-au-Perche)
« Rien ne va de soi » entre la Normandie et le Perche – Pascal Levaillant 2026
Vitray-sous Bresolles[6]. P & Ch. Dans le Perche - Bresolles
Vitray Chateau Paroisse Perche - Bresolles.
Villiers. Paroisse Perche - Mortagne-au-Perche cité 1754 et 1782
Vieil. Paroisse Perche - Nogent-le-Rotrou.
Vieil-Bellesme[7]. P. & Prieuré dans le Perche - Nogent-le-Rotrou.
Viday Paroisse Perche - Le Mesle-sur-Sarte. Cité 1754 et 1782
Si les provinces de l’Ancien Régime sont connues pour leurs activités tinctoriales comme l’Occitanie, la Normandie, la Picardie, le Vaucluse, Saint-Denis ou encore l’Alsace, c’est pour la production de teintures avec des végétaux naturels cultivés localement, ces provinces appliquaient la teinture sur de nombreux supports textiles sur laine, soie, lin, chanvre et enfin sur coton ou sur d’autres supports comme dans l’imprimerie (enluminures) depuis le 10e siècle à Fécamp.
Les autres provinces ont appliqué la teinture dans l’activité textile comme c’est dans le cas de la province du Perche ou dans les provinces voisines de la Beauce ou du Maine.
« Pendant plusieurs siècles jusqu'à la fin du Second Empire, le Maine et le Perche connaissent une proto-industrialisation intensive et diversifiée. L’industrie textile lainière, essentiellement étaminière, y participe activement. Cette industrie de demi-luxe, ancienne, essentiellement urbaine, est principalement localisée dans les villes du Mans et de Nogent-le-Rotrou et secondairement dans les petites villes du Maine et du Perche. Après une longue période de croissance sous l'Ancien Régime, elle connaît un déclin au XIXe siècle, dont l’origine est antérieure à la Révolution de 1789. Cette proto-industrie urbano-rurale à croissance lente dès le milieu du XVIIIe siècle, est le cadre de rapports sociaux de production proto-industriels spécifiques, illustration d’un mode de production de la transition industrielle.[1]»
Plusieurs exemples illustrent cette activité aujourd’hui révolue sinon à l’occasions d’animations ponctuelles à vocation artistique ou pédagogique sur le territoire du Perche. La chimie (teinture de synthèse) a anéanti l’effort entrepris par jadis les Iliens de France, les normands, les occitans, les provençaux ou les alsaciens entre l’Antiquité, le Moyen Âge, le siècle des Lumières et l’ère napoléonienne.
Les trois couleurs principales furent jadis la garance (Rubia) et la Gaude autrement dit le réséda, l’isatis Pastel des teinturiers remplacé à partir du 18è siècle par l’indigo des Antilles.
Le bleu, le rouge, le jaune était donc les couleurs principales qui donnaient toutes les autres couleurs avec les plantes complétées par les couleurs d’origine animale (cochenille par exemple)
Tous les efforts produit par Hellot, Gonin et Dambourney pour que le Royaume de France reste autonome ont été vains car les principes de l’industrie de la chimie ont balayé le pouvoir des plantes naturelles tinctoriales ; mais, au nom du progrès, les nouveeux process ont réduit les nuisances et/ou la pénibilité liées à l'activité tinctoriale.
La matière spécifique du coton a supplanté à partir du 18e siècle le lin textile qu'il fallait blanchir totalement ou a demi avant de le mettre à la couleur - le blanchiment du lin exigeait beaucoup de temps (4 à 6 mois) pour le blanchir avec la cendre de bois : imprégnation, l'arrosage, le lavage, la secondre imprégnation, le répandage, le ramassage, le lessivage, le bain d'eau de javel, l'apprêtage, le séchage), étendre au sol la toile (comme à Gerardmer : blanchiment sur pré) ou étendre les echeveaux le lin avant de les teindre et de les faire sécher dans les séchoir à lin reconvertis en séchoir à écheveaux de coton comme dans le pays de Caux où les rivières dont les vallées étaient peu nombreuses, larges et étendues ce qui ne permettaient d'étendre les toiles blanchies ou à demi-blanchies. C'était un travail long et pénible.
« L’arrêt du Conseil d’Etat du Roi[2] stipule que dans la généralité d’Alençon en ce qui concerne les Etamines camelotées de première, féconde, troisième & quatrième qualités, se fabriqueront à Nogent-le-Rotrou & à Bellême. Signé de Gravier de Vergennes, le 4 octobre 1781. »
[Gallica-BNF 1782]
Parus dans des articles parus à destination des publics et des percherons.
Claude Cailly nous renseigne sur les étamines du Perche.
«La concentration de l’industrie étaminière et la prolétarisation qui en découle paraissent donc bien plus importantes et avancées au XVIIIe siècle que ne le laisse entrevoir le simple rapport métiers par fabricant. Ce double processus sera conduit à son terme lors de la phase de déclin définitif. Le ratio étaminiers/fabricants encore de 6,7 en 1836, s’élève, en effet, à 53 en 1851.
Mais c’est surtout si l’on compare l’ensemble du processus de production que le capital fixe nécessaire, – bien que restant modeste – s’avère important dans l’industrie étaminière. Cela tient à la nature du produit et à la plus grande complexité et diversité des opérations techniques qu’elle engendre : préparation de la laine (dégrais, lavage, séchage, battage, graissage ou encimage) ; peignage ; filage ; ourdissage ; tissage ; dégrais, teinture et apprêt des étamines. L’outillage et les immobilisations nécessaires sont diversifiés.
Si les stades de la filature et du tissage, rouets à filer et à dévider, ourdissoir et métier ne sont pas particuliers à l’industrie étaminière, les autres phases du processus de production impliquent des investissements spécifiques. Le stade du peignage pour lequel quatre instruments sont nécessaires : peignes, poteau, chèvre et potine (espèce de fourneau en terre cuite), n’exige pas un investissement supérieur à deux livres. C’est surtout au dernier stade, « au sortir du métier », que les opérations de dégrais, teinture et apprêt qui procurent aux étamines le lustre indispensable à leur commercialisation proche ou lointaine confèrent un caractère plus capitalistique à l’industrie étaminière. Capital fixe avec les immobilisations et outils nécessaires au dégraissage (moulin à foulon, battoir, tablier, selle, égouttoir, chaudières, cuves), au chardonnage (main pour chardonner), à la teinture (local suffisamment vaste, cuves et chaudières). Mais plus encore capital circulant comprenant la matière première à transformer, mais aussi huile d’olive, colle et les nombreux ingrédients colorants et non colorants nécessaires à la teinture : pastel, vouède, indigo, chaux, bois d’Inde, noix de galle, vert de gris… ainsi qu’une quantité importante de bois de chauffage et de charbon 18. À l’évidence, ici les conditions techniques exigent des capitaux élevés.[3] »
Dans le Perche, on comptait les bourgs de Nogent ; Authon ; Bellesme et Mortagne.[4]
A propos ds étamines des villes d’Authon, Nogent, Bellesme et Mortagne
« Les premières années du XVIIIème siècle virent un développement important des activités étaminières. Cette phase « ascensionnelle » se prolongea jusqu’au milieu du siècle.
Nogent se spécialisa dans la fabrication d’étamines composées pour moitié de laine et pour moitié de soie ; alors qu’à Authon, Brou et La Bazoche on continuait de fabriquer des étamines camelotées dites du Mans. Nogent concentrait, déjà, la plus grande partie de l’activité étaminière du Perche. Ce « chef – lieu de manufacture » connaissait alors une riche bourgeoisie négociante. Quinze riches marchands vendaient à Paris, Rouen, Orléans, Lyon, jusque dans le Languedoc et la Provence ainsi qu’à l’étranger : Suisse, Allemagne, Flandres, Hollande. Une grande partie des étamines du Perche était envoyée au Mans pour y subir les opérations d’apprêt et être introduite dans le circuit commercial.
Ce développement se traduisait dans les rôles de taille. Pour la paroisse de St Laurent de Nogent – le – Rotrou le nombre de sergers passa de 42 à 22 entre 1700 et 1708 alors que celui des étaminiers augmentait nettement, passant de 107 à 141. Le nombre des peigneurs d’étamines progressait également, de 31 en 1700 ils passèrent à 50 en 1708. Les cardeurs, les foulons et les teinturiers devenaient, également, plus nombreux. A cette époque 150 maîtres – fabricants étaient à la tête de 400 métiers dans la seule ville de Nogent.
Cette progression se traduisait évidemment dans le nombre de pièces d’étamines fabriquées et par la quantité de pièces que les marchands de Nogent – le – Rotrou, Authon, Bellesme et Mortagne apportaient chaque année à la foire de Guibray ( commune de Falaise dans l’actuel département du Calvados ). [5]»[
La ville d’Authon-du-Perche nous signale l’activité des étamines du Perche du 18e et 19e siècles.
Concernant le Perche il s’agissait des Etamines.
Alors que l’activité était plus importante dans le Maine (Le Mans) ou dans la Beauce (Chartres), des fabriques et ateliers étaient connus à Nogent-le-Rotrou et alentours comme à Authon-du-Perche.
« Les portes des nombreuses petites caves que l’on observe dans les maisons d’Authon-du-Perche abritaient autrefois des ateliers des étamines et des serges. L’étamine est une étoffé fine et légère, faite des meilleures laines peignés, destinées à une clientèle fortunée : noble, bourgeois, religieux, etc. Les étamines étaient vendues sur les marchés et les grandes foires françaises à travers le monde entier, en Italie, en Espagne, en Afrique du Nord, en Amérique latine, aux Antilles françaises…
De la Renaissance, ,à la fin de l’Ancien Régime, Authon-du-Perche était en effet un centre de production très important. L’activité employait près de 450 personnes pendant le Révolution, soit à peu près d’un tier de la population totale, enfants et vieillards compris, sans compter les marchands et négociants de la ville…[6] »
La cité d’Authon-du-Perche fière de son passé textile complète l’information ainsi : « La préparation de la laine commençait chez l’éleveur qui après avoir tondu les moutons dégraissait la laine dans l’eau chaude en la foulant aux pieds. Puis la transformation de la laine était réalisée dans ces caves. Elle comportait six grandes étapes : la préparation de la laine, le peignage, le filage, l’ourdissage, la teinture et les apprêts.
Si l’activité décline au début du 19e siècle, les recensements de 1836 révèlent qu’une grande partie de la population féminine y travaillait encore. »
Le Cercle de recherches généalogiques du Perche-Gouët évoque cette activité à Authon-du-Perche[7]
« Vers 1560, un grand nombre d'habitants d'Authon et des environs embrassèrent le protestantisme. Oeillet des Murs écrit "C'est à Nogent-le-Rotrou, dont le Seigneur fut de 1557 à 1569, le prince de Condé, chef avéré du parti protestant, que nous verrons éclore les premiers germes de la Réforme pour s'étendre et se propager, avec la rapidité de l'éclair, dans le Perche-Gouet et ensuite dans le Grand Perche".
"Des 5 baronnies, celle d'Authon surtout montra la plus grande ardeur. On peut affirmer que, médecins, magistrats, praticiens, fabricants d'étamines et cultivateurs, tout le monde dans ladite baronnie abandonne les erreurs de la "religion romaine" pour embrasser la vérité (selon le langage du temps).
La nouvelle religion s'organisa à l'arrivée en 1597, du pasteur Jacques Couronné. Sous son impulsion, l'église réformée connut une grande prospérité et reçut l'adhésion de nombreux châtelains de la région : Ceux de Cailleaux aux Autels-Tuboeuf, de la Chauverie à Luigny, de Champ à Melleray.[…]
A la révocation de l'édit de Nantes les biens et revenus du consistoire furent réunis à ceux de la paroisse d'Authon. S’il n'y avait plus de pasteur, il restait cependant des protestants, nous retrouvons de nombreux actes dans les registres paroissiaux catholiques pour des membres de la "religion prétendue réformée (R.P.R.). [Christiane BIDAULT, 2008]»
Source : Authon-du-Perche et ses environs par René Soler et bulletin de la société d'histoire du protestantisme, notice de Louis Merlet, registres paroissiaux. »
[2] In : Arrêt du conseil d'Etat concernant la largeur des étamines camelotées qui se fabriqueront à Nogent-le-Rotrou et à Bellême, généralité d'Alençon, Conseil d'État (13..-1791). Éditeur : Imp. royale (Paris), 1782 – in : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8619772h/f1.item.etaminesNogent
[3] Cf : paragraphe 19 à 21 in : In : Cahiers d’Histoire, revue historique critique - Rapports sociaux de production dans la proto-industrie étaminière du Maine et du Perche aux XVIIIe et XIXe siècles Claude Cailly, p. 75-102 - https://journals.openedition.org/chrhc/149
Viorne lantane : tinctoriale, « Quant aux feuilles seules, elles étaient usitées en lotions dont l'effet consistait à empêcher la chute des cheveux et surtout à colorer ces derniers en noir.[1] »
Avertissement : reproduction interdite sans l’accord des auteurs cités
Préambule
Qui pourrait de nos jours réduire, résumer et contenir le Perche à l’occupation des Celtes ligures et libères, des Gaulois[1] Carnutes, Esuviens et Cénomans[2], puis à la création de plusieurs Comtés, mais aussi à l’emblématique cheval percheron, aux manoirs et habitats aux enduits[3] de façade aux couleurs « ocre jaune clair », à ses bois et forêts, à ses rivières qui le traversent ou bien le borde : l’Huisne, le Loir, l’Eure, l’Avre, la Sarthe, la Braye… ?
Le(s) Perche (s) est (sont) multiple(s), pluriel(s) à l’image d’une vaste mosaïque de paysages façonnés par l’homme depuis le néolithique qui a dressé en cette contrée pierres[4] dressées-menhirs[5], monolithes ou dolmens à Boissy-Maugis à Saint-Cyr-la-Rosière à La Pierre Cochée[6] .
Le territoire que l’on nomme aujourd’hui Perche se situe à l’extrémité Est des collines du Grand Ouest s'inclinant par des marches vers les grandes plaines orientales de la Beauce, de l’Eure, de l’Orléanais et les campagnes ondulées du Maine et du pays d’Alençon. Véritable pays de cocagne, terre sylvicole et bocagère, le Perche s’avère être aussi un véritable château de dispersion des eaux. De ces collines, de nombreuses rivières sillonnent les deux bassins versants de la Seine et de la Loire. Le(s) Perche(s) est un territoire où alternent massifs forestiers, bois, marais, vallées, landes, prairies et cultures juchées sur une multitude de « tertres-collines » ou de paysages vallonnés.
Notre immersion dans le Perche ornais, eurélien, vendômois et sarthois nous a rapproché de ce territoire et de son environnement naturel avec ses paysages bucoliques qui, à travers les âges, ont évoluécomme l’environnement naturel, comme les idées, comme ses contours historiques, comme les percherons eux-mêmes et leurs modes de vie que nous interrogeons aujourd’hui dans l’exposition artistique « Œuvres d’Arbres » 2026 à Saint-Cyr-la-Rosière.[7]
Notre exposition artistique sera vue par conséquent par le prisme de l’arbre omniprésent dans le Perche et par la pomme qui honore ce territoire par son appellation AOC cidre du Perche.
[Collectif Corblin-Levaillant, 2026]
Jean-Marc Baché suite à ces récentes recherches menées depuis 5 années nous rappelle que le Perche s’est construit progressivement depuis l’occupation de Saint-Avit venu vivre sa foi en ermite dans ce que l’on a désigné pour la première fois « le Perche » au 6e siècle.
« Après nous avoir donné l'exemple de l'humilité par son refus des honneurs et d'une vie très pieuse en se retirant dans le désert (même s'il est vert) pour prier, saint Avit meurt vers 530.[8] »
Il nous a semblé judicieux de rapporter ici le propos de Jean Marc Baché, historien et docteur en archéologie qui nous propose la synthèse des origines du Perche, ce qui vient bousculer la vision du Perche et bousculer les idées reçues jusqu’alors admises depuis le 19e siècle.
Si les figures des Saint-Avit, Saint Lubin, Saint Laumer… ont construit le narratif du Perche depuis Charlemagne et depuis les premiers comtes du Perche ont peut constater que le Perche a connu une progression en cinq étapes comm" le signale J.M.Baché.
Si on peut constater aujourd’hui que le Perche n’a plus d’existence administrative propre depuis la Révolution française et même si les limites des diocèses ont évolué, surtout depuis la Révolution française, les percherons le repensent différemment surtout depuis la fin des années 1980.
Après que ses lettres de noblesse aient été apportées par Avit puis par le Clergé , les comtes et la province du Perche, c’est par son patrimoine architectural, paysager, agricole et cidricole qu’il est de nouveau sous les projecteurs, en France, renforcé depuis l’épisode de la Covid 19 où la France entière a redécouvert sa forte identité et un lieu de repli inédit, après qu’Alain l’ait réaffirmé en citant : « je ne suis pas normand, je suis percheron ».
Le Parc Naturel Régional du Perche intègr le Perche ornais eurélien, vendômois et demain probablement sarthois. Il a une existence administrative souple et en évolution selon l’adhésion des communes y adhérant progressivement depuis sa création.
Selon une Instruction du ministre de la Culture et de la Communication : « Un écomusée est une institution culturelle assurant, d'une manière permanente, sur un territoire donné, avec la participation de la population, les fonctions de recherche, conservation, présentation, mise en valeur d'un ensemble de biens naturels et culturels, représentatifs d'un milieu et des modes de vie qui s'y succèdent. » a pour objet la collecte, la conservation, l’étude et la présentation au public du patrimoine matériel et immatériel du Perche, territoire ayant une entité géographique et identitaire qui s’est caractérisée au cours de l’histoire.[9] »
L’activité cidricole à son âge d’or - de l’après la Révolution française à la fin de la Seconde Guerre Mondiale » a contribué à une identité paysagère que seuls nos anciens peuvent encore en témoigner avec comme support objectif et indéniable les vues aériennes des années 1950 publiées par IGN France qui soulignent que la limite nord -ouest est restée souple à la limite de partages des eaux avec la Normandie au niveau de la rivière Risle, Iton, Avre et Sarthe.
Vous découvrirez ainsi ce qu'est à nos yeux le Perche vendômois, sarthois, ornais et eurélien esquissés par René Musset en 1919 dont les contours ont varié avec le temps qu'il est de bon aloi de signaler tout comme les recherches de Philippe Siguret et les plus récentes de Jean-Marc Baché dont nous avons souhaité citer, en préambule, sa synthèse à propos des origines du Perche.
« L'idée générale qu'il faut retenir, est qu'il faut se débarrasser du mythe largement répandu concernant le Perche selon lequel le Perche serait une région naturelle correspondant à une forêt immémoriale, la Silva Pertica, qui aurait été une contrée déserte vide de population. (Vastas solitudines) Au contraire, il faut lui substituer l'idée que c'est une construction littéraire et historique progressive en plusieurs étapes et que, depuis le néolithique, il était habité par des foyers de population stables qui ont grossi ou régressé en fonction des crises politiques, sanitaires ou sociales, mais qui ont toujours été présentes dans le Perche. Les différentes étapes de la création du Perche : Nous avons un premier Perche autour du monastère de Saint-Avit, situé par Grégoire de Tours près de Mondoubleau en pays chartrain, qui devient célèbre par la littérature hagiographique et érémitique produite au IXᵉ siècle à Micy près de Tours et qui produit les vies des saints très diffusées au Moyen Âge. On distingue ensuite un deuxième Perche qui signe une extension de la notion de forêt du Perche vers le nord au XIᵉ siècle autour de Nogent sur la rive de l’Huisne occupée par le monastère St-Denis et dans la forêt de Senonches, toujours grâce à la littérature hagiographique mais ici concernant saint Lomer qui s’établit à Belhomert puis à Corbion (futur Moutier-au-Perche). Il y a un troisième Perche qui correspond à la fusion politique réalisée par la dynastie des Rotrou entre les seigneuries de Nogent, qui sont dites dans le Perche, et le comté de Mortagne en pays hiémois avec la création du comté du Perche (vers 1090-1100), donc à la fin du XIᵉ siècle. L'adjonction de la seigneurie de Bellême après 1126 aboutit à la formation du comté du Perche que l’on connait . Et enfin il faut citer l'existence d'un Perche ecclésiastique qui n’a jamais fait partie du comté du Perche, au nord-ouest du diocèse de Chartres, créé comme une ligne de défense établie par les évêques de Chartres contre les Vikings et dépendant de la baronnie de Pontgouin, comme la Loupe, Marchainville et Longny. » [Jean-Marc Baché, mars 2026]
Jean Marc Baché est docteur en archéologie et doctorant en anthropologie religieuse. Jean Marc Baché vit et travaille dans le Perche.
Notre abécédaire cite notamment Alain ; Bernardin de Saint-Pierre ; Belleau ; Béguin ; Bourdu ; Baché ; ; Chateaubriand ; Cendres ; Cussinet ; De Montaiglon ; Duval ; Herriot ; Flaubert ; Guerrini ; Gohory ; Hugo ; Jean Pelatan ; Massiot ; Millet ; Mirbeau ; Mirouvel ; Moinet ; Mansion ; Musset [...] à Pitou ; Proust ; Roger Martin du Gard ; Rossard ; Ronsard ; Sainte Beuve ; Saint Simon ; Young ; Wace au 12e siècle) ; Zola.»
Nous avons intérrogé la Région Normandie à propros du Perche ornais. Les services de la Région nous ont répondu ceci.
"Après analyse, il apparaît que l’expression « Perche ornais » ne repose pas sur un fondement historique ancien ni sur une reconnaissance officielle en tant qu’entité géographique ou administrative distincte. Le Perche constitue en effet une région naturelle et historique dont les contours ont évolué au fil du temps, notamment à la suite des découpages administratifs issus de la Révolution française, répartissant son territoire sur plusieurs départements (Orne, Eure-et-Loir, Loir-et-Cher, Sarthe) et plusieurs régions.
Dans ce contexte, l’usage de l’expression « Perche ornais » s’est développé de manière pragmatique et contemporaine, afin de désigner la partie du Perche située dans le département de l’Orne. Il s’agit donc d’une appellation fonctionnelle, permettant de distinguer les différentes portions territoriales du Perche selon leur appartenance administrative actuelle, à l’instar des termes « Perche eurélien », « Perche sarthois » ou « Perche vendômois ».
Cet usage est notamment répandu dans les pratiques des acteurs locaux, des collectivités territoriales et des structures de coopération (telles que les anciens Pays, les PETR, les PNR), principalement à des fins de localisation, de gestion territoriale ou de communication. Il peut également revêtir, dans certains contextes, une dimension politique ou institutionnelle.
En revanche, aucune date précise de création de cette appellation ne peut être identifiée à ce stade. Son émergence semble progressive et liée aux évolutions récentes des organisations territoriales et des usages administratifs.
Ainsi, pour les acteurs normands, l’expression « Perche ornais » renvoie avant tout à une réalité géographique contemporaine, correspondant à la partie du Perche située dans l’Orne, sans préjuger d’une définition historique unifiée du Perche, laquelle demeure plurielle selon les approches (historique, culturelle, géographique ou encore économique, comme en témoigne par exemple l’aire de production du cidre AOC du Perche)." [Direction culture et patrimoine de la Région Normandie, mai 2026]
Une thèse de 1992 énonce le Perche ornais :
Le Perche Ornais : de la région homogène à l'émergence de pays
Auteur / Autrice : Pascale Gouin-Lévêque ; Direction : Jean-René Bertrand ; Thèse de doctorat ; Géographie ; Date : Soutenance en 1992 ; Etablissement(s) : Le Mans
« Un pays verdoyant ou domine une societe agricole à l'ecart des grands axes de circulation, tel est le cliche traditionnel que l'on attribue volontiers a la region du perche. Le cadre geographique de cette recherche est donc une aire rurale. Ici la disparite des communes semble traduire l'inegale empreinte de l'industrie. En s'interessant à la vie sociale, on considere les pratiques des individus et de l'ensemble de la societe percheronne. L'analyse rend compte de l'espace geographique dans lequel se deroulent ces pratiques sociales. Il s'agit donc de comprendre l'organisation territoriale, ''l'appropriation'' de l'espace par les divers acteurs du perche ornais. Il est alors plus aisé de distinguer des microsocietes locales par le biais de l'organisation sociale. C'est une approche globale des relations de la societe à son espace.»
Le Perche sarthois selon la Fédération des amis du Perche (1990)
C'est une structure créée en 1990 dans le but de faire connaître et sauvegarder le Perche à travers ses richesses architecturales et paysagères, par le biais également d’une activité de publication.
Dans un article publié le 14 mai 2010, Alain Morin, membre des Amis du Perche depuis 1970 raconte ce Perche Sarthois :
« Le Perche sarthois, historiquement, se cantonne à quelques communes que l’on dit ressortissantes. On entend par cette formule le fait que celles-ci, sous l’Ancien Régime, suivaient les coutumes du Perche. Cela tient au fait que les comtes du Perche, au Moyen-âge, dans la période où ils cherchaient à étendre leur territoire et leur influence, ont souhaité implanter leurs prérogatives dans ce qui est devenu plus tard le département de la Sarthe. Dollon en est un exemple, au même titre que Saint-Jean-des-échelles. Montmirail est aussi considérée comme une commune du Grand Perche. Par contre, il faut savoir que La Ferté-Bernard n’est pas une commune percheronne. On peut l’appeler à la limite commune des portes du Perche », explique Alain Morin, interrogé jeudi sur l’identité du Perche sarthois, dont le siège du Pays d’art et d’histoire se situe pourtant à La Ferté-Bernard.»
Identité percheronne et terre sarthoiseIdentité percheronne et terre sarthoise - In : https://actu.fr/normandie/mortagne-au-perche_61293/identite-percheronne-et-terre-sarthoise_5691491.html
La DREAL a édité une fiche Livret LEADER A4 170517_v2 - DREAL Pays de la Loire le 24 avril 2017 :
«Labellisé Pays d'art et d'histoire depuis 1998, le Pays du Perche Sarthois a été labellisé Pays d'art et d'histoire depuis 1998. Situé au nord-est du département de la Sarthe, ce territoire rural, traditionnellement d'élévage dans sa partie nord et de polyculture autour du plateau calaisien, la vallée de l'Huisne concentre une partir importante des entreprises et industries et des habitants du territoire. »
In : https://www.pays-de-la-loire.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/livret_leader_a4_170517_reduit.pdf
Le Perche sarthois et le Pays d'art et d'histoire du Perche Sarthois
Nous avons interrogé le Pays d'art et d'histoire du Perche Sarthois à propos du Perche sarthois.
Voici la réponse de Sylvie Lemercier, Animatrice de l'Architecture et du Patrimoine, Pays d'art et d'histoire du Perche Sarthois,
Selon vous, qui a présidé à la création d'un perche sarthois jadis situé sous l'Ancien Régime dans le Maine?
« C'est assez compliqué car il s'agit d'un terme utilisé anciennement par certains historiens et géographes mais la délimitation diffère souvent entre eux et ne correspond pas au Perche Sarthois "politique" créé en 1995 et dont les limites ont changé à plusieurs reprises entre temps. »
Selon vous, qui est à l'origine de cette initiative?
« Le Perche Sarthois est né d'une volonté départementale de structurer le territoire sarthois en "pays touristiques",dans la perspective de développer les coopérations intercommunales, d'où l'appellation première du Syndicat mixte de développement touristique et culturel du Perche Sarthois en 1995. Il a été présidé presque sans interruption de sa création à 2020 par Philippe Galland, maire-adjoint de La Ferté-Bernard à l'époque. »
Le Perche sarthois et la Région Pays de la Loire
Suite à notre sollicitation, c'est M. Julien BOUREAU,Directeur adjoint de la culture, du sport et du patrimoine, Chef du service Patrimoine, Direction Culture, Sport et Patrimoine, Région Pays de la Loire qui nous répond :
« La démarche de votre collectif, croisant botanique, arts plastiques et mémoire des territoires, résonne tout particulièrement avec l'engagement de longue date de la Région Pays de la Loire en faveur de la connaissance et de la valorisation du Perche sarthois.
En effet, ce territoire occupe une place pionnière dans l'histoire de l'inventaire du patrimoine régional : le canton du Perche sarthois fut le premier canton inventorié de la Région, avec une publication dès 1983. Cette démarche fondatrice a contribué à faire émerger localement une véritable prise de conscience patrimoniale, qui a conduit à la labellisation Pays d'art et d'Histoire en 1998.
Depuis lors, la Région n'a eu de cesse d'accompagner et d'approfondir cette dynamique. Des opérations d'inventaire du patrimoine ont été menées, soit directement par la Région — comme pour le canton de Montmirail, dont la publication date de 2012 — soit dans le cadre d'un partenariat de près de 20 ans avec le Perche sarthois, ayant permis l'inventaire du canton de Bonnétable, des bourgs du Perche sarthois, ainsi que de la vallée de la Braye. Ces travaux trouvent aujourd'hui un prolongement dans l'exposition itinérante "Ô mon bourg !", actuellement en cours de diffusion. La Région conduit également des études thématiques portant sur ce secteur, à l'image de l'étude consacrée à la peinture religieuse de chevalet en Pays de la Loire.
En parallèle, elle soutient concrètement la restauration et la mise en valeur du patrimoine local, comme en témoignent deux exemples récents : la restauration des jardins de l'abbaye de Tuffé et celle de l'église de Sceaux-sur-Huisne.
Plus largement, la Région s'attache à soutenir et diffuser les initiatives locales en matière de restauration et de valorisation du patrimoine. »
(en construction)
Les Perches du Loir-et Cher selon la DREAL Centre Val de Loire
La DREAL distingue deux Perches en Loir-et Cher
«1/ Le Perche Gouët- Situation
Le Perche Gouët anime de ses collines l'extrémité nord du Loir-et-Cher, couvrant environ un quinzième de sa superficie. Au-delà des limites départementales, il s'étend plus largement jusqu'à Nogent-le-Rotrou dans l'Eureet-Loir et pour partie dans la Sarthe.
Bordé à l'est par la Beauce (et le Dunois), au nord et à l'ouest par le Maine et le Perche (ou Grand Perche) et au sud par le Vendômois, le Perche Gouët (ou Petit Perche) tire son nom de Guillaume Gouët, seigneur de Montmirail, d'Authon et de La Bazoche qui, le premier, a donné une certaine unité au pays. Historiquement, il était délimité par le Loir au sud. Aujourd'hui il est relayé vers le Loir par le Perche Vendômois à partir de l'axe
formé par les communes de Sargé-sur-Braye, Epuisay et Villebout. »
«2/ Le Perche Vendômois - Situation Le Perche Vendômois est largement tourné vers le Loir et sa capitale, Vendôme. Il correspond à une nuance particulière du Perche à sa marge méridionale, marqué par un relief moins chahuté que dans le Perche Gouët, et influencé par le Loir dont les affluents tracent de profonds sillons creusés en vallées. Il correspond, comme le Perche Gouët, à un quinzième environ du département, allongé sur une cinquantaine de kilomètres en accompagnement de la rive droite du Loir à travers le Loir-et-Cher.»
Les Perches de l'Eure-et-Loir selon la DREAL Centre Val de Loire
Le Perche en continuité du Perche ornais
le Perche Gouët en continuité du Perche Gouët du Loir-et-Cher
(à développer)
Consulter cette source : https://caue28.org/centre-de-ressources/le-guide-des-paysages-deure-et-loir/
Le Perche eurélien semble être né en 2013
Quand France 2 parle du Perche eurélien
La chaîne de télévision France 2 a consacré un reportage sur le Perche eurélien et notamment Senonches.
In : https://actu.fr/normandie/mortagne-au-perche_61293/quand-france-2-parle-du-perche-eurelien_6112072.html
A paraître sur ce même média à partir du 1er juillet l'histoire de fruits de pressoir du Perche et la cartographie du Perche en 64 cartes.
Au 1er septembre suivront d'autres publications à propos de notre inven[terre] sols et humus du Perche ; notre sélection des arbres remarquables et vénérables du Perche ; la toponymie ancienne du Perche sous l'Ancien Régime ; les plantes et arbres au pouvoir tinctorial du Perche ; Toponymie des Arbres dans : Lieux dits ; Bois ; Forêt - dans le Perche
Et au 17 septembre la liste des oeuvres exposées et le livret du visiteur jusqu'au 29 novembre 2026 à l'Ecomusée du Perche à Saint-Cy-la-Rosière.
Remerciements
Actu.fr/normandie, Mortagne-au-Perche
Almagro A., écrivain
Archives départementales de l’Orne, de la Sarthe, de l’Eure-et-Loir et du Loir-et-Cher et du Calvados.
Archives Nationales - BNF
Audigier Georges, poète
Association des chemins du Mont Saint-Michel
Association Orléanaise Guillaume Budé
Association Cormier Sorbus domestica
Association des Croqueurs de Pommes, des collines du Perche
Association des Croqueurs de Pommes
Baché Jean-Marc, docteur en archéologie, conférencier
Béguin Monique, écrivaine
Belleau Rémy, poète
Bellay (du) Joachim, poète
Bern Stéphane, homme de télévision, auteur, et passionné par les Patrimoine français
Bernardin de Saint-Pierre, écrivain, naturaliste
Blay Frédéric, poète
Boucher Agnès, autrice
Boullard Bernard, pédiologue, botaniste, écrivain
Bourdu Robert, botaniste, écrivain, fondateur de A.R.B.R.E.S.
Boureau Juilen, Région Pays de la Loire
Bouvier-Krokos Monique, Association Catherine Paysan
Bril Jacques, écrivain
Brou Tourisme
Bry de la Clergerie G., historien
Brosse Jacques, historien, botaniste
Cahiers Percherons, revue
Capron Noël, botaniste
Cavoleau J. A., auteur
Cendres Julien, écrivain
Chateaubriand, écrivain
Claudon Francis, auteur
Conseil Départemental de la Sarthe
Conseil Départemental de l’Eure-et-Loir
Cote des documents originaux conservés, Centre historique des Archives nationales à Paris
Cussinet Anne, autrice
Delassalle Paul, écrivain, historien
Duval Louis, historien
Ecomusée de La Bintinais - Bretagne
Ecomusée du Perche - St-Cyr-la-Rosière
Editions la Mésange Bleue
Evette Jean-Baptiste, poète, auteur
Fédération des Amis du Perche, association
Ferme-Arbre-Perche
Flaubert Gustave, écrivain
Fontaine Annie
Gide André, écrivain
Guerrini Antoinette, écrivaine
Herriot Edouard, Président
Hinzelin Emile, auteur
Hourcade Philippe, auteur
Hugo Victor, écrivain, dramaturge, poète
Inventaire forestier-IGN
Lacoste Francis, Université de Jendouba
La Revue normande et Percheronne
La Revue normande et percheronne illustrée
La revue Pays du Perche, n°16 Hors-Série
La voie royale de la Généralité d’Alençon passant par Bellême (Bellesme)
La voie royale de la Généralité d’Alençon passant par Verneuil-au-Perche et Mortagne-au-Perche, à partir de Chennebrun
La voie royale de la Généralité d’Orléans passant par Vendôme
Notre intérêt pour le Perche depuis 2019 nous amène à penser qu’aujourd’hui encore le Perche se trouve dans la même problématique que jadis, qu’il apparait convoité de toute part et en quête d’identité propre.
Une certitude réside dans le fait que depuis la Révolution française le Perche historique de l’ancien régime s’est trouvé réparti dans quatre départements dont l’Eure-et-Loir, l’Orne, la Sarthe et le Loir-et-Cher. Le Perche est l’endroit où la Sarthe, l’Huisne, l’Eure ou encore l’Avre prennent leur source. Le Perche se trouve également enchâssé dans trois régions que sont la Normandie, les Pays de Loire et du Centre Val de Loire.
A chacun son Perche !
Or, à bien examiner une carte de France vierge, le Perche semble se situer au milieu de nulle part et au milieu de tout ou au carrefour de tout.
Cherchant une identité propre à laquelle les habitants de cette contrée tiennent beaucoup, certains préfèrent l’associer à cette formule « un Perche, des Perches ». Ainsi aujourd’hui ses contours restent autant discutables qu’ assumés.
Nous verrons qu’il existe un Perche Parc Naturel Régional du Perche qui dépend administrativement des communes s’y regroupant ; un Perche cidricole qui dépend administrativement des communes délimitées dans un aire géographique précise de l’AOP cidre du Perche ; un Perche sylvoécorégion qui dépend d’une aire d’exploitation et de gestion de l’inventaire forestier IGN ; un Perche touristique regroupant des communautés de communes du Perche sarthois, ornais, vendômois et d’Eure et Loir ; un Perche dite région naturelle qui regroupe différents éléments de lecture au plan historique, géographique, géologique… ; un Perche patrimonial et architectural se référant aux matériaux des habitats ; un Perche historique enchâssé durant 8 siècles entre Beauce Normandie, Orléanais et Maine ; un Perche imaginaire des écrivains, des auteurs ; un Perche botanique qui recense des essences en cohérence d’un territoire ; un Perche toponymique… que savons-nous encore !
Ce pays vallonné développe également une activité agraire tournée vers la culture biologique et une activité sylvicole plus dense que ses voisines, la Beauce et la Normandie.
Le Perche est dans l’ensemble un paysage de collines, de forêts et de marais, de landes, de rivières composées de formations à silex parfois limoneuses, mais aussi par endroits sableuses ou, surtout, argileuses, d'où la prédominance des sols hydromorphes.
Depuis peu, Jean-Marc Baché grâce à son expertise vient désacraliser le mythe de la Silva Pertica, venant bousculer un certain nombre d’idées reçues, grâce à son étude[1] que les Cahiers Percherons ont relatée.
Le Perche un des remparts du Royaume de France au temps des Anglo-Normands
En réalité, depuis l’observation de Pline qui évoque ce territoire situé entre l’occupation de trois principaux peuples des Carnutes, des Esuviens et des Cenomans, il est aisé de comprendre ce territoire comme un espace d’échanges, de circulations.
Convoité, Il faut attendre Wace pour prendre conscience que ce territoire fut une ligne de frontière du fait de la convoitise Anglo-Normande, ce qui lui conféra une limite peu stable durant plusieurs siècles entre Moulins-la-Marche et Dreux.
Après la défaite des anglo-normands au 15e siècle, la province du Perche (et ses Comtés) redessina ses contours. Le siècle post-Révolution française le redécoupa administrativement.
Le Perche perdant son identité, dissolu dans trois nouvelles régions et dans quatre départements, continua de valoriser ses paysages et son architecture multi séculaire (en somme l'essentiel).
A la recherche d’un Perche perdu… !
C’est sans compter sur les auteurs et écrivains célèbres qui se sont penchés sur sa représentation comme Bernardin de Saint Pierre parcourant les sentiers au nord du Perche, sans jamais le nommer, traversant l’Avre pour rejoindre la Trappe et pour ensuite filer vers Chennebrun ; comme Flaubert s’intéressant à l’abbaye de la Trappe ; comme Châteaubriand découvrant la Trappe[2] ; comme Mirbeau s’inspirant de Rémalard, comme Proust des environs de Illiers-Combray[3], Méréglise, Montigny-le-Chartif, Saint-Eman ( source du Loir), citant La Vivonne[4] autrement nommé pour certians Le Loir ou un de ses affluents… ; comme Victor Hugo se détournant de Nogent ; comme Saint Simon à la Ferté Vidame ; comme Julien Cendres à la Perrière[5] ; comme Roger Martin du Gard au Tertre de Savigny ; comme Gide visitant Roger à son endroit.[6]…
A la fin du 19e siècle le chartiste Romanet[7] dessina les premiers contours géographiques d’un Perche qualifié récemment par Jean-Marc Baché comme une adaptation d’une notion historique moins massive et plus évolutive en identifiant le mot Perche (vers 600) désignant une région boisée se trouvant partagée entre le comte de Corbon ou de Mortagne, la baronnie de Chateauneuf-en Thymerais, le comté et l’Evêché de Chartres, la vicomté de Chateaudun et le comté de Vendôme ce qui fixa des premiers contours au Nord, au Sud, à l’Ouest comme à l’Est.
Au 20e siècle ces contours furent à nouveau examinés avec intérêt par Jean Pelatan, autre géographe, sous un angle topographique qui lui fait dire que le Perche est soumis à des accidents successifs du relief autour de collines d’altitude sans pour autant affirmer qu’il s’agisse de « limites naturelles » dudit Perche qu’il considère comme un « pays et ses hommes ».
« Le caractère nouveau qui frappe le visiteur arrivant des plateaux découverts de Beauce ou de Basse-Normandie, des campagnes mancelles ou alençonnaises, est lié à des accidents successifs du relief : plateaux relativement élevés à l'est de Bellême, vaste courbe dessinée autour d'eux par l'Huisne que dominent sur sa rive droite une série de buttes boisées, puis un rebord en demi-cercle accusant les plus fortes altitudes du pays ; le plateau qui fait suite à ce rebord, couvert en surface par l'argile à silex, porte la frontière forestière qui sépare le Perche du centre du Bassin parisien.
En réalité, si la configuration topographique d'ensemble ne permet pas de parler de limites « naturelles » pour le Perche, le voyageur saisit, par mille détails sensibles, l'altération progressive des caractères propres aux pays qui le jouxtent ; et pourtant il s'avère bien difficile de tracer une ligne abstraite sur une carte... Les points retenus relèvent davantage de la nuance que de l'opposition bien tranchée ; en outre, l'étude « des limites invisibles », non matérialisées sur le terrain, est apparue également digne d'intérêt et même nécessaire pour une meilleure compréhension et, ultérieurement, pour un essai de définition de la région. »
« A l’ouest d’Illiers-Combray, Brou, Droué, un monde nouveau s’affirme donc à mesure que disparait le limon de Beauce et que l’argile à silex s’épaissit sur la craie. Vers les points culminants du plateau, l’observateur retrouve dans le paysage, un « air de famille » avec celui des confins du Thimerais et du Drouais : un terrain de plus en plus vallonné, de multiples rues parallèles bordés de saules nabots taillés en têtards, ou de peupliers ; les haies, d’abord simples ronciers, sont maintenant garnies de noisetiers et de chênes. Vers Authon, la Bazoche-Gouet, Droué, les haies, confinées jusque-là dans l’accompagnement des routes et des rus, isolent maintenant de vastes pièces de terre, deviennent plus hautes, plus épaisses, puis se recoupent, se dédoublent autour de parcelles ou de prés s’imposent lentement aux labours. A la Bazoche-Gouet, Arville, Mondoubleau, la transition est achevée […] Si le cours du Loir moyen, sépare assez nettement sur une carte à petite échelle la Beauce vendômoise, au sud, du bocage, le Perche ne commence qu’à plusieurs kilomètres au nord de Vendôme là où disparaissent les dernières vignes, à l’amont de vallées sèches en été, souvent encaissées d’une trentaine de mètres dans le plateau[…] là où se raréfient les noyers, là où se bombe le sol où sinuent les rus, malgré la platitude des interfluves légèrement inclinés vers le sud-Ouest.[…] A l’ouest, l’étendue champêtre et la nappe forestière se succèdent et s’interpénètrent : Lorsqu’on vient du Mans, le Perche commence où finissent les bois de pins établis sur les sables de la Turgalle et d’Auvours, où s’arrêtent les cultures maraichères alimentant la grande ville, où se rétrécit la vallée de l’Huisne ,, un kilomètre en amont de la Roche-Bernard ; les gens de Villaines-le-Gouais ou de La Bosse parlent du plat pays ou de la plaine pour distinguer les campagnes mancelles en contrebas de leurs finages vallonnés. Les forêts, dominant le plat pays, marquent ici le début des placages des sables du Perche et l’émergence des buttes d’argile à silex, séparées du plateau oriental par la vallée de l’Huisne : Pouvrai, Bonnétable, ancien massif forestier de Hallay, Vibraye. La « côte « de Vaunoise, régulièrement déroulée d’Origny-le-Roux à Saint-Cosme-en Vairais, offre un commandement de cinquante mètres, sur douze kilomètres face au pays de Mamers ; les riches plaines argileuses du Marollais et du Soasmois limitent à une bande étroite, un à deux kilomètres, la partie percheronne de la Sarthe du Nord et au sud de Mamers, jusqu’à la retombée septentrionale de Perseigne où réapparait un bocage assez serré. A nouveau, on retrouve les champs ouverts sur des calcaires du jurassique supérieur dans la « Marche », autour de Courtomer. La vallée de la haute Sarthe s’oppose, par sa planéité presque parfaite, aux pentes assez marquées qui jalonnent son cours supérieur et conduisent aux « monts » d’Amain (309 m) , marche verdoyante dont les flancs sont piquetés de villages établis au milieu de pacages aux haies plantureuses : Ferrières-la-Verrerie, Fay, Mahéru, Moulins-la-Marche, avec des vallons encaissés de 50 à 70 m mètres.[…] Plus nombreux que partout ailleurs, les bois soulignent les pentes et séparent le Perche du Merlerault et du pays d’Ouche, au sud de l’Aigle : buisson de Mahéru, forêt de Moulins-la-Marche, bois des Genettes. […]. »
Quand la toponymie rejoint l’Histoire
Au 21esiècle, on peut penser qu’au début du siècle, les contours du Perche s’étendent au sud-ouest incluant désormais un « Perche Sarthois » qui fut jadis attaché administrativement et de fait à la Province du Maine jusqu’au nouveau découpage post Révolution française de même qu’un Perche Ornais s’est affirmé au regard des nouvelles et inédites limites administratives normandes.
Le Perche doit-il alors être vu que d’un point de vue sylvicole, historique, géographique, topographique… ?
L’examen de la toponymie offre de nouvelles perspectives et de nouvelles indications tangibles délivrées par le Comité[9] des travaux historiques et scientifiques, Institut rattaché à l’École nationale des chartes qui permettent de repérer l’étendue des traces toponymiques associées au Perche.
Pour le Perche.
« Le Dictionnaire topographique de la France recense les noms de lieux attestés sur le territoire français ainsi que les formes anciennes (latines et autres) qu'ils ont déclarées au cours des siècles. Il réunit en une base de données unique l'ensemble des dictionnaires départementaux publiés depuis le XIXe siècle ou demeurés inédits.[10] »
La Sarthe : le nom propre associé à Perche est signalé dans le département de la Sarthe à Breil-sur-Mérize dans le canton de Montfort-le-Gesnois ; à Beillé dans le canton de Tuffé ; à Vibraye et Dollon dans le canton de Vibraye ; à Yvré-l'Évêque dans le canton du Mans-Est-Campagne ; à Volnay dans le canton de Bouloire ; à Saint-Christophe-en-Champagne dans le canton de Brûlon ; à Épineu-le-Chevreuil dans le canton de Loué ; à Connerré dans le canton de Montfort-le-Gesnois ; à Marigné-Laillé dans le canton d’Écommoy (11e siècle) ; et plus étonnant encore Remèdes dans le canton de Conlie.
et Igny au Perche (1782)/ Digny ; Luigné au Perche (1782) source : Dictionnaire des Postes 1754 et 1782
Le Loir et Cher : Chauvigny-du-Perche, Gault-Perche (fin 15e siècle), Perche-Gouet (le) ou le-Petit-Perche (1241), Romilly (Reuhan au Perche (13e siècle)), Ruan-sur-Egvonne (13e siècle), Saint-Avit (vers 1270) canton de Mondoubleau :
l’Orne : le CHTS ne cite aucun nom propre associé à Perche : cela tient au fait qu’aucune étude[11] n’ait été faite à ce jour.
« Le Perche. Le Perche est un petit pays situé entre le Pays chartrain et le Maine. Petite province avant la Révolution, il a été partagé en 1790 entre les récents départements de l’Orne et de l’Eure-et-Loir. Aujourd’hui le Perche s’étend également sur le nord du Loir-et-Cher et l’extrême nord de la Sarthe, « car ces régions ont été comprises dans la zone d’actions de la puissante Société hippique percheronne de France par l’inscription des poulains au stud-book »1. Cet éclatement a été encore accentué par la création des régions: l’Orne appartient à la Basse-Normandie, la Sarthe à la région Pays-de-la-Loire, l’Eure-et-Loir et le Loir-et-Cher à la région Centre.
Malgré cela le pays conserve une forte identité, résumée ainsi par Alain, né à Mortagne (Orne) : « Je suis Percheron, c’est-à-dire autre que Normand ». Cette unité est due notamment2 à son relief de colli¬ nes, de vallées et de rivières, à ses forêts, son bocage, à son habitat, au cheval percheron, unité reconnue depuis 1998 par la création du Parc naturel régional du Perche, qui regroupe cent dix-huit communes et s’étend sur l’Orne et l’Eure-et-Loir.[12] »
Marie-Rose Simoni-Aurembou, 2007
Cependant la ville de Mortagne, Longny ou Logny (Longny au Perche en 1782), Tourouvre, Préaux … sont associées au nom propre Perche depuis le 18e siècle[13], tous bourg et bureaux de Poste de la province du Perche au mitan du 18e siècle sauf Neuilly au Perche, paroisse limitrophe avec l’Eure-et-loir.
Le Perche c’est aussi l’omniprésence de l’arbre et de l’arbre fruitier dont le pommier qui a unifié le paysage du Perche grâce à ses alignements de pommiers complantés dans les pariries (pré-vergers) et dans les labours
de Mahéru à Louvilliers au Nord ;
de Louvilliers à Fréteval à l'Est ;
de Fréteval à Saint Vincent du Lorouër à Sud ;
de Saint-Vincent de Lorouër à Mahéru à l'Ouest
Figure emblématique du Perche, l’arbre se mue en véritable signe de ralliement pour préparer les années à venir, contribuer à atténuer le changement climatique et s’adapter à ses effets. Tout en contribuant à la captation et au stockage de carbone, à la production d’énergie renouvelable, à la biodiversité locale, l’arbre offre de nombreux services écosystémiques ( épuration de l’air, séquestration des polluants, régulation du cycle de l’eau, création de microclimats…). L’arbre est également un sujet majeur de l’identité historique et paysagère du Perche[14] auxquels j’ajouterai la fabrique d’humus sylvicole sur lequel il prospère.
Parmi les arbres remarquables et spécifiques du Perche[15] il faut citer le chêne sessile, le chêne pédonculé ; le hêtre et le hêtre tortillard, le châtaignier, le pin, le sapin ; l’érable plane, l’érable champêtre, l’érable sycomore ; le bouleau pubescent, le bouleau verruqueux ; le charme, l’orme champêtre, le tilleul à grandes feuilles, le tilleul à petites feuilles ; le frêne commun, le peuplier blanc, le peuplier grisard, le peuplier noir ; le noyer commun ; l’alisier torminal ; l’aulne glutineux ; le cormier ; le houx, le poirier sauvage ; le robinier faux acacia ; le saule blanc, le saule fragile ; le troène, le prunellier, le sorbier des oiseleurs, le tremble ; l’aubépine épineuse ; l’aubépine monogyne ; la bourdaine ; le cerisier de Sainte-Lucie ; le cornouiller mâle ; le cornouiller sanguin ; le cytise ; l’églantier ; le fusain d’Europe ; le néflier ; le nerprun purgatif ; le genévrier commun ; le noisetier ; le pommier sauvage ; le prunellier ; la viorne obier ; le saule cendré, le saule marsault, le saule roux, le saule à trois étamines, saule des vanniers ; le sureau noir, l’ajonc d’Europe ; le buis ; le camérisier à balais ; le cassis ; l’églantier rouge ; le fragon ; le framboisier ; le genêt à balais ; le groseillier à maquereau ; le groseillier rouge ; la ronce bleuâtre ; la ronce des bois ; la ronce à feuilles d’orme ; le rosier des champs ; le saule à oreillettes ; le sureau rouge ; le sureau yèble ; la viorne lantane ; la bryone dioïque ; le chèvrefeuille des bois ; la clématite vigne blanche ; la douce-amère ; le houblon ; le lierre ; le liseron des haies ; le tamier commun ; le gui ;
Parmi les figures emblématiques de l’arbre du Perche, le poirier et pommier figurent dans « les vergers de pommiers encore accrochés aux collines du Perche témoignent d’une tradition bien ancrée : la fabrication du cidre. Mais pas n’importe quel cidre ! Le cidre du Perche, reconnu par une Appellation d'Origine Contrôlée !
Si la culture du pommier est ancienne en Normandie, c’est vers le XVIe siècle que les vergers se développent au sein des domaines religieux ou nobles, pour couvrir une grande partie de la campagne percheronne surtout au XVIIIe siècles. On cultive essentiellement des pommes à cidre, boisson devenue populaire et produite dans quasiment toutes les fermes du Perche. »[16]
Force est de constater que cette richesse végétale reste un atout du terroir du Perche, valorisé notamment dans le cadre de la fête de l’arbre et de la pomme à Saint-Cyr-la Rosière dans l’enceinte de L'Écomusée du Perche qui a pour objet la collecte, la conservation, l’étude et la présentation au public du patrimoine matériel et immatériel du Perche.
Ce territoire constitue une entité géographique et identitaire à valoriser qui s’est caractérisée au cours du fil de l’Histoire, façonnée par les peuples, l’Ancien Régime, la Révolution française, l’Empire et de façon plus stable depuis la IIIe République française. La dernière loi de régionalisation n’a pas remis au cœur de ce territoire intermédiaire entre la Beauce et le Val de Loire et de la Normandie au Centre-Val de Loire.
Désormais son histoire s’écrit dans le cœur des percherons et des amoureux de ce territoire singulier, atypique et bucolique et son territoire symbolique s’étend selon que l’on évoque le cidre, un parc, un patrimoine cohérent mais pluriel, un écosystème forestier délimité… bref le Perche existe, nous l’avons rencontré.
Difficile de résumer le Perche à ses collines... Par le prisme des autrices et des auteurs nous vous proposons un regard croisé à propos de ce havre de saveurs et de sérénité à deux pas de la frénétique Ile-de-France et de la douce Normandie et de la Loire.
[2]« En 1662, Rancé était allé visiter la Trappe & jeterun coup d'œil sur la solitude étemelle qu'il devaithabiter. Il avait vu les étangs qui se retirent & s'élèventen montant dans l'ancienne forêt du Perche, & dontplusieurs sont aujourd'hui supprimés. Il avait vu partout ces grandes feuilles solitaires qui flottaient surles eaux comme un plancher, & à travers lesquellesles oiseaux aquatiques faisaient entendre quelques cris. » In : Titre : Vie de Rancé / Chateaubriand, collections A. Bordes, Helleu et Sergent (Paris), 1920
[3] Liste des lieux d’A la recherche du temps perdu : « Le chemin des aubépines : « Je le trouvai [le petit chemin qui monte vers les champs] tout bourdonnant de l’odeur des aubépines. La haie formait comme une suite de chapelles qui disparaissaient sous la jonchée de leurs fleurs amoncelées en reposoir ; au-dessous d’elles, le soleil posait à terre un quadrillage de clarté, comme s’il venait de traverser une verrière » in : Marcel Proust, Du côté de chez Swann, Combray p. 188.
[4] Liste des lieux d’A la recherche du temps perdu : « Jamais dans la promenade du côté de Guermantes nous ne pûmes remonter jusqu’aux sources de la Vivonne auxquelles j’avais souvent pensé et qui avaient pour moi une existence si abstraite, si idéale, que j’avais été aussi surpris quand on m’avait dit qu’elles se trouvaient dans le département, à une certaine distance kilométrique de Combray, que le jour où j’avais appris qu’il y avait un autre point précis de la terre où s’ouvrait, dans l’antiquité, l’entrée des Enfers. »in : Marcel Proust, Du côté de chez Swann, Combray p. 231.
[5] Le pays de Perche, Julien Cendres, Écrire le Perche, c'est décrire l'éclairage voilé de saisons indécises, des brumes opalines que l'on croirait imaginaires, un songe étale. C'est dire, détour après détour , un pays mystérieux de silence et de secrets, une identité profonde, archaïque - un paysage intérieur.
[6] In : Jean-Pierre Prévost ; Ses liens avec la Normandie sont nombreux et divers. Des liens familiaux tout d’abord puisque c’est à Bolbec, à Louviers et à Rouen que ses ancêtres, côté maternel, s’étaient établis. C’est donc par filiation que Gide hérita du château de la Roque-Baignard, situé près de Lisieux. Son proche voisin, Jean Schlumberger, l’accueillit ensuite en ami au château de Braffy, au Val-Richer. Par sa cousine Madeleine Rondeaux, devenue son épouse, il migra ensuite à Cuverville dans le Pays de Caux. Mais il ne cessa d’arpenter la Normandie. De par ses liens amicaux avec Roger Martin du Gard il séjournera à plusieurs reprises au château du Tertre, près de Bellème, également à Offranville, chez Jacques-Émile Blanche, à Yport chez Jean-Paul Laurens, à Dieppe chez Walter Sickert, à Alençon auprès de son beau-frère Marcel Drouin, à Elbeuf chez André Maurois, à Berneval au chevet de son ami déchu Oscar Wilde. On sait qu’André Gide (1869-1951) passa sa vie à voyager, sans toutefois renier ses points d’ancrage que furent Paris, le Midi, la Normandie. In : https://editionsorizons.fr/livre/andre-gide-et-la-normandie/
[7] In : Titre : Géographie du Perche et chronologie de ses comtes ; suivies de pièces justificatives formant le cartulaire de cette province ; [et d'une] table alphabétique donnant les identifications des noms de personnes et des lieux.... Partie 1 / Romanet, Olivier de (1859-1936), impr. de "l'Écho de l'Orne" (Mortagne), 1890-1902
La revue Patrimoine normand titrait en 2019 : Le Perche, un "ailleurs enchanteur " :
« Je suis Percheron, c’est-à-dire autre que Normand », résumait le philosophe Alain, grand nom d’un petit pays à l’identité marquée. Fait de vallons bedonnants, de prairies bocagères et de forêts de chênes séculaires, de petites villes et villages presque trop beaux, le Perche tient de la carte postale… grandeur nature ! » Patrimoine normand 2019 - in : https://patrimoinenormand.com/article-137506-le-perche-un-ailleurs-enchanteu.html
Le Perche vu par Alain
« Il faudrait, dit le géographe, rétablir le culte des arbres. Les anciens disaient que les demi-dieux étaient cachés sous l’écorce. Ce sont là des belles légendes, parce que ce sont d’utiles légendes. De nos jours, un arbre, c’est une rente ; le prodigue accepte très bien un escompte ruineux, pour avoir de l’argent tout de suite ; il rase toute une forêt, sur la pente de la montagne ; de là le ravinement d’en haut et l’inondation en bas.
On devrait répéter ces choses dans les écoles, afin que l’arbre soit aimé. »Alain[1]
« Quand un carré de ciel bleu lavé de pluie se montre entre les nuages, c’est alors que les chênes, les hêtres, les ormeaux, les acacias étalent devant nos yeux les nuances innombrables de vert, plus pur que les couleurs vierges sur la palette. » Alain, Propos, in : Le pays du Perche, p. 28.
« Le Perche est un coin de province très déterminé. Quand je vais en Bretagne et que j’arrive au Mans, vers Nogent-le Rotrou et Condé -sur-Huisne je passe à travers un pays de monticules, assez boisé avec de grasses prairies ; je reconnais le Perche à une certaine aisance des maisons, aux chevaux vigoureux aux moulins prospères. C’est mon pays.[…] . » Alain[2]
« Cette fin d'hiver, c'est la fête de la lumière. Le soleil éclaire les bois jusqu’au fond. Les troncs jettent des ombres crues ; le ruisseau étincelle ; le bleu du ciel paraît violent dans la fourche des arbres. Les masses, au loin, se perdent dans un brouillard doré. Le soleil brûle. La brise mord. On sent une puissance sans douceur. Ce n'est pas encore le printemps. » Alain[3]
« C'est le temps où les bûcherons jouent de la cognée, dans les petits bois à flanc de coteau. Partout on voit des piles de fagots, et des troncs couchés ; et, comme les feuilles font à peine un petit brouillard vert, l'œil rencontre partout des branches mutilées et des arbres manchots. Le poète me dit : « Ces sauvages ne peuvent pas rester en repos. Cette vallée était pourtant bien belle, quand elle était toute vêtue de feuilles ; les bois encadraient les champs ; c'était une harmonie merveilleuse pour l'œil. Mais ils ne voient que des fagots à faire ; ils n'aiment la nature que comme une vache nourrice ; ils ne savent point ouvrir les yeux, se remplir les yeux, aimer la nature pour elle-même et comme elle est. » « Vous non plus, vous ne le savez pas, dis-je au poète. Ces paysans sont de la nature aussi ; leurs besoins et leurs actions sont naturels aussi bien que la pousse des feuilles. Le vent, la pluie, la neige, le ruisseau façonnent les bois, tordent, arrachent, renversent ; le bûcheron aussi. Tous, arbres et hommes, sont nés de la même terre.» Alain [4]
« Vous aurez certainement l’occasion d’observer quelque pied de lierre qui tapisse un mur bas et se termine en arbuste. Si vous considérez les feuilles, depuis la terre jusqu’aux branches supérieures, vous remarquerez que les feuilles les plus basses sont très largement échancrées, et ressemblent à des mains qui auraient une toute petite paume, et des doigts longs et minces. Les feuilles les plus hautes, tout au contraire, ne sont pas découpées du tout, et s’allongent à peu près comme des feuilles de lilas. Si vous redescendez maintenant jusqu’à terre, de haut en bas, vous trouverez des feuilles de plus en plus larges et de plus en plus échancrées, et vous pourrez former une collection de feuilles qui établiront entre la feuille aux longs doigts et la feuille sans lobe une transition insensible. » Alain[5]
« L’autre matin, après une nuit claire et une forte gelée, j’ai vu un spectacle peu ordinaire. Un grand frêne avait perdu toutes ses feuilles ; elles formaient autour du tronc un tapis vert étrange à voir, et qui sonnait singulièrement sous les pieds. Nous avons l’habitude de marcher sur des feuilles mortes, et toutes ces feuilles étaient bien vivantes, vertes, souples, et pleines de sève.[…] »Alain [6]
[1] Propos d’un normand, Alain, tome 2, nrf, 1955, LIX, p.94
[2] Portraits de famille, Mercure de France - in : Antoinette Guerrini, Pittoresque et Poésie d’une petite ville, Mortagne-au-Perche, Les Amis du Musée Alain et de Mortagne -au-Perche, 1996, p. 13
[3] LES PROPOS D'ALAIN, Tome 1er NRF, PARIS ÉDITIONS DE LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE 35 ET 37, RUE MADAME, 1920, p.30.
[6] Propos d’un normand, Alain, tome 2, nrf, 1955, CLXVII, p.277.
A comme Almagro
La Revue normande et percheronne illustrée est une publication des sciences, littérature, beaux-arts éditée sous la direction de Louis Duval éditée en série imprimée, en langue française dont ce numéro de l'année 1892. Louis Duval a eu l'ambition de donner la parole aux poètes, aux artistes, à ceux qui étudient la nature et ceux qui savent la peindre et l’interpréter, les écrivains, qui à la forme la plus brillante, allient la sincérité, l'observation fidèle des mœurs, des caractères originaux que renferme la province, sujets toujours neufs de piquants tableaux, ne font pas défaut parmi nous. Dans le Perche, autant que dans « le pays de sapience ». 1892 fut la première année de publivcation dans la quelle A. Almagro conta La Forêt de Bellesme ET LA FONTAINE DE LA HERSE. Il publia part ailleurs La Queue du Diable, conte du bocage normand (1892).
Selon le Littré, Le Pays de sapience, la Normandie, ainsi dite à cause de la sagesse des lois que lui donna Rollon, ou beaucoup plutôt à cause du caractère prudent et même défiant des Normands : La Fontaine a étendu le pays de sapience jusqu'au Maine.Près du Mans donc, pays de sapience, La Fontaine, Remède.
« La forêt domaniale de Bellesme est sans contredit une des plus belles de France. Ses superbes futaies font l'admiration des étrangers ; elles puisent dans son sol fécond une sève riche et généreuse qui donne aux chênes, hêtres, ormes, bouleaux et autres arbres forestiers une exubérance et une vigueur surprenantes. Des sources, des eaux courantes, des étangs y entretiennent la fraîcheur. Les hôtes ordinaires des forêts peuplent ses mystérieuses retraites.
Elle se soulève en croupes arrondies ou se creuse en vallons et en ravins, tour à tour majestueuse, riante et sauvage. Des allées se prolongent à perte de vue, perçant ses sombres massifs dont les hautes cimes, pareilles à des vagues, verdoient, pleines de nids et d'oiseaux, aux vivifiants rayons du soleil d'été, ou frissonnent plaintives et nues sous le souffle glacé et le givre des hivers. La forêt s'étend de l'est à l'ouest sur une longueur de deux lieues et demie ; sa largeur n'atteint pas une lieue. Au sud, sur le côté opposé de la vallée et à une très faible distance, Bellesme, la vieille cité féodale, découronnée de ses tours et de ses remparts, semble contempler avec complaisance, du haut de la colline où elle est assise, le splendide horizon qui se déroule sous ses yeux charmés.
Une route commode et spacieuse, construite au siècle dernier, relie cette ville à Mortagne, sa voisine et longtemps sa rivale, traversant la forêt du sud au nord et la partageant en deux parties inégales dont la plus vaste regarde le couchant. »
A. Almagro[1], la Forêt de Bellesme, La Revue Normande et Percheronne, 1892
« Concernant les arbres du Perche, il y en a un (au-delà du Populus Nigra L.) qui retient mon affection et mon attention qui est endémique et indigène au périmètre de l'Aigle du Sap à Soligny la Trappe : c'est l'Abies Alba pectinata L.
Il serait le témoin et le dernier survivant de la forêt primaire en Normandie et en Perche.
Il dépasse tous les autres jusqu'à plus de 60 m de hauteur et il en reste des sujets à Beaufai dont la zone est nommée par les locaux : "La petite Sibérie" car la zone est souvent recouverte de brumes, de brouillards frais ou de frimas l'hiver
Voilà ce que l'on appelle le "sapin de l'Aigle" qu'on ne retrouve pas ailleurs que dans des zones montagneuses bien plus élevées comme dans les Vosges aux côtés du sapin des Vosges. »
« La dernière étude réalisée sur des sapins de différents massifs forestiers de l'Orne (PASTUSKA 1999, non vu, comm. pers. Laurent LÉVÉQUE) n'a pas permis de prouver scientifiquement qu'il existait une véritable souche locale. Il est néanmoins admis dans cette étude qu'il y aurait des peuplements d'origine normande probable sur Beaufai, Saint-Sulpice-sur-Risle, Saint- Evroult et peut-être (seulement certaines parcelles) Andaines. Pour d'autres boisements étudiés (dont Moulins, Perche et Trappe), les sapins seraient issus d'introductions (Vosges, peut-être Jura) ou d'origine géographique inconnue (et donc peut être native). La conclusion générale de l'étude est l'hypothèse suivante: les populations actuelles dans certaines zones seraient issues d'introductions multiples en mélange avec l'origine locale, aujourd'hui peu représentée. Même si le sapin de l'Aigle est éventuellement issu d'une introduction très ancienne, la curieuse zone où il se trouve montre tant de cohérences entre les présences simultanées d'espèces montagnardes et d'autre part les conditions climatiques plus rudes qu'ailleurs qu'il nous semble impossible que ces espèces ne soient pas indigènes. »
« Star de cette période de fêtes, le sapin illumine nos salons. Et si le Nordmann et l'Epicéa sont les arbres cultivés pour Noël, d'autres espèces existent, notamment en Normandie.
Le sapin pectiné a pour particularité de pousser en Normandie, alors que généralement, on l’observe plutôt dans des zones montagneuses. Pour Luc Souchet, responsable de l’unité territoriale du Perche à l’Office National des Forêts de l’Orne, "au fil des millénaires, le réchauffement a fait que le sapin s’est réfugié dans les climats de montagne, un climat froid et humide. Et s'il est aujourd'hui présent en Normandie, c’est parce qu’on a un climat qui lui convient encore, suffisamment humide pour qu’il puisse vivre". Cette essence, dont la présence sur le territoire va dépendre de l’évolution climatique, représente 5 à 8% des arbres présents dans les forêts de l’est du département de l’Orne.
Le "sapin de L’Aigle", une variété spécifique
Et dans le pays d’Ouche, on parle même de "sapin de L’Aigle", car certains arbres ont connu une évolution naturelle qui les différencie des autres pectinés. Si elle fait bien partie de "la même famille", Luc Souchet précise que l’espèce aiglonne possède "des petites variations phénotypiques, pas forcément génétiques, avec une forme des aiguilles et une morphologie un peu différente, mais c’est très subtil. C’est bien la même espèce, mais le sapin qui a poussé sur L’Aigle naturellement a suivi une petite évolution par rapport aux sapins qui poussent en altitude".
Des peuplements classés
Et c’est en forêt privée que l’on retrouve ces peuplements. Autour de L’Aigle et de Saint-Evroult-Notre-Dame-du-Bois. Et sur certaines propriétés, "ces arbres sont classés, c’est-à-dire que s’il y a des récoltes de graines à réaliser, elles se font exclusivement sur ces peuplements." ajoute Luc Souchet. Et dans le Pays d’Ouche, plusieurs noms de communes et de lieu-dit font référence à ce sapin pectiné. C’est le cas du Sap-Mèle, du Sap-André et de la Sapaie, un hameau de la commune de Saint-Symphorien des Bruyères. [3]»
Le sapin blanc est un arbre majestueux et très longévif (certains exemplaires peuvent atteindre 500 ans) qui forme des peuplements denses sur la plupart des massifs anciens. Les plus belles forêts de sapin se rencontrent généralement sur des sols acides d’origine granitique ou gréseuse comme
C’est le cas dans le massif des Vosges, en Haute-Loire, dans les montagnes du Perche en Normandie, dans les Alpes, les Pyrénées…sapin de L’aigle
Le Sapin pectiné est une espèce vivant en montagne. Cette répartition souffre néanmoins une exception, la variété dite "de L'Aigle" ou encore "de Normandie", vit en basse altitude aux confins de l'Eure, de l'Eure-et-Loir et de l'Orne.
Le Sapin pectiné a les mêmes besoins que son compagnon forestier, le Hêtre : tous les deux affectionnent les brouillards des versants nord des montagnes et ceux de la Normandie. Cependant avec les sécheresses des deux dernières décennies, ils ont beaucoup souffert et les scolytes ont beaucoup profité de leur affaiblissement.
De nombreux toponymes indiquent la co-présence du Hêtre et du Sapin pectiné : les "Fay", "Foutelaye", "Beaufai" voisinent avec les "Saptel", "Le Sap", "Le Sap André".
"D'habitude, c'est en montagne qu'on le rencontre entre 400 et 1800 m d'altitude. Comment diable est-il parvenu à L'Aigle, cette commune de Basse-Normandie ? L'aurait-on transporté jusqu'ici ? Pas vraiment. Les noms des bourgs alentour en témoignent, les écrits médiévaux l'affirment, et l'analyse des pollens le confirme : le sapin normand encore baptisé sapin pectiné ou Abies pectinata est là depuis des temps immémoriaux. Depuis l'époque où les glaciers s'étant rétirés il est resté." (Anne BALLEYDIER, Roi des forêts normandes, in Science et vie, édition spéciale "La France des Arbres", 2001)
On trouvera un article sur le Sapin de L'Aigle dans "Le Réveil Normand" du 21-12-2016 page 4.
Ginkgo biloba (Français - English) | Ovule de Ginkgo biloba | Frêne | Bocage à Hêtre - 50 | Déformation torsadée du Hêtre | Bocage vendéen - 79 | Croissance d'un arbre | Dendrochronologie et coupe transversale d'un thuya | Aubier - duramen et coupe transversale d'un chêne | Identification des arbres - Idem en version Flash | Clé statique imprimable | Arbres et arbustes de Damigny - 61 | Conifères - 61 | Le Sapin de Laigle - 61 | If | Baies d'if | les vieux arbres | les vieux arbres de Seine-Maritime | Jupiter en forêt de Fontainebleau | Le chêne-gui d'Isigny-le-Buat | Quiz
24 déc. 2016 — Mon beau sapin de L'Aigle, roi des forêts de Moulins-la-Marche et de Saint-Evroult. L'Aigle, son cervelas, ses 4 Jours, sa Fête du ciel, ses ...
20 déc. 2019 — Et c'est en forêt privée que l'on retrouve ces peuplements. Autour de L'Aigle et de Saint-Evroult-Notre-Dame-du-Bois. Et sur certaines ... »
[1] In : Vaccinium vitis-idaea L. dans l'Orne Free http://pierreo.cochard.free.fr › cv_poc › Vacciniu...PDF -
Dans son catalogue des plantes de l’Orne, LETACQ (1906-1908) ne connaît toujours que 2 stations pour le département, forêt de la Trappe et forêt de Saint- ... Un sapin montagnard en Normandie – in : Nouvelles naturalistes 31 AFF
[2]Modifié : 20 décembre 2019 à 10h37 par Julien Dubois
A comme Association des chemins du Mont Saint-Michel
"L’association « Les Chemins du Mont-Saint-Michel », créée en 1998, se consacre à redécouvrir, réhabiliter et valoriser les anciens chemins de pèlerinage menant au célèbre sanctuaire normand dédié à l’archange saint Michel.
Grâce à ses recensements, l’association étend le réseau des chemins de Saint-Michel à plusieurs pays européens et renoue les liens historiques entre le Mont-Saint-Michel et les grands sites européens consacrés à l’Archange Michel, en traversant les territoires marqués par ces itinéraires légendaires."
in : Assocaition des chemins du Mont-Saint-Michel
« Un des six chemins du Mont Saint Michel partant du mont emprunte le Perche passe par Alençon puis Bellême , Nogent-le Rotrou avant de rejoindre Illiers-Combray. Sorti du Perche, le chemin poursuit par Chartres, Nevers, Lyon, Chambéry, les Alpes avant de s’achever à Monte Gargano en Italie. »
Le détail du chemin traversant le Perche indique les étapes suivantes :
Neufchâtel-en-Saosnois (24 km)/ La Perrière
La Perrière /Bellême (13,7 km)
Bellême /Préaux-du-Perche (20,7 km)
Préaux-du-Perche / Nogent-le-Rotrou (13 km)
Nogent-le-Rotrou / Thiron-Gardais (20,4 km)
D’autres chemins vont notamment vers Bruxelles ; l’Allemagne via Nancy ; Puy-en-Velay ; Saint-Malo ; Saint-Jacques de Compostelle.
Association des chemins du Mont Saint-Michel[1] et Levaillant Pascal,
Suite à une lecture qui nous a été conseillée par Evelyne Moinet de l’article intitulé « aux origines du Perche » de Jean-Marc Baché, publiée dans la revue des Cahiers Percherons, N° 237, 1er trimestre 2024 nous avons rencontré Jean Mac Baché dans le Perche à deux reprises dont à sa conférence donnée à Senonches en mars 2026.
Suite à ces échanges nourris, Jean Marc Baché nous a confié cette contribution textuelle pour notre abécédaire du Perche.
Nous vous livrons son texte et les réponses qu’il nous a donné à nos questions.
Jean Marc Baché est docteur en archéologie et doctorant en anthropologie religieuse. Jean Marc Baché vit et travaille dans le Perche.
Comment pouvez-vous résumer les origines du Perche ?
« L'idée générale qu'il faut retenir, est qu'il faut se débarrasser du mythe largement répandu concernant le Perche selon lequel le Perche serait une région naturelle correspondant à une forêt immémoriale, la Silva Pertica, qui aurait été une contrée déserte vide de population. (Vastas solitudines)
Au contraire, il faut lui substituer l'idée que c'est une construction littéraire et historique progressive en plusieurs étapes et que, depuis le néolithique, il était habité par des foyers de population stables qui ont grossi ou régressé en fonction des crises politiques, sanitaires ou sociales, mais qui ont toujours été présentes dans le Perche.
Les différentes étapes de la création du Perche : Nous avons un premier Perche autour du monastère de Saint-Avit, situé par Grégoire de Tours près de Mondoubleau en pays chartrain, qui devient célèbre par la littérature hagiographique et érémitique produite au IXᵉ siècle à Micy près de Tours et qui produit les vies des saints très diffusées au Moyen Âge.
On distingue ensuite un deuxième Perche qui signe une extension de la notion de forêt du Perche vers le nord au XIᵉ siècle autour de Nogent sur la rive de l’Huisne occupée par le monastère St-Denis et dans la forêt de Senonches, toujours grâce à la littérature hagiographique mais ici concernant saint Lomer qui s’établit à Belhomert puis à Corbion (futur Moutier-au-Perche).
Il y a un troisième Perche qui correspond à la fusion politique réalisée par la dynastie des Rotrou entre les seigneuries de Nogent, qui sont dites dans le Perche, et le comté de Mortagne en pays hiémois avec la création du comté du Perche (vers 1090-1100), donc à la fin du XIᵉ siècle. L'adjonction de la seigneurie de Bellême après 1126 aboutit à la formation du comté du Perche que l’on connait . Et enfin il faut citer l'existence d'un Perche ecclésiastique qui n’a jamais fait partie du comté du Perche, au nord-ouest du diocèse de Chartres, créé comme une ligne de défense établie par les évêques de Chartres contre les Vikings et dépendant de la baronnie de Pontgouin, comme la Loupe, Marchainville et Longny. »
Ce que vous entendez communément aujourd'hui par le Perche ?
« Après avoir été successivement une région définie par la littérature hagiographique, un territoire administratif et politique, une province royale et une zone juridique, où avait cours la coutume du Perche, le Perche est actuellement une appellation touristique qui ne s'appuie qu’en partie sur les données territoriales du passé. En effet, le Perche étant synonyme d’une certaine qualité de vie et de préservation des paysages, en faire partie ajoute une forme de valorisation d’image et d’attractivité. Le grand atout actuel du Perche est d’avoir été laissé à l’écart des révolutions industrielles. Son patrimoine naturel fait de forêts, de collines et de cours d’eau nous apparaît de nos jours comme un Éden préservé si on le compare aux grandes villes et à leurs banlieues défigurées.
Quant à son patrimoine culturel, il s’intègre magnifiquement au paysage et il dégage une grande harmonie malgré les différences de style car, du Moyen Âge au XIXᵉ siècle, les mêmes matériaux naturels issus de son sol ont été employés : la pierre, la chaux, le sable et le bois. On y vient pour y cultiver un certain art de la douceur de vivre et de la gastronomie et pour développer les nouvelles formes de travail à distance qui se sont développées après le Covid. »
Quel lien faites-vous entre la pensée d'Alain et l’ angle premier de votre recherche ?
« Dans un de ses ouvrages, le philosophe Alain, percheron par excellence, né à Mortagne-au-Perche, exprime le fait que penser, c'est dire non. Cette pensée que j'ai rencontrée, il y a une trentaine d'années, a toujours été pour moi un paradigme, non pas pour chercher à tout déconstruire systématiquement comme l'a interprété plus tard Derrida, mais plutôt pour ne pas accepter d’emblée une opinion exprimée avant d'avoir vérifié les sources primaires historiques . L'historiographie générale montre que souvent on s’est contenté de reproduire des opinions non fondées qui sont devenues des vérités à force d’être répétées.»
Ce qui a présidé à entamer et démarrer cette recherche ?
« Je suis "un accouru", c'est-à-dire arrivé dans le Perche avant le covid, et j’ai voulu m’intéresser à l’histoire du Perche, notamment du point de vue antique et on m’a tout de suite dit qu’il n'y avait rien à part une grande forêt déserte . Mon esprit critique et les encouragements de Philippe Siguret m’ont conduit à ces recherches . »
B commeBéguin
En 1978 la célèbre série éditée par " Ouest-France " a publié Le Perche par Monique Béguin ; photographies, Alain Le Berre.
Les chapitres évoquent : « Là où commence la vigne là finit le Perche » ;Alliance de l’arbre et de l’eau ; Des sources guérisseuses ? ;Bellême « brillant comme le soleil » ; L’Angenardière l’Altière ; L’austère Sainte-Gauburge ; « La nymphe du Perche » ; Le château de Villeray . Nogent la Redoutable ; Voré la Magnifique . Splendeurs préservées ; Les collines inspirées ; « Le plus beau bourg de France » ; Le Québec libre était peut-être Percheron ? ; « Je suis Percheron, c’est-à-dire autre que Normand» ;« Le bon cheval » ...
« Coincé entre la Normandie au nord, le Vendômois au sud, le Maine » ; à l'ouest et la Beauce à l'est, le Perche ne tient pas semble-t-il s on caractère spécifique de sa géographie, mais plutôt de celui de sa race qui a su résister aux invasions et aux conquêtes. C'est un pays de bocages, vert et frais, où dominent les forêts. Là où la forêt a disparu, défrichée pour laisser place aux herbages, subsistent des haies vivaces et exubérantes, de petits bois qui rompent la monotonie des prairies.
Centre hydrographique important, le Perche est riche en eaux capricieuses, fantaisistes, elles sculptent le pays et influencent son mode d'habitation et son peuplement. Habité depuis la plus haute Antiquité, le Perche n'était autrefois qu'une immense forêt, refuge idéal de l'homme primitif qui y trouvait là, l'eau vive, le gibier et le silex matériau indispensable à ses armes et à ses outils. »
B commeBelleau & autour de Belleau - Ronsard et Du Bellay, et le Lycée Remi Belleau
« Poète français appartenant à la Pléiade. Né à Nogent-le-Rotrou dans un site champêtre, Rémy Belleau vint à Paris comme précepteur de Charles de Lorraine et résida jusqu'à sa mort en l'hôtel de Guise. Intelligent sans surcharge d'érudition, il était avant tout « un homme qui plaisait ». Il fut l'ami sans nuage de Ronsard et l'on sait que Belleau et Ronsard n'estaient qu'un / Et que tous deux avaient un même coeur commun. » In : https://www.universalis.fr/encyclopedie/belleau-remy-ou-remi/
« C’est dans cette période de 1550 à 1558 a conquis le premier rang. Malgré sa rupture avec les grands principes de la poésie érudite, il garde ses amis de la première heure et voit peu à peu se ranger autour de lui ses adversaires, gagnés pas ses concessions, et les jeunes poètes attirés par ses succès. Parmi ses compagnons de la Brigade, il s’entoure des six meilleurs, constituant avec eux la Pléiade, en souvenir des sept poètes alexandrins qui, au IIIe siècle av. J.C., avaient placé leur groupe sous le signe des constellations. Les noms qu’il nous cite, en 1556, en plus du sien, sont ceux de Du BELLAY, Pontus de TYARD, BAIF, PELETIER, BELLEAU ET JODELLE. Il est unanimement reconnu « prince des poètes ».
Lagarde et Michard, 16e siècle, Bordas, Paris, p.120.
De Joachim du Bellay à Remy Belleau
« Par ses vers téïens Belleau me fait aimer
Et le vin et l’amour : Baïf, ta challemie
Me fait plus qu’une reine une rustique amie,
Et plus qu’une grand’ ville un village estimer.
Le docte Pelletier fait mes flancs emplumer,
Pour voler jusqu’au ciel avec son Uranie :
Et par l’horrible effroi d’une étrange harmonie
Ronsard de pied en cap hardi me fait armer.
Mais je ne sais comment ce démon de Jodelle
(Démon est-il vraiment, car d’une voix mortelle
Ne sortent point ses vers) tout soudain que je l’oy,
[1] Le fourmy de P. de Ronsard à R. Belleau . Le Papillon de R. Belleau à P. de Ronsard, mis en latin par P. Est. Tabourot, avec quelques épigrammes latines...Ronsard, Pierre de (1524-1585)., Éditeur : T. Bessault (Paris), 1565
« Les lycéens du Lycée Remi Belleau dans les pas du poète Remy Belleau, peintre de la nature »
Belleau fut un poète de la mythique Pléiade, regroupant entre autres Pierre de Ronsard, Joachim du Bellay et Pontus du Thyard…
« Les lycéens du Lycée Remi Belleau dans les pas du poète Remy Belleau, peintre de la nature »
Michel Toumoulin, Annie Fontaine, Sylvie Mazereau, Fabienne Deguis, Jean Braybrook, Lise Peter, Jean-Jérôme de Souancé, David Commenchal, Catherine Boucault, Charlotte Saint-Pierre, Manon Fontaine, Gail Braybrook, Annick Jacquet, l’Association des Amis de Remy Belleau et les lycéens et lycéennes du Lycée Rémi-Belleau - ont participé à la publication du livre Remy Belleau et le château du Grand Jardin, 2018. Cet ouvrage est l’aboutissement d’un projet original autour du poète né à Nogent-le-Rotrou qui dans sa vie a pris « résidence » à Joinville au château du Grand Jardin à Joinville.
Leurs travaux artistiques ont mêlé français, arts plastiques, calligraphie, Renaissance et photographie. Leurs œuvres ont été exposées au château du Grand Jardin à Joinville où a séjourné Remy Belleau durant trois années.
Citons au titre de leurs réalisations en arts plastiques : Antonin Cabaret, Axelle Levoye, Aymeric Dujardin, Bastien Sanchez, Benjamin Jourdain, Camille Pèlerin, Corentin Auburtin, Eléa Gallais, Florida Mibilu, Gaël Morizot, Késai Lesault, Laurine Mailhes, Manon Fontaine, Marine Huard, Nathan Richardeau, Sambatra Rasolofo.
Les lycéens et lycéennes ont exploré en 2017-2018 les liens entre les jardins et la poésie de Remy Belleau serviteur de la Langue Française à la Renaissance.
En postface de l’ouvrage, Jean-Jérôme de Souancé retrace la portée du compagnonnage d'un an avec le poète né à Nogent-le-Rotrou.
Extrait : « De Nogent-le-Rotrou à Joinville – Un parcours exemplaire vers l’épanouissement d’un talent littéraire.
Né rue de Ronne (non loin du ruisseau éponyme) à Nogent-le-Rotrou, Remy Belle parcourt quelques centaines de mètres pour mener à bien ses premières expériences scolaires à l’abbaye de Saint-Denis.[…] Il bénéficie tout à la fois de l’enseignement des moines de l’abbaye de Saint-Denis.[…] Epris de culture grecque et de poésie, Remy Belleau présente des qualités exceptionnelles qui justifient la protection des Bourbon-Condé. Il rejoint alors, vers 1552, les collèges de Coqueret et de Bourmont : foyers de jeunesse intellectuelle […] Dans ces hauts lieux de la culture française, Remy Belleau se lie d’une amitié profonde avec ses futurs compagnons de la Pléiade, en premier lieu Pierre de Ronsard. Leur amitié est une commune passion pour la poésie les accompagneront toute leur vie. Une vive émulation les fera rivaliser sur les mêmes thèmes, Remy Belleau l’emportera par la concision de son écriture et la ciselure de ses vers.
Tout en commençant à publier poèmes et traductions, Remy Belleau assure les premiers pas de la Langue Française voulue par François 1er. […] Remy Belleau partagera alors sa vie à Joinville et Paris. […] Bénéficiant de protection, d’une aisance financière assurée, Remy Belleau pourra consacrer les quinze dernières années de sa vie à écrire des poèmes et des odes inspirées par la nature, les hommes, les princesses de la cour des Guise et les pierres précieuses. Remy Belleau était un poète de cour ; par ailleurs, organisateur des grandes fêtes qui étaient données au château du Grand Jardin ( au 16e siècle, pavillon de loisirs) et au fastueux Hôtel de Guise, à Paris, près du Louvre.
Avec ses amis de la Pléiade, Remy Belleau a su transcender son rôle de poète laudateur pour influencer de manière décisive, l’histoire de la littérature et de la langue françaises. Jean-Jérôme de Souancé, ancien élève du Lycée Remi-Belleau, co-président des Amis de Remy Belleau.
Postface du livre Remy Belleau et le château du Grand Jardin, préface de Jean Braybrook, Photographie de David Commenchal »
Remy Belleau peintre de la nature, ainsi nommé par Pierre de Ronsard
Extraits de l’œuvre de Remy Belleau
« C’est à vous de chanter les fleurs,
Les bourgeons, et les espiz meurs,
Le beau gazouillis des fontaines,
Et le bigarrement des plaines,
Qui estes les plus favoris
D’Apollon et le mieux apris :
Quant à moi rien plus je n’atente
Sinon chanter l’honneur de l’ente
De la Cerise, et son beau teint
Dont celui de m’amye est teint. […] [1]» Belleau Rémy [2]
[2] Celui que Ronsard surnomma le peintre de la nature, et qui le fut effectivement, non parce qu’il célébra les pierres précieuses, mais parce que son œuvre est riche d’images et de tableaux champêtres, Remy Belleau naquit à Nogent-le-Rotrou, dans le pays du Perche, vers l’année 1528. In : https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Po%C3%A8tes_du_terroir_T_IV/Remy_Belleau
[3] Titre : Livre d'or de Rémy Belleau ([Reprod. en fac-sim.]) / [préf. de Emile Hinzelin]
Auteur : Belleau, Rémi. Auteur du texte Éditeur : Slatkine reprints (Genève) Date d'édition : 1900
[5] Extrait d’un poème consacré à sa terre natale Nogentaise et à sa Ronne.in ; Poète de la Pléiade Remy Belleau, né à Nogent en 1528.[…] Remy Belleau était apprécié par ses amis et pairs de la Pléiade et à la Cour de France pour sa personnalité studieuse, amicale, sérieuse, sa brillance intellectuelle, sa connaissance des sciences de la philosophie, des astres des pierres et des gemmes, sa réputation de poète, son brillant parcours d’homme de lettres et de juriste. Le poète Nogentais siégea aux côtés de Ronsard à l’Académie du Palais, ancêtre de l’Académie Française, où les femmes étaient accueillies et bien actives.[…] Remy Belleau aimait sa ville natale et l’a honoré d’odes à sa gloire ( l’Ode à Nogent ), lui décernant le titre de « Parnasse Nogentais », conférant à Nogent-le-Rotrou une légitimité culturelle toujours présente (expositions culturelles, festival de Graff Rur, … ).- In : https://www.remibelleau.fr/wp-conte-nt/uploads/2023/09/2023_07_02_proposition_Lycee_Remy-Belleau_reference_hommage_poete.pdf
ELECTION DE SA DEMEURE
A Amadis Jamin.
Puisque ma Maîtresse dédaigne
L'honneur des bois et la campagne,
Puisque les tertres bosselus
Et les ruisselets mousselus,
Le cristal des ondes sacrées,
L'émaïl des verdoyantes prées,
La frayeur d'un antre fourchu,
L'ombre d'un bocage branchu
Lui déplaisent et que sa flamme,
Nourrice d'Amour ne s'enflamme
En lieu solitaire et reclus
Quant à moi je ne vivrai plus,
Égaré, loin du populaire,
Ni des cités, pour lui complaire - Remy Belleau [1]
Hommage à Remy Belleau, extraits du Livre d’Or de Remi Belleau, 1900
« […] A la cour, où le Roy voulut souvent l'entendre, Daurat dit que jamais il n'oublia Nogent, Ni les prés verts où l’Huisne et le Ronne si tendre, S'en vont, liant les fleurs d'un long ruban d'argent II aima les ruisseaux et l'ombrage des saules, Il eut coeur délicat et fraternelle main Quand il mourut, Ronsard, Baïf, sur leurs épaules L'élevèrent, avec Desportes et Jamyn Eux, les poètes chers aux nymphes de La Loire, En posant son beau front sur l'éternel chevet, Remirent, ô Nogent, son nom clair à la Gloire Belleau t'avait rendu tout ce qu'il te devait »
Georges AUDIGIER. [2], Livre d'or de Rémy Belleau, 1900
« La maison qui doit être celle de Remy Belleau est une des vieilleset charmantes demeures de Nogent. Sa porte cochère au large cintre surbaissé, son toit en pente, ses fenêtres étroites, ont un caractère hospitalier et patriarcal.
Elle est bâtie au pied du château féodal dont l'ombre menaçante s'étend jusqu'à elle, protectrice. Disons ici que, pour le poète comme pour l'archéologue, les vieilles maisons de Nogent sont un innombrable et perpétuel délice.
La douce, l'étrange ville Au milieu de ce paysage élégant et vaste, où le printemps jette à flots la neige des pommiers et l'or des ajoncs, où l'été déroule la somptuosité verte de son velours, où l'automne répand le fracas triomphal de son airain et de sa pourpre, à l'ombre du coteau que décore la silhouette hautaine du château-fort, Nogent est une ville exquise qui sommeille sous un ciel aux nuances de myosotis.
Ville unique, en vérité Elle est située au milieu des prairies, et des prairies sont situées au milieu d'elle. La ville forme un quadrilatère.
Ce quadrilatère entoure un immense champ, vide de maisons, ombragé d'arbres merveilleux, traversé de ruisseaux, tapissé d'herbe drue. »
« REMY BELLEAU a été, dans le Perche, l'initiateur d'un mouvement littéraire
Belleau, dont le talent s'était assoupli et affiné au contact de la société italienne, était resté simplement un doux et gracieux enfant du Perche. Ronsard et Sainte-Marthe ont dit plus vrai en l'appelant le « peintre de la nature ». Il avait gardé au fond du cœur le souvenir des sites et des scènes champêtres qui avaient réjoui son adolescence, et il aimait à les transporter dans ses poésies comme dans ses récits en prose. »
[3] Jolie rivière qui prend naissance à l'étang de la Goguerie, baigne le riant vallon de Souancé, coule au pied du château de Saint-Jean, près de la maison de Remy Belleau, puis rend bientôt son hommage l'Huisne, comme l'écrivait le poète, qui l'a plusieurs fois chantée.
Les français connaissent bien Stephane Bern comme homme de télévision, comme chroniqueur de l'Histoire de France, comme journaliste, présentateur TV animateur radio mais peut-être moins comme écrivain. Depuis 1988 il a publié de nombreux ouvrages, de L'Europe des rois en 1988 à La Reine qui aimait la France, en 2023.
C'est Stephane Bern, l'écrivain et le percheron qu'il est devenu que nous avons sollicité pour nous raconter son Perche d'après notre questionnaire Proustien et Du Bellaysien.
En 2020, Stephane Bern s'est illustré par sa contribution pour un Guide du Routard pas comme les autres. Fin connaisseur de son patrimoine, s'associant avec Le Guide du Routard, il a publié la France de Stéphane Bern ! C'est un véritable voyage en France et en Outre-mer en 385 pages. Abondament illustré, cet opus honore notamment les villages sélectionnés pour sa célèbre émission « Le village préféré des Français », et le patrimoine qu'il met en valeur par sa mission Stéphane Bern.
A ce titre il s'inscrit dans le répertoire des auteurs qui ont voyagé en France et qui ont valorisé avec émerveillement une France insolite : Mme de Sévigné (de 1672 à 1694) ; Bernardin de Saint-Pierre (1775) ; Arthur Young (1787-1789) ; Charles Nodier (1825) ; Victor Hugo (1835) ; Stendhal (1837) ; Gustave Flaubert (1877) ; Maupassant ; Zola ; Leblanc ... aspirant à être voyageurs, touristes, randonneurs que ce soit à pied, à cheval , en calèche, en train ... en somme, les pionniers du fameux Guide du Routard dans lequel Stephane Bern a évoqué ses impressions de voyage notamment à quelques endroits du Perche comme les villages de Bellême et de Frazé se rapprochant ainsi du décor proustien de Méreglise, Combray et des bords du Loir cher à Ronsard ou Du Bellay.
Voici les réponses de Stephane Bern à notre questionnaire proustien et dubellaysien à propos du Perche.
A quel Perche êtes-vous attaché ? le Perche ornais, Eurelien, sarthois, vendômois ?
Avant tout attaché au Perche comme entité territoriale et historique, je ne peux me défendre d’un tropisme eurélien dans la mesure où l’abbaye de Thiron-Gardais doit sa fondation en 1114 à l’évêque Yves de Chartres et à Rotrou III comte du Perche dont le fief était naturellement à Nogent le Rotrou.
Quel paysage le représente le mieux ?
Ce qui m’a séduit dans le Perche, ce sont ces collines et ces vallons, un paysage avec plus de relief que les plaines de Beauce, mais également ces belles et profondes forêts qui couvrent plus de 20% du territoire.
Quel rôle l’arbre joue-t-il dans le Perche
Dès son origine, le Perche doit son nom à l’expression latine Silva Pertica, souvent traduite par « forêt de perches », et toutes les interprétations soulignent d’emblée le caractère forestier de ces terres. À telle enseigne que, selon les étymologistes, pertica signifierait grand arbre : chêne, pin, sapin, hêtre… et qui est par ailleurs à l’origine du latin quercus qui a donné chêne.
Quel fruit associez-vous au Perche ? et la pomme !
Le premier fruit auquel on pense lorsqu’on évoque le Perche, c’est la pomme qui permet de produire du cidre aujourd’hui protégé par l’AOP Cidre du Perche. Mais le Perche regorge de fruits comme la cerise, le coing, et la poire dont des variétés anciennes redécouvertes comme pour les pommes avec l’association des croqueurs de pommes.
Quel est votre arbre préféré du Perche?
Indubitablement le chêne !
Quel est votre végétal préféré du Perche?
Le sureau
Quelle saveur, parfum associez au Perche ?
Pour moi c’est le parfum de rose
Quand avez-vous véritablement découvert le Perche ?
J’ai découvert le Perche fin 2012 en visitant le collège royal militaire de Thiron-Gardais que le département d’Eure-et-Loir m’a vendu et que je m’emploie à restaurer et dont le musée a ouvert au public en 2016.
Nous remercions vivement Stepahne Bern d'avoir répondu à ce questionnaire.
Bcomme Bernardin de Saint Pierre
"Bernardin de Saint-Pierre est l'un des premiers voyageurs qui nous permet de découvrir une partie de la Normandie, essentiellement rurale, à la fin du 18e siècle. Et la relation de son long périple à travers les campagnes et les forêts est d'autant plus riche qu'il s'est fait au rythme de la marche, en non du bateau, du train ou de la diligence, comme le feront plus tard Janin, Hugo, Gautier ou Flaubert."
Gérard Pouchain, 2015, p. 23 - in : Bernardin de Saint-Pierre. Voyage de Normandie 1775, Bernardin de Saint-Pierre, texte établi, présenté et annoté par Gérard Pouchain et enrichi depuis par Pascal Levaillant.
« DE BERNARDIN DE SAINT-PIERRE À ROUSSEAU - VARIATIONS EN MIROIR
Si la rencontre entre Jean-Jacques Rousseau et Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre fut celle de deux hommes sensibles aux vertus consolatrices de l'amitié, elle est aussi celle de deux œuvres où l'élaboration de la pensée rejoint le bonheur de l'écriture. Chez l'un et l'autre, la philosophie entre en connivence avec la littérature et s'ouvre sur la science.» in : De Bernardin de Saint-Pierre à Rousseau. Variations en miroir, Anne-Marie Drouin-Hans, Année 200133 pp. 493-496
Extraits du Voyage de Normandie
« Traversée du Perche de Vitrai-sous-l’Aigle sous Saint-Ouen-sur Iton (limite septentrionale de la Normandie du 12e siècle au 19e siècle avec le Perche (province) en passant par l’abbaye de la Trappe puis vers l’est jusqu’à Verneuil sur Avre.
Dimanche 30 avril : départ de Vitrai-sous-l’ Aigle à 4h00, abbaye de la Trappe
« Passé frontière de Normandie et du Perche, je tournai dans le bois par un grand chemin sablonneux haut et bas, étant assez heureux pour rencontrer quelqu’un aux carrefours.[…] A travers le brouillard, je passai le long d’une grande pièce d’eau sur la digue couverte d’un grand brouillard qui semblait sortir des eaux. Croix noire plantée à l’entrée du chemin qui mène à la porte de l’abbaye. […] Un religieux m’ouvrit après avoir regardé par une petite grille dans la porte.[…] Comment trouvez-vous l’extérieur de notre maison ? Une partie de l’austérité du dedans (en effet, cour pleine de cailloux blancs, mousses, corps de logis jetés ça et là, pleins de lucarnes, croisés bâties de pierre, rouille de fer noir, plein de lucarnes, dont il n’y a pas trois croisées mais trois sur la même ligne. Dehors, croupes de coteaux rompus couverts de houx. Grande croupe en face toute noire. Etang bordé de pins, de genêts, genévriers, houx, romarin montrent bien de la régularité. […].
Mardi 2 mai
Je marchai une demi-heure bet marchai dans ces bois sauvages jusqu’à sur une hauteur où aboutissaient cinq ou six chemins. Cercle d’arbres. Au centre un vieux chêne brisé. On m’a dit qu’il fallait laisse à droite trois villages jusqu’à Randonnai. Je pris celui qui me paraissait dans l’alignement de l’autre. Jusqu’à Randonnai, venant de la Trappe, pendant une lieue et demi on est dans les bois. Je ne me trompai pas. […] J’allais à Bresolettes à trois à trois-quarts de lieue de la Trappe. Il me disait que mon chemin le plus court pour Chennebrun était sur la gauche et que sur la droite, dans le fond d’un vallon, était celui de Randonnai où il y avait de grosses forges. Je résolus de suivre ce dernier pour les voir. Grandes retenues d’eaux. Bois plantés sur les angles de la montagne comme promontoire.[…] Les terres commencent au sortir de Randonnai où est assez bien cultivé. On côtoie sur la gauche la petite rivière d’Avre. Il y a grande possibilité à cultiver les bois de la Trappe où il y a des arbres très élevés . Tous les arbres avaient des feuilles, hors un grand nombre de pommiers. Les aigres fleurissent avant les autres. Il était près d’une heure quand j’arrivai à Chennebrun. Le vent frais, mais le soleil ardent. […] A l’arrivée à Chennebrun on aperçoit un grand et vaste pays coupé de côteaux mais couvert de bois. […]
De la Trappe à Chennebrun : trois lieues et demie fortes. De Chennebrun à Verneuil : trois lieues petites. […] A demi-quart de lieue de Chennebrun se prend la route de Bretagne à Paris. […] Je passai la garenne. On aperçoit Verneuil une lieue avant d’y être. On s’en croit près mais on se trompe. Tous les pommiers de cette route ne sont pas tous fleuris, mais incomparablement [ ?] plus avancés que ceux de la Trappe. Le terrain va en baissant. Tous les pommiers ont leurs boutons ouverts.
[…] De la Trappe jusqu’à Verneuil : six lieues et demi. […]. »
[1] Bernardin de Saint-Pierre. Voyage de Normandie 1775, Bernardin de Saint-Pierre, texte établi, présenté et annoté par Gérard Pouchain et enrichi depuis par Pascal Levaillant.
B commeBourdu
« Robert Bourdu fut professeur émérite à la faculté des Sciences d'Orsay, Robert Bourdu a d'abord centré ses recherches sur la physiologie végétale, puis sur la sénescence des arbres. En 1994, il fut un des fondateurs de l'association ARBRES (Arbres Remarquables, Bilan, Recherches, Etudes et Sauvegarde) dont il assure la présidence. Par ailleurs membre de l'association SILVA, il multiplie les interventions et les expertises sur l'entretien et la sauvegarde des vieux arbres.» - in : l'If, Robert Bourdu, Actes Sud, 1997.
« On le rencontre à l’état naturel en Bretagne[1] et en Normandie… […] Les ifs bretons et normands sont aussi connus pour les merveilles ancestrales qui ornent les cimetières et les porches des églises. Mais on le trouve aussi au naturel, associés au houx […] l’if sauvage est aussi présent dans les forêts humides des Côtes d’Armor, dans la forêt de Beffou près de Loguivy-Plougras[2]… »
[2]D’après R.Lami et J.M Géhu, la forêt de Beffou aux confis des Côtes d’Armor, sur le commune de Loguivy-Plougras est célèbre pour la présence exceptionnelle d’ifs (taxus baccata) dans le sous-bois aux côtés d’Ilex aquifolium (Houx), dans cette forêt (hêtraie). Les auteurs signalent que l’if est abondant s’accompagnant d’un tapis herbacé atypique et que les forêts à sous-bois d’ifs sont devenues fort rares en Europe. In : https://pmb.bretagne-vivante.org/pmb/uploads/PAB_lami_1963_35.pdf
C comme Cendres Julien & Christian Vallée ; Chateaubriand Charles Pitou ; Collectif Corblin Levaillant ; Corme ; Cussinet Anne
C comme Cendres &Christian Vallée
« Julien Cendres, né à Versailles en 1961, vit depuis plus de vingt ans dans un petit village du Perche.
Il est notamment l'auteur de Déserts...( Saint-Germain-des-Prés, 1983) , Solitufes foisonnières (Les Lettres Libres, 1985), ... - ainsi que de nombreux textes publiés dans divers magazines, revues, anthologies, etc.
En collaboration avec Chloée Radiguet, il a consacré plusieurs livres à l'ouevre de Raymond Radiguet. Avec Christain Vallée, il a publié Le Pays de Perche (Proverbe, 2005) et Dimanche à Cuba (Hermé/La Martinière, 2006). Julien Cendres, 2005.»
In : Le Pays de Perche, 2005.
Le Pays de Perche publié par l’écrivain Julien Cendres et le photographe Christian Vallée vous révèle l’intimité du Perche qu’ils ont saisi au détour d’un chemin, d’un virage, d’un sentier, d’un herbage, d’un point culminant, d’un tertre ou d’un bord de rivière.
L’approche littéraire et photographique dévoile avec esthétisme l’ambiance en toutes saisons d’une orée de bois, d’un sentier cathédral, de voûtes végétales, d’une perspective vallonée où coule une rivière. Pas à pas, chevauchée après chevauchée, l’atmosphère lumineuse se déploie sous la plume de Julien Cendres et dans l’optique de Christian Vallée.
Les regards croisés de ces artistes semblent figer un Perche authentique et séculaire à l’image d’une « petite Toscane », bien des années après que les géographes – comme Jean Pelatan – aient tenté de le décrire, de le cartographier et de le photographier en noir et blanc au siècle dernier.
Ce livre ouvert sur le Perche est et restera un ouvrage de référence pour ce territoire que l’on aimerait à tout jamais intemporel : tel qu’il est au détour d’une colline, ou d’un chemin, ou de la mémoire des anciens…
Nous avons été particulièrement séduits par ces clichés : p. 21 (Bellême) ; p. 25 (Colonard-Corubert) ; p. 29 (Le Gué-de-la-Chaîne) ; p. 31 (environs de Gémages) ; p. 38 (près la Croix Feue-Reine, Bellême) ; p. 42 (Le Pin-la-Garenne) ; p. 65 (Les Clairets, Masle) ; p. 113 (Dame-Marie) ; p. 129 (environs de Nocé) ; p. 132 (environs de Nocé) ; p.151 (environs de Gémages).»
[Levaillant-Corblin, 2026]
Extraits de l'ouvrage intitulé Le Pays de Perche, Julien Cendres & Christian Vallée, Concept Image, 2012.
« C’est un vaste territoire de collines crétacées, une multitude de plateaux d’argile et de pentes sablonneuses, des accidents de relief en chaîne formant des sources innombrables, des ruisseaux et des rivières, des marécages, des étangs. […]
C’est un paysage cloisonné de haies plessées, de perchis, d’échaliers, un réseau dense de remparts ménagés de brèches, une trame de sentes creuses sinuant entre les clos. Une œuvre du temps secrète, un silence bruissant de rumeurs, un équilibre claustral. […]
Ce sont des villages, des hameaux, des bordages, des fermes, des manoirs, des châteaux, des monastères disséminés. Un habitat rural établi au fil de l’eau, près des sources ou suivant le cours des rivières, éclatant de couleurs : tuiles roses ou brunes ombrées de mousses et de lichens, enduits plains ou à pierre vue aux nuances infinies d’ocres jaunes et rouges, moellons bruts ou taillés de tuffeau blanc, de grison et de grès roussard mordorés, silex, briques franches ou flammées de bronze, de bleu […]
C’est un pays de nature, de cultures et de pâturages, un paysage façonné par des générations de paysans depuis toujours attachés, corps et âme, à cette forte terre. [1]»
[1]Le pays de Perche, Julien Cendres, Christin Vallée, Concept Image, 2012, p. 11, p. 51, p. 75, p. 91.
Ccomme Chateaubriand
« Parvenu au grand âge, Chateaubriand se lance à la poursuite de Rancé, qui a fondé un haut lieu de confinement, La Trappe. La Vie de Rancé n’est pas minuscule, deux grands lecteurs parmi tant d’autres, Roland Barthes et Julien Gracq, ont reconnu qu’au-delà d’outre-tombe Chateaubriand avait par ce récit ouvert un horizon d’écriture.
François-René de Chateaubriand, Vie de Rancé (paru en 1844)
Chateaubriand répondait à une sollicitation pressante de son confesseur, l’abbé Seguin, mort en 1843. L’auteur du Génie du christianisme était l’obligé du saint homme qui avait traversé les Lumières, échappé à la Révolution, recueilli et pardonné les péchés du séducteur. On devine que la vieillesse « voyageuse de nuit » sera à l’ordre du jour. » Jean-Louis Tissier, 2020
In : https://www.en-attendant-nadeau.fr/2020/05/06/vies-rance-chateaubriand/
Extraits
« Il n'y avait d'autres ruisseaux à la Trappe que ceux que forment les étangs successifs qui s'élèvent avec le terrain, ni d'autres prairies que les queues des étangs » [Chateaubriand, La vie de Rancé, p. 103]
« Silence ! des oiseaux au haut du ciel volent vers d'autres climats. L'œil cherche dans les restes de la forêt du Perche les campaniles abattus, il ne reste plus que quelquesclochetons de chaume : » [Chateaubriand, La vie de Rancé, p. 101]
« Le silence régnait : si l’on entendait du bruit, ce n’était que le son des arbres ou les murmures de quelques ruisseaux ; murmures faibles ou renflés selon la lenteur ou la rapidité du vent […] » [Chateaubriand, La vie de Rancé, p. 145]
« Les enfants de Rancé ne trouvèrent en rentrant dans la solitude de leur père que des murailles recouvertes de lierre, et des débris à travers lesquels serpentaient les ronces. Telle fut, dès son début, la vigueur de l'arbre que Rancé avait planté, qu'il continue de vivre ; il donnera de l'ombre aux pauvres quand il n'y aura plus d'ombre de trônes ici-bas. J'ai vu à la Trappe un ormeau du temps de Rancé » [Chateaubriand, La vie de Rancé, p. 154]
« En 1662, Rancé était allé visiter la Trappe, et jeter un coup d'œil sur la solitude éternelle qu'il devait habiter. Il avait vu les étangs qui se retirent et s'élèvent en montant dans l'ancienne forêt du Perche, et dont plusieurs sont aujourd'hui supprimés. Il avait vu partout ces grandes feuilles solitaires qui flottaient sur les eaux comme un plancher, et à travers lesquelles les oiseaux aquatiques faisaient entendre quelques cris. » [Chateaubriand, La vie de Rancé, p. 110][1]
[1]In : Chateaubriand, Vie de Rancé, H. Didier (Paris), M. Weissenbruch (Bruxelles), 1924
C comme Charles Pitou
« Charles PITOU, « le Mistral Percheron » (1849-1927. Charles Marie Céleste Pitou naît à Bellême (61) le 12 mars 1849. Dès 1853 ses parents s’installent à Longny-au-Perche (61) où Charles passe donc son enfance. Après des études au collège de Nogent-le-Rotrou, il fera sa carrière dans le domaine du droit et de la Justice, suivant les traces de son père, huissier de justice. Mais c’est ici le conteur et poète que nous voulons vous présenter… Charles Pitou écrit aussi bien de la prose que des vers. Il publie des études bibliographiques, des nouvelles et de la poésie dans de nombreux journaux et revues ainsi bien régionaux que nationaux, dont : Le Nogentais, Le Perche, La revue Normande et Percheronne, La France illustrée, La Plume, Le Dictionnaire illustré des contemporains, … comme l’illustre le dessin ci-contre.[1]»
« Launet très occupé le long des chemins par les bestioles de toute sorte et les nids qu'il surveillait, arrivait souvent en retard les cheveux en désordre, les bretelles détachées, sa blouse en morceaux, ayant laissé dans quelque pommier en fleurs la bouffette de son bonnet de coton bleu bariolé de rouge, mais on l'aimait ainsi parce que, malgré ses airs de vagabond, il ne faisait de mal à personne et qu'il était heureux au contraire de se rendre utile quand il le pouvait. »
Charles Pitou, l’Oiseau Céleste, 1891, Revue normande et percheronne, 1892
« Côte à côte, parlant des blés si beaux pour la saison, des pommiers dont les bourgeons gonflés de vie annonçaient une bonne préparation, nos deux amis continuèrent de cheminer dans ce gentil sentier où la violette s’épanouissait, où déjà le rossignol chantait ; mais aussi, ironie des choses – comme dans l’œuvre de Zola, de nombreux « documents humains », s’étalaient grassement, en piquant de leurs tons marron l’herbe verte. »
[1] Charles Pitou, La Revanche de Mirouille in : Texte établi sur l'exemplaire de la Médiathèque (Bm Lx: n.c.) de L’Ame normande : Revue mensuelle d'Art Régional Illustrée, n°53-54 de Mars-Avril 1910, 6e année.
[1] In : Cercle de recherches généalogiques du Perche-Gouët - in : https://www.perche-gouet.net/histoire/pdf/61038-01/CharlesPitou.pdf
C comme Collectif Corblin Levaillant
« Nous sommes des artistes auteurs, botanistes et plasticiens. Nous vivons et travaillons au cœur de la Métropole Rouen Normandie, sur le bord du pays de Caux surplombant une boucle de la Seine normande.
Roselyne Corblin : enseignante a œuvré dans le cadre de projets de création artistique et d’expositions de travaux d’élèves jusqu’en 2018. Depuis 2008 elle a accompagné Pascal Levaillant dans ses herborisations en tout milieu, dans la préparation des végétaux, dans la préparation de ses expositions et animations auprès de publics variés.
Pascal Levaillant : éducateur spécialisé et artiste-botaniste, a développé depuis 2011 son art à travers les disciplines de la mosaïque végétale, de l’art botanique, l’art environnemental et du land art.
Nôtre goût commun pour la nature a été déterminant pour œuvrer avec ses ressources de tout milieu naturel et paysager.
Depuis 2022 nous avons associé nos pratiques pour les combiner au travers de la création de la conservation des ressources et dans l’animation d’ateliers de pratiques artistiques.
Nous sommes des cueilleurs, glaneurs, explorateurs de la biodiversité de l’humus à la graine.
En résidence, en atelier, en exposition, en installation nous exposons nos œuvres, nos herbiers contemporains installés dans nos boites de Pétri : en Bretagne, en Occitanie, en Ile de France, en Normandie, dans le Perche…
« La nature est devenue notre palette. Nous créons ainsi nos jardins nomades, nos herbiers contemporains 3D, nos œuvres plasticiennes. »
C comme Corme, Cormier
Pour mieux connaître cet arbre qui aujourd’hui mérité d’être remarqué, vénéré et labélisé, nous vous invitons à consulter ce traité du cormier et d’aller à da rencontre y compris en goûtant au cidre de corme qui peut être mélangé avec de la pomme et de la poire comme on en fait au Manoir du Val dans l’Eure.
« La corme cidrée du Manoir du Val remet au goût du jour une boisson traditionnelle oubliée, résultant du parfait assemblage de 3 fruits : la pomme, la poire et la corme. C'est un breuvage issu d'une recette traditionnelle des confins de la Normandie, dans le sud de l'Eure qui se transmet oralement depuis plusieurs siècles. Elle consistait à faire macérer des cormes dans un assemblage de cidre et de poiré.[2]»
De notre côté, avant de le découvrir dans le Perche à Courboyer et à Saint-Cyr-la-Rosière, nous avons goûté à la corme pour la première fois dans le parc botanique du château d’Acquigny dans l’Eure en 2016, le cidre « cormé » en 2022 au Manoir du Val. [Collectif Corblin- Levaillant, 2026]
Le traite du cormier[1], Arbres Remarquables, Histoire, usages, répartition dans la Sarthe alentour et plus loin encore, Seconde édition, dont la coordination et le texte revient à Evelyne Moinet donne un sérieux aperçu de ce qu’est le cormier et ce qu’il représente aux yeux des sarthois mais pas seulement.
Ce traité retrace l'histoire de la culture du cormier en Sarthe, de l'Antiquité à nos jours. Au XXe siècle, la culture fruitière est abandonnée au profit du bois d'œuvre. Aujourd'hui, les anciens vouent un profond respect au cormier, considéré comme "sacré" ou "royal", et certains arbres ont été protégés lors des remembrements grâce à l'intervention de paysans attachés à ce patrimoine.On doit à Michel Chauvet une évocation du Cormier dans son « encyclopédie des plantes alimentaires », Editions Belin, 2018.
« biologie - Michel Chauvet signale que c’est un arbre à écorce écailleuse et rameaux glabres. Ses feuilles sont à 9-21 folioles oblongues ou lancéolées, de 2 à 8 cm de long, à bord denté, pubescentes à l’état jeune puis glabres. Ses fleurs sont en grappes pyramidales. Variétés - MichelChauvet indique qu’on ne connait pratiquement pas de cultivars proprement dit de cormier, mais deux types, l’un a fruit en forme de pommes, l’autre à fruits en forme de poires. Histoire - Michel Chauvetrapporte que le cormier est répandu depuis le Caucase, la Turquie et la Crimée jusque dans le sud de l’Europe et l’Afrique du Nord. Il est difficile de savoir où il est spontané, car il a été cultivé depuis la plus haute antiquité. Vers le nord, il a été diffusé dès l’Empire romain pratiquement dans toute l’aire de la culture de la vigne, y compris dans le sud de l’Allemagne. Théophraste le différencie de l’alisier « par les fruits qu’ils portent, tantôt ronds, tantôt ovoïdes. Il se différencient également par leur saveur : en général les ronds sont plus parfumés et plus doux. Les ovoïdes souvent acides et moins parfumés ». Les cormes cultivées par les grecs étaient aussi couramment cultivées par les romains. […] Au Moyen-Âge, les sorbarios font partie des arbres dont la plantation est prescrite par le Capitulare de villis.
De nos jours, les cormiers ont pratiquement disparu des forêts, et ne sont plus plantés dans les jardins. Il subsiste çà et là de grands arbres qui suscitent l’étonnement du promeneur. […] La disparition du cormier à plusieurs causes, dont la lenteur de sa croissance et la difficulté de sa multiplication. Mais la raison principale réside plutôt dans l’évolution du marché des fruits ; nous avons maintenant un grand choix de fruits en hiver, et les cormes, tout comme les nèfles, avaient pratiquement colle seul intérêt de se conserver longtemps au fruitier. […] Usages - Les cormes sont riches en tanin. Leur astringence « étire la bouche au-delà des oreilles » de ceux qui en mangent, selon un dicton du Palatinat. Elles étaient donc rarement consommées crues, et seulement après blettissement. Leur usage était la fabrication de boissons fermentées comme le cormé en Bretagne… Les cormes ont pu également être transformées en gelée, servir d’ingrédient en cuisine, ou conservées en saumure[…] ou entrer dans les confiseries. Le bois de cormier est apprécié en ébenisterie comme bois précieux et dur.[3] »
Extraits du Traité du Cormier avec l’aimable autorisation d’Evelyne Moinet.
« Fruit d’une longue enquête menée avec rigueur et persévérance par des bénévoles sarthois amoureux des arbres, cet ouvrage abondamment illustré apportera à toutes ces questions des réponses inédites et surprenantes. Il vous guidera le long des haies et chemins des campagnes et vous présentera les cormiers remarquables et leur histoire dans la Sarthe, alentour et plus loin encore.»
« DANS LA SARTHE Arbres indicateurs L’étude des noms de lieux montre que l’arbre a été volontiers utilisé comme marqueur d’espace et comme repère géographique, ceci depuis la colonisation celte. A ce titre, le dépouillement du Dictionnaire topographique de la Sarthe10, publié en 1950, est riche d’indications. Nous avons relevé et comptabilisé 1896 noms de lieux (toponymes) trouvant leur origine dans un nom d’arbre. L’analyse de la fréquence des essences utilisées comme marqueurs d’espace révèle que le Cormier se situe au quatrième rang (avec 184 toponymes), après le Chêne (453), l’Aulne (267) et le Bouleau (241). Ce quatrième rang est inattendu pour une essence fruitière qui fut plantée : elle n’est pas spontanée comme le Chêne, l’Aulne et le Bouleau. C’est la preuve, s’il en était encore besoin, de sa place de choix dans l’économie rurale sarthoise passée et depuis fort longtemps. Sa présence toponymique est d’ailleurs attestée très anciennement en Sarthe dès le IVe siècle avec le village de Cormes, près de La Ferté-Bernard. Au XIe siècle (1075), un toponyme « Cormier » est attesté à Saint-Symphorien. La consultation des plans cadastraux indique que dans leur très grande majorité, les toponymes sarthois du cormier existaient déjà au début du XIXe siècle mais il est difficile d’établir à quelle période remonte leur formation. [5]»
Diffusion et reproduction interdite sans l’accord des auteurs cités
A hauteur d’arbre de Anne Cussinet – les portraits photo du livre : le monde vivant et attachant de femmes et d’hommes unis par leur passion des arbres : « Hugo Raleam ; Fréderic Bellanger ; Alexendra Céalis ; Renaud Jégat ; Armand Leray ; Dominique Plessis ; Brigitte Musch ; Joseph Clergue ; Amaury Latham ; Louis Vallin ; Jacky Vigneron ; Jean-Louis Chalmandrier ; Bruno Huchet ; Dominique Mansion ; Patrick Arguence ; Bertrand Monthuir ; Claire Stickland ; Michèle Champenois Vernholes ; Antoine, Alain et Michèle Vernholes.[1]»
Récits de vie collectés par Anne Cussinet - autour des arbres - par des femmes et des hommes du Perche - A hauteur d'arbre
Anne Cussinet a interviewé dix-sept acteurs du territoire, toutes et tous animés par la passion des arbres. Ce recueil de témoignages relate l’expérience singulière d’hommes et de femmes à travers de leurs métiers et interroge la problématique de leur activité au regard de leurs actions face au changement climatique. Anne Cussinet tente d’établir une passerelle entre terrain de leurs expériences et leur passion de l’arbre chevillée au corps dans leur milieu où l’arbre est omniprésent dans le Perche. En phase avec notre époque de transition, elle examine la symbolique des arbres, leurs rapports au monde de l’humain et de l’animal dans ce Perche immémorial, aux paysages qui plus qu’ailleurs ont été préservés depuis les années 1970, hormis les arbres fruitiers qui n’ont pas résisté à l’arrachage ou à l’abandon de leurs usages comme le pommier, le cormier, le poirier. Comme l’histoire du cidre et du cormé nous le rappelle, un renouveau s’opère durablement puisqu’on replante des vergers, des pommiers, des cormiers y compris dans les bois. » [Collectif Corblin-Levaillant, 2026]
Anne Cussinet : « A hauteur d’arbre, livre d’entretiens guidés par une grille de questions ouverte et souple, adressée avant chaque rencontre […] les entretiens étaient enregistrés, retranscris, restructurés parfois et lissés dans leur style ou syntaxe, puis retournés à chacun pour valider et ajuster son propos si besoin. »
Aux Editions La Mésange Bleue, 2023.
« Dominique Plessis a baigné dans le monde paysan depuis son enfance – ses grands-parents étaient agriculteurs à l’Hermitière sa famille est percheronne depuis toujours […] il a tout quitté avec son épouse pour produire du cidre dans la ferme familiale. »
« Mes grands-parents exploitaient une ferme ici, sur laquelle en 1920 il y avait 3000 pommiers. Ils produisaient du cidre et de l’alcool, dont une grosse partie était de l’alcool d’Etat qui servait entre autres à fabriquer des explosifs jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale. […] Mon oncle a repris la suite de mes grands-parents dans les années 60 et quand il a cédé sa ferme, que nous avons reprise en 1990, il restait 30 pommiers sur 3000 !
Comment est-on passé de 3000 pommiers à 30 !
L’agroforesterie était très courante dans les cultures mais c’était complétement incompatible avec l’arrivée des machines.
Les Trente Glorieuses étaient passées par là. On a dit aux paysans de produire des céréales et de la grande culture. Les pommiers gênaient dans les champs, donc on a incité les paysans à les détruire. […] Dans le Perche, ce qui était typique de la région, c’étaient les pommiers dans les champs de culture. Il y en avait dans les champs de blé. Si vous regardez les photos aériennes des années 50, qu’on peut comparer avec celles d’aujourd’hui, vous verrez qu’il y a des alignements de pommiers très importants. L’agroforesterie était très courante dans ces champs. »
Dominique Plessis, extrait du livre de Anne Cussinet - A hauteur d’arbre, Editions La Mésange bleue, Perche-en-Nocé, 2023, p. 117-119.
« Dominique Mansion, est un infatigable promoteur du potentiel économique et écologique de ces trognes que l’on voit encore le long des champs. Dominique Mansion a publié de nombreux ouvrages dont « Les trognes, figures paysannes du Perche »,( éditions de l’Etrave).
« Quand il est question d’arbre on parle toujours de la forêt, rarement de l’arbre des champs et pourtant, combien de milliers de kilomètres de haies, de chemins et de routes arborés, d’arbres le long des cours d’eau et de vergers peuplent nos paysages ?
La surface forestière française est plus importante aujourd’hui qu’il y a un siècle, mais avec beaucoup trop de boisements mono spécifiques. Par contre, en un siècle, la disparition du bocage a été colossale et dramatique. Une immense trame verte complètement laminée avec tout l’apport en biodiversité disparaît. Quand vous avez un bois ou un bosquet au niveau d’une parcelle céréalière, les espèces qui n’ont pas un pouvoir de déplacement important comme les amphibiens, les batraciens, certains invertébrés rampants, sont condamnés au milieu d’une monoculture sans vie. Il n’y a plus de mélange, de brassage génétique, alors que le réseau bocager crée ce lien avec son effet de double lisière. »
Dominique Mansion, extrait du livre de Anne Cussinet - A hauteur d’arbre, Editions La Mésange bleue, Perche-en-Nocé, 2023, p. 113.
« Jacky Vigneron défend la forêt de son enfance. […] il se mobilise depuis vingt ans contre les coupes abusives pratiquées par l’ONF dans la forêt de Senonches, l’une des plus grandes du Perche. Président de l’association des Amis de la forêt de Senonches depuis 15 ans, son message prône l’équilibre : ne pas demander à la forêt plus qu’elle ne peut donner. »
« Le Perche est une très belle région grâce au bocage et aux forêts, c’est précieux et il faut se battre pour que cela perdure. Face à certains agriculteurs, c’est compliqué. Mais certains bougent. Ici le petit-fils d’un agriculteur reprend la succession, et alors que l’agriculteur précédent traitait à outrance, lui a planté 500 m de haies et pratique une agriculture raisonnée. Le gros souci, c’est l’extension de la grande culture. Sur 4 agriculteurs qui partent à la retraite, seule une exploitation sera reprise. Les exploitations vont s’grandir encore et ces agriculteurs-là seront tellement puissants qu’ils feront ce qu’ils veulent. Ce sont des questions importantes. Les équipes du Parc naturel tiennent vraiment la route, elles connaissent bien leur secteur. Mais le Parc a un pouvoir limité. La charte est la base de ses préconisations. Ce sont des conseils ».
Jacky Vigneron, extrait du livre de Anne Cussinet - A hauteur d’arbre, Editions La Mésange bleue, Perche-en-Nocé, 2023, p. 140.
D commeDelassalle ; De Montaiglon ; Duval
D commeDelassalle
Comme nous le décrivons à propos de Stéphane Bern et des "pionniers du Guide du Routard", voilà un auteur, certes moins connu aujourd'hui, poète et écrivain qui raconte un excursion dans le Perche. Dans un autre texte de 1841, il raconte la simple histoire d'un peuplier non loin de l'Orléanais.
Paul Delasalle, né à la Haye-du-Puits dans la Manche a publié plusieurs ouvrages dont : Pierre Grigoire, 1836 ; Contes tristes, 1842 ; Charlotte Corday, 1845 ; Excursion à Saint-Cenery-leGéré, 1842 ; et de nombreux articles dans divers journaux tels que L'Illustration, la Revue du Calvados, la Revue de Rouen, le Magasin Pittoresque, la Mosaïque de l'Ouest
Extrait de "Une excursion dans le Perche", 1839.
« Parmi les mille récits des mille voyageurs pittoresques qui ont sillonné tout récemment le sol de notre France, nous avons distingué un voyage dans la partie du Perche annexée au département de l'Orne, et nous nous empressons d'offrir à nos lecteurs quelques extraits de cette relation romantique.[…] Nous voulions voir les deux capitales du Perche, Bellesme et Mortagne, et le traverser dans toute sa longueur, depuis le monastère de la Trappe, qui se trouve à la frontière du nord, jusqu'au bourg de La Perrière, situé à l'extrémitéméridionale. Cette grande expédition exigeait delongs préparatifs, et nous partîmes enfin, le jeudicinq septembre i839, à six heures précises dumatin.[…] la fontaine de la Herse. Cette fontaine est placée au milieu d’un cercle de gazon planté de quelques arbustes exotiques, et autour duquel règne parallèlement une charmille adossée aux grands arbres de la forêt : cette charmille est percée de plusieurs allées verdoyantes, qui aboutissent chacune, du côté de la source à quelques degrés de pierre.[…] Le premier village qui se rencontre sur la route de Bellesme à Mortagne est le village du Pin. […]En quittant Mortagne, pour se diriger vers la Trappe, on côtoie des ravins pittoresques; et, après une heure de marche, on arrive à une vallée d'où s'élève la belle tour de Saint-Hilaire, foudroyée il y a deux ans, et que dominent encore le Mont-Cacune, Saint-Marcel, Saintc-Céronne et Mont-Romigny. Là passait une voie romaine, appelée encore chemin serré […] Sainte-Ceronne, qui habita Saint-Marcel alors couvert de bois, vers la fin du V' siècle, est fort honorée en ce lieu : elle y a sa fontaine miraculeuse, cachée dans un ravin, et tout-à-fait à sec au moment où nous l'avons visitée.[…]La distance de Sainte-Ceronne à Champs est peu considérable , et elle le paraît moins encore à cause des charmants paysages qui s'y rencontrent.[…] Il y a une lieue et demie de Champs à la Trappe. Lorsqu'on se dirige vers ce monastère fameux, fondé, en 1140, par un Rotrou, comte du Perche, l'aspect du pays change tout à coup ; les maisons deviennent rares, le sol crayeux se charge d'une végétation maladive : «les collines couronnées de grands bois, derniers débris du sallus perticus, des bruyères rougâtres, comme celles qui couvrent les bercous de la Sarthe et les couevrons de la Mayenne, régnent et s'arrondissent à l'horizon.[…]Pour nous rendre de la Herse à la Perrière, nous eûmes à traverser des futaies admirables, dont la marine de l'état sait tirer un bon parti : à la lisière du bois» nous apparut un vieux manoir du XIVe siècle, le château de Montimer […] Puis on gravit le plateau de la Perrière, du haut duquel le spectateur jouit d'une vue immense. La Perrière était une forteresse des comtes de Bellesme.»
Voici l'éloge d'un homme de lettres et des arts qui est relaté dans la Chronique des arts et de la curiosité, supplément à la Gazette des Beaux-arts, 1895 à la rubrique Nécrologie.
Auteur d'une notice biographique éditée à Nogent-le-Rotrou de Jules Guiffrey, Nogent-le-Rotrou, Daupeley-Gouverneur, 1897.
"Il a consacré une longue existence de travail infatigable et de désintéressement absolu au culte de l'art, de l'histoire et de la littérature. Pendant un demi-siècle, il a, partout et toujours, prodigué des trésors de savoir. Dans le domaine artistique, en particulier, il n'est guère de question obscure ou controversée où il n'ait apporté la lumière avec une compétence, une érudition et une critique sans défaillance. Peinture, sculpture, gravure, toutes les branches de l'art du Moyen Age, de la Renaissance et des temps modernes lui étaient aussi familières que la biographie des artistes. Il connaissait tout par le menu et excellait à coordonner les moindres détails au profit d'une large synthèse. Le dédale des sources documentaires et les arcanes de la bibliographie n'avaient pas de secrets pour lui. Même pris à l'improviste, il stupéfiait par l'étendue et la sûreté de sa mémoire. La richesse de ses dossiers achevait de confondre les visiteurs qui allaient, dans son modeste logis de la place des Vosges, solliciter un éclaircissement ou un appui. Tous ne lui en ont pas gardé la gratitude désirable. Mais ses amis conserveront de lui le souvenir sympathique dû à un homme droit et loyal, dont le savoir et la compétence s'alliaient à une modestie, à un désintéressement et à une obligeance inconnue de nos jours.
L'énumération des travaux de M. de Montaiglon dans la Gazette des Beaux-Arts et vingt autres recueils, la liste des ouvrages qu'il a publiés séparément, rempliraient seules de nombreuses pages. Ses élèves et ses amis en ont dressé, en 1891, une précieuse bibliographie. II suffit de la parcourir pour apprécier combien l'histoire de notre art et de notre littérature restera toujours redevable à sa mémoire. B. P."
Extrait d'un de ses textes, publié dans la Revue normande et Percheronne, 1894.
La Haie
« C'est le premier printemps, la jeunesse des haies,
Les nids n'ont point encor eu le temps d'y loger ;
Mais bien que l'on y voie un tas de vieilles baies,
Bientôt ce sont des fleurs qu'on y verra neiger.
Le fossé sur son bord est rempli d'oseraies
Dont les brins sont vernis d'un vert tendre et léger,
Et leurs pieds sont garnis de gramens et d'ivraies,
Qui grailleront l'été pour l'oiseau passager.
Voilà longtemps déjà qu'ils ignorent la taille.
Et leurs jets vigoureux, vierges de la cisaille,
Lancent dans tous les sens leurs enlacements fous
Au travers des fouillis du lierre et des viornes
Parfois on entrevoit le mujjle et les deux cornes
D'un grand bœuf, qui regarde avec des yeux très doux. »
De MONTAIGLON Anatole, Revue normande et Percheronne, 1894
D comme Duval
Une note biographique de la Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, année 1917 résume au mieux l’œuvre de Louis Duval.
« Né à La Ferté-Macé (Orne), le 27 février 1840, notre regretté confrère est mort à Alençon le 31 janvier 1917; archiviste paléographe le 9 janvier 1865, il occupa le poste de conservateur de la bibliothèque et des archives de la ville de Niort, puis fut nommé archiviste du département de la Creuse, où il marqua son rapide passage par diverses publications : Cartulaire de Notre-Dame des Châtelliers, au diocèse de Poitiers (1872), et Esquisses marchoises, superstitions et légendes, histoire et critique (1877). Mais bientôt il revint au pays natal qu'il ne devait plus quitter ; il fut jusqu'à la fin de sa carrière administrative archiviste du département de l'Orne, et en demeura archiviste honoraire. Sa vie entière fut consacrée sans partage à l'histoire de sa province. [...] C'est ainsi qu'il publia l'inventaire en cinq volumes in-4° de la série H des Archives de l’Orne ; mais il ne se borna pas à faire connaître les documents et montra par de multiples travaux la manière d'en tirer parti. On lui doit un Essai sur la topographie ancienne du département de l'Orne (1882), la publication d'un recueil de Documents pour servir à l’histoire de la fabrication du point ď Alençon (1883), d'un État de la généralitéď Alençon sous Louis XIV (1890), etc. En 1882, il avait collaboré avec M. de La Sicotière à la fondation de la Société historique et archéologique de l'Orne et depuis lors il prit une part très active à la rédaction des Bulletins de cette laborieuse Société. [...] nul n'en connaissait mieux les archives et les bibliothèques. Par ses écrits comme par son influence, Louis Duval a contribué largement aux progrès de l'histoire de sa petite patrie et a été ainsi un bon ouvrier de la grande œuvre de l'histoire de France. »
Nous avons pris connaissance des travaux et des recherches de Louis Duval à l'occasion de l'écriture de l'Histoire de la Naissance et Renaissance des vignobles de la Normandie : approche botanique, historique, économique, toponymique et cartographique du vignoble normand : 2000 ans d’histoire contemplent les vignerons normands…
Louis Duval nous fit mesurer le rôle de l'ancienne province du Perche dans le rayonnement du vignoble que l'on qualifia normand au 19e siècle du fait du rattachement du Perche ornais à la Région normande et au département de l'Orne. Son travail fut publié en 1900 : La vigne dans le département de l'Orne et particulièrement dans le Perche au moyen âge : lecture faite à Rémalard, à la séance annuelle de la Société historique et archéologique de l'Orne / par M. Louis Duval Louis (1840-1917), Éditeur, A. Manier (Alençon), 1900.
Louis Duval prend l’exemple du vin de Vaunoise de l’Orne : « Le vin de Vaunoise était, en effet, de préférence, réservé pour le Saint sacrifice (vin de messe) […] Le vin de Vaunoise est d'une qualité qui n'excède jamais le prix du cidre. Cette sorte de vin se recueille dans le pays et sert à-la boisson des pauvres gens, à la place du cidre, qui y est assez rare » [Duval, 1900]
Au 19e siècle, Louis Duval est un des premiers auteurs à rendre au Perche Ornais ce qu'il fut avant la Révolution française.
Extraits de ses collaborations dans la Revue normande et percheronne dont il fut directeur de la publication. Charles Pitou était à ses côtés un des principaux contributeurs.
« Moulins-la-Marche, sur la limite du Perche et de la Normandie […] » - Duval[1] Louis
« Chevauchant un jour entre Rouen et Verneuil-au-Perche, le prieur de Boissy fit rencontre d'un gentilhomme […] » - Duval[2] Louis
Louis Duval rapporte un texte de M. le vicomte de Broc le second prix Gobert pour la France sous l’Ancien régime.
Son nouveau livre, le Temps passe, dans un cadre plus restreint, contient un tableau en raccourci de la vie provinciale au siècle dernier, tiré des mémoires d'un bourgeois du Mans, Michel Le Prince d’Ardenay[1]. Ces souvenirs d'enfance, qui remontent au milieu du 18e siècle, sont écrits avec une simplicité qui n'exclut pas le pittoresque.
Extraits soumis par Louis Duval
« Le voyage du Mans à Paris se faisait alors en cinq jours, dans les « carrosses de voiture » traînés par six chevaux. On passait par Rémalard, Saint-Jean-du-Murger, Châteauneuf, Dreux, la Queue et Versailles. Une table et un lit d'auberge, plus ou moins mauvais, attendaient les voyageurs à la fin de chaque journée, car on ne marchait jamais la nuit, à cause du peu de sûreté des routes et de la fermeture des portes des villes le soir. [...]
Vers midi, entre Saint-Corne et Belléme, une des roues manqua tout net, heureusement qu'au lieu de sortir en dehors, ce qui nous eut fait
infailliblement verser, elle versa en dedans et lit arc-boutant avec l'impériale. Nous descendîmes bien vite, mais avec précaution, dans la crainte d’une culbute. Nous vîmes avec peine que nous ne pouvions aller plus loin et que nous étions éloignés de tout secours. L'abbé Monsellier, en s'orientant, reconnut de loin le clocher d’Igé ; il avait eu des relations avec le curé de cette paroisse. Il partit sur-le-champ pour aller lui demander l’hospitalité. Le bon curé, sensible à notre malheur, nous envoya une personne fidèle pour garder notre voiture auprès de laquelle nous étions restés, ma femme et moi, exposés aux rayons ardents du soleil. Nous acceptâmes avec reconnaissance le dîner du curé qui nous offrit, de la meilleure grâce du monde, tout ce qui était en son pouvoir.
Cependant, le maître de poste de Saint-Côme, qui nous conduisait, retourna chez lui et amena une charrette sur laquelle on mit notre voiture pour la transporter à Bellême. Nous nous y rendîmes le soir, l'abbé Monsellier et moi à pied et ma femme sur le cheval du curé qui ajouta cette complaisance à toutes les honnêtetés dont il nous avait comblés pendant notre séjour chez lui. *
Nous fûmes obligés de rester vingt-quatre heures à Bellême, pour faire faire une roue et réparer notre voiture. Je n’avais jamais vu cette petite ville qu’en passant. Quoique contrarié par le retard que nous éprouvions, je ne fus pas fâché d’être à portée de séjourner dans le lieu où mes ancêtres avaient pris naissance. Je trouvai avec plaisir beaucoup de personnes de différents états qui portaient mon nom, très connu dans le pays. »
[2]Le Parnasse Percheron, Louis Duval in : Titre : La Revue normande et percheronne illustrée : sciences, littérature, beaux-arts / dir. Louis Duval, [s.n.] (Alençon), 1896 in : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9529676k/f398.
[1] In : Mémoires de J.-B.-H.-M. Le Prince d’Ardenay, avocat au Parlement, négociant, juge-consul et
maire du Mans, 1737-1815, publiées et annotées par M. l’abbé Esnault, Le Mans, 1880, in-8°.
E comme Edouard Herriot, Erable
E comme Edouard Herriot,
Edouard Herriot a traversé un épisode trouble de la France du 20e siècle avec un véritable parcours politique en zigzag.
Edouard Herriot fut un homme d'Etat. Il s'engagea dans l'affaire Dreyfus aux côtés d'Émile Zola et Anatole France, et il fonda la section lyonnaise de la Ligue des droits de l'homme. Il s'affirma comme un orateur exceptionnel. Après que les élections législatives du 25 mai ont donné la majorité au Cartel des gauches dont il était le principal animateur, il provoque la démission du président Alexandre Millerand qui avait pris parti pour le Bloc national pendant la campagne électorale et avait affirmé son pouvoir en intervenant dans les fonctions du président du Conseil. Il est alors appelé à la présidence du Conseil par le nouveau président de la République, Gaston Doumergue. En juin 1932, il revient au pouvoir (troisième gouvernement Édouard Herriot) après des élections ayant marqué une poussée vers la gauche. Il participe à la création du Front populaire, dont les réunions se font à La Ruche de Montchat dans le troisième arrondissement de Lyon. Devant l'avance allemande, il suit le gouvernement à Bordeaux puis à Clermont-Ferrand et enfin à Vichy. Attaqué par les collaborationnistes, il est placé en résidence surveillée en septembre 1942, d'abord chez lui en Isère ; puis il est jugé inapte à la déportation par les autorités allemandes, qui l'internent dans un asile où il feint la folie, à Maréville près de Nancy. [À son retour en France, Herriot éprouve de l'amertume, bien qu'il soit reçu par de Gaulle : il représente la « France des boutiquiers » et les « fausses élites [qui] sont celles de la médiocrité » vilipendées par Albert Camus. Néanmoins, il fait figure de sage et devient le président de la nouvelle Assemblée nationale en 1947.]
Il est à l’origine de l'expression « Français moyen ».
Il est cité par le géographe Jean Pelatan qui examine le Perche par le prisme de la géographie comme avait commencé de le faire Olivier de Romanet, son prédécesseur qui avait publié en 1890-1902 deux tomes de la Géographie du Perche et chronologie de ses comtes ; suivies de pièces justificatives formant le cartulaire de cette province ; et d'une table alphabétique donnant les identifications des noms de personnes et des lieux…
Extraits citant les propos d'Edouard Herriot à propos du Perche.
« La Normandie des herbages et des bois s'appuie au robuste contrefort du Perche où l'arbre est roi...
Comme dans une barrière, cette contrée sépare les deux vallées essentielles de l'Orneet de l'Eure... Celui qui l'a conquise peut, à son gré, descendre vers les prairies dela Basse-Normandie ou les moissons de la Beauce... Trapu, ramassé sur lui-mêmecomme un lutteur toujours prêt pour les combats... le promontoire avancé du Perche domine et protège tout ensemble. »
L'érable champêtre est un des arbres emblématioques que l'on remarque dans le Perche bocager, dans les haies qui ceinturent les parcelles comme nous avons pu l'observer lors de nos herborisations au domaine de la maison du parc (PNRP), à Courboyer, Nocé-au-Perche de novembre 2019 à octobre 2020.
A ses cotés on trouve le noisetier, le néflier, l'épine, le cornouillier et bien d'autres.
Conseil mémovisuel pour reconnaître un érable à ses samares :
celles de l'érable champêtre sont orientées à 9h15
celles de l'érable plane à 10h10
celles de l'érable sycomore à 7h25 comme celles du Négundo.
celles de l'érable de Montpellier à 6h25
ainsi vous reconnaitrez aisément à la saison ces différentes sortes d'ERABLE.
Erable champêtre vu par le PNRP.
"Acer can1pestre Erable champêtre (P) ; Hauteur 10 -20 rn ; Bon bois de chauffage ; Sciage, tournerie, manches d'outils ; Plante très mellifère ; Plante favorable à la faune ; Joli feuillage jaune d'or à l'automne ; Rejette ; nitrophile ; Hauteur : 10 à 20 m ; Feuillage : caduque ; Longévité : 150 à 200 ans ; Croissance lente ; Sol : sain, neutre à basique, limoneux, argileux ; Lumière demi-ombre pleine lumière.
Guide des essences des haies du Perche[1], Rédaction: Parc naturel régional du Perche- Sophie de Longcamp, Mise en page : Tilman Eichhorn, Thierry Delory, Crédits illustrations : PNRP (G. M. Lavallette, S. Perera, S. de Longcamp) Imprimerie : Le Bon Caractère, Tourouvre, Octobre 2001"
Nous avons commencé à entreprendre une étude sur les sols et l'humus en tout milieu à l'occasion d'une pécédente exposition et résidence dans le Lot pour Cahors Juin Jardins 2024
C'est à la rencontre de la pédologue Patricia Touyre et de l'éminent botaniste normand Benard Boullard que nous avons étudié la décomposition des feuilles au contact de la liyière et du sol notamment forestier ou se décomposant lentement elles contribuent à l'enrichissement de l'humus.
Ces deux scientifiques qui ont divulgué cette science du sol et du sous-sol ont transmis durant toute leur vie professionnelle un savoir que transmets aujourd'hui - via le MNHN - Marc-André Sélosse.
Feuilles : De la litière à l’humus
« Pour beaucoup la litière n’a la valeur que d’un manteau triste et annonciateur des jours sombres et froids de l’hiver […] Cette litière, sous-estimée par beaucoup n’en retient pas moins l’attention de certains mais c’est réellement le biologiste qui accorde leurs lettres de noblesse à ces « reliquats de frondaisons printanières et estivales ». Il y voit là le prodigieux travail de la dégradation s’amorcer et se poursuivre quelques centimètres plus bas. »
Boullard [1] Bernard, Vie intense et cachée du sol, essai de pédobiologie végétale, Flammarion, 1967
« En forêt l’humus provient notamment de la décomposition de la litière ( tapis de feuilles mortes). Les feuilles constituent la fraction la plus importante et la plus constante (3 tonnes à l’hectare en forêt).
C’est en effet au niveau de la litière que se joue toute la survie d’une forêt, puisqu’elle est la source même de l’alimentation de cette dernière (alimentation en carbone et en partie alimentation minérale). Patricia Touyre[2] distingue les feuilles mortes, les feuilles partiellement décomposées, les feuilles blanchies, les feuilles en dentelle les feuilles fragmentées
Les feuilles blanchies : l’action des champignons.
« Il n’est pas rare qu’en examinant la couche de feuilles mortes reposant sur le sol, on en rencontre de couleur crème ( premier signe de dégradation attribuée à une activité des champignons à chapeau). C’est la dégradation de la lignine : la ligninolyse. Une feuille est constituée de pectine, de cellulose et de lignine. »
Les feuilles en dentelle : l’action de la microfaune.
« plus souvent entrevues par le promeneur, les feuilles en dentelle sont une autre révélation de ce phénomène important du recyclage des débris végétaux.
C’est l’action de la microfaune (les arthropodes : les collemboles dits litiérophages) qui prélèvent la partie la plus tendre de la feuille pour se nourrir. Restent les vaisseaux des feuilles qui constituent la charpente. Puis les vers de terre prennent les relais pour les enfouir profondément. La couche grumeleuse sous la litière est constituée des excréments des animaux litiérophages ayant consommé les feuilles : collembole, plathelminthe, acarien, protoure
Les feuilles fragmentées : : l’action des animaux du sol.
Résultats d’attaque multiples principalement d’origine mécanique due au passage des petits animaux du sol qui fragmentent les feuilles en morceaux plus petits conjugué aux alternances des températures et des degrés d’humidité.
Odeur d’humus : De la feuille au terreau.
Si on manipule la litière forestière, s’en dégage une odeur d’humus. Cette odeur révèle la présence de certaines bactéries( Streptomycètes qui sont ammonificatrices) qui sont très nombreuses dans le sol et participent au cycle de l’azote. »
[1] Vie intense et cachée du sol, essai de pédobiologie végétale, Flammarion, 1967, p. 15.
[2] Patricia Touyre, le sol, un monde vivant, Formation, Faune, Flore, Guide Delachaux, 2015.
F comme Flaubert
Un petit carnet de Flaubert de 7,7 cm sur 12.8 cm consigne les notes écrites au crayon par Flaubert, repaséées à l'dencre par l'auteur correpsondant à la période du 19 septembre au 3 octobre 1877. période à laquelle Flaubert traverse diverses régions de Normandie dont un rtronçon entre l'Aigle en Normandie et La Trappe de l'ancienne province du Perche.
Son voyage en Normandie compile les recherches de sites et de détails pour Bouvard et Pécuchet. Son exursion documentaire comme le souligne Yvan Leclerc (ETUDES nORMANDES 1988) est zigzaguante comme d'ailleurs celle que nous avons entrepris pour réaliser notre étude pélimnaire géologique avec les prélèvements de terre et sols du Perche du Nod au sud du Perche tout en zizaguant.
Comme quoi nul n'invente rien comme le disait le botaniste Charles Flahault entre 1887 et 1896 dans l'ouvrage intitulé Charles Flahault Herborisations en zigzag Journal un botaniste Documents réunis et présentés par J.-M Emberger Les Presses du Languedoc 1999.
Vivant au pays de Flaubert à Croisset hameau de Canteleu, nous avons interprété son oeuvre Bouvard et Pécuchet dans les jardins de l'abbaye Saint-Georges à Saint-Martin de Boscherville dans le cadre du bicentenaire de la naissance de Flaubert en 1821.
Extrait de la voute délicieuse de l'herbier contemporain délicieux de Pascal Levaillant 2021
Extraits du périple de Gustave Flaubert dans le Perche.
"À SA NIÈCE CAROLINE Falaise, samedi matin [29 septembre 1877].
« Puis j’irai à Séez, à Laigle et à la Trappe.[…] »
À EDMOND LAPORTE [Croisset,] vendredi, 3 heures, 5 octobre 1877]. Quel dommage que nous n’ayons pas vu la Trappe, ensemble ! – J’ai trouvé suffisamment de pierres druidiques. »"
Le frêne fait partie de notre herbier contemporain des arbres, arbre que l'on croise en de nombreuses régions françaises dont dans le Marais poitevin, dans le grand-ouest dans les zones humides et bocagères.
Cet arbre est menacé d'extinction et en danger : La chalarose a été détectée pour la première fois en Pologne en 1992 et s'est rapidement répandue dans toute l'Europe. En 2022, la seule région en partie épargnée par la maladie et où des frênes sont présents est la zone méditerrannéennne sud et est.
Le frêne commun est l'un des plus sensibles à la chalarose. L'espèce n'est pas menacée en tant que telle, mais la maladie remet en cause la sylviculture des peuplements forestiers à base de frênes. La mortalité d’arbres adultes est rare, ce sont les peuplements jeunes et denses qui sont les plus touchés. Les peuplements mélangés résistent mieux à la chalarose comme l'indique le https://www.cnpf.fr/
Extraits du Frêne et Trogne
« Dans la continuité du Chemin des trognes
Deux cent quarante jeunes trognes en devenir ont été plantées en contrebas de différentes essences. Tous les arbres peuvent donner « naissance » à une trogne – le plus souvent un feuillu – dès lors qu’une taille intervient. « Le chêne, le saule, le frêne, le platane, le tilleul… Dans l’Arborétrogne, d’autres essences plus méditerranéennes ont été introduites comme le micocoulier et le mûrier blanc pour prendre en compte l’évolution du climat. »
Un arbre aux multiples spécialisations
Une trogne, mais de multiples usages. Selon ces destinations, la taille interviendra plus ou moins fréquemment et ces spécialisations donneront naissance à des « trognes physiques » différentes. La paysannerie d’autrefois faisait usage de cette richesse naturelle offerte et à sa portée. Haies et trognes du Perche avaient une raison d’être. Elles servaient de clôture, de coupe-vent et d’abri au bétail, de fourrage aussi avec leur feuillage ; des trognes, les hommes tiraient leur bois de chauffage. Leur utilité est aujourd’hui reconnue – les trognes ont été mises quelque peu à mal un temps – d’autant qu’elles structurent et personnalisent les paysages d’un territoire. »
Les stations forestières du Perche, catalogue version sud, Centre Régional de la propriété forestière d’Ile de France et du Centre Le Perche Zone Sud - Présence du frêne station riche de ravin sur sable limoneux caillouteux S2 - Station riche à végétation neutrocalcicole C2 - Station riche de fond de vallon à engorgement contraignant V2 - https://inventaire-forestier.ign.fr › GS_perche-sud PDF
1913 - Gide rencontre Roger Martin du Gard. Gide est venu dans le Perche rencontrer Martin du Gard au Tertre entre 1913 et 1938.
Ayant visité le Tertre et l'intérieur du château, j'ai vu le mur de photogtraphies dont celle du portrait de Gide. Le bureau de l'écrivain est positionné devant ceette galerie de 60 portraits encadrés aux formats differents, galerie située entre une porte séparant le bureau d'une autre pièce du rez de chaussée et entre un petit meuble bas où se gtrouve un buste noir et de l'autre côté par un mur de refend.
Extraits citant Gide
« Né à Paris, d’un père uzétien et d’une mère normande, où voulez-vous, Monsieur Barrès, que je m’enracine ? J’ai donc pris le parti de voyager (à propos des Déracinés).
On sait qu’André Gide (1869-1951) passa sa vie à voyager, sans toutefois renier ses points d’ancrage que furent Paris, le Midi, la Normandie.
Ses liens avec la Normandie sont nombreux et divers. De par ses liens amicaux avec Roger Martin du Gard il séjournera à plusieurs reprises au château du Tertre, près de Belléme, à Alençon auprès de son beau-frère Marcel Drouin. Sans oublier toutes les excursions à Honfleur, à Trouville, à Étretat…
Ces attaches normandes ont rarement été étudiées dans leur globalité, et c’est précisément l’objet de cet ouvrage que d’en établir la géographie… et l’histoire, en s’attachant tout particulièrement à décrire la diversité des lieux et des paysages de cette belle région française, mais aussi de raconter quelques-uns des moments privilégiés qu’y vécut André Gide, entouré de ses proches et de ses amis. » Jean-Pierre Prévost[1]
« Après une licence et un doctorat de mathématiques à l’Université de Caen, et un doctorat d’esthétique à l’Université de Nanterre, Jean-Pierre Prévost a réalisé deux long-métrages pour le cinéma, et pour la TV un grand nombre de reportages, documentaires, fictions françaises et étrangères. Depuis 2010 il se consacre au théâtre, mais également à l’écriture et à la mise en œuvre d’expositions internationales. Il est spécialiste de l’œuvre d’André Gide.et trésorier de l’Association des Amis d’André Gide. » J.P.Prévost, 2026.
Le Tertre
Ce château se nommait Château de l’Estrade au 18e siècle d’après l’Atlas Trudaine
Jean-Pierre Prévost évoque le château du Tertre : Le Tertre est situé à quelques kilomètres de Bellême, dans le département de l’Orne. Roger Martin du Gard achète le château à son beau-père en 1925. Il y fera de nombreux travaux d’aménagement, et y vivra jusqu’en 1940. La propriété est alors réquisitionnée par les troupes allemandes, et Martin du Gard et sa famille iront s’installer à Cimiez, un quartier de Nice. Ils reviendront au Tertre après-guerre.
Gide est venu rencontrer Martin du Gard au Tertre entre 1913 et 1938.
« Nous voici donc au tertre dans cette maison qui semble aménagée pour la vie d’amitié. Le décor est charmant, qu’on y est à soi-même un spectacle aimable. La grâce sévère du paysage, l’ordonnance un peu pompeuse des lieux sont bien à la taille de l’homme et confèrent à toutes les démarches un certain style, dont on reste conscient, soit qu’on tourne autour du grand bassin, soit qu’on se promène dans les deux allées symétriques qui entourent la grande pelouse rectangulaire devant laquelle est posée la longue façade en brique rose à moitié mangée par un grand toit seigneurial […]Il y a un genre d’intimité sans apprêt et de laisser-aller dans la confidence qu’on obtient à la campagne ». (Séjour raconté dans le détail, et avec un immense talent, par la petite Dame dans ses cahiers du 2 au 12 août 1929[2]) ».Jean-Pierre Prévost
« Ce n’est pas le style de la description, la nature du paysage, qui évoluent, mais sa place : jamais elle n'est centrale sinon durant la période 1897-1914 environ. Si l’on préfère un autre langage le paysage normand est, chez Gide, la plupart du temps un simple « indice », sauf dans les Nourritures terrestres, où, parmi d’autres, empruntés à d'autres contrées, il acquiert l’importance d’une véritable « fonction ». C’est un peu ce que pensait Gide lui-même à propos de l’école dite « Naturiste », à laquelle il s’était laissé adhérer ;
Nous chanterons les hautes fêtes de l’homme. Pour la splendeur de ce spectacle les poètes convoqueront les plantes, les étoiles, les grands vents et les purs animaux. Une littérature s’élabore, qui glorifiera les marins, les laboureurs, nés des entrailles du sol, et les pasteurs qui habitent près des aigles. De nouveau les poètes se mêleront aux tribus. »
Voilà la définition du mouvement Naturiste que donnait son fondateur, saint Georges de Bouhélier, et voici ce que lui répondait Gide :
« Affamé de plus bruyante gloire, M. de Bouhélier entraînait mon nom à sa suite jusque dans les colonnes du Figaro ; l’admiration que je manifestais pour son jeune talent trouvait ainsi sa récompense... Naguère quelques critiques mal renseignés... voulurent bien, dans l'ignorance des dates, me croire adepte d’une école qui simplement avait le goût naissant de m'approuver » Francis Claudon[3]
Gide et si le grain ne meurt (1926) : souvenir de son premier herbier
« Mais la principale occupation d’Anna, sa plus chère étude, était la botanique. À Paris elle suivait assidûment les cours de M. Bureau au Muséum, et elle accompagnait au printemps les herborisations organisées par M. Poisson, son assistant. Je n’ai garde d’oublier ces noms qu’Anna citait avec vénération et qui s’auréolaient dans mon esprit d’un grand prestige. Ma mère, qui voyait là une occasion de me faire prendre de l’exercice, me permettait de me joindre à ces excursions dominicales qui prenaient pour moi tout l’attrait d’une exploration scientifique. La bande des botanistes était composée presque uniquement de vieilles demoiselles et d’aimables maniaques ; on se rassemblait au départ d’un train ; chacun portait en bandoulière une boîte verte de métal peint où l’on couchait les plantes que l’on se proposait d’étudier ou de faire sécher. Quelques-uns avaient en plus un sécateur, d’autres un filet à papillons. J’étais de ces derniers, car je ne m’intéressais point tant alors aux plantes qu’aux insectes, et plus spécialement aux coléoptères, dont j’avais commencé de faire collection. [1]»
«À l’instar d’Anna et avec son aide, je faisais un herbier ; mais surtout l’aidais à compléter le sien qui était considérable et remarquablement bien arrangé. Non seulement elle avait fini par se procurer, patiemment, pour chaque variété les plus beaux exemplaires, mais la présentation de chacun de ceux-ci était merveilleuse : de minces bandelettes gommées fixaient les plus délicates tigelles ; le port de la plante était soigneusement respecté ; on admirait, auprès du bouton, la fleur épanouie, puis la graine. L’étiquette était calligraphiée. Parfois la désignation d’une variété douteuse nécessitait des recherches, un examen minutieux ; Anna se penchait sur sa « loupe montée », s’armait de pinces, de minuscules scalpels, ouvrait délicatement la fleur, en étalait sous l’objectif tous les organes et m’appelait pour me faire remarquer telle particularité des étamines ou je ne sais quoi dont ne parlait pas sa « flore » et qu’avait signalé M. Bureau. [2]»
« C’est à La Roque surtout, où Anna nous accompagnait tous les étés, que se manifestait dans son plein son activité botanique et que s’alimentait l’herbier. Nous ne sortions jamais, elle ni moi, sans notre boîte verte (car moi aussi j’avais la mienne) et une sorte de truelle cintrée, un déplantoir, qui permettait de s’emparer de la plante avec sa racine. Parfois on en surveillait une de jour en jour ; on attendait sa floraison parfaite, et c’était un vrai désespoir quand, le dernier jour, parfois, on la trouvait à demi broutée par des chenilles, ou qu’un orage tout à coup nous retenait à la maison. À La Roque l’herbier régnait en seigneur ; tout ce qui se rapportait à lui, on l’accomplissait avec zèle, avec gravité, comme un rite. Par les beaux jours, on étalait aux rebords des fenêtres, sur les tables et les planchers ensoleillés, les feuilles de papier gris entre lesquelles iraient sécher les plantes ; pour certaines, grêles ou fibreuses, quelques feuilles suffisaient ; mais il en était d’autres, charnues, gonflées de sève, qu’il fallait presser entre d’épais matelas de papier spongieux, bien secs et renouvelés chaque jour. Tout cela prenait un temps considérable, et nécessitait beaucoup plus de place qu’Anna n’en pouvait trouver à Paris.[3] »
Antoinette fut très attachée à Mortagne et dès sa prime jeunesse. Sa famille habitait la place de l'église. Curieuse comme Robert Tanné l'écrit, elle aeut la passion de vieilles pierres et plus tard le goût de la valorisation du patrimoine de la cité. Elle contribuera à animer Mortagne en participant à la vie culturelle.
A propos de son ouvrage Mortagne-au-Perche édité par les Amis du Musée Alain et de Mortagne-au-Perche elle évoque la cité et ses environs comme l'horizon bleuté de la forêt de Bellême.
Extraits
« Perche bocager, hautes futaies, lisières, clairières, ici les ruines d’un monastère, ailleurs la mélancolie d’un étang, l’empreinte d’un vieux chemin, champ clos de haies, galop d’un cheval dans le pré brillant d’avril, clochers pointus autour desquels se groupent les toits luisants de pluie. Partout la marque de ce travail séculaire qui fait l’homme maître et serviteur d’une nature devenue campagne. » Guerrini Antoinette[1]
Antoinette dépeint la vallée de l'Huisne selon un dessin d'Hélène Jouvin « Paysage typique de la vallée de l'Huisne et du Perche En toile de fond, le charmant bourg de Mauves-sur-Huisne : tourelles et toits féodaux. Le calme de la rivière et celui des bêtes paissant sur le diapré des herbages, promesse printanière des haies et majesté incontestée de l'arbre. »
Autre description de Mortaigne selon un dessin de Chastillon – 1630, p.38.
Le dessin montre le tertre de Mortagne au 17e siècle la cité (la ville close) est entourée de remparts qui épousent les inclinaisons du relief et d'où sortent trois édifices religieux dépassant la masse des toits et des bâtiments de Mortagne. Au pied de la ville une maison fortifiée en ligne de défense et au creux des vallons environnants, au premier plan un domaine entouré de hauts murs entouré d'une douve naturelle marécageuse.
En premier plan quelques puissants arbres ressemblant à des chênes et des frênes font un premier rideau ajoutant à la perspective la dimension vallonnée du paysage de Mortaigne à cette époque.
[1] Environnement, , Pittoresque et Poésie d’une petite ville, Mortagne-au-Perche, Les Amis du Musée Alain et de Mortagne -au-Perche, 1996, p.25
G comme Gui
« Le gui est le compagnon du pommier, on le croise surtout dans les vergers anciens. Ils arrivent à envahhit totalement l'arbre.»
Le gui, cette plante semi-parasite bien connue pour ses boules de branches vertes et ses baies blanches, est souvent associé aux traditions de Noël. Pourtant, derrière son apparence festive se cache une menace sérieuse pour les arbres fruitiers.
Un parasite insidieux
Le gui se fixe sur les branches grâce à des suçoirs qui traversent l’écorce pour atteindre la sève. Contrairement à d’autres parasites, il ne tue pas immédiatement son hôte, mais l’épuise lentement.
Les arbres fruitiers, déjà sollicités pour produire des fruits, deviennent particulièrement vulnérables. Le gui prive la branche sur laquelle il est installé d’eau et de nutriments essentiels, ce qui peut entraîner un dépérissement complet, une réduction de la floraison et, in fine, une baisse significative des récoltes.
Des dégâts visibles et cachés
Les symptômes d’une infestation par le gui sont souvent discrets au début. On observe d’abord des renflements sur les branches d’où sortent quelques tiges vers clairs, puis un ralentissement de la croissance. À long terme, les branches parasitées peuvent se dessécher ou casser sous le poids du gui, surtout en cas de vent ou de neige. Les arbres fruitiers comme les pommiers, poiriers ou cerisiers sont particulièrement sensibles, car leur système de défense est moins robuste que celui des grands feuillus.
Prévention et lutte
Pour limiter les dégâts, une surveillance régulière est indispensable. Le gui se propage principalement par les oiseaux qui mangent ses baies et déposent les graines sur les branches. Il est donc conseillé de supprimer manuellement les boules de gui dès leur apparition, idéalement en hiver, avant qu’elles ne produisent de nouvelles graines. Une taille soigneuse des branches infestées peut aussi sauver l’arbre, à condition d’intervenir tôt.
Le gui, bien que pittoresque, représente une menace réelle pour les vergers. Une gestion proactive est essentielle pour préserver la santé des arbres fruitiers et assurer des récoltes abondantes. Sans intervention, ce parasite peut transformer un arbre vigoureux en une structure affaiblie, incapable de produire correctement.[1]»
« Le gui, plante parasite qui pousse sur plusieurs espèces d'arbres, était très en honneur chez les Gaulois, qui lui attribuaient des propriétés merveilleuses et l'employaient, avec la verveine et d'autres plantes, à la célébration des mystères religieux. Ils recherchaient surtout le gui du chêne, qui n’est pas introuvable, comme on l'a prétendu ; la vérité, c'est qu'il est extrêmement rare[1]. Il l'était déjà en ces âges lointains et sa découverte était considérée comme un événement ; c'était presque un miracle, par lequel la divinité révélait aux mortels et vouait à leurs hommages le chêne, objet de sa prédilection. Ce gui était cueilli en grande pompe la première nuit de l'an nouveau, qui était la sixième de la lune, car les Gaulois comptaient par nuits comme nous comptons par jours ; chez eux le jour suivait la nuit, tandis que chez nous il la précède. La solennité avait lieu à la lueur des torches qui illuminaient au loin les profondeurs de la forêt et jetaient des reflets fantastiques sur les flots sombres et mouvants de la multitude accourue de toutes parts en criant : « Au gui l’an neuf ! » A. Almagro[2]
« Quand les gelées ont fait tomber les feuilles, chacun peut voir les grosses touffes du gui, désordre sensible aux yeux. Vers le même temps, la jeunesse aime à danser sous le gui ; on dit que cette plante vigoureuse et toujours verte porte bonheur aux amoureux. Aussi l’on voit des charrettes pleines de gui ; en sorte que tout se passe comme si la destruction du gui était aussi bien payée que celle des hannetons. Mais quel détour savant ! Cette plante détestable est aimée et adorée depuis les temps les plus anciens. La sagesse politique n’a pas inventé de meilleur moyen pour délivrer les arbres.
Cela fait voir que la science languit, comparée aux passions. » Alain[3]
[1] Le gui du chêne n’est pas inconnu des bûcherons, mais ils conviennent qu’il est tout à fait rare ; c’est aussi le mot de Pline : rarum admodum inventu. S’il eût été plus commun, les Gaulois n’y auraient pas attaché un si grand prix.
« De tous les feuillus, c’est l’un des plus imposants par sa verticalité, il peut monter jusqu’à 45m de hauteur[1]. Il peut vivre de 300 ans à 500 ans et peut-être davantage. Celui de Montigny (Eure-et-Loir) de 8,20 m de tour aurait près de 900 ans.
Cette essence se plait surtout en climat océanique, tempéré et assez pluvieux. Répandu en plaine dans le nord de la France […] cette essence d’ombre préfère la futaie et se développe d’abord sous le couvert du chêne qu’il tend à remplacer. »
Les deux hêtres de la vallée Biquet de Senonches :
« Ces deux hêtres possèdent toutes les caractéristiques de leur espèce, à une exception près : leur écorce. Alors que l'écorce traditionnelle du hêtre est grise et lisse comme la peau d'un éléphant, ici, on peut découvrir une écorce craquelée et profonde. Il semblerait qu'ils aient usurpé l'écorce du chêne liège, de vieux bouleaux ou du pin.
Des recherches sont entreprises pour déterminer leur statut exact. Ce phénomène est d'autant plus étrange que l'écorce des jeunes rameaux reste parfaitement lisse.
Sa hauteur est de 22 m. et sa circonférence de 2,65 m. »
In : Arbres remarquables d'Eure-et-Loir, le Département, p, 136.
[1] L’arbre recordse trouve en Normandie à Barentin en Seine-Maritime : près de 50 m.
[2] Jacques Brosse, Les arbres de France, histoires et légendes, Omnia Poche, 1987, p.93-94
H comme Houx, cf. Jacques Brosse
Houx
« Cette essence occupe une aire très étendue, de l’ouest de l’Europe jusqu’à l’Afrique du Nord. On la trouve dans presque toute la France, mais elle abonde surtout en sous-bois dans les forêts de l’Ouest, car elle a besoin d’une certaine humidité atmosphérique et redoute les grands froids prolongés. Son feuillage est brillant et ses fruits d’un rouge éclatant au fort de l’hiver, le houx symbolise la persistance végétale et célèbre les esprits de la forêt qui éloignent les sortilèges et ses piquants éloignent les mauvais esprits. Les feuilles et les fruits du houx jouent un rôle important dans la décoration de Noël. Il est utilisé (feuilles) en teinture ou en décoction (Phytothérapie) et agit contre la bronchite chronique » Brosse[1] Jacques
Pourquoi certaines feuilles de houx n’ont pas de piquants ?
Suite à des observations botaniques de cette essence, à une certaine hauteur du l’arbuste on peut constater que certaines feuilles ont perdu leurs piquants et ressemblent à des feuilles de laurier. En fait les piquants sont son mode de défense contre les animaux herbivores. Ainsi il est courant d’observer des feuilles lisses plus haut dans l’arbre, à l’abri des prédateurs herbivores.
Là où se trouvent de gros buissons denses de houx, on peut craindre de dénicher un abri pour les sangliers dans lesquels ils se dissimulent en journée., ce que j'ai pu observer en 2025 en forêt d'Orival.
[1] Jacques Brosse, Les arbres de France, histoires et légendes, Omnia Poche, 1987, p.97-98
H comme Hugo Victor
Gérard Pouchain raconte le périple de Victor Hugo dans cette Quatrième Promenade de Nogent-le-Rotrou à Martigné par Alençon, Pré-en-Pail, Le Ribay, Lassay, Mayenne, Jublains du 19 juin au 21 juin.
« C'est par amour et par amitié que Victor Hugo prend la route de la Normandie, pour la première fois en 1821 : par amour pour Adèle Foucher. [...] C'est par amitié et pare amour que Victor Hugo séjourne une dernière fois en Normandie, en septembre 1884, rappelle Gérard Pouchain. [...] Entre ces deux dates - 1821 et 1884 -, Victor Hugoe se rend plus de dix fois en Normandie.[1] »
« Nous avons vu et visité à Nogent-le-Rotrou ce château qu’on voulait me vendre, il y a six à sept ans. Nanteuil en fait pour toi un croquis de souvenir pendant que je t’écris. L’extérieur est encore très beau et domine superbement un immense horizon de plaines ondulantes. L’intérieur n’est que délabrement. » Hugo Victor [1]
« Ce pays que l’on reconnait aux tignasses vertes des pommiers qui nous entourent de toutes parts… » Hugo Victor [2]
[1] In : https://hopenroute.fr/le-chateau-de-nogent-le-rotrou/
[2] Correspondance, in : le pays du Perche, Julien Cendres-Christian Vallée, Concept Image, 2012, p. 70 ; 119.
[1]In : Gérard Pouchain, Promenades en Normandie avec un guide nommé Victor Hugo, Editions Charles Corlet S.A.R.L, 1983.
En normand que je suis j'affectionne les ifs plus qu'un autre arbre. Ayant vécu 55 ans à Yvetot, commune cauchoise rien de plus toponymique que la consonnance « iftot », la terre des ifs, 200 ifs dans la commune ce qui dénote d'une réalité ancienne comme dans un village voisin, Croix-Mare, où l'if se compte par deux cents sujets.
Le summum se trouve dans la vallée de la Seine où, de Vernon au marais Vernier, on les compte par dizaine de milliers, ce qui a été observé par les vikings à la recherche de ressource d'If pour leurs arcs et flèches.
Ailleurs nous avons toujours plaisir à en découvrir quelques unités dans les villages normands et du Perche, sur des sols calcaires.
« Ifs du Perche : A Serigny, juste en bas du lavoir et des murs fortifiés du presbytère perché à côté du cimetière et de sa chapelle, les ifs bien taillés [1]»
« Fierté et symbole de la commune, c’est le plus vieil if connu en Sarthe. Il a d'ailleurs été classé "arbre remarquable". Il aurait été, d’après la légende, planté par les vikings il y a entre 800 et 1000 ans.
C’est un if à fleurs mâles, le seul classé en Sarthe. [2]» « Brou : If 300 ans (plusieurs d’une même souche) au bord d’un bras de l’Ozanne accès dans une rue parallèle à la rue de Châteaudun » « If, Hauteur : 17 m, Tricentenaire.
L'if de Brou est formé de plusieurs rejets issus d’une même souche plantée il y a plus de 300 ans ! Un ensemble de rejets originaires d’une souche identique s’appelle une cépée. Ici, la cépée a un diamètre de 30 mètres et une hauteur de 17 mètres. Cet arbre a beaucoup de caractère et la nuance sombre de son feuillage joue un rôle important dans l’aspect paysager de la promenade qui le jouxte.
L’if est un arbre vénéneux pour l’homme et les animaux. Cette essence jouit d'une grande longévité (plus de 1500 ans).[3]»
Citation de Jacques Bril : « Jacques Bril veut dire « la terre des ifs ou la lande des ifs »
Citation de Jacques Brosse :« Désormais on sait maintenant que beaucoup de noms d’endroits portent l’if dans leur patronyme comme dans le Calvados ; Condé sur Ifs, ou comme dans l’Orne - les Yveteaux ; en Seine- Maritime : Yvetot ; Saint-Pierre-des-Ifs dans l’Eure ; Yvetot-bocage anciennement Yvetot dans le Cotentin et d’après les recherches de Jacques Brosse et de Robert Bourdu d’autres cités ont rejoint cette liste à ma grande surprise comme Evreux, York en Angleterre, Yvignac-la-Tour, Yffiniac en Bretagne et d’autres cités sur d’autres continents.»
« […] sur le haut, l’exceptionnel de Mortagne serait encore son jardin public. A la française, appuyé par de belles orangeries, il ouvre un horizon vaste et herbeux. »
[1] Par monts et merveilles de Normandie - in : Antoinette Guerrini, Pittoresque et Poésie d’une petite ville, Mortagne-au-Perche, Les Amis du Musée Alain et de Mortagne -au-Perche, 1996, p. 15.
J commeJean Pelatan
Jean Pelatan, Agrégé de l'Université. Docteur ès lettres. Enseigne la géographie à l'Université de Paris X-Nanterre (en 1990)
« Il faut remonter à 1621 pour trouver le dernier livre d’ensemble écrit sur le Perche. C’est dire tout l’intérêt de l’ouvrage de Jean Pelatan qui brosse en des pages remarquables un tableau complet du Perche, ses paysages et ses hommes, sa campagne et ses villes, son histoire et son présent. Maisons rurales et productions agricoles, évolution des centres urbains et vie industrielle, animation des villages et équipement commercial, tout est passé au crible de l’analyse. Si rien n’est oublié dans la fresque présentée par l’auteur, c’est qu’il a consacré douze années entières à parcourir le terrain et les documents d’archives, dialoguant avec les hommes, interrogeant les statistiques, faisant à chaque fois ressortir l’extraordinaire qualité d’adaptation de ce pays du Perche, à la fois si chanté et si méconnu. La rigueur du texte autant que la qualité des illustrations placent d’emblée le livre de Jean Pelatan comme ouvrage de référence qui saura séduire autant les spécialistes que le grand public.[1]»
Dans un article paru en 1985, Jean Pelatan revient sur le Perche comme espace de transition :
« Accolé à la Normandie vers le Nord et le Nord-Ouest, voisinant avec le Maine à l'Ouest, touchant le Vendômois au Midi et avancé vers la Beauce à l'Est, le Perche couvre un espace géographique jusqu'ici méconnu, écartelé entre quatre départements (Orne, Eure-et-Loir, Loir-et-Cher et Sarthe) et trois régions (Basse-Normandie, Centre et Pays de Loire). Il présente trois particularités majeures : un milieu rural spécifique dont les limites ont été définies unilatéralement par les Administrations Centrales après 1946 ; une province encore vivante mais de plus en plus dépendante de Paris ; une région qui a cherché à développer toutes les potentialités de l'économie traditionnelle jusqu'aux années 1960, au moment où s'y affirment des facultés d'adaptation et un esprit d'initiative appuyés sur une prise de conscience régionale encore timide.
Le Perche semble, pour qui le traverse rapidement, se fondre dans les bocages de l'Ouest ou annoncer la Normandie voisine, voire les confins ligériens ou même océaniques, par son climat modéré mais non exempt de fraîcheur et d'humidité. Ne représentant pas une entité politique ou administrative, il est facilement oublié à l'heure des décisions intéressant les Régions, ou au moment des actions à l'échelle des Départements. N'opposant pas de véritable barrière aux axes de circulation qui peuvent le traverser aisément, il ne s'érige pas en obstacle entre le centre du Bassin Parisien et les Pays manceaux. Il ne possède ni ville susceptible de « mériter le détour » ou d'attirer les grands flux touristiques, ni spécialités gastronomiques spécifiques dignes de lui valoir la réputation de la Normandie voisine. Notons cependant, significativement, que les Assises du Tourisme Normand se sont tenues en 1984 à Mortagne au Perche ; il semble donc en situation intermédiaire et équivoque.[2]»
« La connaissance de ce pays dévoile peu à peu les oppositions qu'il présente par rapport aux régions voisines : un relief plus marqué que dans le pays d'Ouche ou le Maine ; des sols à dominante argileuse, même dans sa partie occidentale jurassique ; une diffusion extrême de l'habitat ; la spécialisation précoce de l'économie agricole dans l'élevage herbager et la contribution corrélative du Perche aux besoins des régions voisines ainsi que de Paris autant de différences avec la Beauce tournée vers la grande culture spéculative, le Thimerais plus plat bien que partagé comme le Perche entre culture et élevage, le pays d'Ouche plus forestier et plus sévère, le Maine moins montueux aux « pays » plus diversifiés, le Vendômois déjà viticole et empreint de douceur ligérienne. [...]
Pays forestier aux temps les plus lointains, le Perche est devenu bocager au fur et à mesure que l'homme pénétrait et clairsemait la Sylva Pertica […] La livrée verte du bocage et des prés d'élevage l'emporte encore largement dans le Perche au travers d'un quadrillage de vallées et de collines. […] Dans la mosaïque des pays de France, le Perche offre, en dépit de sa faible étendue, une physionomie complexe mais originale. […] Le Perche associe bois, taillis, prés et champs en une symphonie pastorale encore peu dégradée par les remembrements et la disparition des comptants. […] Même sur les marches de la région, l’eau est toujours présente dans le paysage percheron.»Jean Pelatan [1]
[1]In : Le Perche : Un pays et ses hommes, Jean Pelatan, Editions Jaher, 1984.
[2]In : Le Perche : un espace de transition, Jean Pelatan, Études Normandes Année 1985 34-3 pp. 46-57
K commeKermerrien
K commeKermerrien
« Kermerrien, pomme à cidre du Perche, variété amère »
« Origine : Variété implantée dans toute la zone cidricole française
Maturité : Epoque de récolte : fin septembre - début octobre. Particularités : variété dont la maturité des fruits avance depuis quelques années ! Utilisations : Variété amère à maturité fin septembre début octobre, de bonne productivité. Variété assez rustique, facile à conduire lorsque la vigueur a été bien gérée les premières années. A implanter dans des sols moyennement fertiles. Utilisée pour la fabrication des cidres. Cidre : saveur amère.[1] »
« Espèce nouvelle, très recherchée »Mais la consultation des revues spécialisées de la fin du 19e siècle ne confirme pas cette origine. Ainsi, « Le cidre et le poiré », revue mensuelle des intérêts pomologiques publiée à Argentan (Orne), du 1er novembre 1892 (4e année, n°7), cite deux envois de greffes qui lui sont parvenues pour être distribuées à ses abonnés. Le premier émane de M. de La Hayrie, propriétaire à Quimperlé. Il comprend des greffes de pommes de Kermerrien, « espèce nouvelle très recherchée et excessivement vigoureuse ». Leur expéditeur précise : « Maturité, novembre décembre. Produit très abondant, excellent cidre ». Le second provient d’un M. Pilorgé, agriculteur à Kernours en Quimperlé et comprend aussi des greffes de pommes Kermerrien à côté d’autres variétés comme Douce Rousse, Bacon Blanc, Douce-Evêque, Douce-Moën, Cok Hir, Pomme Lidel, Stang-glass.
La même revue, dans une parution du 1er mai 1896, retient les noms de M. de la Hayrie et de M. Pilorgé comme propagateurs de la variété, et à l’occasion d’une exposition de fruits à l’hôtel de ville de Rouen parle d’une « variété de pomme bretonne, offerte et nommée par M. Pilorgé de Quimperlé, la Kermerrien ».
Autre indication : le Bulletin de l’Association française pomologique de 1904 annonce « la création d’une association finistérienne autonome afin de faire ressortir les excellentes qualités de nos fruits de pressoir, de sortir du chaos où nous étions, de dresser une échelle de la valeur de nos pommes, et de limiter les espèces à celles qui sont reconnues les meilleures comme la doux-évêque-briz, la kermerrien, cette trouvaille d’un de vos compatriotes, le regretté M. Pilorgé…[2] »
« Les troncs barbus de lichen se resserrent et le bruit de la routes’efface, avalé par le silence. Ce n’est pas un vrai silence, penseÉvelyne, mais un murmure secret, celui des branches qui craquent,d’une grive qui s’envole et de la brise qui frôle les fougères. Unmurmure qui n’éteint pas le monde, il n’a rien à voir avec celui deBagneux, ces bruits métalliques et froids, cette rumeur continuequi emplissait sa tête. Ici, il est plein de souffle et de vie.Elle sent la fraîcheur de la forêt gagner sa nuque et frissonnedans sa veste en jean. Devant elle, une rangée de troncs d’un blancéclatant se distingue dans le tableau verdâtre. Intriguée, elle s’avancevers eux, désireuse de connaître le nom de ces arbres si lumineux,presque fantomatiques. »
Extrait d’un texte de Géraldine Lemaître Renault, Auteure & cueilleuse sauvage
Questionnaire Proustien et Du Bellaysien
À quel Perche êtes-vous attachée (ornais, eurélien, sarthois, vendômois) ?
Ornais
Quel paysage le représente le mieux ?
Ses douces collines vert chartreuse au printemps, ses chemins creux, ses chênes
Quel rôle l’arbre joue-t-il dans le Perche ?
Le rôle d'ancrage, de repère et de refuge.
Quel fruit associez-vous au Perche ?
La pomme
Quel est votre arbre préféré du Perche ?
Le Chêne de la Lambonnière…
Quel est votre végétal préféré du Perche ?
La reine-des-prés
Quelle saveur ou quel parfum associez-vous au Perche ?
L’aubépine ou la reine-des-prés
Quand avez-vous véritablement découvert le Perche ?
La maison de famille de mon enfance était proche de L’Aigle… Il y a 25 ans, j’ai commencé à chercher une maison dans la région... Je l'ai achetée 19 ans plus tard !
L comme Levaillant
Sur les pas de Roger Martin du Gard
« Une herborisation au parc du château du Tertre en octobre 2018.
Me dirigeant vers le Perche, avant de découvrir le domaine du château du Tertre je décide de flâner en route d’autant que le temps est lumineux et très ensoleillé en cette journée du 18 octobre.
J’emprunte les petites routes secondaires évitant de suivre l’axe nord-sud par Mortagne-en-Perche. Arrivé à Verneuil je trace mon itinéraire par Longny pour atteindre le nord-est de la forêt de Belléme chère à Roger Martin du Gard.
L’écrivain la contemplait journalièrement de la fenêtre de sa chambre. Il a observé souvent un hêtre dépassant de sa splendeur la cime des autres arbres de la forêt : le Hêtre de Blanche de Castille comme aime le raconter Véronique Coppet.
Traversant la forêt de Bellême, je m’arrête un instant pour contempler les cimes des arbres.
Passé la ligne de crête je bascule vers Bellême en longeant le domaine du Tertre à Sérigny.
Je m’accorde un temps d’observation avant d’opérer une première prise de vue sur le domaine du château du Tertre vu du coteau opposé.
Ma priorité est d’éviter d’avoir en point de mire les poteaux des lignes électriques qui bordent la route menant à Bellême dont on aperçoit sur le tertre voisin la vieille cité médiévale.
Après cette prise de vue réalisée non sans difficulté, je prends le chemin d’accès de la propriété en traversant en ligne droite la partie boisée du domaine qui n’est autre que l’ancienne voie royale de Paris à Bellême bordant le château situé parallèlement à cette voie.
Arrivé devant le château, je rejoins Mme Véronique de Coppet la propriétaire, petite fille de Roger Martin du Gard. Elle habite le château du Tertre où vécut jadis l’auteur des Thibault de 1925 à 1940.Cet endroit a été une source d’inspiration pour une autre œuvre qui lui tenait à cœur qui fut une grande préoccupation et l’écriture d’un vaste roman :
« Mémoires du lieutenant-colonel de Maumort » dont il n’écrira qu’une partie. Le château du Tertre, appelé « Le Saillant » fut le décor inspiré par le domaine du Tertre où il fit mourir son personnage de fiction. (Voir son Journal, 16 juillet 1941).[1] »
Il y accueillit Gide, Malraux et tous ceux qui figurent dans son bureau où sont accrochés tous les auteurs de la grande époque littéraire. A Cet endroit il méditait, il écrivait et recevait ses invités, ce dont témoigne encore l’endroit que Mme Coppet a su sauvegarder et préserver en l’état.
Son domaine et sa maison était « un tout et son œuvre ».
Il a fait de ce théâtre de verdure une œuvre contemporaine en ouvrant le parc par un jeu de perspectives et des vues panoramiques sur Bellême en y déposant deci-delà des statues antiques.
Revenons à l’objet de ma visite après avoir planté le décor de mon herborisation qui s’en suivi : Après un accueil chaleureux, je présente quelques-uns des spécimens de mon herbier contemporain. Mme Coppet me propose de découvrir tout d’abord la demeure de Roger Martin du Gard puis le parc et les jardins.
Puis j’arpente seul le parc du château dans son écrin automnal resplendissant.
Sorti de la demeure, je découvre la perspective de la forêt de Bellême aux couleurs automnales, La mosaïque des terres agricoles dont les herbages alternent avec les champs fraichement labourés aux couleurs d’argile.
Je découvre l’allée plantée de tilleuls qui se prolonge au bout de la terrasse dessinée au 18e siècle.
A mi-parcours et à son extrémité nord une sculpture souligne l’épure du paysage.
En léger contrebas sur une allée parallèle à la terrasse une allée de hêtres survivants de la tempête de 1999 contribue à délimiter la propriété surplombant les ondulations environnantes.
Arrivé au pont de la rivière sèche, je découvre une fabrique franc-maçonnique récemment restaurée. L’effet est saisissant, improbable et symbolique constitutif de son « jardin de l’intelligence. »
- au domaine de Courboyer, Parc Naturel Régional du Perche (Orne, Nocé)
- au domaine de Villarceaux (Région Ile-de-France)
- au domaine du Haras National du Pin dans l’Orne
- au domaine d’Harcourt dans l’Eure (arboretum)
- au domaine de la Roche-Guyon en Ile de France
- au domaine de la ferme du Cotentin à Sainte-Mère-l ’Eglise
- aux Jardins du Luxembourg à Paris
- aux Jardins Suspendus du Havre
- aux jardins de l’abbaye Saint-Georges-de-Boscherville
- au jardin du Conservatoire Botanique National de Bailleul (Hauts de France)
- au jardin de la Fondation Claude Monet à Giverny
- au jardin des Charmettes à Chambéry
- au jardin de la Jaysinïa à Samoëns
- au jardin de l’île de Tatihou
- au jardin de la maison Jacques Prévert à Omonville-la-Petite
- au jardin de la Maison natale de JF Millet à Gréville-Hague
- au Jardin des Plantes de Rouen
- au Jardin des Plantes d’Avranches
- au Jardin des Plantes de Caen
- au Jardin des Plantes de Coutances
- au jardin des explorateurs de Brest
- au jardin du Pavillon Flaubert à Croisset,
- au jardin Le Gall à Paris 13ème
- au jardin H. Le Sidaner à Gerberoy
- au jardin des ifs à Gerberoy
- au jardin du musée Gustave Flaubert et d’Histoire de la médecine à Rouen
- au jardin de la maison des Champs de la famille Corneille à Petit-Couronne
- au jardin du Musée de l’Art Religieux à Sées
- au jardin du Conseil Départemental de l’Orne à Alençon s Départementales de l’Orne à Alençon
- au jardin du manoir de la buissonnière à Yvetot,
- au jardin de la Ville de Grand-Couronne dont celui du presbytère.
- au jardin de l’ESPE de Mont St Aignan,
- au jardin du Brûle - Herchies
- au jardin du Bourg - Anneville en Saire
- au jardin des promenades d’Alençon
- au jardin des Archives d’Alençon
- au jardin d’Art et d’Essai de Normanville
- au jardin de Bellenau (50)
- au parc historique de Chaumont-sur-Loire (41)
- au parc du Thabor à Rennes (35)
- au parc du château de Vascœuil
- au parc de la Ville d’Hazebrouck et des béguinages
- au parc du château d’Etelan
- au parc du Palais d’Argentré à Sées (61)
- au parc de l’Orangerie à Strasbourg (67)
- au parc Barbieux de Roubaix (59)
- au parc de la Pépinière à Nancy
- au parc de Champagne à Reims
- au parc botanique de Clères en Seine Maritime
- au parc Rousseau à Ermenonville
- au parc de l’abbaye de Jumièges, Département de Seine Maritime
- au parc du château d’Ecouen
- au parc du château d'Acquigny dans l'Eure
- au parc du Centre d'Art Contemporain de St Pierre-de-Varengeville en Seine Maritime
- aux parcs de la Ville de Cherbourg
- aux parcs de la Ville de Nonancourt
- au parc Barré de la Ferté Macé
- au parc du château le Tertre à Savigny (Bellême)
- au parc du manoir de Villers à St Pierre-de-Manneville
- au parc du château de Flamanville
- au parc de la propriété rue Niatel, Yvetot
- au parc du 75 rue du calvaire à Yvetot
- au parc du château du Taillis à Duclair
- au parc du château de Troissereux dans l'Oise
- au parc de l’abbaye du Valasse
- au parc et jardins du château de Vandrimare
- au parc et jardin du monastère de Thibermont près de Dieppe
- au parc du Catillon à Barentin
- au parc des ruines du château de Domfront
- au parc naturel urbain du Champ des Bruyères Métropole Rouen Normandie
- au potager du clos masure du Manoir du Fay à Yvetot
- au clos masure de Thérouldeville
- au clos-masure du Mont-Asselin
- au clos-masure du verger, Yvetot
- au site de la Roche d’Oêtre
- au site de la Fosse d'Arthour
- à l’arboretum de la forêt de Canteleu et de Roumare
- à l’arboretum du Bellou (Calvados)
- à l’arboretum de la forêt de Lyons
- à l’arboretum des zones humides à Alençon
- aux remparts de la Ville de St Lô
- au Centre abbé Pierre - Emmaüs à Esteville
- à la base nautique et de loisirs de Mesnil-sous-Jumièges
- aux prairies en bordure de la Sarthe à Alençon
- à Allouville-Bellefosse (Chêne millénaire)
- à proximité des arbres remarquables recensés par Gadeau-de-Kerville en Normandie dans les départements de Seine Maritime, Eure, Orne, Calvados et Manche
- au verger conservatoire de Brémontier Merval
- au verger du clos-masure de Thérouldeville (M et Mme Monville)
- sur les berges de la Seine, de la Loire, de l'Allier, du Beuvron, de la Charentonne, de l'Ain, de la Vire, de l'Orne, du Lot, du Rhône, de l'Eure, de la Garonne...
- dans la campagne du Pays de Caux en bordure des chemins,
- en forêt de Jumièges et de Mesnil-sous-Jumièges, de Brotonne, de Roumare
- sur le littoral de la Manche (dont Gréville-Hague) , de la Mer du Nord et de l'Océan Atlantique
Herborisation virtuelle et photographique
- au jardin botanique d'Angers
- au parc de Maulévrier
- au parc du château de Canisy – Manche
- La Ville d’Arcueil
- au parc de Briantais à St Malo
- au parc du bois des Moutiers
- au parc du château de Beauregard
- au vallon du Stang-Alar de Brest
- aux jardins secrets de Cahors
Rencontre avec Anne Cauquelin 2015
Des aires végétales à l’herbier contemporain, au jardin nomade, au jardin sec et au cabinet de curiosités
J'ai rencontré Anne Cauquelin, à son domicile parisien en 2014. Il s'en suivit une correspondance jusqu'à ces dernières années. Elle vient d'avoir 100 ans.
Extraits du texte d'Anne Cauquelin à propos de l'oeuvre de Pascal Levaillant et de son exposition aux Jardins de l'abbaye Saint Georges à Saint-Martin-de-Boscherville à l'occasion des évènements du Bicentenaire de la naissance de Flaubert en 2021.
« LES BELLES RENCONTRES
[...] Il suffit d’un rien, un mot, une image, une mélodie ou un paysage et le cours d’une vie peut changer « il ne tenait qu’à un fil, dira-t-on, pour que je ne puisse devenir ce que je suis ». Tel est le statut des belles rencontres, fragile, aléatoire tout d’occasion — il faut la saisir ou sauter dessus, dira-t-on aussi. Ces occasions sont plus fréquentes que l’on imagine, la vie quotidienne en est tissée ; mais elles passent inaperçues la plupart du temps, soit qu’elles aient été ignorées des acteurs eux-mêmes, soit qu’elles paraissent si communes qu’elles n’intéressent personne.
Pour notre bonheur, elles ont cependant intéressé Flaubert : l’Odyssée de Bouvard et Pécuchet est-elle autre chose que le récit de leurs piteuses rencontres ?
GESTES ET RITUELS
Des rencontres, Pascal Levaillant en est coutumier. Et d’abord, celle de la rivière Seine, ses bras, ses détours ses inflexions. Suivant ses rives, Levaillant lui fait l’offrande de quelques pierres ; à tel et tel lieu de son cours, il plante (car il s’agit bien de planter) ses modestes cairns. [...] Accomplissant ce geste, l’artiste reprend le chemin rituel, joint le médiéval au contemporain, et transforme les éléments naturels en ce qu’ils sont essentiellement ; l’eau vive du courant, retenue un moment par les pierres plantées, révèle sa nature rocheuse, tandis que la pierre, elle-même vibre d’une vie souterraine, frémissant sous sa carapace. Début d’une mythologie personnelle, qui s’enrichit de gestes en gestes et d’œuvres en œuvres, à mesure de la diversité des rencontres.
LES RITES TERRESTRES
Marchant le long de la rivière, Levaillant rencontre Croisset ; présence littéraire forte de Flaubert et de Bouvard et Pécuchet et plus encore d’Un cœur simple. C’est une Normandie terrestre, celle des arbres et des plaines, des herbes et des jardins ; ondulations de terrains « vallonnés comme la pelouse d’un parc » et, en rupture les falaises des Ecores. [...]
BRUMES ET LUMIERES
On ne sait jamais assez combien Flaubert était impressionniste avant l’heure.
Ni Monet, ni Pissaro, ni Boudin n’étaient de sa génération ; ils étaient inconnus au moment où Madame Bovary paraissait. « Impression au soleil levant » n’avait pas encore donné son nom au mouvement artistique, les Cathédrales n’étaient pas encore peintes que Flaubert écrivait : « …les argenteries reluisaient aux boutiques des orfèvres, et la lumière qui arrivait obliquement ». Pour l’écrivain la cathédrale de Rouen n’existe que par la lumière qu’elle capte ; son architecture se dissout dans un éblouissement d’impressions ; l‘art de Flaubert semble devancer celui du peintre et ses mots attendent, dirait-on de devenir peinture.
C’est dans cette Normandie baignée de lumière, aux brumes vaporeuses, opalescentes, et aux taches de couleur changeantes que Pascal Levaillant recueille la matière et le mode de son nouveau projet.
CHANGEMENT DE REGISTRE
Car il n’est plus question, pour lui, de fixer une pierre en pleine eau vive et courante, ce geste n’est plus de mise ici. C’est une action plus tranquille, quiète, respectueuse, que les prés et les vergers appellent ; la cueillette, le recueil, voisin du recueillement ; pratique lente, patiente, modulée par les saisons. Il y a, dans les coutumes paysannes, un répertoire de célébrations : moissons et vendanges, semailles, qu’accompagnent processions et bénédictions.
Ce sont ces gestes de déposition et d’archivage que choisit Levaillant constituant ainsi un authentique reliquaire. Bien plus qu’une trace de passage, il s’agit d‘une « vénération presque religieuse » comme celle qu’éprouvent Bouvard et Pécuchet « devant l’opulence de la nature », ou leur émerveillement ébloui devant les aiguilles d’Etretat.
Cependant, la vénération pour cette opulence des deux nouveaux propriétaires tourne rapidement à l’excès et les pousse à des actions violentes et hâtives sur la terre — ses productions, végétales et animales n’étant ni jamais assez promptes ni jamais assez abondantes à leurs yeux ; devant leurs échecs successifs, leur incompétence se double d’une sorte de malveillance générale envers le monde, et leurs visées, atteintes de gigantisme, se révèlent aussi malfaisantes que désastreuses.
Il en est tout autrement pour Pascal Levaillant, la vénération le conduit au respect, et l’abondance des récoltes à la patience fertile. Son modèle serait à chercher du côté du vieillard de Tarente, décrit par Virgile dans les Géorgiques, ce paysan qui cultive calmement son lopin agreste jour après jour et dont le rythme temporel est celui du « Festina Lente ».
FESTINA LENTE (Hâte toi lentement)
Telle est la devise princeps du jardinier. Les herbiers contemporains de Pascal Levaillant répondent parfaitement à cette injonction. Car la vie cachée des herbes, sous forme de minuscules graines, est signe de naissances à venir, forme végétale du « festina lente » qu’elles incarnent. Tout vient en son temps, semblent-elles dire, et notre patience les accompagne.
Accrochées à la voûte de la chapelle Saint Georges, logées dans des boîtes transparentes, dites de Petri, elles sont traversées par la lumière, tels des vitraux vivants ; car la vie habite ces graines dont l’éclosion pourra nourrir hommes et bêtes. Le sens spirituel de cet accrochage ne peut échapper : la Providence veille du haut des cieux, à nourrir à la fois les corps et les âmes, tandis que les boites de Petri, translucides, sont l’image de la conservation et de la culture des organismes vivants, ce qui les absout de tout péché de scientisme.
Au dehors, tout le long du chemin qui traverse potager et verger, et comme produits d’une Arte povera, des fumeroles aromatiques pendent à un fil dans leurs bouteilles tronquées. Cet accompagnement odoriférant prend la place de l’encensoir rituel, ajoutant sa touche à la célébration.
DU PEU DE CHOSES,
DE LA VIE
Les célébrations et offrandes de Pascal Levaillant sont des odes à la « nature naturelle ». Une nature telle que la décrivait Mikel Dufrenne, sous le nom de nature naturante, la distinguant ainsi de la nature naturée, celle qui, passée par des traitements de plus en plus industriels, se trouve transformée jusqu’en son capital génétique.
Le jardinier, le paysagiste, le poète ou le peintre sont proches de cette nature naturante ; ils captent la vie, de ce qui croît s’épanouit et meurt, en bref la phusis des anciens, bonne ménagère, économe et donnant à chacun selon le besoin. A tel ou tel moment et en tel ou tel lieu suivant le cas, « Ici et là » disait Flaubert qui faisait la part belle aux hasards.
Cependant cette nature naturante aime à se tenir cachée, tout du moins ne se montre pas avec évidence. Elle se donne à percevoir peu à peu et sans assurance de réussite. L’approcher exige patience, savoir-faire et obstination.
Les artistes contemporains sont nombreux actuellement à tenter une approche biosensible, soit en dénonçant l’exploitation des produits naturels par les industries agroalimentaires, sorte de transgénisme planétaire comme le fait Pat Badani avec son projet « Al grano », soit par une purification ou épuration du processus artistique lui-même, visant alors le peu, le presque rien, ou, à l’extrême, le vide.
Sans le dire, il semble que ce soit cette tendance que suit Pascal Levaillant. La vie sous forme de graines assemblées, des fumerolles s’évaporant dans l’air, des cailloux dans une rivière, choses de peu, sans ostentation. »
Anne Cauquelin, 2021
Anne Cauquelin, née le 14 janvier 1926, est une philosophe et artiste plasticienne, romancière et essayiste française du XXe siècle et du début du XXIe siècle. Professeur émérite de philosophie esthétique à l'université Paris X et à l'université de Picardie, ses ouvrages, qui empruntent une démarche buissonnière, outre leur qualité d'écriture et leur érudition, sont qualifiés par la critique de « fête pour l'esprit ».
Elle est l'autrice notamment des ouvrages suivants : L'art du lieu commun : du bon usage de la doxa, Seuil, 1999 ; L'exposition de soi : du journal intime aux webcams, Eshel, 2003 ; L'Invention du paysage, PUF, « Quadrige », 2004 ; Petit traité du jardin ordinaire, Rivages, 2005 ;
Fréquenter les incorporels, contribution à une théorie de l'art contemporain, PUF, « Lignes d'art », 2006 ; Le Site et le Paysage, PUF, « Quadrige », 2007 ; L’Art contemporain, PUF, « Que sais-je ? » n°2671, 2009 ; Les Théories de l'art, PUF, « Que sais-je ? » n°3353, 2010.
M comme Maison botanique de Boursay, Mansion, Massiot, Millet, Mirbeau, Mérouvel, Musée du château de Senonches, Musset
M commeMaison botanique de Boursay
« La Maison Botanique-Atelier Vivant est une association d'éducation à l'environnement. L’association s’intéresse aux relations multiples qui existent entre les hommes et les plantes (flore sauvage ou cultivée), et à la nature en général. Elle est située au cœur du Perche vendômois et donc enracinée dans un paysage rural : bocage riche de haies champêtres, de haies plessées, d’arbres têtards. Elle organise toute l’année divers types d’animation : expositions, rencontres, sorties, conférences, stages et cours, centre de loisirs. Ces animations s’adressent à tous les publics : groupes ou particuliers, jeunes et adultes. Elle abrite aussi le centre européen des trognes et un centre de ressources. L’association fonctionne avec des salariés permanents et des vacataires, et grâce à une équipe motivée de bénévoles. [1]»
A Boursay[2] : « Là où les trognes sont mises à l’honneur !
Bordé de 43 trognes « mortes » érigées comme des sculptures monumentales et de jeunes arbres conduits en trognes, le chemin rappelle la diversité des différentes essences et formes possibles. Le site classé Espace Naturel Sensible (ENS), accueille des milliers de personnes chaque année pour une découverte ludique, culturelle et botanique d’une grande richesse.
« L’histoire du « Chemin des trognes » est indissociable de l’engagement de Dominique Mansion en faveur du bocage et des haies. Artiste et naturaliste habitant à Boursay, il repère et photographie depuis des années les trognes sur sa commune et au-delà, dans un paysage en voie d’uniformisation rapide.
L’artiste Elsa Genèse a fait don de cinq scupltures à la commune de Boursay, où elle a vécu de nombreuses années. Nommées « les végétales », celles-ci ont trouvé place le long du chemin des trognes.[3] »
« L’arboretum de trognes de Boursay (41)
Forte d’une compétence et d’une reconnaissance à l’échelle européenne sur les trognes, la Maison Botanique, en partenariat avec la commune de Boursay, crée un arboretum de trognes : l’Arboretrogne. Installé en prolongement du Chemin des trognes sur un site classé Espace Naturel Sensible, il constitue une collection de trognes de différentes essences afin de suivre leur évolution, de construire et partager la connaissance, de contribuer à la transition écologique, de favoriser l’inclusion citoyenne et de développer l’attractivité touristique du site et du territoire.[4] »
« Le chemin botanique a été inauguré en septembre 2015 et propose aux visiteurs des panneaux d’information venant compléter la signalétique déjà installée sur le Chemin des Trognes. Il permettra aussi de développer des thématiques liées aux activités humaines ayant joué un rôle dans le modelage du paysage de Boursay.
Ce parcours a pour vocation de faire un tout cohérent des trois réalisations historiques de la Maison Botanique : le Chemin Botanique en 1994, le Chemin des Trognes en 2002, et le Chemin de Découverte en 2015 (vient agrémenter le parcours du chemin botanique).[5] »
« Né le 31 août 1952 à Chauvigny-du-Perche, Dominique Mansion, sculpteur, aquarelliste, ethnobotaniste, est le créateur du Chemin des trognes à Boursay. Diplômé de l’Ecole des Beaux-Arts de Tours, il est un illustrateur nature réputé. Il est l’auteur de nombreux ouvrages de référence dont La flore forestière française, l’Agenda nature. Affirmant son engagement en faveur du bocage et des haies, Dominique Mansion a fondé l’association Perche Nature en 1980. En 1999, il réalise un jardin pour le Festival des jardins de Chaumont-sur-Loire, l’installation mettant en scène des trognes perdure l’année suivante. Cette année 2020 marque le 40e anniversaire de l’association et elle célèbre en même temps l’année des Trognes. [1]»
« Lorsque l’on évoque les trognes, Dominique Mansion est surtout connu pour être un militant engagé autour de la préservation de ces arbres, véritable patrimoine à préserver et à recréer. Cette fois, c’est en tant qu’artiste graphique qu’il se présente dans le cadre de la nouvelle exposition qui se tiendra à la Maison du Parc jusqu'au 23 décembre. Une exposition nommée « Au pays des trognes » comme un grand livre ouvert dans lequel se lit l’attachement de l’artiste pour ces arbres qui ont pris racines dans sa plus tendre enfance. « Lorsque j’étais jeune, j’aimais grimper sur ces trognes avec l’un de mes frères. De par leur morphologie, les trognes offraient une grande sécurité. On y jouait des heures. Et depuis, je suis toujours fasciné par leurs formes évocatrices. On peut y voir des têtes, des animaux, des silhouettes, des visages, pleins de visages. Vraiment multiface ! C’est à la fois l’arbre de la vieillesse et celui de la renaissance. Elles sont très inspirantes !».
L’arbre de toutes les interprétations
Pour Dominique Mansion, ces arbres, aussi appelés têtards, se prêtent à toutes les approches, à toutes les interprétations : photographie, peinture, sculpture, dessin… et aussi scientifique. Une partie de cette exposition est en effet dédiée à la biodiversité autour de ces trognes et de leurs usages. Cette forêt paysanne était l’arbre d’autonomie. On utilisait ses rejets pour le bois énergie comme combustible, comme bois d’œuvre mais aussi pour le fourrage et même pour leurs fruits. De nombreuses espèces y nichent et s’y abritent grâce à la permanence de leur tronc et à leurs cavités. ».
Traits naturalistes, quelques fois plus éthérés, abstraits, jeux de couleurs ou noir et blanc, au fusain ou au crayon bille… on sent toute la passion, toute l’attention que Dominique Mansion a porté avec succès à ses réalisations. Cette exposition qui prend place au dernier étage du manoir de Courboyer, invite à se présenter devant la porte de cet imaginaire mais ce sera aux visiteurs d’en franchir le seuil. [2]»
Stéphane Marchand titrait dans l'Echo Républicain : « en 2022, Les Amis du Perche se sont retrouvés le samedi 15 octobre pour fêter leurs trois quarts de siècle d’existence. L’héritage de Georges Massiot, leur fondateur, a été mis à l’honneur. »
[1] Complainte percheronne de la Trogne, œuvre du poète M.G. Massiot
M comme Millet
Stanislas Millet fut professeur de littérature français (1842–1927) Il publia Les Grandes victimes ; Prométhée libérateur ; Les Berceuses ; Réveil, dans le Livre d’or de Remy Belleau Il contribua à La Revue Normande et Percheronne dirigée par Louis Duval et dans laquelle publia Charles Pitou.
« Les Pommes de Pigeonnet, HISTOIRE RUSTIQUE
Je ne connaissais qu'une rivière au monde : c'était la rivière de Chênegalon, qui coupait en deux la paroisse d’Eperrais. Les hommes la franchissaient d'un bond, et sans peine, pour aller d'un hameau à l'autre. Mais comme j'étais un marmot, je ne pouvais en faire autant, et j'avais grande envie de devenir un homme pour sauter les rivières.
Elle était délicieuse, ma petite rivière. Son eau, toujours aussi claire qu'au sortir de la source, sautillait sur les cailloux, babillait une chanson gaie et discrète, entre deux épaisses murailles faites d'aunes et de peupliers, et tapissées de saules. Les murailles avaient des trous à travers lesquels on voyait briller en perles l'eau que le soleil argentait.
Au bord s'allongeait un grand champ, fait comme un tricorne. Il allait depuis le pont de la grande route jusqu'au petit bois de bouleaux, situé à mi-chemin du moulin de Briauche. Le chemin vicinal d’Eperrais à Mauves finissait de l’encadrer. […]
Connaissez-vous les pommes de pigeonnet?
Ce sont des pommes tout à fait coquettes. Elles n'ont point cette grosse forme ronde, cette couleur rougeaude, cet air rustique et bonasse des autres pommes sauvages, […]
Et le goût donc ! Et quel agréable petit fruit savoureux elle fait quand on la grignote ! […]»
Stanislas MILLET , Les pommes de Pigeonnet, Revue normande et Percheronne, 1893
In : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9529673b/f143.item
M commeMirbeau
Mirbeau (1848-1917) par Pierre Michel : extraits
« Après un demi-siècle d’injuste purgatoire, Octave Mirbeau commence enfin à être remis à sa vraie place : une des toutes premières de notre littérature. Les raisons pour lesquelles ceux qui le découvrent aujourd’hui manifestent tant de ferveur sont celles-là mêmes qui, depuis un siècle, lui ont valu la réprobation des « bien-pensants » de tout poil, que sa disparition ne pouvait que réjouir.[...] Rien ne semblait pourtant prédestiner ce fils d’officier de santé d’un bourg normand, Rémalard, petit-fils de notaires et élevé chez les jésuites de Vannes, à devenir le grand démystificateur, qui s’est attaqué à toutes les institutions oppressives et aliénantes (la famille, l’école, l’armée, l’Église catholique, la pseudo-démocratie, la presse) et s’est employé à discréditer toutes les valeurs mystificatrices de la société de son temps : la Patrie, toujours assoiffée de sang, l’argent mal acquis, les « honneurs » qui déshonorent et qui sont « légion », la pseudo-science charlatanesque, la célébrité médiatique, l’Académie tardigrade… Il aurait pu devenir notaire et se retrouver dans la peau d’un de ces bourgeois répugnants, dépourvus de conscience et de pitié, dont il a peuplé ses contes et ses romans. Mais attiré irrésistiblement par la Ville lumière, le jeune provincial en révolte a choisi la voie de l’émancipation par l’écriture.[...] Doté d’un goût très sûr, voire d’une espèce de prescience, il a promu les grands artistes novateurs : Monet, Rodin, Pissarro, Van Gogh, Cézanne, Camille Claudel, Maillol, Vallotton. Écrivain engagé dans tous les grands combats de son temps, il est aussi l’incarnation de l’intellectuel éthique, c’est-à-dire conscient de ses responsabilités sociales et qui met à profit son talent, sa notoriété, son entregent et son impact médiatique pour servir des valeurs, sans être pour autant ni un expert prétendant apporter des solutions, ni un militant au service d’une cause politique, ni un politicien suspect d’ambitions personnelles.[...][1]»
Pierre Michel, président de la Société Octave Mirbeau, Source : Recueil des Commémorations 2017
« Au milieu de l’allée des ormes, un calvaire s’élève… »Mirbeau, l’Abbé Jules[1]
« Vois donc quelles belles vacances nous passerions tous deux… C’est alors que nous pourrions, le soir, sous les grands arbres de Voré, rêver, soupirer et essayer nos jeunes lyres sur nos souvenirs passés, sur nos rêves chimériques. »Mirbeau, Correspondance[2]
« - Allons jusqu’à la Heurtaudière, cette ferme que vous voyez-là-bas […] Nous traversâmes un large guéret dont les mottes crevaient sous nos pas en poussière rouge ; puis, ayant longé un champ d’avoine, que la brise légère moirait de reflets bleuâtres, nous arrivâmes en un verger où des vaches, à la robe bringelée, dormaient couchées à l’ombre des pommiers. Au bout du verger était la ferme. »Mirbeau[3]
« Le domaine de Vauperdu est un des plus beaux qui soient en Normandie. Outre le château, imposant spécimen de l’architecture du 16e siècle, et les réserves considérables en bois, herbages, terres arables qui l’entourent, il comprend vingt fermes, cinq moulins, deux forêts et des prairies, […]. » Mirbeau[4]
« Sous les pommiers, des femmes courbées ramassent les pommes et en remplissant les paniers d’osier et les sacs de toile bise. […] Dans les brumes délicates, les horizons ont des fuites plus douces, plus lointaines ; […]
Les haies s’éclaircissent et sont redevenues muettes ; le jour troue de mille mailles leur épais manteau de feuillage roussi. […]. La forêt flamboie. Sur leur rose tapis de feuilles tombées, les allées étouffent le bruit des pas, et les clairières, dans les taillis qui se dépouillent, s’élargissent éclaboussées de lumières jaunes comme l’or, rouges comme le sang. […].
Au bord de la rivière. Elle coule, lente, si lente, que les peupliers de la rive se mirent, immobiles et tout jaunes, dans son calme miroir. Pas un frisson, aucun roseau ne chante, aucun ne balance sa hampe flexible.
A l’endroit où je me suis arrêté, sous les aulnes, l’eau est noire et sinistre, coupée brusquement par le reflet d’un ciel gris et fin comme une perle. »Mirbeau[5]
« Nous sommes tous comme ça à la Boulaie-Blanche. Dame ! Ça se comprend ! …à deux lieues, tout autour du hameau, point de terre, rien que la bruyère et des ajoncs d’un côté ; rien que du sable et de la pierre de l’autre… Des petits bouleaux grêles, de place en place, ou bien des pins qui se rabougrissent en ne poussent pas … […]. Il y a au village de la Boulaie-Blanche, trente feux, c’est-à-dire trente femmes et trente hommes… […]. » Mirbeau[6]
« Quand nous eûmes fini de déjeuner, mait’Lormeau, notre hôte, un des plus gros fermiers du Perche, nous invita à visiter son cellier. […] Il se dirigea vers la pipe du milieu, la plus grosse, la plus large de toutes, et dont la face ronde était barbouillée d’une sorte de croix noire, au goudron.
- Savez-vous ben ce qu’il y a dans cette pipe ? nous demanda-t-il.
- Du cidre, répondit quelqu’un.
- Le bonhomme, haussa les épaules.
- Du cidre ! … bien sûr que c’est du cidre !...
- Mais savez-vous ben ce qu’il y a dans le cidre ?...
Cet auteur mis et lumière par Antoinette Guerrini de Mortagne-au-Perche
« Cette petite ville s’appelle Mortagne-sur-Huisne […] plantée sur une éminence d’où on découvre des horizons superbes de prairies, de forêts et de champs vallonnés, la ville est peuplée d'habitants doux et obligeants, et Balzac eût aîmé à décrire ses vieux hôtels entourés de jardins et d'ombrages dont les anciens possesseurs, élite de l'aristocratie du Perche, ont été remplacés par d'autres propriétaires, plus bourgeois, et ses rues tortueuses qu'on dirait bordées de remparts - tant les murs des jardins ont des airs rébarbatifs - […]. »
[1] La passerelle, 1900. - In : Antoinette Guerrini,Pittoresque et Poésie d’une petite ville, Mortagne-au-Perche, Les Amis du Musée Alain et de Mortagne-au-Perche, 1996, p.17
M commeMusée du château de Senonches
Jacky Vigneron et le Conseil Départemental de l'Eure-et-Loir nous ont conseillé cet endroit qui, dans ses collections et dans son programme muséographique, valorise la forêt de Senonches et les hommes et femmes qui en vivaient et la faisaient vivre, par le prisme d'une visite immersive, pédagogique et sensorielle.
La forêt immersive
« Le château et la forêt - Une « Forêt d'histoires »
A l'orée du Perche, le château de Senonches, dont les plus anciens vestiges datent du XIIe siècle, a connu d’illustres propriétaires jusqu’à la Révolution : des seigneurs du Thimerais à « Monsieur », frère du Roi Louis XVI.
La situation géographique de Senonches en a fait un avant-poste de défense face à la Normandie, ennemie du Royaume.
La forêt alentour a toujours représenté une ressource économique de première importance pour les senonchois. Un espace muséographique moderne est installé depuis 2016 dans le corps du logis, entièrement dédié à la connaissance de la forêt et de son histoire. Un lieu parfait pour une découverte en famille.[1] »
« Le musée de la forêt et de l'homme
Sentir, écouter, observer… tous sens aiguisés
Le musée offre un espace de visite interactif et sensoriel qui vous emmène à la découverte de la forêt à travers 3 niveaux :
Les forêts du monde - la forêt de Senonches et ses particularités ; l’histoire de la forêt et ses métiers ; la filière bois de nos jours.
Idéal pour les familles et entre amis, venez découvrir des métiers, des productions et participez à des enquêtes policières. Un site incontournable pour prolonger ou débuter la découverte de la forêt domaniale de Senonches.[2]»
« Descriptif du centre d'interprétation
Récemment restauré, le château de Senonches abrite un espace muséographique moderne mettant à l’honneur son patrimoine naturel : la forêt. La forêt domaniale de Senonches est la plus grande forêt du département d’Eure-et-Loir et l’une des plus vastes de France. Le château de Senonches est situé au cœur de ce « poumon vert ». Au sein d’un parcours interactif et pédagogique adapté à tout public, vous êtes sensibilisés à l’écosystème forestier avant de découvrir toutes les richesses de la forêt senonchoise. Histoire de forêt mais également Forêt d’Histoires… vous découvrez à la fois la vie de ces hommes et de ces femmes qui en vivaient et la faisaient vivre. Comprendre la forêt vous sensibilisera aux enjeux dans lesquels elle s’inscrit aujourd’hui et pour demain.
Descriptif du site et monument historique
Avant-poste défensif du domaine royal capétien, face au duché de Normandie, l'ensemble fortifié est érigé au XIIe siècle par Hugues II de Châteauneuf, seigneur du Thymerais. L'originalité de la construction réside dans son donjon-porte en silex et en pierre de grison, placé à l'entrée de l'ensemble castral pour contrôler les arrivants. [3]»
Les Archives du Calvados témoignent de l'oeuvre de René Musset en ces termes :
« René Musset (1881-1977), géographe adepte d'une géographie régionale, s'est particulièrement intéressé aux questions concernant l'ouest de la France et le monde rural.»
In : https://archives.calvados.fr/ark:/52329/xdrts7m1f6l3
« LE PERCHE NOM DE PAYS - Le nom de Perche est aujourd'hui encore parfaitement vivant bien que la contrée il désigne ait été morcelée entre plusieurs circonscriptions administratives ; il est d’un usage constant, et la notion qu’il évoque est présente esprit de tous ses habitants.
C’est un véritable nom de pays.
Dans ensemble le Perche correspond une unité géologique. Il est surtout constitué par un terrain particulier, le Cénomanien à faciès marneux, que les géologues désignent sous le nom de Craie de Rouen. Ce n'est pas cependant le seul terrain représenté dans le Perche : au-dessus se montre une couche sableuse les Sables du Perche, toujours couronnés par une couche d’Argile à silex résidu de la décalcification de la craie turonienne ou sénonienne. Mais Sables du Perche et Argile silex sont réduits dans le Perche, à quelques lambeaux épars ; au Nord-Est, à l’ Est et au Sud-Est seulement la couverture des Sables du Perche est continue et forme un talus régulier que surmonte la corniche du plateau argile ; celui-ci étend dès lors sans discontinuité en une table régulière, s’ abaissant vers l’Est qui couvre les plaines normandes de l’Eure à la Seine la bordure occidentale de la Beauce, enfin les plateaux que traversent les affluents de droite du Loir supérieur. Au Sud-Ouest, les deux assises cénomaniennes de la Craie de Rouen et des Sables du Perche passent latéralement à une formation du même âge, entièrement sableuse, les Sables du Maine En somme du Haut-Maine à la Normandie, on est conduit par transitions graduelles d’un terrain entièrement sableux à un terrain entièrement crayeux ou marneux. Le Perche représente l’état intermédiaire une épaisse couche marneuse la Craie de Rouen, y est recouverte par une couche sableuse les Sables du Perche (Voir A.Guillier, Géologie du département de la Sarthe, Le Mans, 1886, p. 206 […]»
« LE PERCHE NOM DE PAYS
Le nom de Perche est hui encore parfaitement vivant bien que la contrée il désigne ait été morcelée entre plusieurs circonscriptions administratives ; il est d’un usage constant, et la notion qu’il évoque est présente esprit de tous ses habitants.
C’ est un véritable nom de pays.
Dans ensemble le Perche correspond une unité géologique. Il est surtout constitué par un terrain particulier, le Cénomanien à faciès marneux, que les géologues désignent sous le nom de Craie de Rouen. Ce n'est pas cependant le seul terrain représenté dans le Perche : au-dessus se montre une couche sableuse les Sables du Perche, toujours couronnés par une couche d’Argile à silex résidu de la décalcification de la craie turonienne ou sénonienne. Mais Sables du Perche et Argile silex sont réduits dans le Perche, à quelques lambeaux épars ; au Nord-Est, à l’ Est et au Sud-Est seulement la couverture des Sables du Perche est continue et forme un talus régulier que surmonte la corniche du plateau argile ; celui-ci étend dès lors sans discontinuité en une table régulière, s’ abaissant vers l’Est qui couvre les plaines normandes de l’Eure à la Seine la bordure occidentale de la Beauce, enfin les plateaux que traversent les affluents de droite du Loir supérieur. Au Sud-Ouest, les deux assises cénomaniennes de la Craie de Rouen et des Sables du Perche passent latéralement à une formation du même âge, entièrement sableuse, les Sables du Maine En somme du Haut-Maine à la Normandie, on est conduit par transitions graduelles d’un terrain entièrement sableux à un terrain entièrement crayeux ou marneux. Le Perche représente l’état intermédiaire une épaisse couche marneuse la Craie de Rouen, y est recouverte par une couche sableuse les Sables du Perche (Voir A.Guillier, Géologie du département de la Sarthe, Le Mans, 1886, p. 206 […]»
« Les limites du Perche
Le Perche confine la Beauce au Vendômois la Normandie et au Maine. De ces quatre noms, le premier est un nom de pays véritable ; deux autres sont les noms historiques anciennes provinces formées éléments fort disparates ; le dernier, celui de Vendômois, désigne simplement une manière vague une contrée sans caractères originaux, les environs de Vendôme
Perche et Beauce
Du côté de l’Est, le Perche touche la Beauce, pays comme lui nettement défini, au moins dans son ensemble. Le Perche est caractérisé avant tout par son opposition avec la Beauce, de part et d’autre, on la notion de deux pays opposés par l’aspect, par les cultures par la vie même, ici plus ardue, là plus agréable ; l’idéal, dit un proverbe local n’est-il pas
Plus indécise encore est la limitation du Perche vers le Sud. Le Perche, ici, ne touche plus la Beauce même à la Petite Beauce ; il finit on ne sait au juste où, dans un pays sans nom particulier, sans caractères propres, sans unité réelle, le « Vendômois » . Plus de barrière forestière : la grande forêt de Fréteval, qui marque la fin de la Petite Beauce, n’ est pas du Perche.[...]
Perche et Maine
Du côté de l’Ouest, le Perche confine au Maine. Celui-ci, ancienne province et non région naturelle, est fort disparate Nous distinguerons trois sections : au Sud de la vallée de Huisne - la vallée - au Nord de la vallée de Huisne. Au Sud de la vallée de Huisne, la limite entre Perche et Maine est peu précise. Les paysans disent que les bonnes terres du Perche sont plutôt vers l’Est ; quelques-uns déclarent que leur pays est moitié Perche moitié Maine [...]
Perche et Normandie Plus encore que le Maine, la Normandie à laquelle le Perche confine au Nord-Ouest et au Nord, est un ensemble disparate ; pourtant le nom est employé par les habitants. Entre Bellême et Moulins-la-Marche la limite est nette. D' une manière générale elle correspond la disparition du Crétacé remplacé par le Jurassique. Ainsi le Mesle est normand, ainsi que Sainte-Scolasse et Courtomer, mais Bazoches-sur-Hoëne et Moulins- la-Marche sont percherons. » […]. Au Nord et au Nord-Est, la limite entre le Perche est très précise, de Moulins-la-Marche à Saint-Maurice-Saint-Germain près de la Loupe : le plateau d’Argile à silex est normand ; le pays déprimé et crétacé, percheron.[…].
In : Le Perche, Nom de pays, René Musset,Annales de géographie Année 1919 155 pp. 342-359 - https://www.persee.fr/doc/geo_0003-4010_1919_num_28_155_9257
René Musset est un géographe français né le 30 septembre 1881 à Melun et mort le 2 février 1977 à Caen. Il est le père de l'historien Lucien Musset.
Il entre à l'école normale supérieure en 1902 et obtient l'agrégation d'histoire-géographie en 1905. Il soutient sa thèse le 2 décembre 1917 à la Sorbonne sur la géographie du Bas-Maine, avec comme thèse complémentaire une étude de type historique sur l’élevage du cheval. Il commence sa carrière à l'université de Rennes en 1919 puis rejoint à l'université de Caen en 1933. Il est doyen de la faculté de Lettres de 1937 à 1954.
Il s'est intéressé aux régions de l'ouest de la France.
Principales œuvres
Le Bas Maine. Étude géographique, Paris, Armand Colin, 1917, 496 p.
La Bretagne, Armand Colin, 1937, 216 p.
La Normandie, Paris, Armand Colin, 1960, 220 p.
René Musset, « La vernalisation ou iarovisation », Annales de Géographie, vol. 47, no 265, 1938, p. 87-88
[1] Voir : L. Gallois, Régions naturelles et nom de pays, Paris, 1908, p.61.
N comme Noël Capron ; Nouzillard
N comme Noël Capron
« Noël Capron, orléanais, (XVIème siècle) est le premier ayant laissé une trace dans l’histoire de la botanique en Loir et Cher, c’est en effet lui qui découvrit la fritillaire pintade (Fritillaria meleagris) et lui donna son nom de genre.
Quelques autres suivirent, nous pourrions citer Reneaulme, Gaston d’Orléans (créateur d’un célèbre jardin botanique au château de Blois), Brunyer, Morison, mais l’âge d’or de la botanique en Loir et Cher est le XIXème siècle. Nombre de médecins, pharmaciens, instituteurs ou prêtres, herborisent, s’échangent des échantillons et des observations et surtout compilent leurs découvertes dans des publications et (ou) des herbiers encore consultés aujourd’hui par les botanistes. »
« L.Legué juge de paix à Mondoubleau, réalise un herbier conservé à la SHN et le « Catalogue des plantes vasculaires qui croissent naturellement dans le canton de Mondoubleau » (1891.) »SHN[1]
« Le nouzillard, également appelé nouzillate, nouzillard ou ouzillatte selon les terroirs, est une variété ancienne de châtaigne dont l'origine précise est un peu floue. Certaines sources le disent originaire de la Sarthe, tandis que d'autres évoquent la Creuse.
Ce qui est sûr, c'est qu'elle est cultivée depuis longtemps dans le grand Ouest, notamment dans le Poitou, le Limousin, le Bas-Berry et jusqu'au Perche. Son nom évoque probablement la présence de noyers dans les mêmes zones que les châtaigniers, une association fréquente dans les paysages ruraux anciens.
Le mot “nouzillard” aurait ainsi pour origine le mot sarthois “nousille” qui signifie noisette. »
O comme Orme ; Orange (Pomme d’) ; Ouzouer-le-Doyen
O comme Orange (Pomme d’)
Pomme d’Orange, variété ancienne connue dans le Perche
« Nom de la variété D'Orange, Synonymes Pomme de Ratel, Code MUNQ/PUNQ , Habitats Variété ancienne connue dans le Perche et le Pays d'Auge (Orne) et au nord de la Sarthe, Qualités et défauts, Variété de table appréciée pour sa saveur, son aspect et sa bonne conservation , Utilisations possibles Couteau , Calibre Petit à moyen , Forme Arrondi aplati, ou légèrement conique, Epiderme et couleur, Lisse, jaune-orangé lavé de rose à l'insolation, Pédoncule Court à moyen implanté dans une cuvette évasée, assez profonde, Œil Petit, clos ou mi-clos - cuvette oculaire peu profonde évasée, plissée, Chair Jaune, fine assez ferme, sucrée, peu acidulée, Période de maturité, Décembre à mars, Période de brassage, Conservation Bonne[1] »
« La variété est idéale pour un arbre à tige mais réussit moins bien sur porte-greffe nanisant, surtout en verger intensif. Elle y est adoucie, devient fade, mûrit plus vite et se conserve moins longtemps. La variété est très répandue dans le Sud de l'Ille-et-Vilaine et le Nord de la Loire-Atlantique et est encore commercialisée sur les marchés de Rennes. Son nom vient probablement de la teinte jaune-orangé de l'épiderme à maturité. C'était le fruit offert à Noël dans les familles pauvres alors que les oranges étaient déjà présentes chez les familles aisées. [2]»
« L’Orme est un des arbres emblématiques du Perche.
Ulmus minor Orme champêtre (P)
l'orme est arbre caduque ; sa taille peut atteindre 20-35 m ; il peut vivre de 400 à 500 ans
C'est un très bon bois de chauffage et un Bois de valeur : sciage, , déroulage, tranchage, tournerie, manches
~ Ecorce stimulante, sudorifique, diurétique et résolutive
le Parc Naturel Régional du Perche insiste sur le fait que c'est un arbre à soutenir car en voie de disparition. »[1]
Orme champêtre (4,15 m circ) Lunay-la-Mézière 41
« Blottie entre le Perche et la vallée du Loir, Lunay offre au regard une étendue de vallons boisés et de coteaux au terroir riche et varié. Longeant la commune sur 8 km, le Loir lui donne la douceur chère à Ronsard.[1] »
[1]In : Guide des essences des haies du Perche, Rédaction: Parc naturel régional du Perche- Sophie de Longcamp Mise en page : Tilman Eichhorn, Thierry Delory Crédits illustrations : PNRP (G. M. Lavallette, S. Perera, S. de Longcamp) Imprimerie : Le Bon Caractère, Tourouvre Octobre 2001
O comme Ouzouer-le-Doyen
Ouzouer-le-Doyen en Perche Vendômois : Ouzouer-le-Doyen appartient à la Communauté de communes du Perche et Haut Vendômois.
P commePaysan ; Perche ; Pomme ; Proust
P commePaysan Catherine
« Catherine Paysan (1926-2020), née Annie Roulette le 4 août 1926 à Aulaines (Sarthe), est un écrivain français, auteur de romans et de nouvelles, ainsi que de récits autobiographiques, de poèmes et de chansons.
Ancien professeur de lettres, histoire géographie dans les collèges en région parisienne, elle est lauréate du Prix des Libraires de France, Grand Prix de la Société des Gens de Lettres pour l'ensemble de son oeuvre, Bourse Goncourt 2000 de la nouvelle.[1]»
« Paysan[1] Catherine, autrice originaire d’Aulaines du Perche Sarthois cite Aulaines, Bonnétable, la Bosse, Vancé, Terrehault, La Ferté-Bernard [2], nous parle de son environnement, de la maison familiale, d’agriculture, de forêt, de cidre… »
« A l’orée de la forêt de Clossay, à cinq cent mètres à peu près d’Aulaines, juste avant le premier portique d’arbres et de feuilles qu’elle érige tout à coup et comme d’un seul jet, au pied de la colline de l’Est, de ses 1000 hectares de chênes, de hêtraies, avec l’étang en leur milieu, son énorme baptistère à ciel ouvert, dans lequel, le printemps, comme avant lui, l’hiver, ensuite l’été et puis l’automne […] se trouve un lieu tranquille et reculé, une sablonnière. » - Paysan[3] Catherine
« Nous avions pu, dès 1929, nous porter acquéreurs de la maison […] quatre pièces dont deux à feu. Joli petit jardin derrière, mitoyen de la cour d’école. Avec sa pompe, son cellier, ses cabinets à toit d’ardoise, son porche ouvrant sur la rue et qui permet la livraison du bois de chauffage, l’entrée du fumier, des barriques de cidre. » - Paysan [4] Catherine
« Pour atteindre à la limite du terroir d’Aulaines, ces hauts lieux de l’agriculture et de l’élevage diversifiés, ces grosses fermes basses et rampantes, épousant avec les granges et les écuries qui les flanquent, les accidents de terrain » - Paysan[5] Catherine
« Car Bonnétable a un château, implanté en son cœur de grosse bourgade médiévale, autrefois comprimée dans le carcan d’une enceinte sur la petite éminence (moins un colline qu’une butte) dominant les marécages de son étroit cours d’eau et s’étirant désormais, nord-sud, toutes murailles démantelées, le long d’une grande route de passage, unissant le Maine au Perche. » - Paysan[6] Catherine
« Auguste qui m’enseigna la forêt. Ses trous d’eau […]. Son fulgurant passage, sous le couvert des hêtres » - Paysan[7] Catherine
« Viennent les talus, leur escalade. Leurs hautes buttes (argile et silex) qu’à grande vigueur ligneuse, les racines du coudrier, de l’ormeau, de l’aubépin, du frêne maçonnent. Car cette forêt est en quelque sorte fortifiée » - Paysan[8] Catherine
« Celle d’arbres hauts et fuselées, de peupliers en bordure de route ou bien encore de haies réduites à leur ossature de murets ligneux, à colombage épineux, contrefortés, ici ou là, par le pilier d’un hêtre, d’un ormeau. » - Paysan[9] Catherine
Extrait de 52 poèmes pour une année, Catherine Paysan, Les Editions Ouvrières, Collection ENFANCE HEUREUSE, Paris, 1982
« Mois de Mai
L’opulence blonde du chêne
Au mois de mai, printemps l’an neuf !
Et cette fraîcheur qu’il amène,
Ce vent nouveau de l’œuf
Comme l’anguille, ablette rétive,
Comme tétard sur le qui vive.
Et le bourgeonnement du saule,
Celui du sapin qui l’épaule
Miel des jours, sucres et tanins !
Et le brasier des genêts nains
Au ras de la bruyère grise.
La première mésange éprise
D’un pan de soleil au jardin. » Paysan Catherine, 1982
« Le tilleul
Le vieux tilleul se pâme d’aise
Souple et rond comme l’acacia
Chargé de sucre comme fraise
Et d’oiseaux comme saint François
Dans la cour d’école, le temps
Depuis ma naissance suspend
Du miel à ses branches parlantes
Et les doux oiseaux qui le hantent
Lui font des couronnes de plume
Et les soirs de Juin qu’il parfume
Sont bleus comme regards d’enfant.
Dieu garde ce tilleul vivant
Auprès duquel ma joie demeure
Au moins jusqu’à ce que je meure. » - Paysan Catherine, 1982
« L’automne
Tête en bas
Tête en haut
Ma tremblante, mon éphémère,
Petite feuille légère
Tu danses sans toucher terre
A la branche du sureau.
Voici venir tes derniers temps
Mon innocence passagère
Petite forme légère
Toute offerte
A la cravache des vents.
Petite reine, pauvre enfant
Sous la cravache des vents
Tu danses encor pourtant
Tête en bas
Tête en haut
En retenant tes sanglots » Paysan Catherine, 1982
[1] Catherine Paysan, autrice de « la colline d’en face », de « 52 poèmes pour une année »
Devant le Musée Catherine Paysan à Aulaines - Perche sarthois 2026
P comme Perche
Perche : toponymie administrative & historique, ville, bourg, paroisse, lieudit… au temps de la province du Perche, avant la Révolution française et repéré dans ce que l'on nomme aujourd'hui la Sarthe, l'Orne, l'Eure-et-Loir et le Loir-et-Cher.
Verneuil-au-Perche (1754) 28 Le siège de Verneuil dans le Perche en 1173
P commePomme
Pomme Tardive de la Sarthe
« La variété est idéale pour un arbre à tige mais réussit moins bien sur porte-greffe nanisant, surtout en verger intensif. Elle y est adoucie, devient fade, mûrit plus vite et se conserve moins longtemps. La variété est très répandue dans le Sud de l'Ille-et-Vilaine et le Nord de la Loire-Atlantique et est encore commercialisée sur les marchés de Rennes. Son nom vient probablement de la teinte jaune-orangé de l'épiderme à maturité. C'était le fruit offert à Noël dans les familles pauvres alors que les oranges étaient déjà présentes chez les familles aisées. »
Le Perche de Marcel Proust sent bon les bleuets - bluets, les lilas, les coquelicots, les nymphéas, les boutons d'or, les aubépines, les pommiers, la forêt, la colline et la lande.
« Parfois; comme la voiture gravissait une route montante entre des terres labourées, rendant les champs plus réels, leur ajoutant une marque d'authenticité, comme la précieuse fleurette dont certains maîtres anciens signaient leurs tableaux, quelques bleuets hésitants pareils à ceux de Combray suivaient notre voiture.[...] Certes Bloch, m'avait ouvert une ère nouvelle et avait changé pour moi la valeur de la vie, le jour où il m'avait appris que les rêves que j'avais promenés solitairement du côté de Méséglise quand je souhaitais que passât une paysanne que je prendrais dans mes bras, n'étaient pas une chi- mère qui ne correspondait à rien d'extérieur à moi, mais que toutes les filles qu'on rencontrait, villageoises ou demoiselles étaient toutes prêtes à en exaucer de pareils. [1]»
« Les Bleuets, les aubépines, les pommiers qu’il m’arrive quelquefois de rencontrer encore dans les champs, parce qu’ils sont situés à la même profondeur, au niveau de mon passé, sont immédiatement en communication avec mon cœur. »Proust Marcel, A la recherche du temps perdu
Village à quelques kilomètres de Combray qui est la destination des promenades les plus fréquentes du Narrateur et de sa famille. C’est un endroit moins prestigieux que la « partie des Guermantes ».
Le Narrateur pense qu’entre les deux « parties » il n’y a aucun lien ou connexion et ce n’est qu’à la fin du roman qu’il saura, de Gilberte, qu’il existe plutôt un chemin qui les relie l’une à l’autre.
En réalité, il y a, près d’Illiers, un village appelé Méréglise.
« Comme la promenade du côté de Méséglise était la moins longue des deux que nous faisions autour de Combray et qu'à cause de cela on la réservait pour les temps incertains, le climat du côté de Méséglise était assez pluvieux et nous ne perdions jamais de vue la lisière des bois de Roussainville dans l'épaisseur desquels nous pourrions nous mettre à couvert.
Souvent le soleil se cachait derrière une nuée qui déformait son ovale et dont il jaunissait la bordure. L'éclat, mais non la clarté, était enlevé à la campagne où toute vie semblait suspendue, tandis que le petit village de Roussainville sculptait sur le ciel le relief de ses arêtes blanches avec une précision et un fini accablants. Un peu de vent faisait envoler un corbeau qui retombait dans le lointain, et, contre le ciel blanchissant, le lointain des bois paraissait plus bleu, comme peint dans ces camaïeux qui décorent les trumeaux des anciennes demeures.[2] »
Saint Hilaire
« C’est l’église de Combray et le cœur du village : tout se passe autour d’elle et le Narrateur garde un souvenir profond de son clocher visible de n’importe quel point du pays.
Le curé, lors d’une visite chez sa tante Léonie, loue le point de vue panoramique que l’on peut apprécier depuis le clocher sur toute la vallée.
« À l'habiter, Combray était un peu triste, comme ses rues dont les maisons construites en pierres noirâtres du pays, précédées de degrés extérieurs, coiffées de pignons qui rabattaient l'ombre devant elles, étaient assez obscures pour qu'il fallût dès que le jour commençait à tomber relever les rideaux dans les « salles » ; des rues aux graves noms de saints (desquels plusieurs se rattachaient à l'histoire des premiers seigneurs de Combray) : rue Saint-Hilaire, rue Saint-Jacques où était la maison de ma tante, rue Sainte-Hildegarde, où donnait la grille, et rue du Saint-Esprit sur laquelle s'ouvrait la petite porte latérale de son jardin ; et ces rues de Combray existent dans une partie de ma mémoire si reculée, peinte de couleurs si différentes de celles qui maintenant revêtent pour moi le monde, qu'en vérité elles me paraissent toutes, et l'église qui les dominait sur la Place, plus irréelles encore que les projections de la lanterne magique ; et qu'à certains moments, il me semble que pouvoir encore traverser la rue Saint-Hilaire, pouvoir louer une chambre rue de l'Oiseau - à la vieille hôtellerie de l'Oiseau Flesché, des soupiraux de laquelle montait une odeur de cuisine qui s'élève encore par moments en moi aussi intermittente et aussi chaude - serait une entrée en contact avec l'Au-delà plus merveilleusement surnaturelle que de faire la connaissance de Golo et de causer avec Geneviève de Brabant.[3] »
Vivonne (la)
« Un cours d’eau dont le Narrateur longe les berges lors de ses promenades du côté de Guermantes ; il ne parvient jamais à en découvrir la source, et s’imagine alors que c’est la porte d’entrée vers les Enfers.
Le nom vient d’une rivière près d’Illiers qui s’appelle La Thironne.
Je m'amusais à regarder les carafes que les gamins mettaient dans la Vivonne pour prendre les petits poissons, et qui, remplies par la rivière, où elles sont à leur tour encloses, à la fois « contenant » aux flancs transparents comme une eau durcie, et « contenu » plongé dans un plus grand contenant de cristal liquide et courant, évoquaient l'image de la fraîcheur d'une façon plus délicieuse et plus irritante qu'elles n'eussent fait sur une table servie, en ne la montrant qu'en fuite dans cette allitération perpétuelle entre l'eau sans consistance où les mains ne pouvaient la capter et le verre sans fluidité où le palais ne pourrait en jouir. Je me promettais de venir là plus tard avec des lignes ; j'obtenais qu'on tirât un peu de pain des provisions du goûter ; j'en jetais dans la Vivonne des boulettes qui semblaient suffire pour y provoquer un phénomène de sursaturation, car l'eau se solidifiait aussitôt autour d'elles en grappes ovoïdes de têtards inanitiés qu'elle tenait sans doute jusque-là en dissolution, invisibles, tout près d'être en voie de cristallisation.[4]
Combray
C’est le lieu où se déroule la partie la plus importante de Du Côté de chez Swann. C’est chez tante Léonie à Combray que la famille du Narrateur passe ses vacances.
Le village est à l’origine de ses fantasmes sur le nom « Guermantes » dont il reconstitue une généalogie qui retrace cette famille jusqu’à Gilberto il Malo et Genoveffa du Brabant.
Mais Combray est aussi le lieu où toutes les lignes des relations futures du Narrateur sont tracées : Swann rend souvent visite à sa famille, le Narrateur y voit pour la première fois Oriane di Guermantes, à savoir les deux personnages qui symbolisent les deux « parties » (la partie de Swann et la partie de Guermantes).
De plus, tous les personnages les plus importants de la Recherche ont en quelque sorte des liens avec Combray.
Le modèle de Combray est Illiers, le village près de Chartres, où la famille Proust est allée passer ses vacances d’été chez Elisabeth Proust Amiot, sœur d’Adrien Proust et tante de Marcel et Robert.
« À Combray, tous les jours dès la fin de l'après-midi, longtemps avant le moment où il faudrait me mettre au lit et rester, sans dormir, loin de ma mère et de ma grand-mère, ma chambre à coucher redevenait le point fixe et douloureux de mes préoccupations. On avait bien inventé, pour me distraire les soirs où on me trouvait l'air trop malheureux, de me donner une lanterne magique, dont, en attendant l'heure du dîner, on coiffait ma lampe ; et, à l'instar des premiers architectes et maîtres verriers de l'âge gothique, elle substituait à l'opacité des murs d'impalpables irisations, de surnaturelles apparitions multicolores, où des légendes étaient dépeintes comme dans un vitrail vacillant et momentané. Mais ma tristesse n'en était qu'accrue, parce que rien que le changement d'éclairage détruisait l'habitude que j'avais de ma chambre et grâce à quoi, sauf le supplice du coucher, elle m'était devenue supportable. Maintenant je ne la reconnaissais plus et j'y étais inquiet, comme dans une chambre d'hôtel ou de « chalet », où je fusse arrivé pour la première fois en descendant de chemin de fer.
Au pas saccadé de son cheval, Golo, plein d'un affreux dessein, sortait de la petite forêt triangulaire qui veloutait d'un vert sombre la pente d'une colline, et s'avançait en tressautant vers le château de la pauvre Geneviève de Brabant. Ce château était coupé selon une ligne courbe qui n'était autre que la limite d'un des ovales de verre ménagés dans le châssis qu'on glissait entre les coulisses de la lanterne. Ce n'était qu'un pan de château et il avait devant lui une lande où rêvait Geneviève qui portait une ceinture bleue. Le château et la lande étaient jaunes et je n'avais pas attendu de les voir pour connaître leur couleur car, avant les verres du châssis, la sonorité mordorée du nom de Brabant me l'avait montrée avec évidence.[5]»
« Le côté de Méséglise avec ses lilas, ses aubépines, ses bluets, ses coquelicots, ses pommiers, le côté de Guermantes avec sa rivière à têtards, ses nymphéas et ses boutons d'or, ont constitué à tout jamais pour moi la figure des pays où j'aimerais vivre, où j'exige avant tout qu'on puisse aller à la pêche, se promener en canot, voir des ruines de fortifications gothiques et trouver au milieu des blés, ainsi qu'était Saint-André-des-Champs, une église monumentale, rustique et dorée comme une meule ; et les bluets, les aubépines, les pommiers qu'il m'arrive quand je voyage de rencontrer encore dans les champs, parce qu'ils sont situés à la même profondeur, au niveau de mon passé, sont immédiatement en communication avec mon cœur. Et pourtant, parce qu'il y a quelque chose d'individuel dans les lieux, quand me saisit le désir de revoir le côté de Guermantes, on ne le satisferait pas en me menant au bord d'une rivière où il y aurait d'aussi beaux, de plus beaux nymphéas que dans la Vivonne, pas plus que le soir en rentrant - [1]»
[1]In : À l'ombre des jeunes filles en fleurs. Tome 2 / Marcel Proust, Marcel (1871-1922), Éditions de la "Nouvelle revue française" (Paris) 1920 in : https://gallica.bnf.fr/ark:/Identifiant : ark:/12148/bpt6k1057748z
Q comme Queue de coing
« Queue de Coing » variété de pomme à cidre du Perche
« Dans le Perche et le Maine, voici une très bonne pomme à cidre, conique, très petite, à la peau brillante, et à la chair blanche, un peu jaunâtre, fine, farineuse et sucrées. Elle est à maturité début décembre. Sa localisation est du Perche et du Maine ; le fruit est petit à très petit, conique ou conique arrondi ; l’épiderme est jaune citrin, légèrement lavé orangé, côté insolation, pointillé de rouge, peau brillante ; œil est fermé avec des sépales recroquevillés dans une cavité bossuée peu profonde ; le pédoncule est court à très court, parfois massué dans cavité assez régulière moyennement profonde ; la chair est blanche, un peu jaunâtre, fine, farineuse, sucrée ; la maturité est début décembre. [1]»
In : Association des Croqueurs de pommes des collines du Perche, 2008
Le cidre ne fut pas la seule boisson alimentaire du Perche
Cervoise, poiré, vin, cormé, cidre : l’évolution de la consommation de la boisson alimentaire et potable dans le Perche
Il semblerait que par manque d’eau potable, malgré ses sources et fontaines à disposition et bien que le Perche soit un véritable château d’eau pour le Maine, la Normandie et l’Orléanais, les Percherons ont dû recourir à la cervoise des gaulois qui précéda le vin et le poiré. Au Moyen-Âge les Percherons complétèrent l’offre de boisson alimentaire avec le Cormé et le cidre jusqu’à son déclin dans les années 1960-1970.
Les très jeunes buvaient du lait maternel et du lait de vache et les jeunes enfants buvaient encore au 20e siècle dès 4 - 5 ans « la boisson » à base de cidre.
Dans les hospices et les hôpitaux il a fallu attendre 1955 pour que l’eau minérale arrive sur la table des usagers des hôpitaux.
« Il a fallu attendre le début des années 50 pour que les robinets de Mortagne coulent dans toutes les maisons », raconte Jean-Claude Lenoir, sénateur-maire (UMP) de la ville. Auparavant, seulement quelques maisons étaient équipées et reliées au réseau. « L’alimentation en eau a commencé à arriver dans la ville dans l’entre-deux-guerres ». La source ? « Hilaire-le-Châtel, indique Jean-Claude Lenoir, grâce à un petit château d’eau situé à Mauregard ». Ce n’est qu’en 1930 que des canalisations ont été creusées avec une alimentation directe des maisons. Une véritable révolution.[2] »
Le retour du cidre est dû à une prise de conscience de sa valeur, de sa qualité et d’une prise de conscience des produits de terroir à redévelopper dans une région naturelle exceptionnelle, riche de son potentiel horticole, agricole et arboricole que les vergers et les haies offraient jadis.
« Le poiré est traditionnel en Normandie, dans le Perche et en Angleterre (perry). Mentionné dès le Moyen Âge, il était produit à partir de variétés de poires spécifiques, riches en tanins. Son goût raffiné et acidulé en a fait une boisson de terroir, redécouverte par les amateurs de produits artisanaux.[3] »
« La vigne fut cultivée jusqu'au 15e siècle au moins dans toute la Bretagne, jusqu'au 16e siècle en Normandie et dans le pays de Laval, jusqu'au 17e siècle dans le pays de Château-Gontier, jusqu'au 18e siècle dans le Perche[4].[…] Au Moyen Age, la boisson de la Bretagne, sauf le pays nantais, de la Normandie, sans doute du pays de Mayenne était la cervoise: au Sud, on buvait le vin. A partir d'une certaine époque, le cidre 2 commença à se répandre. Il se substitua d'abord à la cervoise : dès le 13e et le 14e siècle, il est la boisson usuelle du Pays d'Auge, d'où il gagne la Basse- Normandie, le Cotentin, puis, au milieu du 16e siècle, le pays de Rouen et la Haute-Normandie ; à ce moment, il était devenu la boisson de la Bretagne. Cette victoire du cidre sur la cervoise s'explique aisément : la cervoise était fabriquée avec des grains ; or, les famines étaient nombreuses, au point que l'autorité défendit à plusieurs reprises d'employer des grains à la fabrication de la bière. Puis il se répandit dans les pays de vin : dès 1430 dans le pays de Laval, un peu plus tard à Château-Gontier, au 16e siècle, au plus tard, dans le pays manceau et le Perche[5]. Dès le 17e siècle, la limite du cidre et du vin dans l'alimentation populaire était la limite actuelle de la vigne. Mais on continua longtemps à cultiver la vigne, au Nord de cette limite, pour les abbayes et les riches propriétaires : on la trouve encore en 1600 vers Laval, au 18e siècle à Bruz et Bourg-des-Comptes, près de Rennes, à Vaunoise, près de Bellême. »
[1] Pommes et poires du Perche, association des Croqueurs de Pommes, des collines du Perche, Arthéma, 2008, p. 68.
[4] Perche : L. Duval, La vigne dans le département de l'Orne et particulièrement dans le Perche au Moyen Age [jusqu'en 1800] {Bull. Soc. hist, et archéol. Orne, XIX, 1900, p. 458-478). In : René. Musset, La limite de la culture de la vigne en France, Annales de géographie, 1908, pp 268-270 - https://www.persee.fr/doc/geo_0003-4010_1908_num_17_93_18230
[5] Dans les pays les plus pauvres, Bocage normand et arrondissement de Mayenne, le poiré, moins cher que le cidre, est resté jusque vers 1850 la boisson principale. Voir J. A. Cavoleau, ouvr. cité, p. 195, 221, 247; J. Lecœur, Esquisses du Bocage normand, Condé-sur-Noireau, 1883, 2 vol., I, p. 38. In : René. Musset, La limite de la culture de la vigne en France, Annales de géographie, 1908, pp 268-270 - https://www.persee.fr/doc/geo_0003-4010_1908_num_17_93_18230
R comme ROGER Martin du Gard ; Ronsard ;Rossard
R comme ROGER Martin du Gard
L’écrivain Roger Martin du Gard tombe sous le charme du Perche en 1906, quand il découvre le château du Tertre, à Sérigny. Invité là par sa future belle-famille, il est séduit autant par sa fiancée Hélène Foucault que par ce manoir Louis XIII de briques roses, enchâssé dans les grands arbres d’un parc à la française. À perte de vue depuis la terrasse, la forêt déploie ses frondaisons : ce paysage s’impose à l’esprit de Roger Martin du Gard comme le lieu d’inspiration où il veut se fixer pour écrire. In : Chronique du porche n°16 : Roger Martin du Gard, prix Nobel de littérature.[1]
« L’ombre est haute sous ces grands arbres »
« Je voudrais là créer une œuvre d’art complète, je puis le faire, je puis parachever l’enchantement, l’harmonie naturelle de ce lieu. » Roger Martin du Gard, Journal - in : le pays du Perche, p. 48 ; 144
« J'ai conservé un souvenir glorieux du silence oppressant des futaies, de ces couchants cuivrés, dont les derniers rayons semblaient faire saigner les troncs écorchés des pins. Il faudra que je chante un jour cette forêt de Menneville, une des plus belles de notre région percheronne, qui en compte d'admirables. Nos pins, exceptionnellement hauts et rectilignes, ont été pendant fort longtemps réservés aux chantiers de la Marine royale pour mâter ses navires ; et nos hêtraies, jusqu'à ces dernières années, s'enorgueillissaient de posséder quelques-uns des plus anciens sujets connus. L'un d'eux, mon voisin, le "Hêtre de Blanche de Castille", existe toujours. Hier encore, de ma fenêtre, en me rasant, je distinguais à l'œil nu sa tête souveraine, dressée parmi les rousseurs de la forêt. Je n'affirmerai pas, comme le prétend la légende, qu'il a été planté par saint Louis enfant ; mais il lui a bien fallu quatre siècles pour monter si haut, s'éployer et faire un pareil vide autour de lui. J'ai beau fréquenter ce géant depuis plus d'un demi-siècle, sa majesté me déconcerte toujours. Son tronc, massif comme une tour, d'un gris de tourterelle, s'élève d'un jet, sans un rameau, sans un lichen, sans une cicatrice, jusqu'à une altitude de trente-quatre mètres, avant de lancer ses premières branches dans l'espace, et d'épanouir la splendeur d'une frondaison sous laquelle, sans peine, un bataillon sur pied de guerre pourrait bivouaquer à l'ombre… Oui, un jour, à cœur ouvert, je parlerai de notre forêt ! Elle borne nos terres sur deux kilomètres de longueur, et elle a toujours été le prolongement naturel du parc : peu percée, peu fréquentée, aussi déserte, aussi "nôtre" que lui. Nous pourrions errer des heures, à pied ou à cheval, dans ses sous-bois, sans rencontrer un être humain, sans entendre d'autres bruits que le froissement des cimes sous le vent, le cri d'un geai, le vol éclaboussant d'un busard, le roucoulement d'un couple de ramiers, parfois la galopade apeurée d'une harde de biches surprises, ou bien, au ras du sol, le faufilement d'une couleuvre à travers les fougères et le trille mélancolique, persistant, argentin, d'une petite source invisible dans le taillis. »
[1] Livre de Charles-Augustin Sainte-Beuve "Christel" est une nouvelle "à clef" mettant en scène les histoires d'amour de Sainte-Beuve qui commence ainsi : « Durant l’hiver de 1819, vers la fin de février, dans une petite ville du Perche, arrivèrent, pour s’y établir, une mère et sa fille » Christel, Revue des Deux Mondes, période initiale, tome 20, 1839 (p. 519-533).
S commeSaint-Simon
Saint-Simon a écrit ses mémoires dans le château médiéval de la Ferté Vidame. Son œuvre monumentale retrace les fastes de la deuxième partie du règne de Louis XIV et de la régence du jeune Louis XV.
« Entre 1632 et 1635, sur les conseils de son maître Louis XIII, Claude de Saint-Simon, futur père du mémorialiste, acquit le bail et ne cessa ensuite d’agrandir ses terres : c’étaient deux grands pavillons avec grande porte et pont-levis, six tours, force dépendances, basse-cour au nord, grange, écuries, maison, viviers, grands jardins, le tout entouré de murailles et de fossés d’eau vive, avec de grands canaux. Autour, des prés, un verger, un grand parc au nord, une garenne, quatre étangs. Duc et pair en 1635, Claude s’habitua à séjourner souvent à La Ferté, dont il fit reconstruire l’église dédiée à Saint-Nicolas. Il fit également édifier les communs qui existent encore sous le nom de petit château.
Marié en 1672 avec Charlotte de l’Aubespine, il fit donner à son fils Louis, né le 16 juin 1675, le titre de Vidame de Chartres, afin de mieux implanter sa famille dans ces lieux.
L’enfance du futur mémorialiste, partagée entre Paris et La Ferté, fut très suivie par ses parents, son instruction humaniste soignée. »
« Enfant du Perche et amoureux de La Ferté-Vidame, Saint-Simon noue des attaches fortes qui ne faibliront jamais. En 1693 à la mort de son père, le duc Claude de Saint-Simon, il hérite du domaine en plus du titre de Vidame de Chartres. Au cours de ses nombreuses visites, et des séjours réguliers durant la quinzaine de Pâques il fait la connaissance de celui qui devient son père spirituel : l’Abbé de Rancé. »
Les grandes dates
16 janvier 1675, Naissance de Saint-Simon
1691, Il est présenté au Roi Louis XIV qui l'autorise à entrer dans la compagnie des mousquetaires gris.
3 mai 1693, son père, Claude qui avait été fait duc par Louis XIII, décède. Louis hérite du titre de duc et du domaine de La Ferté-Vidame.
1699, Saint-Simon soumet à l'abbé de Rancé -réformateur de la Trappe- les premières pages des Mémoires (qu'il a commencé à écrire à ses dix-neuf ans). Il continue de les écrire tout au long de sa vie
1723, Suite au décès du Régent le 2 décembre 1723, Saint-Simon quitte la Cour pour son château de La Ferté-Vidame et son hôtel parisien. » Maison Saint-Simon, à propos de Saint-Simon[1]
« Borné au Nord par la Normandie, à l’Est par la Beauce, au Sud par l’Orléanais, à l’Ouste par la Maine, le Perche physique comprend un vaste territoire des plus accidentés grâce aux collines qui portent son nom et dont les ramifications le découpent, dans tous les sens, en de nombreuses vallées fraîches et riantes parcourues par des rivières gracieuses aux cours sinueux […] Grâces aux haies vives qui séparent les champs ou les prairies des uns des autres, grâce aux pommiers qui couvrent le sol, le paysage revêt un charme particulier digne d’exciter à s’y arrêter et à y séjourner les touristes, les peintres, les photographes, et tous les amateurs de belle nature. »
Syndicat d’Initiative du Perche- Bureau, Nogent-le-Rotrou.[1]
« Les atlas des routes de France dits atlas de Trudaine constituent une collection unique et homogène de soixante-deux volumes totalisant plus de 3 000 planches manuscrites soigneusement aquarellées. Réalisés entre 1745 et 1780 sur ordre de Charles Daniel Trudaine, administrateur des Ponts et Chaussées, ils comportent les routes faites ou à faire (et leurs abords immédiats) dans les vingt-deux généralités des pays d'élections régies par des intendants. Les pays d'états (Bourgogne, Provence, Languedoc et Bretagne) ainsi que les pays d'imposition (régions frontalières conquises sous Louis XIV) sont exclus de cette couverture cartographique, sauf la généralité de Metz (trois atlas) et le Haut-Cambrésis (trois atlas aussi). Ces atlas forment une documentation précieuse et très recherchée sur les paysages français du XVIIIe siècle. »Trudaine[1]
« La réalisation de l’atlas dit de Trudaine s’inscrit dans le cadre de la réforme routière entreprise par la monarchie française au cours de la Régence du règne de Louis XV. Dès 1716, le corps des ingénieurs civils des Ponts et Chaussées est fondé, afin de répondre aux besoins de l’administration dans ce domaine essentiel au bon fonctionnement de l’économie et du commerce du royaume, c’est donc également un instrument de pouvoir politique pour le roi.
En 1737-1738, Philibert Orry, contrôleur général des finances, également directeur des Ponts et Chaussées de France, lance un vaste état des lieux du réseau routier français. Il diffuse auprès des intendants de province plusieurs textes qui orientent durablement la politique routière de la monarchie française. Parmi les principales dispositions prises par Orry, on note la généralisation de la corvée, avec des travaux d’entretien des routes réalisés par les contribuables assujettis à la taille. Cet impôt en nature permet de dépasser les perpétuelles difficultés financières de la monarchie. Afin de répartir équitablement les travaux entre les corvéables, le ministre ordonne également la réalisation d’un inventaire cartographique pour chaque route royale, c’est-à-dire les artères majeures du royaume.
Cette décision novatrice amène de vastes opérations réalisées par le personnel des Ponts et Chaussées qui est dépourvu d’une véritable formation. En 1743, l’intendant des finances Daniel-Charles Trudaine obtient l’administration du service des Ponts et Chaussées. Il commence par fonder un bureau des dessinateurs à Paris, afin d’alléger le travail des ingénieurs qui se concentrent sur le levé de terrain. En 1747, Trudaine place Jean-Rodolphe Perronet à la tête de ce bureau, avec une mission élargie comprenant un vaste volet pédagogique. Technicien d’expérience, Perronet conçoit un programme d’études qui devient la référence, en particulier pour les procédures de l’inventaire cartographique qui se poursuivent jusqu’à la fin de la décennie 1770. » Stephane Blond[2]
La voie royale de la Généralité d’Alençon passant par Bellême (Bellesme)[3]
« La route royale Paris-Le Mans dans le Perche.
Au cours du 18e siècle, le roi Louis XV et ses conseillers souhaitent moderniser le réseau routier du royaume pour améliorer la circulation des hommes et des marchandises. Depuis la perte de nombreuses colonies, fondées au XVIIe siècle (Canada, Iles des Caraïbes, comptoirs des Indes), à l’issue de la guerre de Sept Ans (1756-1763), l’heure n’est plus au grand commerce extérieur et la monarchie souhaite dynamiser le commerce intérieur. Ce nouveau réseau routier est organisé à partir de Paris – le centre du royaume- et repose sur la capitale aux principales villes françaises.
Parmi ces routes dites « royales », l’une des mieux conservées à ce jour est le tronçon de la route Paris – Le Mans traversant le Perche entre la Madeleine-Bouvet et Igé sur une cinquantaine de kilomètres. La modernisation du réseau « hippomobile » implique l’implantation de relais de poste, qui permettent de remplacer régulièrement les attelages, et des auberges et hôtelleries pour les repos de voyageurs.
La butte de la Magdelaine (extraits)
En quittant le plat pays de Beauce, la route royale rencontre dans le Perche un premier obstacle naturel : « la butte de la Magdelaine », en amont du bourg de la Madeleine-Bouvet. La pente particulièrement accentuée (« 9 pouces par toise » soit 12,4%° rend difficile le franchissement de cette colline par les carrosses.
En 1771, Pierre-Sébastien d’Estivent, un jeune homme de la bonne société nantaise, note dans son carnet de voyage :
« …jusqu’à ce que vous trouviez les plaines de la Beauce vous ne faites que monter et descendre. La montagne la plus considérable s’appelle la Magdelaine à cause d’une petite chapelle dédiée à cette sainte ».
Auberge et pont de la bonne chère (extraits)
A la sortie de la Madeleine, avant de franchir le Corbionne, les voyageurs pouvaient s’arrêter à l’auberge de la « Bonne Chère ». […] au 18e siècle, l’auberge se trouvait dans le grand bâtiment au fond à gauche de la cour. Les voyageurs de la route royale pouvaient s’y reposer et prendre des forces avant d’entamer la suite du périple. […] Après le pont Chartrain, la route royale s’engage sur le tronçon la plus redouté : la route du Liberot. Ce chemin de 5 kilomètres est une succession de fortes pentes et de dos d’âne, un calvaire pour les attelages, si bien qu’il fallait parfois mettre pied à terre pour aider les bêtes à grimper. […] Malgré un projet d’adoucissement des côtes par les ingénieurs des Ponts et Chaussées, la route de Libérot est délaissée à la fin du 19e siècle au profit d’une autre route passant par le bourg de Moutiers-au-Perche. Ce tronçon de l’ancienne route royale n’est goudronné qu’en 1970. […] Au milieu de la route de Libérot, au hameau du même nom, on peut apercevoir l’un des plus anciens panneaux indicateurs du département de l’Orne (panneau en fonte, indiquant pente rapide) […]. »
Le Maître de poste de Rémalard (extraits)
A l’entrée du pont de Rémalard se trouve l’Hôtel de la Poste. […] La « Poste » désigne deux institutions distinctes mais étroitement liées. La Poste « aux lettres » concernait la circulation du courrier, et la Poste « aux chevaux » devait assurer les relais des montures et d’attelages pour les voyageurs. […]
Bellou-sur-Huisne (extraits)
A Bellou-sur-Huisne, la route royale s’écarte de l’actuelle D920 (dont le tracé moins dénivelé date des années 1870) en prenant la route de Saint-Paterne, devant l’église. Les deux itinéraires se rejoignent au lieu-dit le Haut-Chêne. […]
Toutes les routes n’avaient pas la même largeur ni n’étaient faites des mêmes matériaux selon leur importance. […] Ces routes étaient délimitées par des fossés et souvent bordées d’arbres.
Elles étaient légèrement bombées pour que l’eau s’écoule facilement dans les fossés […] les ingénieurs essayaient de construire des routes les plus droites possibles, dans l’idéal, en traçant une ligne droite entre deux clochers. […].
Colonard : l’Atlas Trudaine et les bornes (extraits)
Le tracé exact et l’environnement de la route royale Paris-Le Mans au milieu du 18e siècle nous sont connus grâce à un recueil de cartes achevées en 1747. Cet Atlas porte le nom de l’ingénieur en chef du service des Ponts et Chaussées, Daniel-Charles Trudaine (1703-1769).[…] Sur ces plans d’environ 80x60 cm sont indiqués les paroisses traversées, et la nature des abords de la route royale sur un peu plus d’un kilomètre (fossés, haies, cultures, constructions, bois, cours d’eau , etc.).[…] Sur l’extrait de l’Atlas qui cartographie Colonard-Corubert, on remarque que le bourg actuel n’existe pas : il est créé par la suite, lors des travaux de la nouvelle route dessinée sur la carte.[…] Le bourg se déplace alors plus au centre de la nouvelle commune, au lieu-dit « le Buisson », bordant la route royale.[…] Toutes les routes royales sont jalonnées de bornes en pierre indiquant la distance à partir du parvis de Notre-Dame de Paris (23 bornes en grès, numérotées de 64 à 87), traversant le Perche.[…].
Bellême (extraits)
Après Colonard, la route royale traversait la ville de Bellême, agglomération importante dans le Perche puisqu’elle abritait plusieurs institutions judiciaires et administratives.
Igé – fin du parcours du Perche septentrional (extraits)
C’est à Igé que la route royale quitte la généralité d’Alençon et entre dans celle de Tours pour rejoindre Le Mans. Cette frontière était matérialisée par un obélisque surmonté par une fleur de lys dorée à la feuille ; la « pyramide d’Igé », installée probablement en 1735. Endommagée lors de la Révolution française, elle est aujourd’hui restaurée. »
« Unverre est une commune qui fait partie de la Communauté de Communes du Perche.
C’est la commune la plus étendue du Perche d’Eure et Loir, elle alterne bocage et paysages ouverts. La rivière Sainte-Suzanne traverse le territoire : sur la rive gauche se trouve le vieux bourg tandis que les commerces s’étendent sur la rive droite.[2] »
« Viorne Obier : Buisson champêtre des sous-bois, de 2 à 4 mètres de haut, appréciant l’ombre l’humidité. Sa belle floraison en ombelles blanches de mai juillet attire de nombreux pollinisateurs. Ses baies rouges un peu malodorantes et légèrement toxiques peuvent être cuites en gelée. Les oiseaux en raffolent. [1]» Ferme-Arbre-Perche
Le roman de Rou et des ducs de Normandie, par Robert Wace, poète normand du XIIe siècle ; Né à Jersey vers 1100 — Mort après 1174 ; publié pour la première fois, d'après les manuscrits de France et d’Angleterre ; avec des notes pour servir à l'intelligence du texte, par Frédéric Pluquet, Rouen, Frère, 1827, 2 t., [vi] + xxii + 415, [v] + 543 p. [GB : t. 1, t. 2] [IA : t. 1, t. 2], Dictionnaires : DEAF RouP ; TL Rou
In : https://www.arlima.net/uz/wace/le_roman_de_rou.html
« Li Quens[1] de Normendie fu mult proz è cortoiz,
Bien maintint sez vilains, bien out chier sez borgoiz ;
[9] Talou ou Tellau ( Talogium). M. Le Prevost pense que c'est l'ancien nom du comté d'Arques; cependant Wace distingue ici ces deux pays. Le manuscrit de Duchesne porte : E cels de Caloeis.
[17] Petite ville du Perche ; elle fait aujourd'hui partie du département de l'Orne.
[18] Le Roman de Rou et des ducs de Normandie, tome 1, par Robert Wace , poète normand du XIIe siècle ; publié pour la première fois, d'après les manuscrits de France et d'Angleterre ; avec des notes pour servir à l'intelligence du texte, par Frédéric Pluquet, membre de la société des antiquaires de France, et de plusieurs autres sociétés savantes. Tome premier [-second]., Rouen, 1827, p. 383. – in : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65499509/f285.image.r=Perche#
« Xylophage : De très nombreux organismes xylophages existent. La plupart sont bactériens, microbiens et fongiques, très mal inventoriés et probablement inconnus pour la plupart des souches bactériennes.
Dans la microfaune, il s'agit généralement d'invertébrés, et d'arthropodes et surtout des insectes appartenant à des genres et espèces variées et plus ou moins spécialisés (certains ne consomment que le bois d'une seule essence, et par exemple uniquement le tronc, ou que les branches ou que les racines), d'autres ne consomment que le bois brûlé ou le bois détrempé, etc.). En revanche des insectes comme les abeilles charpentières, par exemple, ne sont pas des xylophages : ils forent le bois sans s'en nourrir, uniquement dans le but de faire leurs couvains.[1] »
Traitement de charpente bois à Préaux-du-Perche (61)[2]
« Yèvres est une commune située à l’est de Brou en Eure-et-Loir au confins du Perche.
Yèvres est un charmant village situé dans le sud-ouest du département d’Eure-et-Loir, au cœur du Perche-Gouet. Yèvres est riche de sa campagne avec ses paysages et sa rivière.
La commune comporte de nombreux hameaux dont la toponymie évoque le végétal comme le lieu-dit « le chêne aux Dames » ; « Les Haies des Iles » ; « la Buissonnière » ; « LE Trochet : Lieu défriché où des souches ou troncs ont été laissés au sol.[1] »« Le Grand Epinay » ; « Le Petit-Epinay » ; « le Bois Mouchet : Bien des versions peuvent être attribuées au mot MOUCHET : soit l’EMOUCHET, nom local du faucon crécelle, soit des MOUCHES, appellation alors commune pour désigner des abeilles, soit encore MOUSSET, MOUSSEAUX, ou MONCEAUX qui sont de petites élévations. Le lieu portait le nom LE BOIS MOUCHET en 1671, et pouvait être le patronyme du possesseur de l’endroit. » ;
« Le mot celtique «EV», qui signifie «EAU», est à l’origine du nom de la commune d’YÈVRES.
Le mot «EV» s’est transformé au cours de siècles et des habitudes en:
«EVERA» ; «HYEVRES» ; «IÈVRE» ; «YEUVRE» «YÈVRE» ; «YÈVRE» et enfin en «YÈVRES»
Voyages en France de 1787 à 1789, Arthur YOUNG
Résumé : Comment vit-on en France à la veille de la Révolution ?
« Arthur Young, avec son célèbre Journal de voyages, offre au lecteur une peinture saisissante de l’état économique, social et politique du pays à la fin de l’Ancien Régime.
Au cours de sa traversée à cheval du royaume, entre 1787 et 1789, le voyageur anglais fréquente tous les milieux, des auberges à la cour de Versailles en passant par les théâtres. Sa description riche et complète du mode de vie des habitants, évoqué notamment grâce à l’agronomie, la gastronomie ou encore l’état du réseau routier, accompagne parfaitement son propos. Observateur avisé, doté d’une plume aisée, il analyse surtout de façon remarquable les mœurs qui régissent la société et l’état d’esprit des Français avant les événements de 1789.
L'auteur de Voyages en France, Arthur Young (1741-1820) était un agriculteur et agronome britannique. Insistant sur la nécessité de l’expérimentation, il parcourut l’Europe afin d’y observer les diverses techniques agricoles.[1] »
« 1er octobre. - Vers Alençon, le pays contraste avec celuique j'ai traversé hier de bonnes terres, bien encloses, bienaménagées, passablement cultivées, amendées avec de lamarne. Une belle route, faite avec une pierre de couleursombre, apparemment ferrugineuse, qui se tasse bien. Près deBeaumont, des vignobles en vue sur les collines ce sont lesderniers que l'on trouve en voyageant vers le nord toute lacampagne est bien arrosée par des rivières et des ruisseaux,mais il n'y a pas d'irrigation [1]. 30 milles.
2 octobre. - Quatre milles jusqu'à Nouans [2], de richesherbages, avec des bœufs. 28 milles. »
[1] 1788 - La route traverse, en effet, nous écrit le D· Delaunay, une région plus fertile t Après Beaumont, elle traverse le seuil catovien, humide et boisé, de la région de l'oolithe saosnoise ou mamertine, celle-ci moins sèche, moins irriguée, mais encore bonne terre à blé. Sur la région d'Alençon, voy. La bonne publication de F.Mourlot, Recueil de documents d'ordre économique contenus dans les registres de délibérations du district d'Alençon, 4 vol. in-8°, Alençon, 1907 et suiv. (Coll. des Doc. Économiques de la Révolution). In : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1192719/f269.item.r=Mans.zoom
« Zola choisit, vers 1886, de situer son roman « La Terre », drame terrien dans la série des Rougon-Macquart à Romilly-sur-Aigre. De Romilly, il fit naître Rogne. « Je tiens le coin de terre dont j’ai besoin », écrira-t-il à son ami Henry Céard de l’auberge du Bon Laboureur, à Châteaudun. Comme à son habitude, il étudia minutieusement les environs. « J’y aurai tout ce que je désire, de la grande culture et de la petite (…) une population gaie, sans patois. Enfin, le rêve que j’avais fait ». Le plan du village est encore en gros celui qu’il y dessina, seules les vignes ont disparu. La curieuse église fortifiée et la ferme de La Touche avec ses quatre tours sont toujours là. « La terre, la vraie, domine et emplit le volume, toujours présente. [1]» »
« Maintenant il avait devant lui, tout proche, coupant la plaine, ainsi qu'un fossé, l'étroit vallon de l'Aigre, après lequel recommençait la Beauce immense." Emile Zola, La Terre Sa grand-mère étant née en Eure-et-Loir, c'est dans ce département qu'Émile Zola décida de séjourner pour écrire un de ses romans les plus connus, La terre.[1] »
« La représentation des lieux et l’analyse de leur fonction sont également révélatrices de l’esthétique zolienne. Rognes n’existe pas davantage que Montsou, mais c’est un type de village français, dans une région sans idiome particulier et sans caractère, « entre le Perche et la Beauce, et à la lisière même de celle-ci » »
« Et, du côté de l'Est, au-delà de la vallée du Loir où se cachait à deux lieues Cloyes, le chef-lieu du canton, se profilaient les lointains coteaux du Perche, violâtres sous le jour ardoisé. On se trouvait là dans l'ancien Dunois, devenu aujourd'hui l'arrondissement de Châteaudun, entre le Perche et la Beauce, et à la lisière même de celle-ci, à cet endroit où les terres moins fertiles lui font donner le nom de Beauce pouilleuse. Lorsque Jean fut au bout du champ, il s'arrêta encore, jeta un coup d'œil en bas, le long du ruisseau de l'Aigre, vif et clair à travers les herbages, et que suivait la route de Cloyes, sillonnée ce samedi-là par les carrioles des paysans allant au marché. […]. »
Histoire documentée des fruits de pressoir dans le Perche
de la pomme à la pomme à cidre
de la corme au cormé
Collectif Coblin Levaillant
autoédition 2026
Avertissement : reproduction interdite sans l’accord des auteurs cités
Au Moyen-Âge : « L’eau est la principale boisson mais elle souvent difficile à obtenir et à conserver. De nombreux puits et citernes sont souvent souillés. L’alcool de distillation, l’Eau-de-Vie, est réservé aux usages médicinaux. Par contre, les boissons alcoolisées obtenues par fermentation sont très répandues comme le cidre, l’hydromel, la cervoise, le vin. » [Cambornac, 1996]
Ancien pressoir à l’Ecomusée du Perche & alignement pommiers en 1988 à la Perrière
l'Ecomusée du Perche ; Dominique Mansion ; Agnes Boucher ; Anne Cussinet ; Thierry Vigneron ; Thomas Ramadou ; Jean-Marc Baché ; Les producteurs de cidre du Perche AOC ; Association des Croqueurs de pommes des Collines du Perche ; Association S.E.P.E.N.E.S. et Evelyne Moinet ; INAO ; Amandine Cornille ; Philippe Marchenay ; Jérôme Chaïb ; Marie-Pierre Ruas ; Syvoécorégion SER33 ; L'équipe de l'Observatoire des forêts françaises ; Biodivorne.affo-nature.org ; Manoir Du Val ; Michel Chauvet ; Michel Cambornac ; Association Cormier Sorbus domestica ; Eric Bordelet ; Louis Duval ; Roger Dion ; Auguste Chevalier ; Françoise Aubaile-Sallenave ; amisduperche.fr/ ; Parc-naturel-perche.fr/ ; Delphine Chapon ; Camille Henry, Florent Maillard et Denis Guillemin ; dicotopo.cths.fr/ ; Pascal Bouclet ; Association des Croqueurs de pommes des Collines du Perche ; Claude Dubois-GeoffroyL.A Beaucousin ; IGN Géoportail ; IGN REMONTER LE TEMPS ; Michel Traversat ; Trudaine/culture.gouv.fr/ ; Truelle ; Hauchecorne et De Boutteville ; Boré et Fleckinger ; Jacques Jubert ; Archives départementales de l'Orne ; Archives Départementales et services du Conseil Départemental de l'Eure-et-Loir ; Archives départementales de la Sarthe ; Archives départementales du Loir-et-Cher, de l'Orne ; cidreduperche.com/nos-producteurs/ ; Actu.fr ; Gallica/ BNF ; Aubert Editions la Mésange Bleue ; Emmanuel Berck ; Florian Vincent ; Les éditions Gallimard ; Claude Troxler artiste du Perche...
Saint Martin de Tours .com ; Lucien Auvray ; Cloyes les Trois Rivières.fr ; Thiron-Gardais ; Vallée du Loir.com ; Troo.fr ; Denis Jeanson . fr : Prieuré Saint Martin Lavadin.jimdosite.com : Couetron au Perche.fr ; catholique-blois.net/ ; sauvegardeartfrancais.fr/ ; pop.culture.gouv.fr/ ; chateau-fort-manoir-chateau.eu/ ; H. Champion ; Viepaysanneautrefois.fr/ ; maison-cidricole-normandie.fr/ ; couetron-au-perche/ ; chateau-fort-manoir-chateau.eu/ ; memoirevive.besancon.fr/ ; Frère Dany,... Brossard, Davy. ; Hortalia / ; bibliothèque numérique ; christies.com/en/lot/lot-6052391 ; librairieclavreuil.com/ ; Pierre Belon ; Estouteville.fr/ ; journals.openedition.org/ ; Thomas Corneille ; cartes-livres-anciens.com/ ; radiofrance.fr/franceculture/ ; persee.fr/doc/noroi ; actu.fr/normandie/mortagne-au-perche ; L’INA. « Anti alcoolisme en France » ; enenvor.fr/eeo_actu/argoat/ ; agriculteur-normand.com/ ; calameo.com/ ; actu.fr/normandie/mortagne-au-perchemortagneentransition.wordpress.com ; rando-perche.fr/ ; bretoncelles-patrimoine-nature.fr/calameo.com/ ; croqueurs-national.fr/ ; cnrtl.fr/definition/toponymie
Sommaire de l'ouvrage numérique
- Introduction
1 - Origine de la pomme et de la pomme à cidre
2 - Le rôle du pommier sauvage - malus silvestris
3 - Origine de la corme
4 - Culture des pommiers et fabrication du cidre dans le Perche depuis le 11e siècle : le rôle des abbayes et des prieurés
5 - Le cidre s’introduit dans le Perche au 16e siècle : les quatre raisons principales et le rôle de la noblesse et du clergé, des fermiers et des paysans dans les collines du Perche et le rôle des Du Bellay, percherons de Langey et de Glatigny
6 - L’Avènement de la science arboricole transmise en partie par des acteurs locaux du Maine mais en relation étroite avec les gens du Perche
7 – La déclinaison du Théâtre d’Agriculture qui structure la science du semis, de la greffe et la taille des fruitiers au 17e siècle.
8 – Le contexte du début d'une organisation agricole et arboricole au 18e siècle
9 - L'avènement des Sociétés d'Horticulture et de Pomologie au 19e siècle qui joueront un rôle crucial dans la première sauvegarde des variétés anciennes.
10 - l’âge d’or du cidre à partir de 1830 à 1960 avec en toile de fond le commencement du déclin et le démantèlement au mitan du 20e siècle et ses raisons.
11 - La renaissance du cidre du Perche à la fin du 20e siècle.
12- L'appellation AOC cidre du Perche au 21e siècle.
13- Les variétés anciennes du Perche : Perche ornais, sarthois, eurélien, vendômois.
14 - La toponymie des noms de lieux : pommier, poirier, cormier, pressoir, verger.
15- La bibliographie des principales sources pomologiques et horticoles.
16 - Cartographie pomologique du Perche.
- Conclusion
Histoire des fruits de pressoir dans le Perche : de la pomme à la pomme à cidre, de la corme au cormé.
Le Perche est une terre d’implantation forestière, agricole, cidricole, une terre d’attractivité convoitée de toute part par jadis les évéchés, les abbayes et les seigneuries qui ont marqué de leur empreinte bâtie, manoirs et exploitations agricoles.
Plus qu’une autre ancienne province de l’Ancien Régime, les Percherons se sont trouvés à maintes reprises sous l’autorité de diverses administrations civiles : (le Grand Perche, le Perche Gouet, en Terres démembrées… ; les Généralités ; la province du Perche) ; territoires religieux (les diocèses de Sées, du Mans, de Chartres…) ce qui induira des appartenances diverses à des principes d’organisation, de recouvrement de taxes dont la dîme sur le vin et les cidres…
Introduction
Jadis le Perche s’est distingué par quatre fruits qui ont constitué les fruits de pressoir comme la pomme, le raisin, le cormier[1] et la poire. Le déclin de la cervoise et du la vigne a rendu nécessaires la transition vers ces « vins de pomme, corme et poire ».
Pour cerner notre propos je vous propose de se concentrer surtout sur la pomme qui s’exprime mieux dans le Perche septentrional et la corme dans le Perche méridional (correspondant schématiquement au Perche sarthois et au Perche vendômois)
Cette étude va s’intéresser à deux de ces fruits : la pomme et la corme qui font partie à part entière du patrimoine végétal du Perche. La Pomme sylvestris est endémique et indigène à l’Europe. La Corme vient des régions du Caucase, elle a été diffusée sous l’Empire romain dans la Gaule.
Le Perche depuis le néolithique n’échappe pas à la problématique de l’accès à l’eau potable qu’ont dû rencontrer les peuples dont les celtes. Des sources ont été découvertes en des temps très anciens.
Michel Cambornac rappelle un fait élémentaire qu’il est de bon aloi de signaler en avant-propos : « L’eau est la principale boisson mais elle souvent difficile à obtenir et à conserver. De nombreux puits et citernes sont souvent souillés. L’alcool de distillation, l’Eau-de-Vie, est réservé aux usages médicinaux. Par contre, les boissons alcoolisées obtenues par fermentation sont très répandues comme le cidre, l’hydromel, la cervoise, le vin. » [Cambornac, 1996]
Philippe Lardin[2] rappelle que « Pourtant, malgré ses médiocres qualités, il [le vin] était considéré comme supérieur à la cervoise, la bière ou le poiré qui étaient les boissons les plus fréquemment consommées dans les milieux les moins favorisés »
Cette étude a donc pour ambition de dépasser le cadre de l’activité cidricole comme une simple activité agricole, la faisant entrer dans l’histoire du Perche au même titre que les autres boissons : la cervoise, le cidre et le poiré et l’eau potable quand elle est à disposition à proximité de sources et de signaler sa vocation religieuse que rappelle Louis Duval[3] prenant l’exemple du vin de Vaunoise de l’Orne :
« Le vin de Vaunoise était, en effet, de préférence, réservé pour le Saint sacrifice (vin de messe) […] Le vin de Vaunoise est d'une qualité qui n'excède jamais le prix du cidre. Cette sorte de vin se recueille dans le pays et sert à-la boisson des pauvres gens, à la place du cidre, qui y est assez rare » [Duval, 1900].
Même si la pomme et le cidre est une tradition bretonne et Normande le cidre a pris naissance hors de nos frontières françaises et principalement le cidre basque nous a précédé.
Il ne s’est développé plus tardivement au même moment qu’il est devenu la principale boisson alimentaire qui a remplacé en deux temps le vin puis la cervoise dès le début de l’apparition de « petit âge de glace[4] » qui peu à peu ont fait péricliter la vigne au nord de la Loire et s’est répercuté sur des mauvaises récoltes céréalières dont l’orge qui servait à la fabrication de la cervoise.
"Un refroidissement brutal et durable et ses aléas environnementaux de 1350 à 1850
La question climatique constitue un des raisons majeures au coeur de l'explication du déclin viticole normand, révélant les interactions complexes entre activités humaines et évolutions environnementales.
L'abbé Cochet fut un des premiers à émettre l'hypothèse d'un refroidissement climatique progressif. Il observe qu'aujourd'hui, malgré des conditions optimales (exposition sud, treilles bien entretenues, plants sélectionnés), le raisin « coule et avorte le plus souvent » à Ingouville près du Havre, alors qu'autrefois il mûrissait en plein champ.
Le refroidissement progressif du climat constitue la cause principale du déclin, en premier dans le Cotentin, en pays de Caux, en Avranchin, dans l’Orne où il ne s’y maintient jusqu’à la fin du 14e siècle et au 16e siècle dans le Perche normand."[Levaillan,t, 2025, histoire du vignoble normand]
Carte du vignoble du Perche normand de l'antiquité à 1850 avec ses traces toponymiques décrites par l'Abbé Cochet et Louis Duval au 19e siècle. [Levaillant, 2025]
La majorité des anciens vignobles se situaient d'une ligne de La Perrière à Dancé
En cercle rouge : les nouveaux producteurs du 21e siècle : la renaissance
Dans le Maine et dans la Beauce, de Nonancourt à Fréteval et dans le Perche sarthois
« Si la vigne était plus étudiée et mieux comprise dans la Sarthe, la Sarthe serait un des meilleurs pays de vignobles de France. » (Jules Guyot)
Les plus anciennes sources écrites remontent au Haut Moyen-Âge : une lettre du IXe siècle émanant du prieur de Saint-Lézin accompagne une expédition de tonneaux de vin destinés à l’abbé de Saint-Julien à Tours dont dépend le prieuré. Le prieuré de Saint-Lézin est aujourd’hui détruit et se situait sur l’actuelle commune de Marçon. La vigne aurait été présente le long d’un affluent de la Braye (affluent du Loir), l’Anille, au VIIe siècle lors de la fondation du monastère de Saint-Calais.
Selon les séries G et H des archives de la Sarthe, entre les XIIe et XVe siècles, soixante-dix-sept finages sont mentionnés comme viticoles. Ainsi, Le Mans et ses alentours constitue le noyau viticole le plus important. La vigne est aussi bien présente aux portes de l’Orne, dans le pays sabolien ou dans la vallée du Loir autour de la Flèche et de Château-du-Loir. Il s’agit d’un vignoble de proximité : la circulation des vins au Moyen-Âge est mal connue et la production était consommée localement.»»
in : https://vinsmillelieux.fr/petite-histoire-de-la-vigne-en-sarthe-1ere-partie/
Faut-il rappeler que l’eau potable était peu accessible et sa qualité aléatoire en dehors de l’accès aux sources d’eau vive dans le Perche étaix bien exposés à l’abri du vent dominant d’Ouest et Sud-Ouest.
Le maillage des abbayes et des prieurés a été un atout sur la transmission des savoirs-faire des moines comme des curés des paroisses qui comme ailleurs avaient ce talent comme ils le possédaient pour leur vigne (vin liturgique).
Les herbages et prairies bordées de haies qui font la mosaïque du Perche ont été propices à la culture des pommes néanmoins la présence de massifs forestiers au Perche septentrional a eu l’atout de protéger des vergers sur les coteau
L’ennemi des fruitiers (pommier, poirier et cormier) est le vent violent : les normands, les bretons et les évêchés l’ont compris très tôt au Moyen âge en maillant leur territoire de coupe-vent, de haies et trognes à tailler y compris depuis le 15e siècle dans le pays de Caux où la masure cauchoise et Brayonne pouvait abriter non seulement des ovins des chevaux et dorénavant les vergers au coeur des clos plantés de talus-fossés.
Le Clergé, les Seigneurs et les paysans-agriculteurs ont pris leur part dans ce milieu rural et agricole.
La pression foncière des seigneurs, du clergé sur ce territoire pour assumer les plantations des fruitiers et de la vigne a été déterminante pour équilibrer la part de l’apport de la cervoise (sans houblon) et de la bière (avec houblon fabriquée prioritairement dans les abbayes et leurs dépendances) fabriquée avec les céréales (l’orge) entre Chartres Blois et Orléans (La Beauce).
Bon nombre de prieurés ont été dévastés durant la période de la Guerre de Cent Ans et le « Petit Âge de glace », on le sait, auront un effet cumulé et néfaste pour le maintien d’une production de cette boisson alimentaire primordiale (la cervoise) complétée par le vin, puis le cidre, le poiré et la cormé et l’eau de vie.
Par ailleurs on sait que le lait a été considéré comme un appoint alimentaire plus qu’une boisson alimentaire. Chacun sait que l’allaitement maternel permettait aux nourrissons d’atteindre les premières années pour les jeunes enfants qui dès l’âge de 4 ans et à défaut du lait d’origine animale consommaient des boissons fermentées et peu alcoolisées. En effet dès l’âge de 4 ans (ce qui est mon cas et de bien d’autres) on commençait à consommer des boissons peu alcoolisées et fermentées comme le cidre. Les enfants buvaient aussi du lait animal ou de l’eau de source si elle était à disposition. Les populations s’habituaient à boire de l’eau la plus convenable possible et s’immunisaient ainsi.
De même dans les hospices, on sait que depuis le Moyen Âge on servait des boissons peu alcoolisées et fermentées qui étaient plus sûres que l’eau ordinaire (les hôpitaux et hospices devaient assurer leur assurer propre autonomie car ils vivaient en autarcie). Faut-il rappeler ici qu’il a fallu attendre 1955 pour qu’on serve à la chambre des malades de l’eau minérale, dans les milieux hospitaliers et que par ailleurs en ruralité il a fallu attendre les premières adductions d’eau potable à partir du mitan du 20e siècle.
Avant de se pencher sur la boisson du cidre et du cormé, nous allons revenir sur l’origine de la pomme puis de la corme.
[1]Le cormier est rare en France : quelques spécimens poussent en Alsace, et également dans le Maine, notamment en Sarthe[]. Le cormé était d'usage courant au XVIIIe siècle, particulièrement dans les classes populaires. Cet arbre d’origine méditerranéenne était présent en France au cours des siècles précédents et surtout dans l’ouest, en Sarthe et dans le Perche, mais a failli disparaître au profit d’autres espèces telles que le pommier ou le poirier plus adaptées à l’évolution des comportements de la société.- in : https://www.bretoncelles-patrimoine-nature.fr/accueil/patrimoine-naturel/les-cormiers.html
[4] In : Il faut rappeler qu’à la bascule du 1er au 2e millénaire le climat était très favorable à la vigne, ce qui ne dura pas plus de trois siècles. De même le choix des coteaux exposés au sud et le choix du sol et de la géologie avait eu son importance, point sur lequel Léopold Delisle et plus tard Roger Dion29 ont insisté, ce qui n’a pas toujours été suivi et qui au premier coup de froid du « petit âge de glace » a anéanti et geler les vignes - in : Roger Dion, Histoire de la vigne et du vin en France, des origines au 19e siècle, Flammarion, 1959-1977, p.18-20
Carte de l’aire géographique AOC
CIDRE DU PERCHE
La carte de l’aire géographique AOP, 2019, qui obtint en 2020 son AOC CIDRE DU PERCHE
Avec l’aimable autorisation de l’INAO
Cartographie des fruits de pressoir
(pomme et corme)
Cartographie conçue et réalisée par Pascal Levaillant 2026
D’après notre étude, la corme et signalée par un caractère C en brun (traces toponymiques indiquées sur les cartes IGN et Géoportail, ; un C en orange (traces toponymiques anciennes citées dans Dico Topohttps://dicotopo.cths.fr/search.
Ces indicateurs signifient que le cormier a donné son nom à de nombreux lieuxdits depuis son installation durable en France dont la limite septentrionale du Perche. Il est cité en Sarthe : ferme, commune de Lanneray , mentionnée en 1577 (ch. de la seigneurie de Sainte-Radegonde)., et antérieurement A. de Champies (1238) ; G. de Chanpis, le Cormier de Chanpis, nemus de Champis (1315). Ces éléments sont signalés par le S.E.P.E.N.E.S. qui note que le « cormier a disparu de l'économie rurale depuis plusieurs décennies, laissant cependant des traces dans les mémoires et les lieux-dits. [1]»
Ce qui définit le mieux les contours du Perche sont les limites de l'aire géographique cidricole de 1750-1950, avec ses alignements de fruitiers complantés dans les pré-vergers et labours (agroforesterie) de ce vaste territoire rural faiblement peuplé.
C'est le pommier et l'activité cidricole qui a dessiné le Perche au moins pendant ces deux derniers siècles, ce que les anciens ont vu jusque dans les années 1970.
Le pommier, le chêne, le cormier, la trogne et les collines, le bocage comptent parmi les marqueurs tangibles de l'identité du Perche comme le sont le cheval percheron et l'habitat rural caractéristique (manoirs, fermes et prieurés...) et les bois et forêts.
L'origine de la trogne remonterait en Europe à plusieurs millénaires ce qui fait d'elle un patrimoine à préserver, à valoriser et à inscrire dans des pratiques environnementales et de développement durable ayant offert aux percherons notamment des pieux, des échalas, des gaules, des perches pour leurs propres usages grâce à cette forêt perchée et ces taillis perchés selon ce que nous rappelle le spécialiste Dominique Mansion.
L'arbre, la trogne, le pommier et le cormier sauvage ont donc précédé notre civilisation contemporaine.
Voici vu d’avion le paysage du Perche au début des années 1960 - Cliché extrait de l’Atlas aérien de la France en plusieurs volumes édité par Gallimard en 1962. Comme le commente René Musset « des pommiers partout »
« 10 - A l'ouest de la Beauce, paysage du Perche près de Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir). Quel contraste présentent avec la Beauce les pays qui s'étendent à l'ouest de celle-ci. ! Nous sommes à moins de 50 kilomètres à l'ouest de Chateaudun, dans les environs de Nogent-le-Rotrou, au centre du Perche, et tout est différent...[...] les arbres sont partout, non seulement en bordure des terres mais sur les terres mêmes ; on voit ici des plantations de pommiers. [...] C'est un bocage et non une champagne. (René Musset). - Cl. Robert Durandaud. » Atlas aérien, Tome IV, France, Gallimard, 1962.
Voici le Perche comme nos aînés l’ont connu fin des années 1950 et jusqu’au mitan des années 1960 dont nous avons fixé les contours d’après les vues aériennes IGN et d’après l’Atlas Trudaine qui en donnait les prémices comme nous le verrons plus loin.
En effet durant plusieurs siècles et avec certitude depuis le mitan du 18e siècle, on plantait les pommiers différemment qu’en Normandie ou que dans le Grand-Ouest du Maine à la pointe Bretagne (Basse Bretagne) c'est à dire d'une ligne spetentrionale de Paimpol au méridionale à Damgan.
A l’est du massif armoricain, protégé des vents d’ouest violents, les massifs forestiers et les collines du Perche ont permis de planter les fruitiers différemment c’est-à-dire à les aligner dans les prairies pour constituer de très vastes pré-vergers qui étaient enclos par des haies bocagères pour les délimiter et d’y labourer la terre par les chevaux percherons.
Cette construction agricole et horticole ayant fonction d’agroforesterie unique a dessiné durablement et progressivement l’unité paysagère du Perche ce qui est attesté par l’Atlas Trudaine, par les cartes d’Etat-Major IGN et les vues aériennes IGN remonter le temps.
L’œuvre sur toile intitulée « Paysage du Perche, Jacques Berland, 1950 » qui est exposé à l’ Ecomusée du Perche témoigne également par le motif de cette agroforesterie percheronne, de même que la carte postale ancienne où l’on assiste à un labour sous les pommiers effectué par un cheval percheron guidé par un agriculteur.
Cette organisation spatiale nous montre que le pommier règne en maitre au centre des parcelles du mitan du 18e siècle au mitan du 20e siècle.
Cette organisation diffère des prés-vergers normands où les pommiers "haute-tige" sont certes alignés mais plus rapprochés et resserrés entre eux comme dans les masures cauchoises ou dans les clos du bocage du pays d'Auge, du pays d'Ouche... et même dans le Bas-Maine et de la Basse-Bretagne, alors qu'ici les écartements entre alignements permettaient aux chevaux percherons et aux chevaux bretons de labourer sur certaines parcelles dans leur longueur ce qui caractérise cette pratique d'agroforesterie sur plusieurs siècles.
Atlas aerien FRANCE TOME IV Ile de France, Beauce et Brie, Editions Gallimard 1962
« L'agroforesterie percheronne » du 18e siècle au 20e siècle
Cette organisation spatiale et agraire est décrite spécifiquement par l'illustre Du Breuil qui nous parlera plus loin du cormier dans cette étude.
« Vers 1840, la Société d'Agriculture de la Seine-Inférieure avait eu à s'occuper du dépérissement, malheureusement trop avéré, d'un grand nombre d'anciennes variétés de fruits de pressoir. Elle jugea comme urgentes des recherches qui devaient avoir pour objet de signaler aux cultivateurs les variétés à réformer et celles qui méritaient d'être propagées. Elle chargea donc deux spécialistes, A. du Breuil et Girardin, d'étudier les fruits à cidre de la région.» .. [J.M. Boré et J. Fleckinger, Pommiers à cidre, variétés de France, Editions Quae, 1997.
Alphonse Du Breuil fut professeur d'arboriculture et auteur d'ouvrages de référence. Il est né à Roune en 1811. Il est le fils du directeur du Jardin des Plantes de Rouen, il étudie la botanique à Paris. A partir de 1829, il enseigne l'arboriculture au Conservatoire des arts et métiers. En 1834, il est chargé d'un cours d'agriculture et d'économie rurale à l'école normale de la Seine-Inférieure. En 1838, il enseigne l'agriculture à l'École d'agriculture ; il complète cet enseignement par un cours d'arboriculture à partir de 1842. En 1853, le ministre de l'agriculture lui confie une mission d'organisation de l'enseignement agricole dans les départements.
In : https://www.persee.fr/doc/inrp_0000-0000_2002_ant_17_1_7675
Il publie notamment : Les Vignobles et les arbres à fruits à cidre. L'olivier, le noyer, le mûrier et autres espèces économiques. Par M. A. Du Breuil, édité en en 1875.
Il décéda en 1890.
Voici ce qu'il décrit à propos des pommiers complantés dans un chapitre intitulé - Place de ces arbres dans les champs – dans son ouvrage de 1875
« Les arbres à fruits à cidre peuvent être utilement plantés,soit dans les pâturages, soit en bordure le long des terreslabourées, soit en lignes dans ces mêmes terres. Lespâturages sont surtout propres à recevoir ces plantations.
Abritées par les arbres forestiers de haut jet qui entourent ordinairement les pâturages, elles sont moins exposéesaux vents violents et froids. Plus rapprochées des bâtiments d'exploitation, leurs produits sont plus facilementsoignés, on les rentre à moins de frais, et ils sont surtoutmoins exposés au maraudage.
On a beaucoup discuté la question de savoir si l'on devait pratiquer ces plantations, soit en bordure le long desterres labourées, soit en lignes dans ces mêmes terres.
Quelques agronomes ont nié le profit qu'elles pouvaientprésenter dans ces deux positions ; ils ont pensé que, si pour une plantation âgée de 30 ans, par exemple, on tientcompte de l'intérêt annuel des frais de plantation, dela diminution de la récolte causée par l'ombrage de cesarbres, des frais de récolte des fruits, de l'augmentationde main-d'œuvre déterminée par le labour à bras d'hommeque l'on est obligé de donner au sol placé au pieddes arbres, parce qu'il ne peut être atteint par lacharrue; que, si l'on compare le chiffre ressortant de cesdépenses annuelles avec le produit moyen de ces arbres,on voit le compte se balancer en perte. Nous croyonsque, si cela est vrai dans quelques circonstances, on doitbien se garder de l'admettre en général. Si l'on opère surun sol de très-bonne qualité, où les récoltes ont un prix élevé, il pourra bien arriver que le dommage causé à cesrécoltes par l'ombrage des pommiers ne soit pas toujourscompensé par le produit de ceux-ci.
Mais, si le terrain est de médiocre qualité et si les récoltesy sont peu abondantes, nous sommes persuadés que l'espaceoccupé par les arbres sera bien employé. Il pourra mêmearriver que la plantation au milieu de ces mêmes terres labourées devienne profitable aux récoltes si ces terres sontlégères et exposées à la sécheresse : les pommiers eneffet concourront par leur ombrage à diminuer l'évaporation du sol. D'où nous concluons :
1° que l'on devra s'abstenir de faire ces plantations dans les terres de première classe, ou du moins qu'on devra n'en planter qu'une bordure du côté du nord ou de l'ouest, où l'ombre portée ne pourra nuire à la récolte;
2° qu'il y aura profit à planterdans toutes les autres ;
3° qu'il y aura même avantage pour les autres récoltes à en former des lignes au milieude ces terres, lorsqu'elles seront exposées à la sécheresse. »
Cette organisation est déjà décrite en 1764 en Haute Bretagne, dans cette partie plus à l'ouest du Grand-Ouest pomologique. C'est Ogée qui nous rapporte cela dans son Dictionnaire :
«Le Dictionnaire de Bretagne, publié par Ogée en 1778, décrit les cultures dominantes, paroisse par paroisse. L’abondance de pommiers à cidre est citée dans une majorité des lieux. « Le pays produit du froment, du seigle, du blé noir, beaucoup de fruits dont on fait du cidre et assez de pacages pour les bestiaux » (Acigné). « Les terres labourables sont couvertes d’arbres dont on emploie les fruits à faire du cidre » (Amanlis). « Le territoire est couvert d’arbres et surtout de pommiers dont les fruits sont destinés à faire du cidre » (Aubigné). « Le territoire produit du grain, des pâturages abondants, du beurre très estimé et d’excellents cidres » (Rennes).
Dans une brochure intitulée « Réflexions sur l’agriculture », imprimée en 1764 à Saint-Malo et adressée au duc d’Aiguillon, intendant de Bretagne, son auteur anonyme va jusqu’à se plaindre des pommiers dressés en ligne dans les champs cultivés, nuisant aux cultures par leur ombre.
Sources : Correspondances avec l’Intendant, 1764- …, ADIV cote C1341 » [ ADIV & Acigné Autrefois & M. Blain, 2019]
Nous reviendrons sur cette dernière source qui provient des Archives d'Ile et Vilaine.
Alignements de pommiers complantés en Ile-et-Vilaine (Haute-Bretagne) en 1752 - Plan de la routte de Montfor à Saint-Méen en sortant de la ville de Montfor et en allant à la Ville au manoir, ou au Chesne aus Gebelles.
Plan des différents projets d'alignement pour l'aménagement de la route allant de Montfort à Saint-Méen-le-Grand. Dessin de l'enceinte de la ville fortifiée de Montfort. Lég. Plan visé en 1762 par le Duc d'Aiguillon, Commandant en chef en Bretagne. Plume, encre de Chine, mine de plomb, lavis et aquarelle, 1759 env.
Muzillac, Haute Bretagne, Morbihan, 1759 : C 4785 (4) extrait du Plan du bourg de Muzillac y joints le projet d'allignement par la ruë de Penesclus ainsi que les deux projets de passage par le dit bourg.
Lég. Observations manuscrites. Plume, encre de Chine, encre rouge, mine de plomb, lavis et aquarelle, 1759 rest.
Sur ces deux plans des Archives de l'Ile et Vilaine, du milieu du 18e siècle on discerne les pommiers complantés et à d'autres endroits les pommiers dans les clos.
En Bretagne, c'est Le Lay François Marie qui nous révèle une des raisons qui concourent à planter les pommiers non loin de la ferme dans un pays de bocage ce qui est le cas en Basse-Bretagne, en Normandie :
« Dans son jardin, le fermier cultive quelques rares légumes, il y a surtout planté des choux qui profiteront à son pourceau ou à ses vaches. C'est aussi dans ce jar- din qu'il a ses pommiers et ses poiriers qui lui donneront des fruits de garde. Tandis que dans le verger ou fruitier fleurissent les pommiers et les poiriers dont les fruits serviront a faire le cidre. Il y a donc une grande différence entre le XVllle et XIX*siècle ; le paysan du XVlll" siècle réunissait ses arbres à fruits, derrière sa maison, il les protégeait de murs et les surveillait de près (4) ; aujourd'hui les pommiers sont dispersés dans tous les champs.
Au XVIIIe siècle le souvenir des pillages du XVIe n'était pas encore effacé.
A remarquer que la production du cidre est relativement restreinte. Dans une ferme, comme celle qui nous occupe, le paysan récoltait année moyenne, 2 ou 3 barriques de cidre et dans les bonnes 5 ou 6, Et ceci se déduit facilement des baux où le propriétaire se réserve une barrique de cidre quand le fermier en fera 2,3,4, et 2 barriques quand tien fera plus (1).»
(1) Ch. Le Maguet de Roscaday se réserve des fruits l barrique de cidre quand le preneur en fera 2. 3,1. et il aura 2 quand ils en feront 5 et la 1/2 des poires qui sont dans le jardin, 6 mars I7ô'i. Déclarations du 20 octobre, la barrique de cidre valait B livres en moyenne —tenue affermée à J.Tronsçorff, ISOlivres plus t barrique de cidre mais comme il ne s'y trouve ordinairement que tous les 2 ans le dit Le Fur propriétaire a abuté a 3 livres la valeur du cidre, 1750, etc.
(4) Dans toutes les tenues près de la maison est le verger ou fruitier. Déclaration du 20 octobre 1751-52.
René Musset, historien géographe du 20e siècle, spécialiste du Grand Ouest évoque les pommiers du Perche tout en les situant dans leurs environnements, prémice du Perche normand, sarthois, vendômois et eurélien avant l'heure.
« Le Cénomanien marneux donné au Perche son aspect caractéristique est un terrain imperméable. Par suite, le chevelu des cours eau est développé, l'humidité du sol extrême ; les habitations, trouvant partout l'eau nécessaire leur établissement, sont dispersées ; les débris forestiers sont nombreux, les champs presque partout entourés de haies, arbres et arbustes, plantés de pommiers. Le Perche en un mot est un pays de bocage […]
Ce qui sépare le Perche de la Beauce, c'est donc une barrière forestière, plus continue encore : autrefois elle isolait de la Beauce les terres situées à l’Ouest, les rejetait dans le Perche. Les habitudes changent un côté à l'autre : d'une part sont les haies, les pommiers, le cidre ; de l'autre, un pays plus découvert, et le vin […]
Mais lorsque Sarge on arrive la vallée de la Braye la démarcation devient nette le Perche pour ses habitants finit où commence la vigne celle-ci tapisse les versants de la vallée en aval de Sarge On voit dès lors les raisons pour lesquelles le Perche pas pris pour lui tout le plateau argile qui étend au Loir levai du Loir est le pays des vignes et des céréales les habitants voisins de la vallée boivent du vin et cultivent le blé quand le Loir est trop loin que le vin ne pénètre plus que les pâtures plantées de pommiers remplacent les champs de céréales on est dans le Perche […]. »
Ce contexte est à mettre en perspective avec les extraits cités notre l'abécédaire du Perche à M comme Musset.
in : Le Perche, Nom de pays, René Musset, Annales de géographie Année 1919 155 pp. 342-359
« Associer deux cultures pour faire profiter à l’une des bénéfices de l’autre : la méthode est connue, et c’est l’objectif de l’agroforesterie, qui associe au sein d’une même parcelle des cultures ou des animaux ET des arbres.
L’agroforesterie n’est pas un boisement des terres agricoles, c’est une alternative, permettant de maintenir un revenu courant sur la parcelle tout en capitalisant dans du bois.
L’agroforesterie ne signifie pas arbres d’un coté et cultures de l’autre. Les arbres font partie intégrante du système de cultures. La présence des arbres influence les cultures et la présence des cultures influence les arbres. »
In : https://normandie.chambres-agriculture.fr/sinformer/concilier-agriculture-et-territoires/environnement-et paysages/boisement/agroforesterie#:~:text=Cr%C3%A9%C3%A9e%20en%202015%2C%20l'Association,cultures%2C%20comment%20valoriser%20les%20arbres%E2%80%A6
« L’arbre réapparait progressivement au sein des exploitations agricoles et des territoires : c’est l’agroforesterie.
L’agroforesterie désigne l’association sur une même parcelle d’arbres ET de productions agricoles (cultures ou élevages), dans la perspective d’effets bénéfiques réciproques. Elle s’organise sous différentes formes : maillage bocager (en périphérie des parcelles), près vergers, arbres isolés…
Mais, pour parfaitement accompagner l’agriculture, les systèmes agroforestiers d’aujourd’hui nécessitent d’être bien adaptés au contexte actuel, et anticiper autant que possible le futur !
Les questions restent nombreuses sur la compréhension des phénomènes en jeu, et le développement de l’agroforesterie est conditionné à la qualité des réponses qui sont / seront apportées.
Créée en 2015, l’Association pour une Dynamique Agroforestière en Normandie a pour ambition d’accompagnerla dynamique de plantation en apportant des réponses objectives aux porteurs de projets : ou planter, quoi planter, comment gérer les interactions avec les cultures, comment valoriser les arbres… »
In : https://agroforesteries-en-normandie.fr/
1 - Origine de la pomme et de la pomme à cidre
L’hybridation de la pomme sauvage sucrée d’Asie avec la pomme sauvage silvestris européenne a donné la pomme à cidre.
Le pommier à cidre est issu d’une hybridation entre différents pommiers sauvages d’Asie et d’Orient avec celui d’Europe, c’est un arbre de culture.
Schématiquement l’origine de la grossepomme sauvage sucrée cultivée vient du Kazakhstan aux confins de la Chine alors que la petitepomme sauvage amère provient des forêts européennes.
Partie du Kazakhstan, cette pomme voyage depuis plus de 10 000 ans avant notre ère. Portée par les nomades puis par les caravanes de la route de la soie, au gré des guerres et des migrations de populations.
Ces peuples pratiquaient la dessication des pommes qu'ils transportaient plus légères et qu'ils rehydrataient en chemin selon les besoins. Elle traverse les civilisations de l’antiquité, croise les Perses et les Grecs et arrive en Gaule par les Romains. Fruit illustre de la renaissance cette pomme atteindra les rives du nouveau monde à bord des caravelles des grands explorateurs.
La pomme à cidre incarne l’évolution de la lente hybridation entre le malus Sieversii, le malus domestica et le malus orientalis du Moyen Orient et surtout le malus sylvestris européen des forêts – de la Finlande ai Portugal.
La route de la pomme par la route de la soie en s’implantant par l’orient, l’Egypte, puis par l’Italie (empire romain y compris vers l’Espagne - là où vit encore l’ours - qui plus précocement ont su fabriquer du cidre comme les romains. C’est donc par le concours du nomadisme et des animaux que s’est propagé la pomme orientalis qui au dernier contact avec le malus sylvestris (petit fruit amère et immangeable) que l’hybridation s’est opérée sur plusieurs siècles
Auguste Chevalier, le botaniste normand originaire de Domfront, nous raconte l’épopée du cidre et de la pomme jusqu’à nous.
Cf. Amandine Cornille avec son aimable autorisation
« Enfin nous connaissons plusieurs variétés de pommes[1] (dont celle régénérée par Legrand [2]: la Hauchecorne) dans lesquelles il existe encore un long et profond canal ouvert à l'extérieur faisant communiquer les cavités des loges (non fermées dans la partie axiale) avec le bassin oculaire, et les allées et venues de très petits organismes peuvent encore se faire de l'extérieur de la pomme vers le cœur.
Le développement exagéré de la carnosité dans les pomacées cultivées serait donc l'accélération d'un phénomène qui a existé chez certains ancêtres, qui se reproduit par hérédité et que l'homme a encore exagéré par l'hybridation et la sélection . En Chine et au Japon, où la plupart des pommiers sont cultivés non pour leurs fruits, mais pour leurs fleurs odorantes ou doubles, les pommiers plantés ont conservé des fruits aussi petits que les pommiers sauvages. La culture des pommiers à fleurs en Extrême-Orient paraît être extrêmement ancienne.
La culture des pommiers à fruits a probablement pris naissance en Asie centrale ou occidentale, à une époque très reculée, et elle a gagné vers l'ouest, le long de la Méditerranée, en passant par l'Asie Mineure, l'Egypte[3], la Grèce, l'Italie latine. D'après Pline, Columelle et Macrobe, les Romains cultivaient déjà comme arbres fruitiers 24 variétés de pommiers dérivant sans doute du Malus dasyphylla Borkh., originaire du Turkestan et probablement plus ou moins partiellement hybride déjà avec le M. pumila Mill. et le M . Sïeversii Rœm. C'est pendant l'époque gallo-romaine qu'il se répandit dans le centre et le nord de la Gaule ainsi qu'en Angleterre[4] où n'avait existé jusqu'alors que le Malus silvestris sans doute employé ensuite fréquemment comme porte greffe, car il devait pulluler alors dans les forêts de toute l'Europe occidentale. » [5]» [Auguste Chevalier]
Philipe Marchenaynous raconte aussi que cette pomme sauvage est un fruit riquiqui, minuscule de couleur verte comparée à la pomme domestiquée, bien plus grosse, prenant d’autres couleurs du jaune au brun que l’on croque avec saveur contrairement à la pomme sauvage qu’il est impossible d’en avaler une bouchée.[6][Marchenay, 2008]
d'après la carte[7] produite par Jérôme Chaïb (avec son aimable autorisation)
le mot Shekar en hébreu a évolué en Sikéra en grec puis en Sicera en latin
puis en sizra en Ibérie, Sidra en basque.
Les échanges commerciaux entre asturiens, basques et Normands, bretons ont donné Sidre et cidre
Outre-Manche le mot a évolué en Apple cider et en germanie en Apfel Cidre.
Au mitan du 16e siècle, dans le traité du pommier, poirier et du cormier, Frère Dany orthographie en vieux français cidre : "cydre".
[1]La Hauchecome à cidre est généralement dans ce cas nous dit. Elle a été régénérée avec une ancienne variété par Legrand d’Yvetot à la fin du 19e siècle.
[6] « Le pommier fait sa place au verger. Cette évolution ne s’est pas faite en un jour, mais en plusieurs millénaires » [Marchenay, 2008 - Des pommes]
[7] In : La pomme, le cidree, le calvados, Jérôme Chaïb, Provinces mosaïques, 2017.
Françoise Aubaile-Sallenave[1] nous rapporte des éléments supplémentaires »
« Pour se mortifier
A partir du XIIe siècle, le terme sidre se trouve de plus en plus fréquemment dans les textes normands. Chidre apparaît à Dieppe en 1396 – c’est la prononciation normande ; en breton chistre, sistre. A cette époque, de nouvelles variétés de pomme sont arrivées, semble-t-il, et peut-être même une nouvelle technique. On sait qu’au Haut Moyen-Âge (Ve-Xe siècles), le pomatium tiré des pommes sauvages (Malus sylvestris), était de qualité très inférieure puisque les saints en buvaient pour se mortifier ! Mais un changement radical se produit vers la fin du XIe siècle. Il est question, dans les textes de cette époque et pour la première fois, de sidre de qualité.
Greffons venus d’Espagne
Pourquoi le cidre s’est-il développé à partir de la fin du XIe siècle dans cette vallée d’Auge où l’on buvait auparavant de la cervoise et du mauvais pomatium ? L’abbé Rozier (1795) fournit d’intéressants éléments de réponse. Il signale qu’au XIe siècle, des greffes (greffons ou jeunes plants greffés) de bons pommiers à cidre furent apportés du nord de l’Espagne (Asturies, Biscaye). Ces importations durèrent longtemps puisqu’au XVIe siècle on importait encore dans le Cotentin des greffes de pommier de la Biscaye. D’ailleurs la variété ‘Biscayt’ est le nom d’un clone que l’on trouvait au XVIIIe siècle dans plusieurs cantons de Basse-Normandie. Cette variété existe toujours sous le nom de ‘Bisquet’, répandue dans les départements de l’Eure et du Calvados. Le nom rappelle celui de Vizcaya et pourrait signaler l’origine géographique du clone. Cet ensemble variétal est considéré comme appartenant à l’espèce Malus domestica
Le cidre déjà connu en Italie
Si, au XIIe siècle, le terme et le produit passent de France en Angleterre, il semble que l’Italie du sud ait aussi connu le cidre. Aujourd’hui, dans les Apennins de Calabre, on boit du cidre, vinu’e puma « bianco e frizante ». Son introduction est probablement le fait des Normands de Sicile après qu’ils eurent conquis la Calabre vers 1130. Robert de Grentemesnil, premier abbé de la Trinità de Mileto, venait de l’abbaye de Saint-Evroult où, dès le XIe siècle, on fabriquait du cidre. Il est tout naturel que lui ou ses compagnons aient essayé cette culture et la fabrication du cidre. Ce même rôle fut joué par les seigneurs et religieux en Angleterre.
Des liens entre Basques et Normands
L’apparition du cidre en Normandie atteste des relations anciennes avec le nord de l’Espagne. Qu’est-ce qui rapprochait ces deux régions ? Certainement la similitude des paysages à prés couverts de pommiers et de vaches, partageant le climat atlantique humide et doux tout au long de l’année avec peu d’écarts de température entre hiver et été. Mais surtout, les relations furent, entre ces deux contrées, sociales, commerciales et religieuses.
Basques et Normands se connaissaient depuis fort longtemps. Les Normands, seuls pêcheurs à la baleine connus en Europe jusqu’au Xe siècle, allaient pêcher dans le golfe de Gascogne, dès le IXe siècle, la baleine biscayenne qui venait hiverner dans cette zone. On peut penser que, lors de leurs séjours sur la côte cantabrique, ils surent faire la différence entre la sidra cantabrique et le médiocre pomatium normand ! Ce sont donc eux, presqu’assurément, qui, les premiers, firent connaître le cidre en Normandie.
Les Normands et le cidre
Religieux, rois et seigneurs diffuseurs du cidre.
Les bénédictins qui mêlaient l’agriculture aux exercices de piété, aux travaux littéraires et à l’enseignement, ont joué un rôle majeur dans l’amélioration par la greffe et l’acclimatation de nombreux fruits et légumes et en particulier des pommes, ainsi que leur diffusion vers l’Angleterre et vers la Calabre (abbaye de Mileto).
Les rois et les grands seigneurs participèrent aussi à cette diffusion. Les comtes d’Evreux, qui furent rois de Navarre de 1328 à 1378 et dont les domaines s’étendaient sur les deux versants des Pyrénées, possédaient de grandes propriétés en Normandie. À cette époque, chaque seigneur entretenait des jardins avec des jardiniers soucieux d’acclimater des espèces ou variétés nouvelles.
Ce sont donc sûrement les Normands ou Vikings qui, les premiers, empruntèrent à ces pêcheurs du nord-ouest de l’Espagne la boisson avec son nom et, fort probablement, de nouveaux clones de pommier. Par la suite, de nombreuses autres relations s’établirent entre la Normandie et le nord-ouest de l’Espagne qui consolidèrent cet emprunt. Mais ce n’est qu’au XIXe siècle que le cidre se diffusa dans le reste de l’Europe tempérée et en Amérique du Nord.»
[Françoise Aubaile-Sallenave]
Le cidre déjà connu en Italie
Si, au XIIe siècle, le terme et le produit passent de France en Angleterre, il semble que l’Italie du sud ait aussi connu le cidre. Aujourd’hui, dans les Apennins de Calabre, on boit du cidre, vinu’e puma « bianco e frizante ». Son introduction est probablement le fait des Normands de Sicile après qu’ils eurent conquis la Calabre vers 1130. Robert de Grentemesnil, premier abbé de la Trinità de Mileto, venait de l’abbaye de Saint-Evroult où, dès le XIe siècle, on fabriquait du cidre. Il est tout naturel que lui ou ses compagnons aient essayé cette culture et la fabrication du cidre. Ce même rôle fut joué par les seigneurs et religieux en Angleterre.
En effet ce fut Guillaume le Conquérant, le normand et roi d’Angleterre qui le but avec engouement et ses successeurs « croisés « et qui avant le premier cidre de Jumièges (piètre cidre des moines) importa le goût et les savoirs des basques et de l’Orient en ouvrant une voie commerciale vers la Normandie et l’Angleterre.
Pour le cidre du Cotentin on commença à faire « du vin de pomme de cru » avec deux ou trois variétés de pommes sucrées. Le Paulmier et Gouberville du Cotentin racontent la dégustation de François 1er découvrant ce breuvage doré et pétillant mais qui n’était pas du vin.
Puis du 12e siècle au 16e siècle des entes du pays basque furent transmises notamment par les marins basques (baleiniers et morutiers) les transportant en cale jusqu’aux eaux de Terre Neuve.
Suite aux livraisons de cargaison de cidre venus du pays basque jusqu’au golfe du Morbihan et l’Aber Wrac’h, ces échanges avec les marins des côtes de la Manche ont permis la culture de pommiers à cidre en Bretagne et Cotentin avant de se répandre et de s’étendre vers le Bessin, le pays d’Auge, vers le Roumois. Les variétés ibériques et basques viendront peu à peu construire un socle des variétés qui s’acclimateront durablement dans les provinces de Bretagne, de la basse Normandie dès le 13e siècle ; dès le 15e siècle dans la haute Normandie (Pays de Caux et Pays de Bray ) dès la « paix retrouvée» à la fin de la Guerre de Cent Ans ; dès le 16e siècle simultanément dans province du Perche du Maine
[1]D’après le texte de Françoise Aubaile-Sallenave – CNRS, laboratoire d’Ethnobiologie, MNHS : Cidre, l’histoire d’une boisson. Le patrimoine fruitier, hier, aujourd’hui, demain. Paris, AFCEV, 1999 p.65-74 (Actes du colloque de la Ferté Bernard, 1998). In : https://www.jardinsdefrance.org/cidre-une-boisson-qui-remonte-au-moyen-age/
2 - Le rôle du pommier sauvage
« malus silvestris »
Domestiqué en Asie il y a plus de 4 000 ans, le pommier cultivé s’est ensuite hybridé plusieurs fois avec différents pommiers sauvages durant son voyage jusqu’en Europe, comme l’indique les cartes et schémas d’Amandine Cornille.
« La pomme[1] fait aussi désormais l’objet de recherches génétiques et paléogénétiques parallèles. La génétique moderne a montré que le pommier domestique (Malus domestica), un des principaux fruitiers cultivés en Europe tempérée, n’a pas pour ancêtre le pommier sauvage européen (Malus sylvestris), contributeur secondaire à la diversification des variétés cultivées, mais un pommier sauvage d’Asie centrale, Malus siviersii, qui forme encore des forêts au Kazakhstan (Velasco et al. 2010 ; Cornille et al. 2012).» [M. P. Ruas, 2016]
Quant au pommier sauvage (malus sylvestris) dont l’origine est a été recherchée, Michel Chauvet, nous précise également certains faits concernent ses usages au temps de la préhistoire : « A l’époque préhistorique[3], les pommes sauvages étaient abondamment cueillies. [...] Peu agréables à manger à l'état cru, elles étaient conservées par dessication, et devaient être consommées en mélange avec d'autres fruits sauvages dans des boissons fermentées, ou cuites dans diverses préparations. Avec la diffusion des pommiers cultivés, les pommiers sauvages ont été diversement introgressés au cours des siècles. Ils étaient communs dans les haies avant que celles-ci disparaissent. Il est difficile de différencier ceux qui sont vraiment sauvages de ceux qui résultent de semis d'un pépin d'un type cultivé. » Après la domestication, le pommier sauvage a été délaissé comme aliment, mais il a toujours été recherché dans les forêts pour servir de porte-greffe. [Michel Chauvet, 2018]
Auguste Chevalier nous avait rapporté il y a un siècle l'histoire du pommier sauvage.
« Du Malus silvestris - Le pommier sauvage de nos bois qui en s'hybridant avec les pommiers de l'Asie et du Sud-est de l'Europe a produit le Malus domestica de nos vergers est une plante très ancienne. Il a existé probablement en Europe depuis la fin du tertiaire. G. de Saporta en a rencontré des empreintes de feuilles dans les tufs quaternaires des Aygalades (période chelléenne), près de Marseille et à Saint-Antonin dans la même région. Parmi les débris de forêts submergés de Belle-Ile-en-Mer, M. E. Gadeceau a trouvé le Pommier de Deuborh avec la souche encore en place qui pouvait avoir 0m30 à 0m40 de diamètre ; il n'est pas douteux qu'il appartient au Malus silvestris. Or, ces forêts sont contemporaines des tourbières néolithiques du nord-ouest, postérieures. La période glaciaire. Le Dr Erland Nordenskiold nous signale qu'on a trouvé aussi en Suède dans les couches des habitations lacustres un assez grand nombre de pommes bien conservées. [...] Au 11e siècle, on n'avait bu en Normandie que le cidre (pomacium) fabriqué avec les pommes sauvages récoltées dans les bois.
Sans être à proprement parler cultivé, le Malus sylvestris devait cependant être entretenu par les Celtes à travers les forêts. Les pommiers sauvages étaient encore très abondants au Moyen Age dans les forêts des diverses régions de la France, principalement en Normandie. La récolte des pommes des bois était réglementée et les serfs devaient la dîme sur le produit de la cueillette. Celle-ci n'eût plus d'intérêt lorsque la culture du pommier à cidre se fût répandue dans les champs. En outre l'aménagement des forêts et l'arrachage des plants de pommiers sauvages (nommés surets, les fruits se nommaient hoquettes pour en faire des porte-greffes amenèrent peu à peu la raréfaction du Malus silvestris dans nos forêts. »
Cette problématique au 16e siècle se retrouvera d’actualité au 19e siècle quand il fallut recourir à nouveau au plant de pommier sauvage des forêts et des haies.
S’il fallait y recourir au 21e siècle, la problématique serait d’ampleur du fait qu’avec le remembrement des années 1950-1970 et depuis bon nombre de haies ont disparu et celles réimplantées ne suffiraient pas.
Ces pommiers sauvages sont aujourd’hui menacés et des programmes de conservation sont mis en place pour les préserver comme à Sarclay. [Cornille, 2020].
Suite à la création du verger conservatoire des pommiers sauvages à Saclay, un verger conservatoire des poiriers sauvages s’implante à Angers et un autre dédié à la vigne en Occitanie.
Pommier sauvage dans le Perche (SER – Sylvoécorégion)[2]
La surface terrière d’un arbre donné correspond à la surface de la section de sa tige à 1,30 mètre de hauteur. Pour un territoire donné, la surface terrière correspond à la somme des surfaces terrières de tous les arbres vifs recensables de ce territoire. Elle s’exprime en mètres carrés.
Concernant le Perche le SER indique que pour la période 2004-2024, dans le Centre Nord semi-océanique, le pommier sauvage est recensé dans le département d’Eure et Loir et du Loir et Cher. Il est non renseigné l’Orne, La Sarthe ce qui ne prouve pas qu’il n’y en ait pas compte tenu des lacunes vis-à-vis de certains départements, ce que le SER tient à préciser.
Cf. Amandine Cornille, avec son aimable autorisation
Le Perche ornais selon la Région Normandie
Nous avons intérrogé la Région Normandie à propros du Perche ornais. Les services de la Région nous ont répondu ceci.
"Après analyse, il apparaît que l’expression « Perche ornais » ne repose pas sur un fondement historique ancien ni sur une reconnaissance officielle en tant qu’entité géographique ou administrative distincte. Le Perche constitue en effet une région naturelle et historique dont les contours ont évolué au fil du temps, notamment à la suite des découpages administratifs issus de la Révolution française, répartissant son territoire sur plusieurs départements (Orne, Eure-et-Loir, Loir-et-Cher, Sarthe) et plusieurs régions.
Dans ce contexte, l’usage de l’expression « Perche ornais » s’est développé de manière pragmatique et contemporaine, afin de désigner la partie du Perche située dans le département de l’Orne. Il s’agit donc d’une appellation fonctionnelle, permettant de distinguer les différentes portions territoriales du Perche selon leur appartenance administrative actuelle, à l’instar des termes « Perche eurélien », « Perche sarthois » ou « Perche vendômois ».
Cet usage est notamment répandu dans les pratiques des acteurs locaux, des collectivités territoriales et des structures de coopération (telles que les anciens Pays, les PETR, les PNR), principalement à des fins de localisation, de gestion territoriale ou de communication. Il peut également revêtir, dans certains contextes, une dimension politique ou institutionnelle.
En revanche, aucune date précise de création de cette appellation ne peut être identifiée à ce stade. Son émergence semble progressive et liée aux évolutions récentes des organisations territoriales et des usages administratifs.
Ainsi, pour les acteurs normands, l’expression « Perche ornais » renvoie avant tout à une réalité géographique contemporaine, correspondant à la partie du Perche située dans l’Orne, sans préjuger d’une définition historique unifiée du Perche, laquelle demeure plurielle selon les approches (historique, culturelle, géographique ou encore économique, comme en témoigne par exemple l’aire de production du cidre AOC du Perche)." [Direction culture et patrimoine de la Région Normandie, mai 2026]
Le Perche sarthois selon la Fédération des amis du Perche
C'est une structure créée en 1990 dans le but de faire connaître et sauvegarder le Perche à travers ses richesses architecturales et paysagères, par le biais également d’une activité de publication.
Dans un article publié le 14 mai 2010, Alain Morin, membre des Amis du Perche depuis 1970 raconte ce Perche Sarthois :
« Le Perche sarthois, historiquement, se cantonne à quelques communes que l’on dit ressortissantes. On entend par cette formule le fait que celles-ci, sous l’Ancien Régime, suivaient les coutumes du Perche. Cela tient au fait que les comtes du Perche, au Moyen-âge, dans la période où ils cherchaient à étendre leur territoire et leur influence, ont souhaité implanter leurs prérogatives dans ce qui est devenu plus tard le département de la Sarthe. Dollon en est un exemple, au même titre que Saint-Jean-des-échelles. Montmirail est aussi considérée comme une commune du Grand Perche. Par contre, il faut savoir que La Ferté-Bernard n’est pas une commune percheronne. On peut l’appeler à la limite commune des portes du Perche », explique Alain Morin, interrogé jeudi sur l’identité du Perche sarthois, dont le siège du Pays d’art et d’histoire se situe pourtant à La Ferté-Bernard.»
La DREAL a édité une fiche Livret LEADER A4 170517_v2 - DREAL Pays de la Loire le 24 avril 2017 :
«Labellisé Pays d'art et d'histoire depuis 1998, le Pays du Perche Sarthois a été labellisé Pays d'art et d'histoire depuis 1998. Situé au nord-est du département de la Sarthe, ce territoire rural, traditionnellement d'élévage dans sa partie nord et de polyculture autour du plateau calaisien, la vallée de l'Huisne concentre une partir importante des entreprises et industrielle [...] et des habitants du territoire (87 communes). »
In : https://www.pays-de-la-loire.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/livret_leader_a4_170517_reduit.pdf
3 - Origine de la corme
Le traite du cormier[1], Arbres Remarquables, Histoire, usages, répartition dans la Sarthe alentour et plus loin encore, Seconde édition, dont la coordination et le texte revient à Evelyne Moinet donne un sérieux aperçu de ce qu’est le cormier et ce qu’il représente aux yeux des sarthois mais pas seulement.
Ce traité retrace l'histoire de la culture du cormier en Sarthe, de l'Antiquité à nos jours.
Au 20e siècle, la culture fruitière est abandonnée au profit du bois d'œuvre. Aujourd'hui, les anciens vouent un profond respect au cormier, considéré comme "sacré" ou "royal", et certains arbres ont été protégés lors des remembrements grâce à l'intervention de paysans attachés à ce patrimoine.
Pour mieux connaître cet arbre qui aujourd’hui mérité d’être remarqué, vénéré et labélisé, nous vous invitons à consulter ce traité du cormier et d’aller à sa rencontre y compris en goûtant au cidre de corme qui peut être mélangé avec de la pomme et de la poire comme on en fait au Manoir du Val dans l’Eure.
« La corme cidrée du Manoir du Val remet au goût du jour une boisson traditionnelle oubliée, résultant du parfait assemblage de 3 fruits : la pomme, la poire et la corme. C'est un breuvage issu d'une recette traditionnelle des confins de la Normandie, dans le sud de l'Eure qui se transmet oralement depuis plusieurs siècles. Elle consistait à faire macérer des cormes dans un assemblage de cidre et de poiré.[2] »
De notre côté, avant de le découvrir dans le Perche à Courboyer et à Saint-Cyr-la-Rosière, nous avons goûté à la corme pour la première fois dans le parc botanique du château d’Acquigny dans l’Eure en 2016, et au cidre « cormé » en 2022 au Manoir du Val.
Michel CAMBORNAC signale l'existence du sorbier - sorbarius (cormier) dans les abbayes du VII e siècle comme il est figuré sur les plan "idéal" de Saint Gall du verger-cimetière aux côtés du pêcher, du noisetier, amandier, figuier, cognassier, laurier, mûrier, châtaignier, poimmier, poirier, prunier, cerisier et néflier.
In : Plantes et jardins du MOYEN AGE, EDIPSO EDITION, 1996
« Les Romains consommaient les cormes blettes, les conservaient dans le marc de raisin ou les séchaient afin de s’en servir comme nourriture des hommes et des chevaux durant tout l’hiver. Ils dispersèrent la culture du cormier au temps de leur empire dans toute l’aire européenne de culture de la vigne, zone où sa plantation a continué d’être recommandée à la fin du VIIIe siècle par le Capitulare de villis.»
In : https://leschroniquesduvegetal.wordpress.com/2020/10/07/le-cormier-un-arbre-au-passe-glorieux-entre-autres-meunier-a-replanter/
Marie-Pierre Ruas signale le cormier : Les fruits de la romanisation
« En France, les principales espèces fruitières cultivées avérées apparaissent tardivement par rapport à la pratique plurimillénaire de la céréaliculture. A partir du 1er siècle de notre ère, les découvertes de restes de fruitiers se multiplient et les spectres taxinomiques se diversifient. Onze espèces s'ajoutent au cortège parmi lesquelles 9 sont exotiques : Groseiller rouge et Azerolier d'une part, et surtout Dattier, Mûrier noir, Cormier, Prunier myrobolan, Prunellier doux (Prunus spinosa ssp. fruticans), Abricotier, Pin pignon, Melon et Gourde calebasse. Les espèces attestées aux époques antérieures (Amandier, Pêcher, Pruniers, Cerisiers, Pommier, Poirier) deviennent plus fréquentes. Le Grenadier et le Cognassier demeurent encore rares parmi les vestiges carpologiques.»
In : Éléments pour une histoire de la fructiculture en France : données archéobotaniques de l'Antiquité au XVIIe siècle , Actes du Ve Congrès international d'Archéologie Médiévale (Grenoble, 6-9 octobre 1993), Marie-Pierre Ruas, Actes des congrès de la Société d’Archéologie Médiévale Année 1996 5 pp. 92-105 - in : https://www.persee.fr/doc/acsam_0000-0000_1996_act_5_1_1099
Le cormier : synthèse
Michel Chauvet décrit le cormier dans son « encyclopédie des plantes alimentaires », Editions Belin, 2018.
« biologie - Michel Chauvet signale que c’est un arbre à écorce écailleuse et rameaux glabres. Ses feuilles sont à 9-21 folioles oblongues ou lancéolées, de 2 à 8 cm de long, à bord denté, pubescentes à l’état jeune puis glabres. Ses fleurs sont en grappes pyramidales. Variétés - Michel Chauvet indique qu’on ne connait pratiquement pas de cultivars proprement dit de cormier, mais deux types, l’un a fruit en forme de pommes, l’autre à fruits en forme de poires. Histoire - Michel Chauvet rapporte que le cormier est répandu depuis le Caucase, la Turquie et la Crimée jusque dans le sud de l’Europe et l’Afrique du Nord. Il est difficile de savoir où il est spontané, car il a été cultivé depuis la plus haute antiquité. Vers le nord, il a été diffusé dès l’Empire romain pratiquement dans toute l’aire de la culture de la vigne, y compris dans le sud de l’Allemagne. Théophraste le différencie de l’alisier « par les fruits qu’ils portent, tantôt ronds, tantôt ovoïdes. Il se différencient également par leur saveur : en général les ronds sont plus parfumés et plus doux. Les ovoïdes souvent acides et moins parfumés ». Les cormes cultivées par les grecs étaient aussi couramment cultivées par les romains. […] Au Moyen-Âge, les sorbarios font partie des arbres dont la plantation est prescrite par le Capitulare de villis.
De nos jours, les cormiers ont pratiquement disparu des forêts, et ne sont plus plantés dans les jardins. Il subsiste çà et là de grands arbres qui suscitent l’étonnement du promeneur. […] La disparition du cormier à plusieurs causes, dont la lenteur de sa croissance et la difficulté de sa multiplication. Mais la raison principale réside plutôt dans l’évolution du marché des fruits ; nous avons maintenant un grand choix de fruits en hiver, et les cormes, tout comme les nèfles, avaient pratiquement colle seul intérêt de se conserver longtemps au fruitier. […] Usages - Les cormes sont riches en tanin. Leur astringence « étire la bouche au-delà des oreilles » de ceux qui en mangent, selon un dicton du Palatinat. Elles étaient donc rarement consommées crues, et seulement après blettissement. Leur usage était la fabrication de boissons fermentées comme le cormé en Bretagne… Les cormes ont pu également être transformées en gelée, servir d’ingrédient en cuisine, ou conservées en saumure[…] ou entrer dans les confiseries. Le bois de cormier est apprécié en ébénisterie comme bois précieux et dur.[3] »
Extraits du Traité du Cormier avec l’aimable autorisation d’Evelyne Moinet.
« Fruit d’une longue enquête menée avec rigueur et persévérance par des bénévoles sarthois amoureux des arbres, cet ouvrage abondamment illustré apportera à toutes ces questions des réponses inédites et surprenantes. Il vous guidera le long des haies et chemins des campagnes et vous présentera les cormiers remarquables et leur histoire dans la Sarthe, alentour et plus loin encore.» S.E.P.E.N.E.S.[4]
« DANS LA SARTHE Arbres indicateurs L’étude des noms de lieux montre que l’arbre a été volontiers utilisé comme marqueur d’espace et comme repère géographique, ceci depuis la colonisation celte. A ce titre, le dépouillement du Dictionnaire topographique de la Sarthe10, publié en 1950, est riche d’indications. Nous avons relevé et comptabilisé 1896 noms de lieux (toponymes) trouvant leur origine dans un nom d’arbre. L’analyse de la fréquence des essences utilisées comme marqueurs d’espace révèle que le Cormier se situe au quatrième rang (avec 184 toponymes), après le Chêne (453), l’Aulne (267) et le Bouleau (241). Ce quatrième rang est inattendu pour une essence fruitière qui fut plantée : elle n’est pas spontanée comme le Chêne, l’Aulne et le Bouleau. C’est la preuve, s’il en était encore besoin, de sa place de choix dans l’économie rurale sarthoise passée et depuis fort longtemps. Sa présence toponymique est d’ailleurs attestée très anciennement en Sarthe dès le IVe siècle avec le village de Cormes, près de La Ferté-Bernard. Au XIe siècle (1075), un toponyme « Cormier » est attesté à Saint-Symphorien. La consultation des plans cadastraux indique que dans leur très grande majorité, les toponymes sarthois du cormier existaient déjà au début du XIXe siècle mais il est difficile d’établir à quelle période remonte leur formation. [5]»
Pour découvrir la suite de l’histoire du cidre et du cormé, je vous invite à lire le traité du cormier [6]édité par la S.A.P.E.N.E.S. et le livre des croqueurs de pommes des collines du Perche édité en 2008.
Diffusion et reproduction interdite sans l’accord des auteurs cités
Crédit aquarelles ® Dominique Mansion 2011
Un cormier sur la commune de Beauche sur l’indication de Jacky Vigneron
Le Cormier vient des pays du sud de l’Europe. Il a connu le « petit âge de glace », pourrait-il à nouveau se propager du fait du réchauffement climatique en cours ?
Frère Dany en 1571 (publication de son opus rédigé en 1540) mentionne le cormier dans son traité d’arboriculture.
« Le premier chapitre qui traite comment on doit s’occuper de pépinières de pommiers, poiriers, pruniers & cormiers. Pour faire pépinières de poiriers, pruniers & cormiers, il faut premièrement avoir un grand carreau ou planche. Frère Dany explique comment on doit accoutrer le marc des fruitiers ; comment il faut prendre les pépins à l’issue du pressoir ; comment on doit faire la guerre aux pépins sans marc ; comment on doit garder les poulailles de gratter le « gueret[1] » ; comment on doit arracher les sauvageons ; traité sur les batardière de petits sauvageons ; sur le gueret pour rayonner les petits sauvageons , comment il faut arroser quand il fait chaud ; comment on doit replanter ; quand il est temps de les transplanter ;
Au regard des petits cormiers il ne faut l’enter, car il croit qu’on n’y gagnerait rien , mais seulement, les arracher de la batardière quand ils seront gros comm des bâtons & les ébranchez & portez planter où vous voudrez qu’ils demeurent. […].[2]»
Olivier de Serres le mentionne cinquante années plus tard dans son théâtre d’agriculture :
« Bien que la corme ne soit fruit rare, il abonde partout, venant même naturellement par les forêts agrestes, si ne sera-t-il mal à propos, pourtant, de mettre dans le verger quelque petit nombre de cormiers, qui tant meilleur fruit rapportera, que plus curieusement seront cultivés. Les cormes sont aussi appelées, sorbes, du mot Latin, Sorbus, & leur arbre, Sorbier. Le cormier ou Sorbier sera planté en même temps, en même lieu, sous même air que le pommier. De l’enter ne se faut mettre en peine, pour le peu d’avantage qu’il y aurait, car pour avoir de belles Cormes, il ne faut qu’en bien cultiver les Arbres.
N’est besoin d’enter les Cormes
Non plus « surice » lui se soucier d’insérer aucun autre fruitier, pour la dureté de son bois rendant difficile l’enter, & douteuse la reprise du greffe. Il y a Cormier mâle, & cormier femelle. Celui-ci, est seul fertile, l’autre ne faisant aucun fruit. Aussi différentes par entr’elles sont les Cormes, dont les meilleures sont les presque rondes n& mousses du côté de la queue ; les pointues par tel endroit, est tant estimées sauvages, & les autres de frenche condition, bien que toutes viennent sans artifice, comme a été dit.
Pour cueillir les Cormes, n’en faut attendre la maturité, ainsi il convient les tirer de l’Arbre étant encore jaunes & dures pour les faire achever de murir sur la paille, où seront tenues étendues jusqu’à ce point-là, qui sera lors, que devenues noires & molles, se pourront manger, & ce sera dans peu de temps, ce fuit ne souffrant la longue garde.
Leur utilité
Les Cormes avant leur maturité, coupées, & séchées au soleil ou au four, sont facilement réduites, en farine, moulues avec le blé pour le pain du ménage, auquel ce fruit est utile : tant pour allongement, que pour abattre la malignité de l’ivraie. Aussi s’en fait de la boisson, qu’en défaillant les raisins on l’emploie avant sa maturité encore jaune, comme en tel cad l’on fait des Pommes et poires.[3] […]
Des semences des Cormiers
Toute autre semence d’Arbres sauvages, est grosse, excepté celle des cormiers, des ormes, & de quelques autres. Car ce sont châtaigne, gland & noyau, qu’on met en terre, au rayon ouvert ou à la fiche, comme a été dit. Pour la grandeur de ces semences-ci, on ne remuera les Arbrisseaux en la batardière, si ainsi on se résout, ainsi ce sera en la pépinière même, qu’on achèvera de les élever jusqu’au point d’être propre à être logés : pourvu qu’on les sème assez au large & raisonnablement profond, pour prendre bon fondement. Cette profondeur sera d’environ demi pied & à ce que la semence ne soit étouffée par la pesanteur de la terre, le rayon sera achevé de remplir, qu’au préalable les jetons ne soient sortis à l’air & lors en les chauffant, cela se fera commodément.
Comment faire enraciner les branches à ce propos
Les branches enracinables, seront posées en la batardière, comme celle des fruitiers, & de même gouvernées pour en avoir des Arbres par quel moyen, & le précédent des semis en très grande quantité d’Arbres de plusieurs espèces, pour remplir vos forêts & taillis, dont pourraient choisir le plant qualifié ainsi qu’il appartient, sans être contraint d’employer un seul arbre qui ne vous agrée, tant en abondance, voire pour rendre votre provision inépuisable, comme fontaine pérenne si provignés les Arbres provignables à l’usage d’aucun du verger.
Distinguer les races pour loger les arbres selon leur naturel
La distinction des races des Arbres, & en la pépinière & en la batardière, est nécessaire, pour leur avancement : chacun se trouvant mieux avec son semblable, que s’ils étaient confusément mélangés.
Diversement les conduire à la serpe selon ce quoi ils sont destinés
Aussi distinctement maniera-ton à la serpe les Arbres sauvages , c’est à savoir, en tenant curé le pied de ceux qu’on destine à la forêt : & bien peu toucher aux autres pour le Taillis, lesquels n’aient besoin que de branchage, suffit qu’on leur laisse le tronc, seulement pour sortir de terre : dont ils s’avancent d’autant plus, que moins de temps ils emploieront à se rendre replantables, au respect de ceux de la forêt, qui ne peuvent qu’avec le temps, avoir la tige tel que de besoin.
Après avoir apprêté la matière des bois, convient l’employer. En deux manières principales, cela se fait, comme a été touché, en Taillis & en Forêts. Pour l’avancée secours des Taillis, c’est à telle forte de Bois que premièrement qu’on s’emploie, attendant plus ample service du lent accroissement des Forêts.
Le Taillis vient dans peu de temps
Toutes sortes de Boid désirent d’être exemptés du ravage des bêtes, en leur commencement. Par quoi, curieusement il convient de clore les jeunes Arbre, à ce qu’aucun bétail nuisible n’y ait accès : de l’importunité duquel, par ce moyen, non seulement l’on les préférera, ainsi du mal que le trop grande fréquentation des hommes, apporte aux nouvelles plantes, dont le souvent les fait avorter, & en suite mourir. [4]»
Au 19e siècle, Alphonse Du Breuil qui a exercé ses talents à Rouen au jardin des Plantes avec Girardin , évoque le cormier dans son ouvrage intitulé : Les Vignobles et les arbres à fruits à cidre. L'olivier, le noyer, le mûrier et autres espèces économiques, M. Du Breuil, Alphonse (1811-1890), Garnier frères (Paris), 1875 :
« Nous ne nous occuperons dans la première partie de ce traité que de la vigne et des arbres à fruits à cidre, tels que le pommier, le poirier et le cormier.[5]
Le cormier ou sorbier domestique (sorbus domestica, Lin.) est un arbre qui croît spontanément dans les forêts du centre et du midi de la France.
Sa végétation est assez lente ; il peut cependant acquérir de grandes dimensions.
On en a vu dans l'Anjou dont le tronc offrait 4m16 de circonférence sur 8m30 de hauteur ; l'ensemble de la tige s'élevait à 16 mètres. Mais, en général, le cormier ne dépasse pas les dimensions du poirier. Le fruit, qui présente la forme de petites poires et qui est réuni par grappes, est employé dans plusieurs contrées pour faire une sorte de cidre auquel on donne le nom de cormé. Cette boisson est de moins bonne qualité que le cidre de pommes ou que le poiré ; elle se conserve aussi moins longtemps, mais elle n'en a pas moins d'importance pour les localités où l'on cultive cet arbre, dans les années où les autres fruits sont peu abondants.
[2] In : L'Art & maniere de semer, et faire pepinieres de sauvageaux, enter de toutes sortes d'arbres, & faire vergiers . Ensemble un petit traicté contenaut plusieurs inventions nouvelles. Le tout rédigé... par Frère Dany, Brossard, Davy, E. Gibier (Orléans), 1571 – in : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k318036b/f27.item
[4] Olivier de Serres, Le Théâtre d’agriculture et ménage des champs, Jamet-Métayer, 1600, p. 791.
[5] Les Vignobles et les arbres à fruits à cidre. L'olivier, le noyer, le mûrier et autres espèces économiques. Par M. Du Breuil, Alphonse (1811-1890), Garnier frères (Paris), 1875, p. 1.
Boite de Pétri, cormes en coupe, petits fruits et pépins - 2026 avec le concours d'Evelyne Moinet
Boite de Pétri de confiture de cormes fabriquée dans le Perche
Du Breuil poursuit :
On consomme aussi les cormes à l'état frais lorsqu'elles sont blettes. Enfin le bois du cormier est très-recherché pour la gravure "en relief et pour l'ébénisterie.
- Variétés. — On connaît plusieurs variétés de cormiers, parmi lesquelles nous citerons particulièrement les suivantes: Cormiers à fruits roses. — Fruits moyens, turbinés.
- à fruits rouges. - Fruits moyens, arrondis.
- « fruits gris. - Fruits moyens, oblongs.
- à gros fruits-roses. - Fruits gros, turbinés.
- - rouges. - Fruits gros, arrondis.
- — gris. — Fruits gros, oblongs.
— a fruits blancs. Fruits moyens.
— à fruits bruns, - Fruits moyens.'
La variété à gros fruits rouges est la plus estimée et donne le produit le plus élevé.
Climat et sol. — Le cormierredoute les climats rigoureux ; c'est un arbre qui appartient surtout à la région de la vigne. Aussi sa culture est-elle particulièrement répandue sur quelques points du Midi, dans l'Anjou, lePoitou, une partie de la Bretagne et dans quelques localités de l'est de la France.
Quant au sol qu'il préfère, on le voit surtout prospérerdans les sols siliceux un peu frais. Il s'accommode aussi,mais moins bien, des terrains siliceux, pierreux les plussecs, et même des sols calcaires. Dans les terrains richeset substantiels, sa végétation est plus vigoureuse, mais ilest moins fertile.
Culture. — Multiplication. — Le cormierpeut êtreobtenu franc de pied, soit au moyen de jeunes sujets re- cueillis dans les bois, soit, ce qui est préférable, au moyende semis de pepins faits en pépinière. Mais, outre que l'on n'obtient ainsi que très lentement de jeunes arbrespropres à être plantés à demeure, on n'est jamais certainde la qualité des variétés ainsi obtenues. Aussi est-ilpréférable de multiplier cet arbre au moyen de la greffe,en se servant, comme sujet, du poirier ou de l'aubépine.
Les autres soins de culture sont en tout semblables àceux que nous avons indiqués pour le pommier et le poirier.
Rendement. — Le cormier se met à fruit plus lentement que le pommier et le poirier. Ce n'est qu'à l'âge de 20 à 25 ans que son produit commence à avoir quelque importance. A cet âge, ce produit peut s'élever à environ 3 hectolitres de fruits par arbre. Mais, ce produit augmentant à mesure que l'arbre avance en âge, il finit par s'élever en moyenne à 6 hectolitres.
Certains arbres, qui ont acquis un développement exceptionnel, ont donné parfois jusqu'à 10 hectolitres de fruits. N'oublions pas de dire toutefois que la fructification du cormier est soumise, comme celle du pommier et du poirier, à une sorte d'intermittence, et qu'il ne donne une récolte abondante que tous les deux ans. Le prix des cormes fraîches varie entre 6 francs et 20 francs l'hecto- litre, suivant la rareté du vin dans la contrée.
Récolte et mode d'emploi. — On fait la récolte des cormes de la même façon que celle des pommes et des poires. L'époque de maturité est indiquée par la chute spontanée des fruits, ce qui a ordinairement lieu au moment des vendanges. La récolte étant terminée, on rentre les cormes dans un endroit sec et aéré où on les étend en couches peu épaisses pour qu'elles achèvent de mûrir.
Dès qu'elles ont pris une teinte jaunâtre et qu'elles commencent à blettir, on procède à la fabrication du cormé.
On peut employer pour cela l'un des deux procédés suivants :
Le premier moyen consiste à employer les cormes fraîches. A cet effet on en met 2 hectolitres dans une barrique de la contenance de 3 hectolitres et l'on achève de remplir avec de l'eau. Après quelques jours de fermentation, on commence à consommer cette boisson, et l'on remplace par de nouvelle eau le liquide que l'on tire de la barrique.
Cette quantité de cormes peut fournir ainsi l'équivalent de 12 hectolitres d'une boisson asse7, forte.
Le second mode d'emploi consiste à faire sécher les cormes, en les plaçant sur de petites claies qu'on introduit dans le four après en avoir retiré le pain. Cette opération, répétée trois ou quatre fois, donne à ces fruits un degré de dessiccation tel qu'on peut ensuite les conserver indéfiniment en les réunissant dans des tonneaux bien fermés et placés dans le cellier. Elles ont perdu alors le: 2/5 de leur volume.
Lorsqu'on veut en faire de la boisson, on les fait tremper pendant une journée dans de l'eau tiède. On les jette ensuite dans une barrique qu'on remplit d'eau, et cela dans la proportion de 80 litres de cormes sèches pour 3 hectolitres d'eau. On commence à tirer au bout de quinze jours, et l'on ajoute successivement la même quantité d'eau que pour les cormes fraîches. » [Du Breuil, 1875]
Cormiers à Igé - Perche ornais - mai 2026
Des cormiers sont plantés depuis plusieurs années notamment grâce au concours de l'association sorbus domestica : https://www.cormier-sorbusdomestica.com/
Le cormier dans le Perche
« Le Cormier, arbre en voie de disparition
Cet arbre remarquable se retrouve à divers endroits de Val-au-Perche. Avec son tronc gris brunâtre, n'hésitez pas à aller l'admirer. Il se rattache au patrimoine percheron, témoin de son histoire.
Les fruits du cormier ressemblent à des petites poires, qui ne seraient pas mûres - Par Hugo Deshors.[Deshors, 2017, Actu.fr]
« Après la découverte de la plante rare, la Corydale solide, nous nous intéressons à un autre élément du patrimoine naturel : le Cormier.
Un spécimen au Theil-sur-Huisne : Cet arbre remarquable est une espèce méridionale originaire du sud de l’Europe, contrairement au sorbier des oiseleurs.
Au temps de l’empire romain, il a été dispersé dans notre pays. Rustique, il croît dans la plupart des os, notamment dans les sols calcaires. Il lui faut de la lumière. Il supporte difficilement le voisinage des autres arbres.
En mai, le Cormier se couvre de fleurs blanches « crème » que visitent les abeilles attirées par leur riche nectar ; elles sont hermaphrodites.
Sur le territoire de Val-au-Perche, vous pouvez en admirer un spécimen au lieu-dit du Chêne Vert sur la commune déléguée du Theil-sur-Huisne.
Il suffit de descendre le chemin qui conduit à l’Etang-Bouillon, il se trouve à l’entrée du chemin qui va à la ferme.
Comment le reconnaître ?
Son houppier (NDLR : constituée de l’ensemble des branches situées au sommet du tronc) est ovale, assez clair, puis étalé. Son tronc, gris brunâtre, se fissure au bout de sept ans et présente des écailles rectangulaires.
Ses feuilles sont composées de 11 à 21 folioles qui ne sont dentées que sur les deux tiers de ses bords supérieurs ainsi que les folioles du sorbier des oiseleurs sont entièrement dentées.
Comme des petites poires : Ses fleurs avec cinq pétales blanc crème sont groupées en corymbes ordorantes.
Ses fruits ressemblent à des petites poires qui ne seraient pas mûres. Elles se consomment lorsqu’elles sont blettes à la manière des nèfles ; on peut alors les manger fraîches, séchées, faire des compotes, des confitures, de la liqueur.
Illustrés dans Le Banquet de Platon, ces poirillons auraient été appréciés des Grecs dès l’Antiquité. Cependant, leur saveur légèrement acide n’est pas du goût de tous.
Utilisation et histoire : Son bois très dur, au grain compact est employé pour réaliser des gravures, des outils de menuisier, des règles.
Autrefois, il était cultivé en tant qu’arbre fruitier, ses cormes étant très appréciées avant que les pommes et les poires ne prennent place dans nos corbeilles.
Les Romains les faisaient fermenter pour en tirer une boisson ressemblant au cidre.
Les noms de lieux montrent que cet arbre est utilisé comme marqueur d’espace, comme la rue du Cormier au Theil-sur-Huisne…Un certain nombre de famille dérive probablement du lieu d’origine de la famille, à Ceton, La Rouge, Le Theil-sur-Huisne ou Saint-Germain-de-la-Coudre.
Ailleurs qu’au Theil-sur-Huisne, il est possible de découvrir un autre Cormier sur la route d’Avezé.
Un autre est visible à Mâle, en bordure du chemin de randonnée au lieu-dit Le Terrier.
Le Cormier se rattache au patrimoine local, témoin de l’histoire. Pour connaître un peu plus l’univers du Cormier, lisez l’ouvrage d’Evelyne Moinet : « Le traité du Cormier » à la médiathèque du Val d’Huisne.» [Deshors, 2017, Actu.fr]
A la Maison du Parc à Courboyer- Nocé
« Concernant le cormier de Courboyer, cet arbre a été planté le 17 novembre 2018 (lors d'une journée à thème consacrée au cormier) aux abords du manoir, à proximité de l'espace de jeux pour les enfants. Il est facilement trouvable (près d'un cerisier et une pancarte signale sa présence). Il est âgé d'environ une dizaine d'année, il a été donné par un pépiniériste en retraite investi dans l'association Cormier Sorbus domestica récemment constitué avec un travail de partenariat avec le Parc du Perche. »
( Correspondance avec Delphine Chapon, PNRP, 2019]
« On le fabrique de deux façons par des procédésanalogues à ceux employés pour faire le cidre, ou bienencore en plaçant les cormes dans un tonneau, y introduisant de l'eau et ne soutirant qu'après la fermentation terminée. On n'est pas d'accord sur le degré de maturité que les cormes doivent avoir atteint avant d'être employées. Les uns veulent qu'on leslaisse mollir sur la paille, les autres, au contraire,disent qu'il faut les broyer ou les mélanger à l'eau,aussitôt qu'elles prennent une belle couleur dorée.
Le cormé est une boisson très capiteuse, âpre etpeu agréable ; son usage n'est pas nuisible, on s'ensert principalement pour donner un peu de force auxcidres ou poirés faibles. Le cormé n'est pas de garde,et il faut le consommer dans l'hiver qui suit sa fabrication ou brassaison.
Cette boisson peut être une ressource précieuse dans certaines localités.
On peut aussi distiller le cormé et en faire de l'eau-de-vie ; il donne encore du vinaigre par sa fermentation acéteuse. [1]»
[1] In : Nouveau Manuel complet de la fabrication des vins de fruits, du cidre, du poiré, des boissons rafraîchissantes, des bières économiques et de ménage... / trad. de l'anglais de Accum, par MM. G** et Ol** (Guilloud et Ollivier) ; ref. et considérablement augm. par M. F. Malepeyre 1851 (Gallica-BNF) Identifiant : ark:/12148/bpt6k205899r
Ce que nous raconte le producteur de cormé, Eric Bordelet de l'Orne.
« Le cormé est une boisson attestée dès que le 15ème siècle, notamment dans l'ancienne province du Maine, région de l'ouest de la France englobant largement les départements de la Mayenne et de la Sarthe. Le nom Cormier proviendrait du gaulois "curmi" boisson fermentée, telle la Cervoise. Au sud de la Loire, cet arbre est appelé Sorbier, du latin "sorbere" boire, les fruits sorbes. C'est le seul arbre sauvage qui produit des fruits consommables en grande quantité.
Le Cormier, rustique et longévif, possède un bois d'exception dur et résistant. Il était utilisé pour fabriquer les outils de menuisier ou les dents d'engrenage des moulins. Les nombreux Monsieur et Madame Cormier lui doivent leur nom de famille.
Usages
Fruit du cormier, le Cormé a été produit artisanalement jusqu'aux années 50. Il servait de boisson familiale dans la province du Maine, mais aussi dans d'autres régions françaises et en Europe. Il était considéré comme "vin fruitier", boisson fermentée fabriquée à partir d'un végétal susceptible de produire une fermentation. Les vins fruitiers, comme le cidre, le poiré ou bien le Cormé, étaient consommés purs ou coupés d'eau, notamment chez les populations les plus pauvres. Ils étaient réputés moins nocifs pour la santé que le vin de raisin.
Les cormes pouvaient être employées seules ou en mélange avec d'autres fruits comme la pomme ou la poire. Elles étaient aussi directement ajoutées à des boissons déjà prêtes comme le cidre ou le vin pour favoriser leur conservation ou renforcer leur teneur en alcool. Les cormes étaient utilisées pour produire de la "goutte" de corme (eau de vie, distillation après fermentation jus) » [Eric Bordelet, 2026]
In : https://ericbordelet.com/corme.html#styles
Pour poursuivre la lecture de la littérature sur le cormé, nous vous proposons de consulter l'ouvrage de Louis Dubois qui décrit les variétés du cormier en 1804 :
Ses principales variétés sont le cormier franc, le cormier à fruit forme de poire , le cormier à fruit en forme d’œuf, le cormier à fruit rouge, le cormier à fruit rougeâtre , le cormier à petit fruit rouge , le cormier fruit très-petit, le cormier du Levant à feuille de frêne , le cormier du Levant à gros fruit jaunâtre , et le cormier sauvage ou sorbier des oiseaux.
Il explique la méthode pour faire du cormé :
Cormé. La corme sert à faire une espèce de cidre qui a moins de qualité et qui se conserve moins que ceux de pommes ou de poires ; il est aussi un peu moins agréable. On ne peut guère s’en servir que pendant l’hiver qui suit sa brassaison. Pour faire le cormé , on choisit des cormes avant qu’elles soient molles : elles doivent être jaunâtres seulement, avoir le pépin brun-foncé et la saveur assez douce. On les jette dans un tonneau rempli d’eau de marre jusqu’au tiers ou à la moitié, suivant qu’on veut donner plus ou moins de force à la liqueur. Les cormes occupent alors moitié ou deux tiers de l’espace du vaisseau. On le laisse débondé jusqu’à ce que la fermentation tumultueuse ait cessé. Alors on le ferme bien avec la bonde, et au bout de huit à dix jours la boisson est potable. C’est une espèce de cidre acidulé, assez agréable, fort capiteux, et dont l’usage n’est pas nuisible.
in : Du Pommier, du poirier et du cormier... par Louis Dubois,.... Partie 2 Du Bois, Louis-François (1773-1855), A.-J. Marchant (Paris), 1804 - Notice d'ensemble : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb30359134 - In : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t54077591/f165.item
Louis Dubois est bibliothécaire à Alençon, Sous-préfet à Vitré
Après des études au collège de Lisieux et des études de droit, il s'enflamme pour la Révolution et entre au club des Girondins de Lisieux. A Paris en 1792, se lie avec Rouget de Lisle et rédige le "couplet des enfants" de la Marseillaise. En 1794 est chargé par la Convention de recenser les livres confisqués aux couvents et il devient sur concours bibliothécaire de l'Ecole centrale de l'Orne en 1799. Secrétaire du préfet de l'Orne, en 1805 puis 1812, il sera sous-préfet de Bernay en 1830, de Vitré en 1833, de Chateaulin en 1839. Il termine comme secrétaire aux Archives nationales en 1844. Il reprend ses travaux d'histoire et de langue jusqu'à sa mort.
Membre de l'Académie celtique, il était aussi membre de la Société d'émulation, d'Alençon, correspondant de la Société d'Encouragement pour l'industrie nationale à Paris, membre associé de la Société Littéraire de Bourges, de l'Académie des sciences de Caen et de la Société d'Agriculture et de Commerce de Caen, membre du CTHS. In : https://cths.fr/an/savant.php
et aussi le Théâtre des jardins de Claude Mollet :
CHAPITRE XII. : Commee il faut élever les Mefliers ou Neffliers , Alisiers , Cormiers, Noisettiers, Amendiers, Noyers. in : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k8720163q/f94.item
ou encore :
Ethnobotanique et conservation génétique : l'exemple des arbres fruitiers
in : https://www.persee.fr/doc/jatba_0183-5173_1981_num_28_2_3836
Etat des lieux
en 2013
comme nous pouvons le constater sur la carte ci-dessous, la limite nord du cormier se situe au nord du Perche, passant du Sud Bretagne à la Lorraine et à l'Alsace.
Aujourd’hui DoForChange[2], est un projet transdisciplinaire à propos « des forêts domestiques en transition : repenser la résilience et la gouvernance d’une interface socio-écologique en changement
Le projet DoForChange s’inscrit dans une démarche inter- et transdisciplinaire :
Comprendre les interactions socio-écologiques entre agriculture et forêts domestiques ;
Faire dialoguer les acteurs agricoles et forestiers afin d’identifier des opportunités socio-économiques ;
Contribuer à la conservation génétique et à l’adaptation de ces forêts dans un contexte de changement climatique.
Trois espèces emblématiques servent de fil rouge au projet dont le cormier (Cormus domestica) en France, au potentiel forestier et agroforestier croissant, mais menacé sur le plan génétique. »
4 - Culture des pommiers et fabrication du cidre dans le Perche depuis le 11e siècle
Les abbayes et les prieurés jouent un rôle dans la gestion de premiers vergers.
La viticulture, au temps de la période d’un réchauffement climatique qui a duré près de deux siècles au Moyen-Âge, a été favorable aux moines qui fabriquaient aussi de la bière avec de l’orge et du houblon qu’ils faisaient venir d’ailleurs. Le peuple buvait de la cervoise mais pas encore du cidre.
Pomarium vergers de l’Abbaye de la Trappe
Le Perche : ce que l'on sait à propos de l'implantation des premiers vergers dans les prieurés du Perche pour l’abbaye de Marmoutier au 12e siècle.
Dans le Perche sarthois et vendômois, le prieuré de Saint-Avit dépendait de l’abbaye de Saint Calais fondée au 7e siècle. (On n’y faisait pas encore du cidre).
Dans l’actuel Perche ornais, ce furent les Comtes de Rotrou qui fondèrent des prieurés. L’abbaye de Saint-Denis a fondé quant à elle le prieuré de Sainte Gauburge.
Dans le Perche Sarthois et vendômois, l’abbaye de Saint-Calais (actuelle Sarthe) édifia le prieuré de Saint-Avit (actuel Loir et Cher).
Du pomarium monastiqueau verger des manoirs, une longue évolution
« le prieuré centre d’exploitation rurale.
Le domaine du prieuré comportait des pâturages et des terres où étaient cultivées des céréales (blé, orge, seigle, avoine) et de la vigne. Des jardins et des vergers complétaient ces cultures.[1] »
Odile Gantier, 1959
Dépendances de l’abbaye de Marmoutiers de Tours (200 prieurés)
« Après son élection à l’évêché de Tours, Saint Martin fonde l’ermitage de Marmoutier au bord de la Loire dans un site particulièrement remarquable à l’est de la ville : il est enclavé entre le coteau et un méandre de la Loire et Sulpice Sévère qui fut le disciple et biographe de Saint Martin met l’accent sur l’isolement et la difficulté d’accès. Pourtant le lieu fut occupé dès le Ier siècle de notre ère. La falaise offre un abri aux frères qui suivent Martin dans cet ermitage qui devient la première abbaye d’occident. Dès le 6e siècle, le grand développement de l’ermitage est attesté par son nom même (Majus monasterium).
Les sources écrites sont très rares entre la fin du VIe siècle et la fin du Xe siècle mais l’archéologie prouve la continuité d’utilisation du site avant que ce dernier n’entre dans sa période de très grande expansion à partir du 10e siècle: Marmoutier restauré sous l’influence de Cluny connut à nouveau un grand rayonnement d’abord sous l’impulsion des comtes d’Anjou puis des rois de France.[2] »
Les dépendances de l’abbaye de Marmoutiers furent :
En Eure et Loir et aujourd’hui dans le Perche eurélien : prieuré Saint-Martin-de-Chemars de Châteaudun ; porte du Perche d’Eure-et Loir ; prieuré de Chuisnes ; porte du Perche d’Eure et Loir, près Friaize ; prieuré Saint-Martin de Dangeau ; dans le Perche d’Eure et Loir près de Brou ; prieuré Saint-Nicolas de Fréteval ; Perche d’Eure et Loir ; prieuré Saint-Maurice de Montigny-le-Gannelon ; Perche d’Eure et Loir nord de Cloyes ; prieuré Saint-Nicolas du Puiset[3] ; Perche d’Eure et Loir près de Châtillon-en-Dunois ; prieuré de Saint-Ange-et-Torçay[4] ; porte du Perche d’Eure et Loir au nord-est de Maillebois ; prieuré de Saint-Hilaire-sur-Yerre[5]. Perche d’Eure et Loir au nord de Cloyes .
Donation de Rotrou, comte du Perche : abbaye de Thiron-Gardais[6] : C’est au XIIe siècle que Bernard de Ponthieu, fondateur de l’ordre de Tiron, construit une abbaye en plein marécage grâce à une donation de Rotrou, comte du Perche. Tiron fait partie des premières abbayes « rurales » qui ouvrent l’ère du renouveau monastique en Europe.
En Sarthe et aujourd’hui dans le Perche sarthois: prieuré Saint-Guingalois[7] de Château-du-Loir (non loin de la SER, sulvoecorégion du Perche) ; prieuré Saint-Martin de Louvigny ; sud de la forêt de Perseigne ; prieuré de Saint-Célerin ; dans le Perche sarthois ; prieuré Notre-Dame de Torcé-en-Vallée ; sous Bonnetable en Perche sarthois ; prieuré Saint-Hippolyte[12] de Vivoin . Entre Fresnay et Mamers ; prieuré de Trôo [8]
En Loir-et-Cher et aujourd’hui dans le Perche Vendômois : prieuré Saint-Nicolas-de-Villeberfort de Conan[9] ; au sud de la forêt de Marchenoir ; prieuré Saint Martin de Lavardin[10] ; au sud du loir et du Perche vendômois ; prieuré Notre-Dame de Morée[11] ; Porte du Perche près de Fréteval. Au Moyen Âge, Saint-Avit-au-Perche est un prieuré de l'abbaye de Saint-Calais[12], fondée par le compagnon d'Avit[13].
« Avit est né en Auvergne, au commencement du VI° siècle. […]Il semblerait cependant qu'il soit mis dès l'enfance au monastère de Menat (Puy de Dôme). Il y rencontre Calais qui l'accompagnera par la suite et qui est à l'origine de l'abbaye de Saint-Calais. Pour se perfectionner dans l'amour de Dieu, Avit et Calais décident de s'éloigner de leur monde. Les deux amis viennent à Micy, du côté d'Orléans, […] pour se mettre sous la direction de saint Mesmin. Ils restent quelques années dans le monastère fondé par celui-ci. Ce monastère est une pépinière d'anachorètes qui sont venus se retirer dans notre région, sorte de désert vert, et qui viendront fonder les premières paroisses autour de leur cellule, comme saint Almyre à Gréez sur Roc, saint Ulphace, saint Bomer, saint Lubin, saint Laumer, tous installés sur les confins du canton de Mondoubleau.
[3] Prieuré du Puiset. — La présence du fonds du prieuré du Puiset (Eure-et-Loir, arr. Chartres, cant. Janville) dans les archives du Loiret n'est pas moins anormale, mais elle tient à une autre cause ; elle provient d'une erreur commise par les agents chargés du triage des titres sous la Révolution. Le prieuré du Puiset, au diocèse d'Orléans, archidiaconé de Beauce, dépendait, comme Saint-Martin-au-Val de Chartres, de l'abbaye tourangelle de Marmoutier. C'est à Chartres, non à Orléans, que l'administration départementale d'Indre-et-Loire aurait dû envoyer le chartrier du Puiset ; mais, de ce que le Puiset était une paroisse de l'ancien diocèse d'Orléans, le Directoire d'Indre-et-Loire en a conclu à tort qu'il appartenait au département dont cette ville était devenue le chef-lieu. Le chartrier du Puiset ne possédait qu'un acte de souverain antérieur au xive siècle ; c'est un diplôme de Philippe Ier, confirmant les donations faites par Hugues, seigneur du Puiset, à l'église de Saint- Martin, et aux chanoines que celui-ci y avait établis. Il ne nous a été conservé de cet acte qu'une copie contemporaine, unique base du texte que M. Soyer republie après A. de Dion (Étude sur le Puiset, p. 77) et M. M. Prou {Recueil des actes de Philippe Ie1, p. 181-182, n° LXXI). Le recueil est complété par un index dressé avec soin des noms de lieu et de personne. Lucien Auvray - In : https://www.persee.fr/doc/bec_0373-6237_1929_num_90_1_448871_t1_0177_0000_001
[4] In : Le canton de Châteauneuf a peu de chose à voir avec les limites de I ancien pays du Thimerais. Le pagus Theodemerensis, mentionné dès le commencement du Xle siècle porte un nom d'homme de l'époque mérovingienne. Il a été depuis lors presque jusqu’à sa réunion au domaine royal, maintes fois modifié selon les conquêtes et les partages. Entre la rédaction de la coutume (1552) et la fin du 18e siècle, le ressort du bailliage de Châteauneuf comprenait une centaine de paroisses (dont Brezolles La Ferté-Vidame, Senonches), estimation variable selon les contestations ou les appartenances partielles. Le château primitif, castrum Theodemerense, que l'on convient de placer à Thimert (mais il existe aussi un lieu dit Thimerais entre Blévy et Torçay) fut construit peu avant 1034 détruit par Henri 1er en 1057, et remplacé
[7] In : Eglise St Guingalois où Ronsard fut prieur. Crypte XIe, choeur gothique du XIIIe et nef lambrissée du XVIe. Orgues classées du XVIIIe (ne se visitent pas). Devenue église paroissiale à la Révolution, la Collégiale St Guingalois fut bâtie vers 1070 pour accueillir dans sa crypte les reliques de St Guénolé (St Guingalois) qui avaient été amenées à Château du Loir en 878 par des moines bretons fuyant les Vikings. Dévastée en 1051 puis cédée en 1067 aux moines de Marmoutier, l'église possède un beau choeur gothique du XIIIème et une nef lambrissée du XVIème. Le transept est du XIXème ainsi que le clocher. Les orgues sont classées et sont antérieures à 1719. A noter: Ronsard fut titulaire de la charge de Prieur de St Guingalois. in : https://www.vallee-du-loir.com/offres/eglise-saint-guingalois-montval-sur-loir-fr-585196/
[8] In : In : L'ancien prieuré de Trôo - Notre-Dame-des-Marchais Projet de Geoffroy Martel, XIIe siècle, le prieuré bénéficiait des dîmes de la Collégiale saint Martin de Trôo, des revenus de plusieurs chapelles et fut très bien géré par les abbés de Marmoutiers dont il dépendait. Lieu privé. Classé aux Monuments historiques. In : https://troo.fr/patrimoine-culturel/
[9] In : Le Prieuré-Saint-Nicolas-de-Villeberfol. Cne de Conan. Sextam partem sepulturae de Villa Berfodii, 1042-1061 (Cartularium Dunense, charte 106, p. 98) ; Quandam terram in Vindocinensi pago sitam quae vulgo appellatur Villa Berfordii, 1048-1052 (Cartularium Dunense, charte 107, p. 98, charte 108, p. 99) ; Sepulturam villae possessionis nostrae [Fulcradum de Vindocino], Berfodii nomine, in Vindocinensi sitae, quae ad ecclesaim sui juris appellatione Conon videtur perninere, 1050-1055 (Cartularium Dunense, charte 115, p. 108) ; Petrum de Montiniaco construendi capellam apud Villam Berfordii sive ligneam sive petrinam nobis permisso suo licentiam attribuisse, vers 1058 (Cartularium Dunense, charte 119) ; Cella de Vileberfo, in Blesensi, vers 1060 (Cartularium Dunense, charte 126) ; Nam illum qui tunc temporis inde erat, Hatonem videlicet monachum, 1084-1100 (Cartulaium Dunense, charte 57, p. – in : http://www.denisjeanson.fr/site_toponymie/lettre_p/lieux_prieure/prieure18cn.html
[10] In : Son installation, d’abord comme Prieuré Saint Gildéric, date de la première moitié du XIe siècle. À la fin du XIIIe, il sera reconsacré sous son nom actuel et abritera des moines jusqu’au XVIe siècle. Les guerres de religion, même entre Montoire et Lavardin, ont entraîné la destruction du château-fort actuellement en ruines, lequel surplombe majestueusement son ancien prieuré ! – in : https://prieuresaintmartin-lavardin.jimdosite.com/
[11] In : Prieuré bénédictin de Marmoutier, Fondé par Etienne II de Blois et Adèle son épouse
[12] Située aux confins sud-est du Maine, la ville de Saint-Calais doit son origine à un monastère fondé sous Childebert dans la première moitié du VIème siècle. Dès 616, l’Abbaye de Saint-Calais est considérée comme l’une des plus anciennes et des plus importantes fondations monastiques du Vendômois au Moyen-âge. La règle de Saint-Benoît y est adoptée dès 825.
Elle possède alors 247 000 hectares de terre et abrite plus de 300 moines. Au IXème siècle, le comte du Maine Herbert Eveille Chien, jaloux de la fortune de l’Abbaye autorise l’un de ses proches Guillaume à bâtir une motte féodale sur les hauteurs de la ville actuelle. En 1457, l’Abbaye et le moulin Ars sont occupés et incendiés par les Anglais. Elle se relève une première fois de ses cendres puis en 1562, les calvinistes l’incendient de nouveau. Cette fois la restauration est lente en raison notamment des difficultés économiques affectant l’Abbaye : in - https://www.saint-calais.fr/histoire/#:~:text=D%C3%A8s%20616%2C%20l'Abbaye%20de,abrite%20plus%20de%20300%20moines.
« Peu de temps avant eux, désirant toujours davantage de solitude, Avit se retire près de Cléry[…] . Une nuit en compagnie de Calais, il quitte le monastère et s'enfonce jusque dans les vastes solitudes du Perche, en suivant la voie romaine Orléans-Le Mans via Châteaudun. Il rencontre à deux kilomètres en amont de l'étang de Boisvinet (actuellement situé sur Saint-Avit-au-Perche et Le Plessis-Dorin) qui se trouve bordé par cette voie, une villa gallo-romaine en ruine nommée Piciacus (Poissy, Picié ou Pissay). Avit s'y arrête avec Calais. Ils y construisent une celle auprès d'une fontaine. La réputation du bienheureux Avit parvient jusqu'aux oreilles du roi mérovingien Childebert qui a ses territoires de chasse tout près, à l'ouest de Sargé-sur- Braye. Celui-ci ordonne de bâtir à Piciacus, à ses frais, un monastère et son église. Et le lieu devint Saint-Avit-au-Perche. Eglise et monastère sont détruits par les Normands. Mais après la tourmente, ils sont reconstruits près de Châteaudun (à Saint-Denis-les-Ponts). Après nous avoir donné l'exemple de l'humilité par son refus des honneurs et d'une vie très pieuse en se retirant dans le désert (même s'il est vert) pour prier, saint Avit meurt vers 530. Il serait inhumé à Orléans. Il y a alors un grand conflit entre les fidèles d'Orléans et ceux de Châteaudun pour disposer des reliques du saint. Châteaudun reçut un bras, Orléans le reste du corps, Saint-Avit-au-Perche rien. Childebert fait bâtir un mausolée en 532 et le corps reçoit une grande vénération jusqu'au XVI° siècle ; mais les protestants le brûlent et jettent les cendres au vent.
Saint Avit qui possède deux statues en son église, prend place au portail sud de la cathédrale de Chartres, lorsque l'usage se répand de mettre à l'honneur aux portails des grandes églises des saints régionaux.[…] Saint Avit est fêté le 17 juin.
Au Moyen Âge, Saint-Avit-au-Perche est un prieuré de l'abbaye de Saint-Calais, fondée par le compagnon d'Avit. L'église d'aujourd'hui est du tout début du XII° siècle.[1] »
Par ailleurs le Prieuré du Chêne Galon[4] (Eperrais) (comte du Perche Rotrou III - 1120) ; abbaye Marguerite de Lorraine[5] à Mortagne ; Prieuré de Dame-Marie à Dame-Marie, l’abbaye des Clairets, l’abbaye de Val Dieu ; des prieurés de Dancé, de Parfondeval ou de Hallais dans le Perche ornais
« Dépendances[6] de l’abbaye mère de Tiron Gardais et l’abbaye d’Arcisses
Dans l’Orne
Prieuré de la Madeleine de Réno[7], Saint-Victor-de-Réno : Avant la Révolution, la Madeleine de Réno était un prieuré conventuel relevant de l'abbaye bénédictine de Thiron, fondée en 1109. Ce prieuré est mentionné dès 1147. Le prieuré disparut à la Révolution[8]
Dans l’Eure et Loir
Cloyes-sur-le-Loir : prieuré Notre-Dame d'Yron (1165), Logo monument historique Inscrit MH (1929) : installation du prieuré dès 1115 grâce au don de terres d'Agnès de Montigny, comtesse de Gannelon. Dépendant de l'abbaye mère de Thiron. Au début du 16e siècle, réaménagements de la façade est et de la distribution intérieure. Au 17e siècle, aménagement d'un escalier de circulation en bois. Au 18e siècle, le prieuré est simplement désigné comme "ferme d'Yron".
Prieuré Notre-Dame de Ribeuf (1128) ; Montigny-sur-Aigre près de Cloyes
Soizé : prieuré Notre-Dame et Saint-Gilles des Châtaigniers[9] (1117) : Guillaume Gouet beau-frère de Rotrou, céda les Châtaigniers à l’abbaye de Tiron en 1117. Le prieuré, dédié à Notre-Dame et Saint-Gilles, demeura en activité jusqu’à la Révolution, époque à laquelle elle fut vendue. Il subsiste peu de bâtiments des nombreuses dépendances du prieuré, la chapelle considérée comme la plus ancienne du Perche, conserve un chœur élégant. A proximité un petit Oratoire se dresse toujours en plein champ, à la ferme Saint Jean.
Toile d'Émile Courtin début XXe à Soizé ( avec l'aimable autorisation du PNRP)
Bazoche-Gouet (la) : prieuré de la Pépinière (1267) : La Bazoche, une des cinq baronnies du Perche-Gouet, dépendait autrefois de l'élection de Châteaudun. Il y avait un prieuré de l'ordre de Saint-Benoît, dépendant de l'abbaye de Pont-Levoy. Elle faisait partie du Petit-Perche, depuis dénommé Perche-Gouet. ...[10] »
Le Prieuré de Dame-Marie était une dépendance de l’Abbaye de Jumièges, construit au 12e siècle. L’abbaye de Jumièges au 12e siècle faisait du cidre de pommes sauvages de la forêt d’Arelaune (Brotonne)« L.Deslile rapporte qu’en 1183, Robert, comte de Meulan, autorisa les moines de Jumièges, dans la vallée de la Seine, à cueillir en forêt de Brotonne des pommes pour leur boisson et celle de leur serviteur. Le cidre obtenu était selon toute vraisemblance acerbe, pâle et assez médiocre. » [Delisle[11], 1903]
L’abbaye des Clairets[12] est fondée en 1202 par Mathilde (Comtesse du Perche) , fille d'Henri le Lion et de Mathilde d'Angleterre, en mémoire de son époux le comte Geoffroy III du Perche. Elle fait alors partie du diocèse de Chartres.
Chartreuse du Val-Dieu : « En l'an 1170, le 29 juin, Rotrou IV, comte du Perche, jeta les fondements de la future chartreuse du Val-Dieu au sein de la forêt de Réno-Valdieu [2], pour les religieux de saint Bruno. La première église fut consacrée en 1181. Hugues de Courlessain et sa femme Agathe, qui avaient assisté à la fondation du Val-Dieu en 1170 y furent inhumés. [13]»
Cette chartreuse fut fort agrandie par Pierre de Valois, 2e du nom, comte d'Alençon et du Perche. Il y fut inhumé avec sa fille Jeanne en l'an 1404. La chartreuse fut rebâtie en entier quelques années avant la Révolution, sur les plans du R. P. J.-B. Miserey, religieux bénédictin.
A propos de l’abbaye de Marmoutier : Famille de Méautis - Famille de Bohon - La branche de Normandie au 11e siècle.
« En 1093, Richard III de Mary (Richard de Meri) confirma les donations de son père Onfroi I de Bohon le Vieil à l’abbaye Saint-Martin de Marmoutier. Voici le texte provenant d’une copie ancienne : « [...] Auctoramemtum Richardi filii Unfridi de Bohonio ........................ Noverint omnes presentes et posteri nostri quod Richardus de Mereis concessit s. Martino et monachis ejus in capitulo corum quicquid pater ejus Unfredus dederat eis propter animam suam et patris fui et etiam propter quondam monachum ejusdem loci fratrem suum nomino Ingelrannum qui de hac re monuit eum, nec non propter amorem cujusdam parvuli filii sui quem dederat cidem loco ad nutriendum et imbuendum litteris usquedum tante esset etatis ut monachatum pati posset, si tamen monachus fieri vellet. Et hoc volumus hic notifleari quod supradictus Richardus fecit per so ipsum donum abbati nosiro, eujus regimine degebamus, domino abbati Bernardo, coram cunctis fratribus nostris qui tuae erant in capitulo nostro, et postea misit donum ipsum super altare S. Martini. Hoc totum viderunt et audierunt isti testes ; ex parte ejus sunt isti, Rich. Arbalestarius, Ludovicus Ridellus, Odo filius Richerii ; ex parte nostra Arnulfus cellararius, Otgerius de hospicio, Aimo de hospicio, Landricus Buccherius, Johannes hospitalarius, letbertus de Sartrino, hildemarus de coquina, algisus de Coquina, Herbertus de Bohonio. Actum anno ab incarnatione domini MLXXXXIII. Agentibus nobis sub domino abbate, Bernardo, X anno ordinationis ejus. Sciendum etiam quod in eodem in loco et die concessit prefatus Richardus nobis superius memoratam cellam Bohouii sic solutam et quietam ia eternum possidendam sient etiam eam hubbamus dio qua pator ejus ipsius Umfredus obiit, promitiens quod ipsam et omnia ipsi pertinentia taeretur et defenderet nobis quanium ullo modo juste posset ab omni mortali, et hoc etiam promisit ibi quod in tota Normannia ubicumque opus ejus adjutorio vel servitio esset nobis in adjutorium sieut unus de famulis nostris ex coquina nostra[14] »
[2] In : historique. Un prieuré dépendant de l’abbaye de Marmoutiers, près de Tours, fût fondé au XIe siècle sur la commune de Saint-Martin-du-Vieux-Bellême. L’église Saint-Martin, de style roman (fenêtres en plein cintre – XIe-XIIe siècles), était érigée au sein de ce prieuré (église priorale). Les bases de la tour-clocher datent de cette époque. Au XIIIe siècle, pendant le siège de la ville de Bellême par Blanche de Castille, son fils, le futur roi Saint-Louis, aurait assisté à la messe dans cette église (une plaque commémore cet évènement). L’édifice fût très remanié aux XVe et XVIe siècles (grandes fenêtres gothiques, etc.). Avant la Révolution, le prieuré avait déjà disparu, faute de vocations. L’église fût alors conservée comme église paroissiale. Le 18 mai 1847, un ouragan frappa la commune, conduisant à l’effondrement de la charpente et de la voûte de l’église. On parla alors de construire un nouvel édifice au lieu-dit « le Gué-de-la-Chaîne » qui était simplement une dépendance de Saint-Martin, mais mieux située au bord de la grand route. Les habitants du bourg de Saint-Martin obtinrent gain de cause pour garder une église dans leur bourg. Une partie de l’église fut donc restaurée à compter de 1858 sous la direction de Victor Ruprich-Robert : Les travées situées à l’Ouest du clocher (nef) furent supprimées (Cf. Vestiges du mur gouttereau Nord percé de baies romanes visibles aujourd’hui encore au-devant de l’église). L’église actuelle n’est donc que l’ancien choeur des moines. L’intérieur de l’église est restauré au XIXe siècle, suivant le goût de l’époque. Néanmoins, la sacristie conserve des vestiges de fresques du XVIe siècle, représentant une Crucifixion, le couronnement de la Vierge et des anges adorateurs entourés de rinceaux. En face, des diables musiciens. D’après l’étude préalable menée en 2021 par Benoît Maffre, architecte du patrimoine. In : https://www.sauvegardeartfrancais.fr/projets/eglise-saint-martin-saint-martin-du-vieux-belleme/
[14]http://genealogie.demeautis.free.fr/chapitres_pdf/chap_28.pdf & in : "En défrichant des terres, aidés par les habitants des hameaux, les moines du prieuré ont œuvré pour le développement économique de Morée, attirant de nouvelles populations. L'église paroissiale Saint-Martin, construite dans le bourg, disparaît en même temps que la plus grande partie du village dans l'incendie de 1652. On suppose aujourd'hui que cette église romane du prieuré a eu des fonctions d'église paroissiale avant 1652, rôle qu'elle a tenu de toute façon à partir de cette date."
Du 12e siècle au 15e siècle : le cidre et le cormé (15e siècle)
Au début du XIIe siècle, le prieuré[1] est confié à l'Abbaye Royale de Saint-Denis-en-France : « Le prieuré est placé sous le vocable de Sainte-Gauburge, sainte Patronne des apothicaires, l'installation d'une petite communauté de moines daterait de l'an 1006.
Un prieuré est un établissement monastique qui dépend d'une abbaye. Il est habité et géré par des moines sous l'autorité d'un prieur.
Le prieuré est à la fois un lieu de prières et une exploitation agricole. Les moines gèrent le temporel (ensemble des terres qui en dépendent). Les revenus qu'ils en tirent reviennent à leur abbaye.
Au début du XIIe siècle, le prieuré est confié à l'Abbaye Royale de Saint-Denis-en-France. Cette abbaye dépendant du pouvoir royal, ses biens tombent sous cette juridiction. »
De la Touraine au Perche, terre de fabrication des premiers cidres pour l’abbaye Marmoutiers de Tours avec ceux de Normandie.
« Au 12e siècle[2] : « Si le cidre, à cette époque était de qualité très inférieure en Normandie, c’était sans doute la faute des habitants. Les fruits sauvages étaient généralement employés pour le fabriquer, aussi bien que les fruits d’arbres cultivés. C’est ainsi qu’en 1163 nous voyons Enjuger Bohon donner à l’abbaye de Marmoutiers qui avait des prieurés dans le Perche et en Normandie, la dîme de ses pommes de verger et de bois.[…] A la fin du 13e siècle, les moines de Saint Ouen de Rouen percevaient encore des rentes de pommes des bois. » [Duval, ]
15e siècle - Du Maine au Perche : Autre province pour la production du cidre du fait avéré de vin très médiocre.
Louis Duval, indique en préalable à la citation de l’archéologue M. l’abbé Angot, que la Normandie n’avait nullement le monopole de la production du cidre mais que cette boisson se fabriquait concurremment avec le vin, dans la plupart des provinces de France. Louis Duval rappelle que M. l’abbé Angot n’a pas trouvé de trace de fabrication et de l’usage du cidre dans le Maine avant 1435. (Donc par conséquent pas avant la fin de la Guerre de Cent Ans). L’abbé Angot signale qu’en cette date cidre et cormé étaient estimés à la même valeur-moins d’ un tiers du prix du vin.[…] Le vin de Laval (bas Maine) de mauvaise qualité a fait décider les Manceaux à se mettre au pair de leurs voisins les Normands et à délaisser la culture improductive de leurs voisins les Normands de la vigne pour celle des pommiers.
(Si les Normands se sont mis à la boisson alimentaire du cidre c’est en raison qu’il fallait abandonner la cervoise dont la production des orges étaient chaotiques et catastrophique depuis le 13e siècle sur les grandes plaines fertiles normandes de Caen et du pays de Caux.
Le savoir-faire des compatriotes de M. l’abbé Angot était peu fiable compte tenu des procédés de pilage des pommes dans du chêne creusé en auge. M. L’abbé Angot, poursuit Louis Duval, rapporte que l’année 1487 fut mauvaise pour les vignerons manceaux et angevins suivi de l’année 1486 qui oblige les Manceaux à se contenter de cidre « breuvage de maczons » selon le dire de Guillaume, le Doyen, tabellion à Laval. Cependant Louis Duval relève une aberration colportée par M l’abbé Angot insistant sur le fait peu crédible et empreint de chauvinisme que le cidre était déjà la boisson du peuple dans le Maine, qu’il n’était encore inconnu en Normandie, relève le normand Louis Duval.
Louis Duval a aussi écrit sur l’histoire du vin normand de l’Orne (Perche ornais) jadis de la province du Perche citant les lieux de production à notamment Origny-le Roux, Vaunoise, Ceton, Chapelle-Souef… .
Louis Duval en dépit de la méprise de M. l’abbé Angot, insiste sur le bien-fondé et l’application des Manceaux à l’amélioration de la qualité du cidre au 16e siècle grâce à F. Dany[3], religieux de Saint-Vincent du Mans. Il enseignait que l’on peut faire bon cidre de toutes sortes de pommes, soit franches, soit sauvages. Louis Duval poursuit en prônant que les Manceaux profitèrent des publications de Pierre Belon[4], du Mans, publiées à Paris en 1558, ouvrage qui fut traduit en latin par Chales l’Ecluse, en 1589.
En 1560, F. Dany, religieux de l'abbaye de Saint-Vincent, près du Mans, disait encore qu'on peut faire bon cidre de toutespommes, soit franches, soit sauvages.
In : La manière de semer et faire pépiniire, par F. Dany, P>87. Cet ouvrage se trouve réuni à d'autres traites sur l'agriculture, sous ce titre Quatre traitiez utiles et délectables de l'agriculture. Paris, 1560, in-12. (extrait du Cidre de Hauchecorne et Deboutteville, 1875)
Louis Duval conclut en affirmant que les plantations de pommiers et de poiriers ont été comptées, de tout temps, comme une des ressources de l’agriculture dans ce pays en signalant le nombre considérable d’anciens noms de lieux dérivés de ces plantations : Pomerai , Pommerie, Pommeraie, le Pommier, les Pommiers, le Poirier, les Poiriers etc… ]Louis Duval[5], 1896]
Faudrait-il ajouter Corme, cormiers… que l’on lit sur les actuels cartes topographiques IGN que l’on peut inventorier comme traces toponymiques de l’activité cidricole voire viticole si on y ajoute de nom de Pressoir, les Pressoirs etc…
L’évolution des pressoirs
L'invention du pressoir au XIIIe siècle marque un tournant en permettant l'essor de la culture cidrière.
« C’est au XIIIème siècle, avec l’invention de la presse, que le cidre a pu se développer et ce jusqu’au XIXème siècle. D'abord dans les campagnes puis jusque sur la table des rois de France, en particulier celle de François Ier, puis plus tard sur celle de Louis XV et celle de Louis XVI qui en parlait avec éloquence. C'est au XIVème siècle que des plants de " Biscaye " sont importés en grande quantité par les rois de Navarre.[7]»
[3]La manière de semer et faire pépinière de sauvageaux, enter de toutes sortes d’arbres et faire vergers , imprimé dans les Quatre Traitez utiles et délectables de l’agriculture, Pris 1650, petit in-8e 26-116. In : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k67008n/f79.item.r=Dany.zoom
[4]Remontrances sur le default du labour et culture des plantes, contenant la manière d’affranchir et apprivoiser les arbres sauvages.
5 - le cidre commence seulement à se répandre dans le Perche au 16e siècle au nord-ouest et nord-est du Perche eurélien et au Perche ornais: les quatre raisons principales et le rôle de la noblesse, des fermiers et paysans
Au 16e siècle le cidre commence peu à peu à se répandre dans le Perche pour plusieurs raisons
La première raison, qui à propos du « Vin de pomme » il a fallu substituer au « vin de grains », la cervoise des gaulois car en effet depuis l’effet du petit âge de glace les récoltes seront progressivement moins bonnes qu’à la période du réchauffement climatique eu 10e au 13e siècle qui obligea la basse Normandie à s’adapter à ce contexte. Dans le Maine et le Perche sarthois, le Perche vendômois, le Perche eurélien sur les bords du Loir, la boisson alimentaire était surtout le vin, la cervoise et le cormé. On imagine bien la Beauce en produire en quantité pour les besoins du Perche et du vin on en produisait dans le Perche Ornais, qui n’était pas encore normand (1793), et dans l’Eure et Loir depuis Verneuil et Nonancourt jusqu’à Bonneval, Chateaudun, Cloyes, Freteval ...
« Si l’usage du cidre se généralisa vers le 16e siècle dans la Normandie orientale, c’est que la fabrication de la cervoise avait l'inconvénient d’absorber une partie importante des céréales récoltées. » [Sion, 1909]
La deuxième raison tient au fait de la paix retrouvée après la guerre de Cent Ans.
Un siècle après le territoire du Perche retrouve une stabilité, de la main d’œuvre pour s’occuper d’agriculture.
En effet durant le Guerre de Cent Ans les affres de la guerre touchèrent sévèrement le monde rural et agricole : « La guerre de Cent-Ans et l'occupation anglaise furent pour la Normandie une période de désolation et de ruines, durant laquelle l'agriculture eut nécessairement beaucoup à souffrir.
« Avec la guerre de Cent Ans(1337 – 1453), le Perche est à nouveau au coeur des combats. Des bandes armées battent la campagne, la noblesse percheronne est anéantie lors des combats, en particulier, lors de la bataille sous les murs de Verneuil. Le Perche est pillé, rançonné, ses châteaux et abbayes brûlés, ses terres partagées entre les partisans du roi d’Angleterre. Les armées royales libèrent le Perche à la fin de l’année 1449. [1]»
La troisième raisons’explique par le rôle protecteur des seigneuries, des « agriculteurs » qui ont diffusé la culture des pommiers et poiriers et des cormiers au sein de leurs domaines et des religieux notamment depuis l’abbaye de Marmoutier et de Saint-Denis pour son prieuré de Sainte Gauburge à Saint-Cyr-la-Rosière.
« La guerre de Cent Ans terminée, le Perche retrouve une certaine prospérité. La bourgeoisie urbaine enrichie noue des alliances matrimoniales avec les descendants de l’ancienne noblesse militaire.
Ces familles construisent un manoir à la campagne au milieu d’une exploitation agricole. Tour, colombier, murailles, douves marquent la demeure d’un seigneur. Le Perche connaît alors une floraison de manoirs. La Vove, Courboyer, Chanceaux, les Perrignes, l’Angenardière… En tout, près de 400 manoirs furent construits dans le Perche.
La Renaissance dans le Perche est aussi marquée par la nouvelle rédaction des coutumes du Perche afin de les unifier et de les aligner sur la coutume de Paris. Pour ce faire, les représentants des trois ordres se réunissent le 20 juillet 1558 à Nogent-le-Rotrou. Cette coutume, consécration de l’identité du Perche, a été en vigueur jusqu’à la fin du XVIIIe siècle.[2] »
La quatrième raison tient au fait que les évêchés , les abbayes a dû tenir un rôle important vis à vis des prieurés, des curés des paroisses. Les moines cultivaient les fruits de pressoir (pommes, poires, cormes et raisins).
« Si la culture du pommier est très ancienne en Normandie, c’est vers le XVIe siècle que les vergers se sont développés au sein des domaines religieux ou nobles, pour couvrir une grande partie de la campagne percheronne aux XVIIe et XVIIIe siècles. On cultivait essentiellement des pommes à cidre, boisson devenue populaire et produite dans quasiment toutes les fermes du Perche.[1]»
[1]In : Cahier des charges de l'Appellation d'Origine Contrôlée Cidre du Perche ou Perche - BO n°47 du 19 novembre 2020
6 - L’Avènement de la science arboricole transmise en partie par des acteurs locaux du Maine mais en relation étroite avec les prieurés du Perche
Tout d’abord il faut signaler que les deux évêques du Mans René puis Jean Du Bellay (la Famille Du Bellay) furent des protecteurs de Rabelais, Ronsard qui avaient également la protection de leur frère Martin du Bellay, roi puis Prince d’Yvetot (Martin II du Bellay) qui déjà incitait la culture des pommiers et poiriers dans le pays de Caux sous l’impulsion de l’archevêché de Rouen, un siècle plus tôt afin de remplacer la cervoise à la fin de la guerre de Cent Ans.
René du Bellay comme son frère Martin s’intéressait à la botanique et aux arbres fruitiers. Il fut protecteur de Piere de Belon et connut Frère Dany.
Ce contexte relationnel entre ces puissants, proches de François 1er puisque Martin fut biographe de François 1er il est aisé de relier les liens de cette famille entre le Maine, Le Mans et la principauté d’Yvetot puisque la famille Du Bellay avait sa demeure à Langey, là où ces quatre frères Du Bellay sont nés où y ont vécu. Martin est décédé au château de Glatigny[1] à Souday, près du prieuré de Saint-Avit.
Rabelais a défendu la position militaire de Troissereux à l’endroit où Bernard Palissy converti au protestantisme dessina le parc qu’il décrira dans "La recette véritable", comme " le jardin délectable" qu'il a conçu à Troissereux (ce qui inspirera plus d’un siècle plus tard les jardins dits à l’anglaise.
Le parc de Troissereux dans l'Oise reste une figure du genre, dessiné après avoir fait assécher les marais autour du château par le précurseur Palissy.
Martin du Bellay avait fait de son royaume d’Yvetot un bourg renaissance avec son mail de 900 m planté et les pommiers dans les masures cauchoises.
Dans le Perche :
« A la Renaissance, les lieux appartiendront a la famille du Bellay. Et c’est a Martin du Bellay que l’on doit la reconstruction de la demeure en son état actuel vers 1540 sur les plans dit-on, de Rabelais lui-même qui séjournait souvent au château.[…] C'est l'aîné, Guillaume qui hérita de Glatigny, et le transmit à son fils Martin, c'est lui reconstruisit la demeure et la passa à ses descendants. Le dernier de la famille fut Charles du Bellay qui était très riche et mourut en 1661 après avoir dilapidé son immense fortune. Utilisant largement la brique dans un décor losangé, les hautes façades, tant au nord qu’au sud en imposent.[2] »
En effet, il faut signaler qu'à partir de la Réforme deux visions du monde se confrontent d’un côté Frère Dany (1540), Pierre Belon du Mans (1558)[3], et de l’autre le théoricien Charles Estienne (1536 et 1564 : La Maison Rustique), les pragmatiques praticiens entre « science, expérience et diligence » Julien le Paulmier (1589), Olivier de Serres (1600).
Plus tard le Curé d’Hénouville (1652), ce dernier formé à Versailles pour l’art de la taille, a prôné l’art de soigner et de planter et ont affirmé pour qu’il faille conserver et augmenter les variétés il fallait répliquer et /ou regénérer par les pépins et greffer les entes ( jeune scion ) sur des entes franches et des sauvageons … ce qui commença à épuiser les ressources des bois et des haies…
« Aucuns arbres sans être entés amènent bon fruit & aucunes soit meilleur à faire cidre que les entes. [4]» [Frère Dany, 1571].
En 1558, Pierre Belon préconise dans Les Remonstrances sur le défault du labour et culture des plantes et de la cognoissance d'icelles...
Les Remontrances sur le défaut du labour et culture des plantes, et de la connaissance d'elles, contenant la maniere d'affranchir et apprivoiser les arbres sauvages. Par Pierre Bellon du Mans Medecin... (celèbre pour d'autres ouvrages mais on le considère comme un précurseur dans le domaine de l'histoire naturelle)
Frère Dany, religieux de l’abbaye Sainct Vincent/les Mans était d’une famille qui existe encore dans le Maine. Il s’occupait beaucoup de pépinières[5].
L'Art & manière de semer, et faire pépinières de sauvageaux, enter de toutes sortes d'arbres, & faire vergiers - un petit traicté contenant plusieurs inventions nouvelles. Le tout rédigé... par Frère Dany (du Maine), ... Brossard, Davy., rédigé en 1540, édité en 1571.
« Édition rarissime sur la plantation et la greffe d'arbres . Selon Brunet, il existait une édition imprimée à Paris par Jean Bonfons en 1562. Le premier chapitre traite de la plantation et de la taille des vergers (pommiers, poiriers, etc.). Le deuxième chapitre décrit la méthode de greffage de branches sauvages sur des arbres avec gravure sur bois. Les derniers chapitres traitent de la plantation et du greffage des noyers, de l'entretien des arbres ; suivi d'un court traité sur la plantation et la culture des herbes. Vers la fin de l'ouvrage figure une courte section sur le pin, illustrée d'une gravure sur bois. Extrêmement rare : l'USTC ne recense qu'un seul exemplaire de cette édition à la British Library ; aucun exemplaire n'apparaît dans les catalogues de l'ABPC ni dans les ventes aux enchères en ligne , ni dans les ouvrages de référence classiques sur la botanique, ni dans la Bibliographie lyonnaise de Baurdrier . Voir Brunet III : 1366 (édition Paris Bonfons de 1562 [soit 1552 ?]) ; USTC 61655.
Brossard était un membre du clergé de l'abbaye Saint-Vincent du Mans et vécut au milieu du XVIe siècle. Il a écrit trois traités d'agriculture et d'agronomie. D’après A. Dupetit-Thomas dans la Biographie Universelle : « Ce livre, malgré sa brièveté, est tout à fait remarquable. Il se distingue non seulement parmi ceux qui existaient à cette époque, mais aussi parmi ceux qui parurent longtemps après, car l’auteur, au lieu de chercher dans les écrits des Anciens, a déduit les principes de l’arboriculture de sa propre expérience. [6]»
« L’art de la greffe, la preuve de réelles compétences techniques
Les entes merveilleuses mais impossibles ne doivent pas occulter les descriptions techniquement parfaites des principales greffes encore usitées de nos jours. Reconnaissant par défaut cette excellente maîtrise technique de la greffe, les aristocratiques traités horticoles du siècle suivant se garderont bien, pour établir leur réputation, de présenter l’art d’enter comme le chef-d’œuvre du jardinage. Incontestablement, le principe physiologique de la greffe est acquis. Davy (1560) écrit, parmi d’autres, « sur toutes choses il faut bien considérer que les deux sèves et entredeux de la greffe et du sauvageau soyent bien droit l’un de l’autre, car il faut entendre que si elles ne s’entrouvent jamais ne prendront ensemble […]
[…] Ils nous plongent surtout dans une rationalité qui nous est devenue totalement étrangère et qui vit encore, au XVIe siècle, la plénitude de sa cohérence. En fait, cette culture connaît les derniers feux de son unité sociale avant d’être connotée négativement par les élites des deux derniers siècles de l’Ancien Régime. Publiés dans la seconde moitié du XVIe siècle, deux petits traités annoncent déjà une nouvelle manière de concevoir le livre de jardinage en s’inscrivant dans les prémices d’une nouvelle manière de comprendre le monde.
Les prémices d’une nouvelle littérature horticole, arboricole : Davy et Landric, une autre manière de concevoir un traité de jardinage.
Dans cet automne horticole, deux petits traités se distinguent par un contenu réellement original, le traicté de la manière de semer et faire pépinières de sauvageaux, enter toutes sortes d’arbres et faire vergers.
(1560) du frère Davy de l’abbaye Saint-Vincent du Mans et l’Advertissement et manière d’enter asseurément les Arbres en toute saison de l’Année publié à Bordeaux en 1580 par l’avocat en parlement Arnauld Landric. On y rechercherait en vain une innovation technique, ces deux traités sont consacrés à la technique déjà parfaitement maîtrisée de la greffe, mais de lourds silences et de timides condamnations y annoncent une nouvelle rationalité. Loin de toute prétention littéraire, ces auteurs ont opté pour un style concis, clair, technique et précis refusant l’érudition humaniste ; il n’est plus ici question des agronomes latins. Surtout, ces deux traités sont visiblement le fruit d’une réelle expérience de l’horticulture et non d’un jardinage de cabinet issu d’une compilation de travaux imprimés et manuscrits. Arnauld Landric se présente dans son Advertissement comme pratiquant le jardinage depuis plus de vingt-cinq ans. Cet aspect est confirmé par la notable absence des greffes fantasmagoriques ; il ne présente que des techniques effectivement réalisables. Qui plus est, il souligne que son expérience lui a appris que l’observance du cycle de la lune n’influe pas sur la végétation ! Bien qu’évoqué en uniquement deux phrases mesurées, ce constat est très novateur en un siècle, il faut le préciser, où l’astrologie est considérée comme une véritable science. Quant au frère Davy, s’il ne dit mot des greffes les plus abracadabrantes de la tradition antique et médiévale colportées jusqu’à lui, il précise avoir essayé, dans le jardin de son monastère, certaines greffes qui paraissent effectivement les plus plausibles. Il dit avoir expérimenté, sans succès, de greffer un néflier sur un cognassier afin d’obtenir des nèfles sans noyaux. De même, il affirme la possibilité de greffer différentes espèces et variétés fruitières sur un même arbre ce qui est en effet techniquement faisable, d’autant plus que les espèces fruitières citées sont effectivement compatibles avec un même porte-greffe : soit pommier et poirier dans un cas, pêcher, prunier et abricotier dans un autre. Dans une histoire intellectuelle des traités d’agriculture, ces deux petits livres sont essentiels car, pour la première fois, ils proposent un jardinage hors de la littérature de secrets ; ils ont conçu une littérature horticole technique excluant la magie.
Des traités sous-estimés
Bien qu’annonciateurs d’une nouvelle manière de concevoir les traités horticoles, ces deux auteurs n’ont pas obtenu la postérité qu’ils méritaient. Ils cumulent en effet les handicaps pour pouvoir prétendre accéder à un large succès public. Sans prétention littéraire et sans prétention aristocratique, ces deux petits traités techniques, parfois arides, empêchent de suggérer une parenté gratifiante entre leurs lecteurs et la tradition agronomique antique. « En excusant mon ardiesse, si j’ai voulu parler contre les antiens docteurs par l’expérience que j’en ay faite » ; en terminant ainsi son advertissenent, Arnauld Landric refuse clairement la polémique. D’autant plus que, s’il n’évoque pas les greffes fantastiques, il ne les condamne pas explicitement. Il en est de même pour Davy qui se contente d’un anonyme « qui est contre plusieurs qui ont escrit que si vous entez un neflier en un coigner que les nefles sont sans noyaux, mais cest une abusion : car j’en ay esprouvé le contraire » . L’absence de polémique a probablement renforcé l’oubli dans lequel allaient sombrer ces deux traités, alors que l’origine sociale des auteurs, un moine et un avocat d’un parlement de province, leur interdit d’être cités par les élitistes traités du Grand Siècle.
Le traité de Landric a également dû pâtir de sa publication bordelaise loin des deux grands centres français d’édition, Paris et Lyon. En plus, le contexte des troubles civils des guerres de religion n’a pas dû en faciliter la diffusion. Quant à Davy, bien que présent dans les catalogues des éditeurs parisiens et lyonnais, il a très certainement été desservi par son association éditoriale avec les traités largement médiévaux de Gorgole de Corne et de Nicolas Du Mesnil. En 1608, il est de nouveau réédité, sous le titre engageant de L’art et science d’agriculture de semer et planter pépins, et faire pépinières et sauvageaux, enter de toutes sortes d’arbre, et faire vergers mais, à sa suite, l’éditeur lyonnais Pierre Rigaud a conservé un florilège de greffes fantasmagoriques issu des traités de Gorgole de Corne et de Nicolas Du Mesnil.
Néanmoins, le choix éditorial de le publier intégralement et de le placer en tête de volume, contrairement à l''édition de 1560, me semble témoigner d’une évolution en cours dans la conception de ce que doit être un traité de jardinage. Méconnus, il n’en demeure pas moins vrai qu’ils constituent une étape importante dans le passage d’une rationalité à une autre, de la Renaissance à la France classique.
Pour la première fois, la magie et le prodige sont totalement exclus de la littérature horticole sérieuse. Ces deux petits traités portent ainsi témoignage de l’ébranlement d’une conception unitaire du monde dans des cognassiers, ils recueilleraient des pommes noires ou des pêches sans noyau ; mais l’expérience leur a fait connaître que la nature est très chaste dans ses alliances, très fidèle dans ses productions, et qu’elle ne peut être débauchée ni corrompue par aucun artifice. » Par cette condamnation, les traités du Grand Siècle gagnent en légitimité scientifique ce qu’ils perdent en merveilleux ; alors que les sorcières disparaissent des affaires de justice, la magie et le surnaturel quittent les jardins imprimés. Rompant avec la littérature de secrets, ces traités horticoles sanctionnent par écrit de notables progrès techniques en cours comme l’espalier, l’amélioration de la taille de fructification et la sélection accrue des espèces et des variétés fruitières. Leur confrontation aux sources de la pratique -clauses techniques des baux, rapports d’expertise, trains de culture prisés dans les inventaires après décès, les contrats de vente de fruits -, révèle qu’ils offrent un fidèle reflet de l’arboriculture fruitière des campagnes parisiennes (Quellier 2002). »
L'automne horticole du Moyen Age, permanences médiévales dans les traités de jardinage de la première modernité (1486-1652). Florent Quellier, Archéologie du Midi Médiéval, Année 2005 ; 23-24 ; pp. 109-117.
Extrait[7] du 1er chapitre à pro pos des pruniers & poiriers prunes & cormiers
« Pour faire pépinières de poiriers, pruniers & cormiers. […] Au regard de petis cormiers il ne fault ia (faut pas) enter, car ie croy (je crois) qu’on ny gaigneroit rien, mais seulement les arracher de la batardière quand ils seront gros comme bastons & les esbranchéz & portez planter ou vous voudrez qu’ils demeurent du tout.
[Aucuns arbres sans être entés amènent bon fruit & aucunes soit meilleur à faire cidre que les entes.] Frère Dany du Mans
Il est à noter que si les pépinieres sont semées de marc de poires & pommes franches que aucuns pépins se trouvent qui amainent arbres lesquelles sont droits et ont bau bois comme si elles estaient entées & sans avoir picquerons, lesquelles si les voulez planter ainsi à la saillie de la batardière sans jamais les enter amenzront bons fruits des arbres dont sont sortis les pépins, mais d’autres sortes nouvelles competamment bons à manger, & aussi bons à faire cydre (cidre) que ceux qui feront des arbres entees.[…] Car si vous en replantez des pepins le fruit s’en chargera encores, car le fruit qui vient d’enter par greffe retient toujours la forme du fruit des arbres ou on les a prises. […]
[comme on doit faire bon cydre] Frère Dany du Mans
« Et est ici à noter que faire bons cidres de quelques fruits qu’ils soient, principalement de pommiers soeint, franches ou sauvages que vous voulez garder en meurail, il les faut mettre en lieu sec & couvrir par monceaux sur de la paille, & quand vous en voudrez faire le cidre élisez celles qui sont noires pourries & les jetez. Et pour vous donner à connaître, ne faites pas comme aucuns du pays du Mans, qui mettent leurs pommes migeoller[8] dans les jardins à la pmlie & gelée sur la terre nue là où elles perdent leur force & à grans peine en peut en jamais faire Cydre (Cidre) qui guère vaille.[9] »
Evolution de l’art de la Pépinière et de la Batardière
Usage du fruitier : du clos-verger du monastère à sa plantation dans l’espace public au mitan du 16e siècle, au sortir de la Guerre de Cent Ans époque charnière de l’introduction du cidre comme boisson alimentaire dans le Perche et les Pays de Caux et Pays de Bray en Normandie pour suppléer suite à l’abandon de la Cervoise et du vin dans ces contrées.(pour des raisons climatiques et agricoles)
1583 : Estienne & Liebault
Distinction entre pépinière [Traversat, 2001] et bâtardière [Estienne & Liebault, 1583]
«La pépinière est le lieu où après avoir semé et repiqué de tout jeunes plants… on laisse se développer la nouvelle plante pendant 18 à 20 mois. La batardière, elle, est destinée à recevoir les plants qui y sont greffés, ces plants étant plus serrés qu’ils ne le seront quand ils seront mis en espalier.»[Traversat, 2001]
[1] Les Journées du patrimoine des 18 et 19 septembre sont l’occasion de découvrir une demeure privée pleine d’histoire. Situé sur la commune de Souday, le château de Glatigny, fleuron de l’époque Renaissance, surplombe à 153 mètres d’altitude la rivière du Couëtron. C’est Martin du Bellay qui, en 1544, fit reconstruire le château actuel sur l’emplacement d’une construction plus ancienne. Il fit appel à un ami de la famille… François Rabelais. La tradition lui attribue la conception des plans et l’écriture de son roman Gargantua sur la table de la cuisine du château ! Cette demeure est construite avec des matériaux locaux tels que le silex des champs, le roussard, la pierre de taille et un entrelacs de briques de deux couleurs formant des losanges, issus de la briqueterie de Souday. Élevé sur trois niveaux dont un de comble, le corps central est coiffé d’un toit en ardoise de forte pente surmonté d’un clocheton. À l’intérieur, une quinzaine de pièces spacieuses. Du côté de la cour, deux bâtiments, moins élevés, constituent deux ailes perpendiculaires. La porte d’entrée est décorée d’un péristyle soutenu par deux colonnes de marbre. Sous le balcon, une devise en latin « Pax habitet secura domi sit robur in armis consilium prudens arma domumque regat », qui se traduit par « On vit dans la sécurité et la paix dans la maison, que la force des bras, du conseil du sage intendant, règle la maison. »
Une propriétaire toujours à l’écoute Après avoir été vendu comme bien national, il a été acheté en 1836 par la famille d’Arsigny. Elle entreprit de nombreux travaux, dont la construction de la ferme, des communs, de la grille d’entrée et d’un système bélier pour arroser le jardin. Sur le château, elle restaura le clocheton et y ajouta trois lucarnes. En 1963, Olivier de Pontbriand, héritier de sa tante Marie-Thérèse d’Arsigny, en devient le propriétaire. Lors du décès de ce dernier, Agnès de Pontbriand, sa femme, et ses quatre enfants, reprennent la succession. « Aujourd’hui, nous gérons et tâchons d’entretenir le domaine au plus près de nos possibilités. Nous restons disponibles pour certaines manifestations locales et amicales. Les anciens se souviennent de la fameuse kermesse. Et ce n’est pas parce que je possède un château que je suis une châtelaine », conclut Agnès de Pontbriand.
Il s'intéresse également à la botanique et, notamment, à l'acclimatation des végétaux exotiques. Il publie, en 1553, un traité sur les conifères et autres végétaux à feuillage persistant (De arboribus coniferis, resiniferis, aliisque, nonnullis sempiterna fronde virentibus...), l'un des premiers traités sur ces végétaux. En 1558, il préconise dans Les Remonstrances sur le défault du labour et culture des plantes et de la cognoissance d'icelles... l'acclimatation des végétaux exotiques ; c'est lui d'ailleurs, qui, le premier en France, sème des platanes. On lui doit l'introduction en France de l'arbre de Judée, du chêne-liège, du pistachier, du cèdre, du jujubier, du genévrier d'orient, et de la myrte. Dans ses descriptions de botanique, sans doute influencé par ses connaissances d'apothicaire, il accorde une grande attention aux propriétés thérapeutiques des végétaux qu'il cite. In : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Belon
[9] In : L'Art & maniere de semer, et faire pepinieres de sauvageaux, enter de toutes sortes d'arbres, & faire vergiers . Ensemble un petit traicté contenaut plusieurs inventions nouvelles. Le tout rédigé... par Frère Dany,...
Le cas particulier des Du Bellay, Percherons de Glatigny (41 ), de Langey (28) et de Touvoie (72) dans le Perche vendômois, eurélien et sarthois.
« Les nobles et le Clergé de la Renaissance, sont à leurs tours gagnés par la passion des vergers. Le Perche, où des manoirs se construisent, n’échappe pas à ce vent nouveau.[1] »
Concernant la corme rappelons que la corme est mentionnée dans cette trace toponymique : mentionnée en 1577 (ch. de la seigneurie de Sainte-Radegonde) que René Du Bellay a possédé : Le Cormier ; 28 Châteaudun, Lanneray, Ferme., p. 60 de ce document.
Famille Du Bellay : Martin Du Bellay
Pierre Belon et René Du Bellay
Dépendances des Du Bellay
Les pommiers en ces endroits du Perche Vendômois et sarthois depuis les Du Bellay au 16e siècle
Chacun connait Joachim Du Bellay, le prince des poètes qui naquit en Anjou, l’an 1525, de l'ancienne famille des du Bellay ses cousins , si noble et si illustre en toutes façons, puisque ce fut elle qui, sous le règne de François premier, nous donna ces quatre grands et fameux frères : Guillaume du Bellay, Jean, Martin et René. Ces quatre frères — Guillaume, Jean, Martin et René — fils de Louis du Bellay, seigneur de Langey et de Marguerite de La Tour-Landry.
La famille Du Bellay était protectrice de Joachim du Bellay, de Ronsard, de Rabelais qui ce dernier conseilla Martin pour la construction du château de Glatigny.
La famille Du Bellay, proche de François 1er est associée intimement à l’histoire du verger, des pommiers et du cidre à la fois dans le Maine, à la fois en Normandie (pays de Caux et la principauté d’Yvetot).
Les Du Bellay, Seigneurs et illustres percherons du Perche-Gouet se sont illustrés en Normandie et dans le Maine.[2]
Pascal Bouclet, passionné d'Histoire et de celle de la commune de Langey nous rapporte ceci :
Pascal Bouclet habite avec son frère dans une ferme du bourg de Langey. Son frère, fait pour leur consommation personnelle, du cidre et du poiré avec les pommes et poires de leur verger.
« Les Du Bellay étaient arrivés à Langey par le mariage de Hugues du Bellay avec Isabeau de Montigny, celle-ci hérite du domaine de Langey, qui est démembré du domaine de Montigny-le-Gannelon.
Guillaume Du Bellay, tout comme René Du Bellay (évêque), Jean (Cardinal) et Martin (le prince d'Yvetot) ne sont pas nés à Langey, mais au château de Glatigny (hameau de Souday, aujourd'hui Couëtron-au-Perche, dans le Loir-et-Cher). C'est là que les parents vivaient. Louis du Bellay était seigneur de Glatigny, de Langey et de la Jousselinière. La Jousselinière est un lieu près de Vendôme (Loir-et-Cher). Glatigny se trouve à une trentaine de kilomètres de Langey et à plus de 40 kilomètres de Châteaudun.
Guillaume du Bellay (né vers 1491) se faisait appelé Guillaume de Langey (sans doute parce que des lieux où il était seigneur, c'était le plus grand domaine), mais peut-être parce qu'il y résidait lorsqu'il n'était pas par monts et par vaux, mais rien ne l'atteste.»
Dans le livre L'épée et la mitre au service du roi de Claude Dubois-Geoffroy, Guillaume est nommé Langey et mourut accablé de dettes. l'auteur raconte que c'est à Jean que ses frères demandaient conseils et en particulier après de décès de Guillaume en 1543.
« Il semble qu'après la mort de Guillaume du Bellay, ce soit Martin du Bellay (autre frère né au château de Glatigny en 1495) qui soit devenu Seigneur de Langey, mais lui était déjà semble-t-il « roi » d'Yvetôt
d'autres archives signalent que ce sont .Louis, Jean et Martoin qui furent tour à tour Seigneurs de Langey sans citer Guillaume »: Louis du Bellay, seigneur de Langey, 1522 (A.D. 28-E 3682) ; Jean du Bellay, cardinal, évêque de Paris, 16 février 1560 (décès) ; Martin du Bellay, 1560 ; Catherine du Bellay, épouse Charles de Beaumanoir - in : In : http://denisjeanson.fr/site_toponymie/lettre_c/lieux_chateau18d/chateau18dla.html
"C'est Catherine du Bellay, la fille de Martin qui épouse Charles de Beaumanoir qui en héritera, même si là aussi, ce couple n'habitera sans doute jamais le château de Langey.
Martin du Bellay est né au château de Glatigny (en 1495), tout comme son frère ainé Guillaume (né vers 1491). C'est Guillaume qui devient seigneur de Langey et le sera jusqu'en janvier 1543 date de sa mort. Il semble que c'est Martin qui lui succède à la seigneurie de Langey (puisque ses deux autres frères sont des religieux (Jean et René). Mais, rien n'atteste qu'il ait vécu à Langey, alors qu'il semble être établi qu'il venait régulièrement à son château de Glatigny et qu'il y serait mort en 1559.
Il est possible qu'il soit venu à Langey du temps de son frère ou après lorsqu'il détenait la seigneurie. Mais,rien n'est trouvé qui puisse l'affirmer. Et pour sa proximité avec Rabelais, elle est possible, mais c'est surtout avec son frère Guillaume qu'elle est établie.
Concernant le château de Langey, il n'existe aucun document, ni aucune photo sur le château de Langey qui fut détruit, pour ce qui en restait vers 1900-1905. Une carte postale montre l'église, prise de l'emplacement du château et en hauteur. Des écrits au moment de sa destruction nous dit qu'il était « laid » et l'on sait que les salles du château servaient de dépôt de blé ou autres céréales à un agriculteur. Aujourd'hui, l'emplacement est une ferme dite « Ferme de la Grand Cour » et il reste des fossés qui devaient être les fossés du château. Par ailleurs, il reste une grange « grange aux dîmes » qui dépendait du château...
En ayant fait l'arbre généalogique, je constate, un siècle plus tard, que le château devait encore appartenir aux descendants de la famille des du Bellay (Pas Guillaume, il n'a pas eu d'enfant, mais de Martin), puis que l'on trouve un « marquis de Langey », René de Cordouan, resté célèbre dans l'histoire pour être le dernier homme à avoir été condamné pour impuissance (ce qui ne l'a pas empêché d'avoir plusieurs enfants !). Ce René de Cordouan avait pour ancêtre une fille de Martin du Bellay.
Il semble qu'après la mort de Guillaume du Bellay, ce soit Martin du Bellay (autre frère) qui soit devenu Seigneur de Langey, mais lui était déjà semble-t-il « roi » d'Yvetôt..»
Un détour par la principauté d’Yvetot n’est pas inutile même si Martin du Bellay n’y vécut pas préférant résider en son château de Glatigny dans le Perche mais il se tenait averti de ses affaires et fit reconstruire une église, un château et un par renaissance avec ses jardins. Le Royaume d’Yvetot[3] passa au statut de principauté sous Martin du Bellay, transmis après le décès de la princesse Isabeau Chenu (1589) à René II du Bellay, son cousin chevalier, prince d'Yvetot (1589 - 1606), seigneur du Bellay, de La Lande, du Plessis-Macé et de Gizeux, marié à Marie, fille d’Isabeau puis cette principauté a été administrée par Martin du Bellay, chevalier, prince d'Yvetot (1606 - 1637), 1er marquis de Thouarcé (1608 - 1637), seigneur du Bellay, de Gizeux, du Bouchet-Touteville, de Commequiers, de La Forêt-sur-Sèvre, de La Haye-Jousselin, de Benais et de Chastellier-Montbault.
Martin II Du Bellay a connu l’activité cidricole du Pays de Caux sur ses terres attesté dans le terrier qu’il a fait éditer en 1566 où figurent des plantations de pommiers dans certaines des masures cauchoises de sa principauté. C’est surtout so frère René Du Bellay qui avait la passion de la botanique et notamment du verger de fruits. René du Bellay fut protecteur de Pierre Belon contemporain de Frère Dany, auteurs français des deux premiers traités de la culture du pommier, du cormier, du poirier.
Les ouvrages de Frère Dany et de Pierre Belon s’avèrent en France être les premiers rédigés à partir d’une expérimentation, d’une pratique arboricole de l’art de semer, greffer notamment les fruitiers comme notamment le pommier, le poirier et le cormier.
En cela ils se distinguent de Chales Estienne :
« Charles Estienne (vers 1504-1564), frère de Robert I, formé dans l’atelier familial et en Italie, devenu tardivement médecin (1542), publie à partir de 1535 des opuscules pédagogiques sur les différents aspects du lexique agricole latin (le jardin, la pépinière, la vigne…), pour lesquels il convoque aussi un riche vocabulaire français spécialisé afin de faciliter la compréhension des textes classiques. En 1554, alors qu’il a pris la direction de l’atelier parisien après le départ de Robert à Genève, il tire de ces opuscules un vaste traité latin, le Praedium rusticum (‘domaine rustique’), destiné aux « jeunes gens qui étudient les bonnes lettres », mais que son organisation systématique en 10 livres et son copieux index offrent aussi à une consultation « pratique ». Enfin, en 1564, alors qu’il est emprisonné pour dettes, il fait paraître un livre français au titre analogue, L’Agriculture, et Maison rustique, mais au contenu entièrement renouvelé, visant cette fois à réunir «tout ce qui peut estre requis pour la perfection de l’agriculture Françoise ». Charles Estienne n’est pas lui-même propriétaire terrien. Le savoir qu’il rassemble est issu de ses lectures, de sa connaissance du pays (il en a déjà tiré en 1552 Le Guide des chemins de France) et de ses enquêtes : il dit avoir été « contraint de rustiquer souventesfois, et familierement converser avec toute sorte de gents rustiques ». Il peut se présenter alors comme « auteur oculaire et quasi practicien ». [4]»
Frère Dany et Pierre Belon ont rédigés bien avant les traités du normand Jehan le Paulmier [Traité du cidre et du vin, 1589] et Olivier de Serres [ Théâtre d’agriculture…, 1600] ou l’abbé Le Gendre Traité de la taille des fruitiers, 1662]. Cette émulation scientifique et pragmatique se déroule sur fond de l’avènement du protestantisme dont les idées de progrès agricole étaient représentées par Julien Le Paulmier et Olivier de Serres qui ont succédé à Frère Dany et Pierre Belon, ce dernier protégé par René du Bellay.
En effet Pierre Belon « reste catholique, à l'heure où plusieurs congénères ont basculé dans le protestantisme. Pierre Belon, naturaliste réputé pour ses travaux naturalistes, a joué le rôle d’informateur royal auprès de François Ier, Henri II et Charles IX. Bénéficiant d’une liberté de circulation étonnante, ses voyages savants le portent au plus proche des zones de combats entre Catholiques et Protestants. Ses capacités en allemand lui valent d’intégrer des missions diplomatiques en Suisse notamment. Il doit son entrée en cour à ses soutiens : les évêques Guillaume Duprat et surtout René du Bellay. C’est particulièrement l’évêque du Mans qui permet la rencontre avec son frère Guillaume du Bellay, seigneur de Langey, ambassadeur pour le roi François Ier et vice-roi du Piémont. Ce puissant seigneur conduit des ambassades en Italie, en Angleterre et en Allemagne. Il est réputé pour la qualité de son réseau de renseignement[5] »
Concernant la Science de l'Arboriculture, l'art de la Taille, l'art de la Greffe, l'art du Semeur et du Pépinier se distille dans des ouvrages qui deviendront des points de repère et de référence pour l'amélioration des vergers et le la boisson du cidre. Auguste Chevalier le botaniste du MNHN dira : « en France ce fut sous la Renaissance que la méthode scientifique appliquée à l’amélioration des arbres fruitiers et du cidre donna naissance aux premières publications : Dany de Brossard (1540), de Pierre Belon du Mans (1558), de Julien Le Paulmier et Jean Cahaignes de Caen (1590), d'Olivier de Serres (1623), de Parkinson (1629), de Le Gendre (1662), de Jean Merlet (1684), de Jean de la Quintynie (1690), marquant les principales étapes des progrès réalisés. » [Chevalier, 1921]
En effet et simultanément pendant que Martin du Bellay( Martin II Du Bellay) régnait comme roi puis prince d’Yvetot, il apprit dans cette contrée les efforts que firent les seigneurs, les fermiers et la population cauchoise à cultiver des pommiers, à produire du cidre pour remplacer la cervoise dont les grains manquaient durablement après la guerre de Cent Ans et durant le « petit âge de glace ». Martin du Bellay vivait le plus souvent en son château de Glatigny mais il aménagea pour ses sujets la promenade de l’Etoile (un mail de la Renaissance), des bois et des mares. Il encouragea ses propriétaires à cultiver des pommiers pour en faire du cidre dont dans le hameau du Verger en partie sur la paroisse d’Yvetot et de celle de Saint-Clair-sur-les-Monts, hameau du manoir du Verger dès la fin du 14e siècle, faits attestés dans le Terrier de la principauté d'YVETOT sous le règne de sa veuve Isabeau Chenu.
Il faut rappeler que le savoir des moines normands et cauchois ont divulgué aux fermiers et aux propriétaires de manoirs ce savoir-faire sous l’impulsion de l’Evêché de Rouen dès la fin de la guerre de Cent Ans, une fois la paix retrouvée et les terres à nouveau cultivables.
On sait que Martin Du Bellay (autrement nommé Martin II Du Bellay) fut présenté à la cour en 1513. Il prit une part active à toutes les guerres de son temps et parut, dit-on, avec éclat à Novarre, à Marignan, à Pavie et, plus tard, à Cérisoles.
Après la mort de François I", il se retira dans son château de Glatigny, où il s'éteignit en 1559. C'est là, dans les loisirs de la retraite, qu'il s'occupa à compléter les récits historiques laissés par son frère Guillaume. Voyez : Les Mémoires de messire Martin Du Bellay, seigneur de Langey, contenant le discours de plusieurs choses advenues au Royaume de France, depuis Van MDXIll, jusques au trépas du roy François premier, ausquels l'autheur a in- séré trois livres, et quelques fragments des Ogdoades de mess. Guillaume du Bellay, seigneur de Langey, son frère, œuvre mis nouvellement en lumière, etc., par mess. René du Bellay, baron de la Lande. Paris, P. L'Huillier, 1569, in-fol. Ces intéressants mémoires ont été réimprimés en 1570, en 1582, en 1586, en 1588, en 1753 , en 1881, etc.
La connaissance de Martin du Bellay a surement permis de transmettre ces savoirs sur les terres percheronnes dès cette époque même si le vin était encore cultivé dans le Perche sarthois et eurelien et vendômois jusqu’à la Révolution française comme en témoigne l’Atlas Trudaine de 1745 à 1780.
Pour revenir à René Du Bellay, le quatrième fils de la famille Du Bellay, Evêque du Mans, frère de Martin II Du Bellay le chroniqueur Le Pelletier le décrira ainsi :
« [...] d’un caractère modeste, aimant le calme, fuyant le bruit du monde, les agitations de la cour, ses brillantes illusions pour des réalités d’une vie paisible.[6] »
Claude Dubois-Geoffroy rapporte que René Du Bellay fut pourvu des ressources de l’abbaye Saint-Laurent au Gué-de-Launay au Sud-Est de Vibraye (actuel Perche sarthois). Il s’opposa aux Luthériens. Ceci est rappelé par Rabelais dans Pantagruel[7]
( les Sorbonicoles…1534).
René Du Bellay fut gratifié de quelques biens dont Hodebrun (Houldebrand), hameau de Langey ; des terres et la Seigneurie de Sainte-Radegonde (commune de Lanneray près de Chateaudun (Perche Vendômois) ; des terres au Petit Glatigny, paroisse de Souday, non loin de Saint-Avit, premier lieu du Perche selon l’historien et archéologue J.M. Baché.
Claude Dubois-Geoffroy signale que lorsque René Du Bellay revint au Mans en 1536, il vécut le plus souvent en son château de Touvoie (commune de Saint-Corneille) actuellement situé dans le Perche sarthois. La baronnie comprenait trente paroisses dont Savigné, Evaillé, Surfonds, Saint-Corneille…Il percevait la dîme à certains fruits à certains endroits.
Rapporté par Claude Dubois-Geoffroy, ce qui caractérise la vie de René du Bellay hormis la religion furent les chevaux et le jardinage car Bonaventure des Périers indique qu’il était studieux des choses de la nature et singulièrement de l’agriculture, des herbes et du jardinage : « Aimant l’horticulture et même l’agriculture, il utilisa les connaissances de Pierre Belon qui naquit en 1517 à Oizé dans le Maine.
Les Du Bellay : Leurs résidences, dépendances en Normandie, dans le Perche et dans le Maine
(Perche sarthois) : Langey ; Glatigny ; château de Touvoie (Perche sarthois) ; Seigneurie Sainte Radegonde (perche Gouet et Vendômois) ; Hameau Hodebrun (perche Gouet et Vendômois) ; Yvetot (principauté) en Pays de Caux.
Claude Dubois-Geoffroy décrit les dépendances des possessions des Du Bellay : Glatigny, Hôtel Saillant à Vendôme, le village de Langey où se situe ladite « maison Rabelais » (la légende) qu’il faudrait attribuer à Guillaume Du Bellay, héritier de la seigneurie de Langey qui a fait édifier la maison pour son médecin.
Claude Dubois-Geoffroy[1] rappelle que Rabelais était secrétaire et médecin de Jean Du Bellay.
Pascal Bouclet, historien local de Langey complète l'information de la dite maison de Rabelais :
«Quant à la Maison de Rabelais, elle existe toujours, c'est un bâtiment très modeste, propriété privée, et qui ne présente aucune caractéristique particulière. La tradition orale a toujours appelé cette maison, maison de Rabelais, mais on ignore si Rabelais l'a occupée. (Vous pouvez voir cette maison sur google maps par exemple, elle est située à la sortie de Langey, route de Boisgasson).
À noter que certains textes confondent notre « Maison de Rabelais » avec une autre maison de Rabelais qui se trouve à Langeais (Indre-et-Loire) qui est aujourd'hui une pâtisserie.
En effet, si Rabelais fut protégé par Guillaume du Bellay et Rabelais en fut son médecin. Cela est une certitude, puisque les textes nous disent qu'il était présent à la mort de Guillaume du Bellay, survenu en janvier 1543, lors de son retour d'Italie dans un village aujourd'hui du département de la Loire. En revanche, savoir s'il a occupé la maison, n'est pas certaine, car lorsque l'on suit les périples de Rabelais, cela ne peut être qu'à cette époque, mais il était avec du Bellay dans le Piémont (en Italie). Par ailleurs, Guillaume du Bellay sera inhumé à la cathédrale du Mans où son frère René était évêque. Guillaume du Bellay, se faisait appelé Guillaume de Langey (sans doute parce que des lieux où il était seigneur, c'était le plus grand domaine), mais peut-être parce qu'il y résidait lorsqu'il n'était pas par monts et par vaux, mais rien ne l'atteste.»
« 28 Le Château-de-Langey. Cne de Langey. Mathieu de Langey, seigneur du lieu, 1166 ; Garnier de Langey, seigneur du lieu, 1240 ; Isabeau de Mpntigy, épouse Hugues du Bellay, dame de Langey, 1400 ; Jean du Bellay, seigneur de Langey, 1415 ; Quittance par Perrin de Maslines, serrurier, pour ouvrages faits au Chasteau de Langey pour Hue du Bellay, seigneur dudict lieu, 1416 (A.D. 28-E 2715) ; Catherine du Bellay, dame de Langey, veuve de Louis de Trémargon, 1452 (A.D. 28-E 2731) ; Marguerite de la Tour, épouse Louis du Bellay, seigneur de Langey, 1493 (A.D. 28-E 2778) ; Louis du Bellay, seigneur de Langey, 1501 ; Louis du Bellay, seigneur de Langey, 1522 (A.D. 28-E 3682) ; Jean du Bellay, cardinal, évêque de Paris, 16 février 1560 (décès) ; Martin du Bellay, 1560 ; Catherine du Bellay, épouse Charles de Beaumanoir, baron de Lavardin, dame de Langey, 1572 ; Foi et hommage à Marie de Courcillon, femme de Joachim de Fromentières, seigneur de Montigny, par Marthe et Élisabeth de Beaumanoir, filles de Charles de Beaumanoir, baron de Lavardin, et de Catherine du Bellay, pour la seigneurie de Langey, 1595 (A.D. 28-E 3697) ; Élisabeth de Beaumanoir, épouse Louis de Cordouan, dame de Langey, 1597 ; Saisie féodale de la seigneurie de Langey, sur Élisabeth de Beaumanoir, dame dudit Langey, 1657 (A.D. 28-E 3756) ; Compte de l’héritage de Louis de Cordouan, seigneur de Mimbré, et d’Élisabeth de Beaumanoir, sa femme, père et mère de Jacques de Cordouan, seigneur de Mimbré, marié à Anne de la Noue, dont est héritier René de Cordouan, marquis de Langey, novembre 1662 (A.D. 28-E 3545) ; Saisie féodale sur Louis de Cordouan, de la seigneurie de Langey, 1665 (A.D. 28-E 4184) ; René de Cordouan, marquis de Langey, 1666 (A.D. 28-E 3723) ; Foi et hommage pour des terres à Langey au profit de Suzanne de Baudéan de Parabere, veuve de Philippe de Montault de Bénac, maréchal duc de Navailles, dame de Langey et autres lieux, 1676 (A.D. 28-E 3762) ; Léonard Élie de Pompadour vend à Ithier de Margontier de Laubanie, la terre et seigneurie de Langey, 1706 ; François de Margontier de Laubanie, seigneur de Langey ; N. d’Houel, seigneur de Langey ; Titres de la seigneurie de Langey, dépendant de la seigneurie de Chassant, 1731-1789 (A.D. 28-E 1698) ; Château de Langey, 1738 (Pouillé de Chartres, p. 42) ; Louis Lazare Thiroux d'Arconville, seigneur de Langey, 1773 (A.D. 28-E 1309). Fief relevant Montigny-le-Gannelon, uni à Chassant, puis à Villemesle vers 1720. »
Le château était situé dans le centre du bourg, à la place aujourd'hui d'une ferme appelée la ferme de la Grand'Cour. Il avait été construit en 1706, par François de Magoutier de Laubanie, à l'emplacement d'un ancien château féodal, dont il reste encore aujourd'hui les douves.
De la cave de la maison dite de Rabelais part un souterrain, aujourd'hui bouché à la suite d'éboulements. Ce souterrain aboutit à la ferme de la "Grand Cour".
Le château fut détruit au ras du sol en 1911. Il ne reste plus qu'une grange aux dîmes.
Cette grange aux dîmes, superbe, presque intacte, appartient aux dépendances de la ferme de la Grand'cour. Longue bâtisse rectangulaire du XVème siècle dont la largeur atteint déjà 18 mètres, elle porte une haute toiture, imposante mais élégante, aux pans descendant à 3 mètres du sol. 2 portes charretières se font face de part et d'autre de la nef ; la charpente intérieure est en châtaignier et chêne.
Ce que l’on pourrait en déduire :
Si l’evêque de Rouen, sous l’autorité de l’archevêché de Rouen au 15e et 16e siècles, ordonna de faire planter les jeunes pommiers (entes) venus de l’Evêché d’Evreux (Roumois) pour les installer dans les masures cauchoises au nord de la Seine et du pays de Bray on peut en déduire qu’à partir du 16e siècle, l’archevêché de Tours dont l’Evêché du Mans ont organisé et encouragé la plantation de pommiers, poiriers et cormiers à cidre et à cormé en leurs abbayes, prieurés puis dans les manoirs des seigneurs ou dans les fermes des châteaux du Perche sarthois, ornais, eurelien et vendômois. Charles Brioux nous raconte ce contexte arrivé plus tôt dans le pays de Caux au moins un siècle plus tôt.
« Le pommier à cidre ne se répandit dans le pays de Caux que vers la fin du 15e siècle ; les grands propriétaires fonciers, suivant en cela l’exemple donné par l’Archevêque de Rouen, firent planter autour des bâtiments d’exploitation de leurs domaines ruraux, des entes qu’ils tiraient généralement du Roumois. » [Brioux, 1910]
Si les archevêques avaient ce pouvoir de faire planter des pommiers comme il se fit par l’archevêque de Rouen, celui le mieux placé à Tours fut Sébastien Dori-Galigaï, mort en 1621 à l'abbaye du bois de Nottonville, est un prélat français du XVIIe siècle. Il est le frère de Léonora Dori, la confidente de Marie de Médicis.
«Sébastien Dori-Galigaï est élu abbé de l'abbaye de Marmoutier (Tours) en 1610. Son beau-frère, le maréchal d'Ancre fait nommer Sébastien archevêque de Tours en 1617 (pas sacré il n'a pas pris possession du siège)[2]. Il donne sa démission la même année, après la mort de son beau-frère, et se retire au prieuré de Nottonville dans la province de la Beauce.[4] »
Contexte du commencement
« Le diocèse de Tours a été érigé dès le IIIe siècle. Celui-ci correspondait à la province romaine Lugdunensis Tertia (Lyonnaise III), province créée apparemment sous Maxime (Clemens Maximus augustus), vers 385, par subdivision de la province dioclétienne de Rotomagus / Rouen (Lyonnaise IIe). Il a été élevé au rang d’archidiocèse au Ve siècle. En novembre 567 se tient à Tours un concile provincial réunissant les provinces ecclésiastiques de Tours, Rouen et Sens. On y signale la présence des deux archevêques métropolitains : Euphrone de Tours qui préside et Prétextat de Rouen ; et pour la province de Tours, les évêques de Nantes, Angers, Rennes, Le Mans.[…] Les évêchés suffragants de l'archevêque de Tours sont actuellement Bourges, Blois, Chartres et Orléans.[5]»
Limites septentrionales de l’archidiocèse de Tours englobant quasiment les 90% du territoire
[1] In : In : L’Epée et la mire au service du roi, Claude Dubois-Geoffroy, autoédition, 2014, p. 164-165, citant Pierre-Marie Adam, secrétaire de l’association des Amis de Rabelais et de la Devinière.
Les limites orientales et septentrionales de l’archidiocèse de Tours
Limites au-dessus de Séez, Evreux et Chartres au 16e siècle.
Anciennes dépendances des Du Bellay
René Du Bellay
Abbaye de Saint-Laurent de Launayprès de Vibraye en Perche sarthois
Au 19e siècle on ne discerne aucun verger
Entre 1950 et 1980 les haies disparaissent
Les vergers se réduisent sensiblement autour de l’ancienne abbaye
Densification végétale en cours, apparition d’une mare de nouveaux vergers. On peut supposer que les vergers à fruits de pressoir sont apparus plutôt depuis le mitan du 19e siècle. Impossible de distinguer un pommier d’un poirier ou d’un cormier à moins de se déplacer sur place pour constater.
Seigneurie Sainte Radegondeprès de Chateaudun en Perche eurelien
Au 19e siècle on ne discerne aucun verger, des alignements d’arbres.
En revanche à partir du mitan du 19e siècle on voit au nord des vergers abrités par deux massifs boisés latéralement à l’Ouest et à l’Est.[1]
[1] Seigneurie Ste Radegonde Lanneray 1832 GEOPORTAIL et Seigneurie Ste Radegonde Lanneray 2118 0011 n° 394 19 avril 1949 IGN REMONTER LE TEMPS
En revanche à partir de 1980, un verger à l’Ouest a été supprimé et au nord les vergers s’étoffent légèrement. [1]
[1] In : Seigneurie Ste Radegonde Lanneray 1918 0021 n° 86 5 juin 1980 IGN REMONTER LE TEMPS & Seigneurie Ste Radegonde Lanneray P16000252 n° 1365 12 aout 2016 IGN REMONTER LE TEMPS
Hameau Hodebrun (Houldebrand) près de Langey en Perche eurelien
L’endroit est isolé au sud-Ouest de la paroisse de Langey ; en 1949, on peut observer deux petits vergers et des alignements d’arbres
En 1981 et 2016, subsistent quelques fruitiers
Anciennes dépendances des Du Bellay
Situées dans le Perche eurelien et sarthois
René Du Bellay, Evêque du Mans
Château de Touvoie (Perche sarthois) près de Saint-Corneille, au Nord-Est du Mans
En 1832 ce qui reste du château de Touvoie où vivait le plus souvent René Du Bellay en son époque[1]
[1] In : château Touvoie St Corneille 1832 Géoportail
En 1949, on peut observer de nombreux vergers autour du château
Ce qu’il reste du domaine avec quasiment plus aucun fruitier[1]
[1] Château Touvoie St Corneille P16000272 n° 3741 30 aout 2016 IGN REMONTER LE TEMPS
Anciennes dépendances des Du Bellay
Martin Du Bellay, Seigneur de Langey
Chevalier prince d'Yvetot (1606 - 1637) 1er marquis de Thouarcé (1608 - 1637) seigneur du Bellay, de Gizeux, du Bouchet-Touteville, de Commequiers
Depuis le 12e siècle le Seigneur de Langey avait de vastes terres dans la province et au-delà comme Yvetot dès lors de Martin épousa Isabeau Chenu, héritière du royaume d’Yvetot situé en pays de Caux.
La paroisse de Langey n’est plus Seigneurie en 1832 toutefois il reste des vergers au sud-Est de la cité.
En 1950 il reste quelques pommiers complantés en prairies et en labours
Anciennes dépendances des Du Bellay
Martin Du Bellay, Seigneur de Langey
Château de Glatigny (perche Gouet et Vendômois)
La situation du château de Glatigny[1] en 1832 là où a vécu l’essentiel de la vie de Martin quand il n’était pas aux côtés de François 1er dans ses campagnes militaires
[1] In : Chateau de Glatigny Souday 1832 GEOPORTAIL
Un endroit encore très planté de fruitiers en 1949[1]
Beaucoup moins en 1980
[1] In : Chateau de Glatigny Souday 2118 011 n° 445 19 avril 1949 IGN REMONTER LE TEMPS & Château de Glatigny Souday 0145 1061 n°212 2 septembre 1980 IGN REMONTER LE TEMPS
Il subsiste quelques petits vergers[1] sur le domaine en 2016
[1] In : Château de Glatigny - Souday p16000272 n° 20 25 aout 2016 IGN REMONTER LE TEMPS
Anciennes dépendances des Du Bellay
Martin Du Bellay, Seigneur de Langey
Roi et prince d’Yvetot, Seigneur de Glatigny, Seigneur des Esteleurs, de Rongnoux, de Cauchy et du Boucher d’Estoutteville, Seigneur de Mauconduit, de Lasse, de Ponthereau, du Plessis-Rougebec et de Putilles. Et des pièces de terres sur les paroisses de Reuville et Hattenville en pays de Caux.
Le royaume puis principauté d’Yvetot sous le règne des Du Bellay de 1518 jusqu’en 1636
Ses domaines de Normandie étaient administrés par des hommes d’affaires et de procureurs car à la guerre il n’avait pas le loisir de s’en occuper, mais à partir de 1543 il eut la priorité de s’en charger pour les biens de son épouse et de ses deux fils Guillaume et Simon de Houdetot dont ils eurent compensation financière car les biens de Martin du Bellay n’étaient pas divisibles. Martin a bénéficié de ce paradis fiscal autorisé par François 1er en personne. Il se chargea entre 1544 et 1559 de restaurer les dépravations commises par les chanoines de la collégiale d’Yvetot. Il fit sculpter sur son château d’Yvetot les armoiries de la branche Du Bellay de Langey. Il fit procéder à des aménagements paysagers à un bassin, un pont, un petit bois, des bassins d’eau et l’avenue (ce qu’il fut de plus beau) qui se développait sur une longueur de près d’un kilomètre dans la direction que suit la rue du Petit-Bois, jusqu’à la mare de la Ville, laquelle existait déjà depuis longtemps à cette époque. Il fit planter des arbres et des allées dessinant une étoile[1] : véritable décor Renaissance au cœur du pays de Caux.
Le 9 mars 1559, Martin Du Bellay mourut en son château de Glatigny, loin des affaires et de la Cour. Avec lui s’éteignit la branche des Langey car il eut deux filles Marie et Catherine. Plus tard le roi Charles IX vient dormir au château d’Yvetot après une autre nuit passée au château d’Etelan.
Isabeau Chenu, la veuve de Martin du Bellay bénéficia jusqu’à sa mort des gains considérables sur le droit de mouture du moulin à vent d’Yvetot et de la perception de l’impôt du quatrième sur les boissons (vin et autres boissons) , ce que le prince d’Yvetot devait en redemander régulièrement au Roi de France. Vingt-cinq à trente sols par poinçon de cidre et de soixante-dix sols à quatre livres par poinçon de vin ce qui tend à prouver que le cidre coulait dans les caves te dans les tonneaux et foudres du pays de Caux. Elle conserva de son vivant le droit de percevoir le quatrième y compris lorsque les conflits des catholiques contre les Huguenots ne touchèrent que très peu la principauté. Henri IV rencontra les ennemis aux abords d’Yvetot et pris la position du moulin et il aurait dit « si par malheur je perds le royaume de France, je suis au moins assuré d’avoir celui d’Yvetot »
Marie, la fille de René Du Bellay, neveu de Martin du Bellay, poursuivit l’œuvre de Martin et Isabeau. Il fut un des premiers chevaliers de Charles IX qui dit-on aimait le cidre. Jérôme Chaïb raconte : « le cidre : Son extension est due aux édits de Charles IX, conseillé par son médecin originaire du Cotentin, Julien Le Paulmier, premier vulgarisateur du « sidre » . Le pommier ne supplanta pas le vignoble normand, ne partageant pas les mêmes terrains. Il remplaça les boissons confectionnées avec des grains, le roi jugeant préférable, en périodes de disette[2] » Charles IX décida l’arrachage du vignoble normand pour libérer des terres céréalières. Le vin normand n’était à vrai dire qu’une affreuse piquette ! Cette décision favorisa le développement du verger et fit de la Normandie la première région cidricole de France mais
Pour les régions où la vigne ne poussait pas comme en majorité dans le pays de Caux, les vergers furent implantés dans les cours, masures et closages.
C’est René du Bellay qui à la vacance de la cure de Sainte-Marie des Champs, une des plus lucratives du pays, Antoine Corneille qui avait un frère Pierre, près du Grand Corneille et de Thomas le géographe. Leur mère était issue d’une famille bourgeoise très ancienne et très considérée d’Yvetot.
Beaucousin évoque la ferme des boissons, à laquelle était attaché le droit de recueillir l’impôt du quatrième qui se percevait sur les vins, cidres poirés et bières vendues au détail dans la principauté.
Les terres de l’actuel manoir du Fay se trouvait alors dans la paroisse de Sainte-Marie-des-Champs avant de basculer dans la commune d’Yvetot sous l’ère Napoléonienne.
René Du Bellay mourut le 27 mars 1606 et sa femme Marie Du Bellay le 27 mai 1611.
Leur fils Martin Du Bellay fut page du roi Henri III et reconnut Henri IV comme roi de France et aurait battu la campagne du pays de Caux et fut témoin de la prise et de l’incendie d’Yvetot (propriété de sa grand-mère). Il habita la plupart du temps en son château de Giseux en Anjou. Louis XIII le fit chevalier de l’ordre du Saint-Esprit distinction des plus rares et tout à la fois des plus enviées, qui montre le cas que le roi faisait du prince d’Yvetot, un des protégés d’Henri IV.
Martin eut cinq enfants dont Charles qui devint prince d’Yvetot. Blessé à vie suite à une chute dans le château du Mont près de Loudun. Difforme il le restera bossu devant et derrière. Il eut à défendre ses droits de sa principauté et réussit à rétablir les exemptions après trois années de requête. Les Dîmes de la paroisse étaient perçues par les moines de Saint-Wandrille en 1630. La grange de Saint-Wandrille a brûlé pendant la guerre d’Henri IV ne fut jamais reconstruite. Les dîmes était versée à l’abbaye par le fermier principal en nature dont la valeur s’exprimait en poinçon de vin (80 livres le poinçon de vin et 16 livres 16 le poinçon de cidre.
Il mourut en février 1661. Dépensier sa fortune n’était plus sinon la possession de ses terres dont celles d’Yvetot, la châtellenie de Giseux, le marquisat de Touarcé, la terre de Benais, la terre du Bouchet-d’Estoutteville en vendômois[3] et une rente de hui mille livres sur l’Hôtel-de-Ville de Paris. La principauté fur)t adjugée en 1663 et acquisition fut déclarée au profit de Crevant ( maison de Crevant en Touraine) [4]
Nicolas 1er d’Estouteville épouse Julienne de Thorotte et ont plusieurs enfants dont Jean Ier (vers 1200-1258 ou ap. 1262), x Agnès, fille de Geoffroy V de Châteaudun et d'Adèle/Alix de Nevers (sœur d'Hervé IV de Donzy), dame du Bouchet en Vendômois (à Nourray, Lancé, Crucheray ; la seigneurie prend alors le nom du Bouchet-Touteville. (Au Sud de Vendôme à Crucheray)
Fin de l’histoire des Du Bellay en Normandie.
La moitié du territoire de la principauté d’Yvetot en 1764 est encore recouvert de pommiers et poiriers comme ces vergers existaient en moins grand nombre dont au hameau du Verger enchâssé sur les paroisses d’Yvetot et de Saint-Clair-sur-les-Monts. Martin Du Bellay possédait d’autres terres en pays de Caux tout comme les Grimaldi (Fauville-Valmont…) les pommiers ont commencé à être planté dans les masures à partir du mitan de 15e siècle, après la fin de la guerre de Cent Ans.
En conclusion les Du Bellay ont joué un rôle majeur en Normandie pour la diffusion de la boisson du cidre et poiré et en Perche sarthois, vendômois et eurelien probablement vs à vis de leur domaine, propriétés, châteaux et fermes au moins pendant la période du règne de Charles IX (1560 à 1574) avant les troubles de guerre de religion de la 1e à la 4e guerre de religion entre 1560 et 1573.
« le cidre : Son extension est due aux édits de Charles IX, conseillé par son médecin originaire du Cotentin, Julien Le Paulmier, premier vulgarisateur du « sidre . Le pommier ne supplanta pas le vignoble normand, ne partageant pas les mêmes terrains. Il remplaça les boissons confectionnées avec des grains, le roi jugeant préférable, en périodes de disette Charles IX décida l’arrachage du vignoble normand pour libérer des terres céréalières. »[Jérôme Chaïb, 2018].
7 - déclinaison du Théâtre d’Agriculture qui structure la science du semis, de la greffe et la taille des fruitiers au 17e siècle.
1600 : Olivier de Serres
«La pépinière : elle est inventée pour commencer à l'origine des arbres du verger, lorsque le plant enraciné manque [...] Nous élèverons par semences les arbres qu'on ne peut obtenir par un autre moyen avantageusement, et par branches, ceux dont leur facilité à reprendre par racines nous invitent de ne pas nous servir d'une autre manière [...] le temps de mettre les pépins en terre est le même des semences de froment [...] Le lieu de la pépinière sera reparti en planches et carreaux si longs qu'on voudra, et seulement large de 4 à 5 pieds (1,3 m à 1,65 m.), afin que par cet étrécissement, on puisse atteindre avec la main, des côtés jusqu'au milieu de la planche[...] On sèmera les pépins assez rarement et uniment, ensuite on les couvrira de deux doigts de terre qu'on y criblera par-dessus [...] Quand les rejetons seront levés de terre, on les sarclera soigneusement, pour, gaiement et sans obstacle, les faire croître, sans souffrir qu'aucune herbe n'y croisse en même temps qu'eux [...] Ils seront bêchés pour faire allonger leurs racines, mais ce sera en y allant retenu de peur d'offenser les racines, en creusant trop dans ce commencement. Ce traitement les avancera tellement que dans la même année, ils deviendront propres à être transportés dans la batardière. »
« La Bâtardière : au mois de février, en jour choisi beau et serein, ni pluvieux, ni venteux cependant [...] on arrachera les arbrisseaux de la pépinière, le plus doucement qu'on pourra, afin que leurs racines en sortent entières, s'il est possible ; et après avoir retranché tout ce qu'on trouvera d'offensé et rompu par mégarde, et rogné la pointe des plus longues racines, les arbrisseaux seront mis dans terre, sans nullement séjourner, de peur de l'évent. Ce sera dans les rayons ou petits fossés, tirés en ligne droite, larges de deux pieds ( 65 cm ), profonds seulement d'un, qu'on les plantera, au fond desquels on jettera premièrement, un demi pied de la meilleure terre du lieu, prise à la superficie, pour asseoir sur elle les racines des arbres, et les recouvrir aussi [...]
On écartera ces racines, pour qu'elles ne s'entre touchent ni ne s'entrecroisent l'une dans l'autre, afin qu'elles prennent d'autant mieux terre, qu'elles se trouveront plus à leur aise ; ensuite le reste du rayon sera rempli et réuni à la bâtardière [...] il faudra avec la serpe bien tranchante, couper l'arbre, en poussant en bas, non en tirant en haut [...] on posera les arbrisseaux à égale distance l'une de l'autre [...] Voilà votre bâtardière remplie ; il n'est plus question maintenant que de la cultiver soigneusement [...] Trois fois l'année au moins il faudra la bêcher, pour tenir le fonds en guéret, et débarrassé de toute herbe, à l'avantage des bonnes plantes. Il faut être très retenu à labourer, surtout la première année, c'est à dire, ne pas beaucoup creuser en terre, en la labourant, de peur d'offenser les racines des arbrisseaux ; y pénétrer un peu plus avant la seconde année ; en continuant ainsi avec modération, jusqu'à ce qu'étant fortifiées, et ayant pris terre, aucun labourage, ne leur soit épargné. L'arrosement est aussi nécessaire à l'avancement de ces arbres [...]. »[De Serres, 1600 ; Traversat, 2001]
1652 : un ouvrage qui fera date surtout pour l’art de la Taille des fruitiers
L'abbé Le Gendre indique : « Mes amis me sollicitent[...] de communiquer ce que j'ay pu apprendre sur la culture des arbres fruitiers, par une expérience de près de cinquante ans ( de 1600 à 1652). »
L'abbé Le Gendre ajoute : « Le principal soin que doivent prendre ceux qui veulent avoir de beaux plants & en quantité est de faire chez eux des pépinières pour y éléver des arbres dont ils puissent planter leurs jardins. Par ce moyen, on trouve les avantages suivants : on est certain de leur origine. Les arbres reprennent plus vite et ne subissent pas les aléas du transport. Ils sont replantés dans la même terre. » [Traversat, 2001 ; Le Gendre, 1652]
Si le botaniste Chevalier (1921) et si l'historien Traversat nous vantent les mérites de l'abbé Le Gendre au plan national et normand, il n'en reste pas moins qu'il fit ses prouesses en partie en pays de Caux à Hénouville et il côtoyait le Curé de Sainte-Marie des Champs comme nous le racontent Mathis et Hilaire.
« L’abbé Antoine Legendre (1590-1665) fut pourtant bien une personnalité notoire de Normandie, dans la région de Rouen. Né au Vaudreuil, près de Louviers, dans le diocèse d’Évreux, Legendre fut effectivement curé d’Hénouville, dans l’ancien doyenné de Saint-Georges, de 1622 à 1659. * Malgré des racines normandes avérées, l’élément le plus marquant de sa biographie reste les honneurs précoces qu’il reçut à la cour du roi. Il avait à peine vingt ans lorsqu’il fut désigné aumônier du roi et contrôleur des jardins fruitiers de sa Majesté. Pour l’expliquer, certaines théories lui attribueraient, sans preuves, l’ascendance d’un des nombreux bâtards du roi Henri IV, qui resta longuement en terres normandes en 1590 lors de la décisive bataille d’Ivry *. Quoi qu’il en soit, il reste certain que Legendre fut très tôt distingué par la monarchie pour ses compétences horticoles. Ainsi qu’il l’indique lui-même, ses fonctions de contrôleur des jardins royaux prolongent des prédispositions naturelles qui lui ouvrirent les portes des plus belles réalisations horticoles de son temps, lui permettant d’en observer de près l’évolution des pratiques : Je me souviens que dans ma jeunesse ma curiosité me portoit à aller voir tous les jardins qui estoient en réputation. Je frequentois tous ceux qui se piquoient d’avoir de beaux fruits, et qui vouloient passer pour habiles gens en cette matière. Pour des raisons obscures, Antoine Legendre doit s’éloigner de Paris et de la cour vers 1622. Il choisit logiquement de retourner en Normandie et de prendre possession de la cure d’Hénouville. C’est dans cette localité qu’il développa ses travaux et expériences horticoles, obtenant de créer des jardins dans l’enclos du presbytère dépendant de la grande abbaye voisine : Saint-Georges de Boscherville. En 1630, l’abbé commendataire Louis de Bassompierre (1610-1676) concède ainsi à Legendre un droit de colombier, à sa charge de le bâtir dans l’enclos presbytéral. Il faut savoir que les colombiers constituent une source d’engrais indispensable pour le travail du jardin, dont l’utilisation est d’ailleurs recommandée à plusieurs reprises dans La Manière de cultiver les arbres fruitiers. Pour Legendre, ce jardin du presbytère d’Hénouville devint l’œuvre de sa vie, un chef d’œuvre d’horticulture qui acquit dans la région, et jusqu’en région parisienne, une grande renommée. La famille Corneille, ainsi que de nombreux hôtes de marques, venaient le visiter. Antoine Corneille, le frère du grand poète et dramaturge, rédigea même en 1642 un poème dédié aux attraits champêtres du Presbytère d’Hénouville : Voir à loisir ce lieu champêtre ; Les jours y coulent sans ennuis : Tâche, si tu peux de connaître Tant d’herbes, de fleurs et de fruits . À y regarder de plus près, l’arrière-plan culturel qui nourrit ces poèmes correspond très précisément à celui relevé dans La Manière de cultiver les arbres fruitiers : un même culte naturaliste, une même omniprésence des références de l’Antiquité gréco-romaine au détriment des champs référentiels strictement judéo-chrétiens. Dans les deux cas, l’histoire sainte est complètement ignorée : « Il est certain que la politesse de l’esprit, la connoissance des belles choses, et l’estude de la philosophie ne sont pas plustost entrées chez les Perses et chez les Grecs qu’elles ont esté suivies de l’agriculture, comme de leur plus fidelle et plus innocente compagne.»– de tels propos paraissent inconcevables pour Arnauld d’Andilly et les Solitaires de Port-Royal qui, tout au contraire, fondaient tous leurs efforts à vivre et incarner les modèles de l’histoire sainte jusque dans les moindres instants de leurs activités champêtres : pratiques agricole et horticole prenant dès lors un sens spirituel profond dans leur vécu quotidien. Quant à l’« expérience de près de cinquante ans28 » dont il est fait mention dans la préface – et qui est parfois requise pour contester l’attribution à Legendre – elle ne disqualifie en réalité aucun des deux hommes, respectivement nés en 1589 et 1590, et ne constitue donc pas un argument en soi. En revanche, la publication à plusieurs reprises de l’œuvre à Rouen et surtout la dédicace à un président du parlement de Normandie, Jean-Louis Faucon de Ris, cadrent parfaitement avec les éléments connus de la biographie de Legendre. D’ailleurs, toutes les éditions du livre sans exception, y compris celles qui datent d’après la mort d’Arnauld D’Andilly et de Legendre, y compris les traductions étrangères*, donnent Legendre comme auteur. » [Mathis et Hilaire, 2014]
Voici LA MANIERE DE CULTIVER LES ARBRES FRUITIERS par le Sieur LE GENDRE, Curé d'Hénouville. OU IL EST TRAITE des Pépinières. Des Espalliers. Des Contr'espalliers. Des Arbres en buisson, & à haute tige, 1652
« Pour bien planter, élever & greffer les pépinières, puisqu'elles sont selon l’ordre de la nature, l’origine & le principe de tous les fruitiers […] préparer & amender la terre pour y faire de grands plants & des espaliers, comme l'on doit ordonner & espacer les arbres, & disposer les différentes sortes de fruits, selon les situations & les expositions différentes des jardins, je donne par âpres la méthode de bien planter, tailler, & palisser les arbres; & enfin je finis par le moyen d'avoir de beaux fruits, puis qu'ils font la fin principale de tous ceux qui plantent; & la perfection de tous les plants. [...]»
Il rappelle quelques faits dans l’histoire de l’humanité dont celle des Perses et des Grecs qui prenaient soin de leurs jardins qui s’est transplanté chez les Romains. La connaissance est venue en France. L’abbé Le Gendre a eu une inclinaison pour les arbres fruitiers aussi se vante-t-il d’avoir été un des premiers qui ait recherché avec application la véritable méthode pour faire réussir les arbres en espalier et en buisson. Cette passion lui est venue très tôt en allant visiter les endroits où se trouvaient de beaux fruits. Ayant des méthodes estropiant les arbres, il chercha à un ordre tout contraire partant du naturel de l’arbre en dépit de ceux qui n’étaient de cet avis.
L’intérêt de cet ouvrage se niche dans l’art de la pépinière, de planter et d’entretenir les pépinières ; d’enrichir les sols ; de veiller à l’exposition des fruitiers ; de bien planter et entretenir les arbres ; de les tailler et les palisser et de veiller aux remèdes des maladies des arbres.
L’Abbé Le Gendre insiste sur la nécessité de planter l’arbre dans une bonne terre pour la croissance des racines transplantées d’une terre aussi bonne. Il faut donc choisir un bon plant, le faire épanouir dans une bonne terre et le bien le cultiver. Pour ce faire il recommande de choisir des sauvageons (poirier, pommier) d’une année, venus d’un pépin (mars) sur une planche de terre bien labourée, puis sarclée avant d’être plantée en pépinière l’hiver suivant ou de faire cribler du marc de cidre & de poiré au sortir du pressoir ou de faire venir de Normandie où ils sont élevés en quantité. Il se réfère à la pomme Paradis, au Doucain au cognassier ou préférant le plant du cognassier, arbre nain par essence convenant mieux que le sauvageon s’élevant trop. De couper certaines branches afin que repoussent d’autres avec plus de force. Il défend la thèse des entes sur le franc autant que ceux greffés sur le cognassier (cognier, cognassier qui a sa préférence et de sa bouture plutôt que venu du pépin et en les couchant leurs branches pendant l’hiver). Ses principes se déclinent sur d’autres fruitiers comme les pêchers, les abricotiers, les amandiers, les pruniers, les cerisiers…
Il préconise pour ces plants un bon fonds – terre douce et fraîche, grasse surtout pour la pépinière de poiriers et de pommiers francs.
Il convient d’attendre de l’amender à l’apparition de la troisième feuille mais pas avant ; la terre devant être propre ni trop labourée, ni trop légère mais meuble pour y mettre autour des racines en plantant – en novembre ou décembre ou février selon l’humidité du terrain - Il faut avant bien irriguer le morceau de terre, y ouvrir des rigoles. Il préconise que les greffes sont posées le dos vers le midi. Les racines doivent être coupées de moitié…
Puis il faut veiller et prendre soin de bien le cultiver : Becher pas trop près, couvrir de fougères sans étouffer le sauvageon, la repousser plus tard du pied au milieu des rangées…de veiller de mettre à l’abri de la gelée l’hiver et de ne point découvrir les racines. Ensuite au printemps il recommande de couper les fougères et les mêler à la terre car ce mélange est fumier. Et de renouveler les opérations chaque année jusqu’à deux ans après qu’elles auront été greffées. Si ces principes ne sont pas suffisants il encourage le jardinier un bon fumier gras.
Ainsi dit-il les « pépinières de sauvageons étant ainsi plantées & bien cultivées, seront assez forte pour être greffées dans leur trois ans ou quatrième année. [...]
Pour les autres espèces (noyers, châtaigniers, chênes, pins, sapins, tilleuls, ormes) il préconise de mettre en planche leurs graines au mois de mars.
Pour l’art de greffer il recommande la greffe en fente la préférant à celle faite en écusson. Greffer en février ou mars en nouvelle Lune. Il faudra couper le pied du sauvageon que l’on veut enter à six pouces de terre et le tailler en pied de biche jusqu’à la moitié de la tige et achever l’autre moitié toute plate afin d’y pouvoir mieux poser la greffe ; tourner le dos de la greffe au midi comme déjà dit.
Il y a une autre manière de greffer est l’emporte-pièce d’autant que l’on fend que très peu la tige & l’on entaille dans le bois la place pour mettre le greffe- adaptée sur les gros arbres. Existe également la greffe en fluteau (châtaignier). Pour bien gouverner celles qui sont entées en fente destinées pour les arbres à haute tige comme pour les poiriers et pommiers francs, il faut d’ébourgeonner la greffe aussitôt qu’elle commence à pousser pour qu’il ne demeure qu’un seul bourgeon pour s’élever en une seule tige.
L’Abbe Le Gendre de procéder par rangée pour chaque type de fruitiers, qu’il est vain de greffer une espèce sur une autre toute différente comme un poirier ne peut réussir sur le pommier et réciproquement.
Il faudra penser à penser aux différentes sortes de terre et d’arbres, des différents moyens d’amender, des fumiers qui leur sont propres et comment s’en servir ainsi de savoir comment disposer les différentes espèces de fruits selon les différentes expositions.
La question de l’exposition semble intéressante à examiner d’autant que son terrain d’expérimentation à Hénouville se trouvait en façade ouest dans l’influence maritime de l’estuaire de la Seine, du bas du coteau jusqu’ mi pente sous la partie forestière. Et exposé nord-sud sur la longueur parcellaire. Son exposition était la suivante : La meilleure exposition pour les espaliers est celle qui a le Soleil depuis huit à dix heures du matin jusques au soir.
Il poursuit en rapportant que : « Les murailles qui ont le Soleil depuis neuf à dix heures du matin jusques au soir, sont les meilleures pour y planter des poiriers de Bon chrétien, de Bergamotte et de toutes espèces qui sont pleines d’eau dautant que ces fruits ont besoin d'une plus grande chaleur pour bien meurir & avoir bon goût.
Le choix de l’exposition aux vents semble déterminant pour lui car il faudra dit-il considérer : « l’exposition des vents pour tâcher de les mettre à l’abri, car les grands vents nuisent beaucoup aux plants. C’est pour cela que les arbres résistent mieux dans les vallons, pourvu qu’ils ne soient point trop humides, que sur les montagnes et sur les situations relevées et découvertes, où ils sont trop battus des vents ; outre que la terre est toujours meilleure dans les vallons, à cause de la graisse et la bonne humeur de tous le païs descend avec les pluies. »
Concernant la gelée et la floraison il rappelle ceci : « comme les poiriers et les pommiers poussent leurs fleurs plus tard, et qu’ils résistent mieux à la gelée [...]»
Enfin sans insister sur ce chapitre qui fera la notoriété de son œuvre il traitera sur l’art de tailler et de palisse les arbres.
Ensuite il fournit d’autres recommandations au verger il précise la manière d’avoir de beaux fruits.
Cultiver des fruits c’est selon lui de contribuer à conserver la vigueur des arbres et à la grosseur de ses fruits qui demandent attention et nourriture : éliminer les branches faibles, de veiller au nombre de fruits sur la branche et d’en affaiblir la vigueur, de surveiller une bonne tenue des feuilles couvert idéal du fruit par grande chaleur ; de cueillir les fruits au bon moment comme les poires beurrées, le beurré commun, la Bergamotte, le Bon-Chrétien d’été ; cueillir ces fruits par un beau temps ; les mettre dans le meilleur état de conservation sur des planches à l’abri, fenêtres ouvertes durant un mois pour les suer, avant de les faire sécher et de les mettre dans des armoires à la fruiterie à l’abri de la gelée… [...] Enfin le jardinier insiste sur la maladie des arbres qui peuvent nuire à l’arbre.
Il informe que c’est par leurs racines que le mal survient, du défaut du plant, du défaut de la terre. L’indicateur se voit dans l’état de la feuille qui jaunit. Il est possible de les sauver en amendant la terre, en labourant au pied et bien d’autres procédés. Les causes peuvent être aussi le chancre, les chenilles[...].[1] »
Sans vouloir être exhaustif mais davantage éclairant, souligner les travaux de Thouin me parait pertinent aussi Michel Traversat a étudié attentivement ses travaux. Nous en reparlerons pour aborder l'état des lieux au 19e siècle.
[1] La manière de cultiver les arbres fruitiers (Réimpression fac-similé de l'édition princeps de 1652...) / par l'abbé Le Gendre,... ; [publiée par le Dr E. Blanche] Legendre, Antoine (1590-1665). Éditeur : impr. de L. Deshays (Rouen) Date d'édition : 1652 Contributeur : Blanche, Emmanuel (1824-1908). Éditeur scientifique - in : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k58176347.texteImage
8 - Le contexte du début d'une organisation agricole et arboricole au 18e siècle
Le 18e siècle est véritablement la fin des pratiques médiévales et l’avènement du siècle des « Lumières agricoles » qui se propagent dans les contrées cidricoles comme celle du Perche.
Le 19e siècle verra la création des Sociétés royales d’agriculture (1757-1793)
« Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, en France, les choses agricoles suscitent de plus en plus d’intérêt de la part du public cultivé et des grands propriétaires. Les expérimentations individuelles, les sociétés savantes, les publications dédiées à ces questions se multiplient. Ce mouvement est le fruit de la prise de conscience de la nécessité d’augmenter les productions dans un climat populationniste et avec le constat de la précarité et des insuffisances des procédés culturaux et d’élevages traditionnels. Il faut aussi compter avec l’influence des agronomes anglo-saxons (Jethro Tull ou Henry Pattullo par exemple) et d’expériences similaires à l’étranger (notamment la Society for improving husbandry, manufactures and otheruseful arts and sciences, fondée à Dublin en 1731). [1]»
Ce qui sera confirmé par Athur Young[2] qui voyagera dans le Maine aux confis de Mamers juste avant la Révolution française.
Pour introduire les grandes avancées de ce siècle qui renforcera à l’aube de la Révolution française l’avantage du cidre en Normandie. Faut-il rappeler ici que ce fut la faillite des productions de céréales et le manque de pain qui conduiront les « citoyens » à déclencher cette révolution, ce n’est pas sans rappeler la problématique du 15e et 16e siècle en plein dans le « Petit Âge de glace » qui verra également la faillite de la viticulture dans le Maine, le Perche ornais.
Les citations qui suivent donnent un aperçu de ce que fut l’écho donné à ce cidre au 18e siècle avant de revenir aux avancées de la Science, de l'Agriculture, de l'horticulture, de l'avènement des premières Sociétés Centrales d'Agriculture que Louis XV Louis XVI père et fils et Trudaine père et fils ont initié.
1707 : contexte du Perche selon le dictionnaire géographique et historique de Thomas Corneille :
« Le Perche, province de France est bornée au Septentrion par la Normandie ; à l’Orient & au Midy par la Beausse, et & l’Occident par le Pays du Maine. On divise le Perche en terre Françoise, en grand Perche, en Perche-Goüet , & enterres démembrées (Châteauneuf en Timerais, Senonches, Champront & Bresolles, & elles ont eu ce nom à cause qu’elles en furent séparées par la transaction faites entre le Roy Henri II. & Antoines de Bourbon, Duc de Vendôme. L’Eure, le Loir & la Huisne ont leurs sources dans cette Contrée qui est assez fertile en bled & en pâturages. Elle est du ressort du Parlement de Paris pour la Justice, & dépend des Généralités d’Orléans & d’Alençon pour les Finances.[3] »[Corneille Thomas, 1708]
Michel Traversat[4] dans son étude sur les pépinières en évoque les trois Généralités dans lequel évolue le Perche :
« Les rois de France ont porté depuis le 16e siècle, une attention soutenue à la plantation d’arbres. C’est Henri 11 qui le premier a ordonné par lettres patentes en forme de déclaration le 19 janvier 1552, de planter des arbres le long des chemins du Royaume. Il ne s’agissait alors que d’ormes devant servir « aux affustz et remontaiges de notre artillerie. Henri III, en mai 1579, par l’ordonnance de Blois, complète et modifie la déclaration de son père en demandant de planter les bords des chemins « d’arbres comme ormes, noyers & aultres, selon la nature et commodité du pays » [5]- dispositif renouvelé en 1720
[…] Même si ces plantations étaient le moyen de délimiter matériellement domaine public et domaine privé, elles avaient aussi pour but de « repeupler le royaume d’ormes, hêtres, châtaigniers, arbres fruitiers et d’autres dont l’espèce est considérablement diminuée. »[…] pour encourager ces plantations, le gouvernement décida la création de pépinières d’au moins deux arpents dans chaque généralité du royaume. Adjugé à un pépinier rémunéré par l’administration, ces terrains devaient fournir gratuitement des plants aux propriétaires qui en feraient la demande. […] Par ce biais de très nombreuses pépinières seront créées. […] Les pépinières, regroupées par généralités.[6] »
Le Perche au cœur de trois généralités au 18e siècle : Le Perche retrouve ses caractéristiques de territoire de passage, d’échanges traversés depuis Paris par trois voies royales. Dans ces trois généralités sont inventoriées des pépinières.
Ainsi à cette époque de l’Ancien Régime Le Perche se retrouve dans trois généralités : celle d’Alençon, celle d’Orléans, celle de Tours. C’est dans ces mêmes généralités que trois voies royales traversent d’Est en Ouest et du Nord au Sud la Province du Perche pour relier Paris à Alençon par Tourouvre ; pour relier Paris au Mans par Bellême ; pour relier Paris à Tours par Châteaudun, ce qui est décrit par l’Atlas Trudaine.
Les Pépinières de la Généralité d’Alençon
D’après Michel Traversat, les archives A.N. – E 2510… , les arrêts du roi citent notamment :
L’arrêt du conseil du Roi du 17 août 1774 : les 1060 li. Dépensée pour la nouvelle pépinière de Mortagne (imposée sur les taillages de la généralité d’Alençon.)
Les deux autres à Saint-Aubin le Vertueux, près de Bernay et Vaux.
Les Pépinières de la Généralité de Tours[7] (axe : Chartres-Vendôme-Tours)
D’après Michel Traversat, les archives citent l’arrêt du roi du 21 juillet 1722 qui ordonnait une imposition de 3000 li. sur la taille de la généralité de Tours pour l’entretien des pépinières (800 000 mûriers blancs). En 1772, du Cluzet rétablit une pépinière d’ormes et de frênes afin d’embellir les grandes routes. Il réussit à intéresser les riverains et trente lieues de routes furent plantées d’arbres de 1772 à 1781 […] Ces routes et ces plantations faisaient, en 1783 l’admiration de l’inspecteur général des Ponts et Chaussées. »
Les Pépinières de la Généralité d’Orléans.
Dans la généralité d’Orléans en 1761, on trouvait quatre pépinières (40000 arbres) dont 10237 à Vendôme. La cinquième, celle de Briare ne fut connue que par sa vente.
De quelle manière les pépinières sont-elles visibles sur les cartes ?
Ces petits carrés aux côtés des vergers plus visibles à Châteauneuf[8] en Thimerais, à Mortagne[9] et Saint-Maurice-lès-Charencey[10]
En revanche sur le Loir (Chateaudun[11]) et de Bonnetable[12] à Igé, on voit encore la vigne et encore peu les pommiers sur l’Atlas Trudaine.
[3] Dictionnaire universel, géographique et historique. T. 3, P-Z / , contenant la description des royaumes, empires, estats, provinces, pays, contrées, deserts, villes, bourgs, abbayes, chasteaux, forteresses, mers, rivieres, lacs, bayes, golphes, détroits, caps, isles, presqu'isles, montagnes, vallées. La situation, l'estendue, les limites, les distances de chaque pays ; la religion, les moeurs, les coustumes, le commerce, les ceremonies particulieres des peuples, & ce que l'histoire fournit de plus curieux touchant les choses qui s'y sont passées, le tout recuëilli des meilleurs livres de voyages & autres qui ayent paru jusqu'apresent. Par Par M. Corneille, de l'Académie françoise, & de celle des inscriptions & des medailles. Tome I [-Tome III]
Auteur : Corneille, Thomas (1625-1709). Auteur du texte
[4] Michel Traversat, Les pépinières – Etude sur les jardins français et sur les jardiniers & les pépiniéristes, Diffusion ANRT, Atelier national de reproduction des thèses, Thèse à la carte, Paris, 2001.
[5] Mûriers (feuilles comme nourriture des vers à soie)
[6] Michel Traversat, Les pépinières – Etude sur les jardins français et sur les jardiniers & les pépiniéristes, Diffusion ANRT, Atelier national de reproduction des thèses, Thèse à la carte, Paris, 2001, pp 343-344.
[7] Maurice Bordes, op. cit.in : Michel Traversat, Les pépinières – Etude sur les jardins français et sur les jardiniers & les pépiniéristes, Diffusion ANRT, Atelier national de reproduction des thèses, Thèse à la carte, Paris, 2001, pp 370-371.
Saint-Maurice-en-Charencey carrés de pépinières et clos de vergers de pommiers
Bonnétable
L’exemple Sarthe - Perche sarthois - Contres
1760-1949-1984 et 2014
Grâce à Louis XV (Atlas Trudaine) qui a réhabilité la pomme et grâce à IGN France au 20e et 21e siècles, nous pouvons analyser convenablement l’exemple des environs de Contres. Ces quatre vues suivantes révèlent d’une part que cette commune n’est plus productrice de cidre mais qu’elle le fut jusqu’aux années 1980 et que d’autre part jadis on cultivait la vigne au 18e siècle et enfin que Contres est la limite nord du Perche sarthois et du Perche ornais.
Ces deux vues, ci-dessus indique l’agriculture du mitan du 18e siècle[1] où subsiste au gauche de la voie royale, coté Sarthois la vigne sous une forme de trapèze, de l’autre côté de la voie royale à droite le Perche sarthois avec un domaine agricole visualisé par un chevron où sont plantés dans deux clos des pommiers que l’on retrouve en plus grand nombre en 1949[2] de chaque côté de l’ancienne voie royale sur la portion ouest de Contres en Sarthe.
Ces deux dernières vues de 1984[1] en noir et blanc et celle de 2014[2] montre bien qu’en 1984 subsistent quelques pommiers, des haies qui limitent des parcelles plus petites et qu’aujourd’hui se cultivent de plus grandes parcelles et la perte des pommiers quasiment partout.
Thiron-Gardais est à l’heure actuelle une commune limitrophe de l’aire géographique cidricole du Perche
Parcelle des pommiers 249
Terrier Gardais 2 fi 308/1 G 2075 ADEL
Thimert-Gâtelles n’est une commune de l’aire géographique cidricole du Perche mais si elle se situe non loin.
Terrier Thimert 2 fi 267/1 E 714 ADEL
Un des vergers au 18e siècle
Plan terrier du XVIIIe (comme ceux du chapitre cathédral de Chartres sur ses terres percherons ) proximité de la seigneurie de Gardais et de Tyron (avec l'aimable autorisation du PNRP.
Les iconographies dont disposent le Parc Naturel Régional du Perche
- Tableau : panorama de Nogent-le-Rotrou réalisé par Méliand au XIXe (en pièce jointe) où apparaissent pas mal de prés vergers,
- Tableau d'Émile Courtin début XXe à Soizé
Au mitan du 18 siècle la propagation des vergers indique deux phénomènes distincts
Dans le Perche septentrional la place du pommier et du poirier progresse en revanche dans la province du Perche Thymerais, passé l’Avre, de Nonancourt à Dreux la vigne domine comme le constate Bernardin de Saint-Pierre, dans son Voyage de Normandie, le mercredi 3 mai 1775.
Récit du naturaliste Bernardin-de-Saint Pierre [ ami de Jean-Jacques Rousseau son contemporain] - auteur du célèbre roman Paul et Virginie
Extraits :
« Parti à six heures et demi. Temps charmant. Observation vraie. Tous les arbres ont à présent des feuilles, ce qui n’est pas le cas à la Trappe. Superbes pommiers tous blancs, d’autres roses, d’autres en partie ouverts et clos, d’autres semés sur des bouquets verts en bouton de carmin. Charmante odeur. Je m’assis sur des fleurs, à l’ombre des fleurs qui tombaient sur moi.
Je laissai toujours la rivière d’Avre qui sépare le Perche de la Normandie sur ma gauche. […] Un laboureur m’apprit que ces terres étaient médiocrement bonnes, que les plus tardifs pommiers donnaient leurs pommes amères et quoiqu’ils fleurissent les plus tard, ils donnaient de meilleure heure leurs pommes jaunes très bonnes à faire du cidre.
Après avoir traversé un long bois près Tillières[1][…] la rivière d’Avre arrose des prairies remplies de rigoles.[…] Je quittai à regret les pommiers, fâché de ne pas les voir tous dans leur beauté.[…]
La route va en montant, les côtes sont toutes couvertes de joncs marins et de genêts tout jaunes de fleurs et de landes, ce qui fait un fort bel effet. En descendant à Nonancourt je me reposai sous un aulne dans un pré où broutaient une douzaine de vaches. […]
On voit à Nonancourt les premiers vignobles.
Bernardin de Saint-Pierre a traversé le paysage d’Armentières et ses pommiers jusqu’à Tillières à l’approche de Nonancourt, traversant les pommiers puis la vigne.
[...] et le vignoble en totalité qui de Nonancourt suivant l’Avre vers l’Eure était couvert de vignoble jusqu’à la Sein ree au Vaudreuil.
Nonancourt au mitan du 18e siècle, entouré majoritairement de vignes et on peut observer qu'un seul verger au nord.
Dans le Perche méridional, la vigne est toujours cultivée et reste dominante au moins sur les rives du Loir.
De quelle manière les vergers de pommiers sont-ils visibles sur les cartes ?
Des vergers visibles à Châteauneuf[2] en Thimerais, à Mortagne[3] et Saint-Maurice-lès-Charencey[4]
En revanche sur la rive sud de l’ Avre, sur le Loir à Bonneval, Chateaudun[5], Cloyes et de Bonnetable[6] à Igé, on voit encore la vigne et encore très ,peu ou peu ou prou les pommiers sur l’Atlas Trudaine dont les relevés date de 1747.
« Les atlas des routes de France dits atlas de Trudaine constituent une collection unique et homogène de soixante-deux volumes totalisant plus de 3 000 planches manuscrites soigneusement aquarellées. Réalisés entre 1745 et 1780 sur ordre de Charles Daniel Trudaine, administrateur des Ponts et Chaussées, ils comportent les routes faites ou à faire (et leurs abords immédiats) dans les vingt-deux généralités des pays d'élections régies par des intendants. Les pays d'états (Bourgogne, Provence, Languedoc et Bretagne) ainsi que les pays d'imposition (régions frontalières conquises sous Louis XIV) sont exclus de cette couverture cartographique, sauf la généralité de Metz (trois atlas) et le Haut-Cambrésis (trois atlas aussi). Ces atlas forment une documentation précieuse et très recherchée sur les paysages français du XVIIIe siècle. »
« La réalisation de l’atlas dit de Trudaine s’inscrit dans le cadre de la réforme routière entreprise par la monarchie française au cours de la Régence du règne de Louis XV. Dès 1716, le corps des ingénieurs civils des Ponts et Chaussées est fondé, afin de répondre aux besoins de l’administration dans ce domaine essentiel au bon fonctionnement de l’économie et du commerce du royaume, c’est donc également un instrument de pouvoir politique pour le roi.
En 1737-1738, Philibert Orry, contrôleur général des finances, également directeur des Ponts et Chaussées de France, lance un vaste état des lieux du réseau routier français. Il diffuse auprès des intendants de province plusieurs textes qui orientent durablement la politique routière de la monarchie française. Parmi les principales dispositions prises par Orry, on note la généralisation de la corvée, avec des travaux d’entretien des routes réalisés par les contribuables assujettis à la taille. Cet impôt en nature permet de dépasser les perpétuelles difficultés financières de la monarchie. Afin de répartir équitablement les travaux entre les corvéables, le ministre ordonne également la réalisation d’un inventaire cartographique pour chaque route royale, c’est-à-dire les artères majeures du royaume.
Cette décision novatrice amène de vastes opérations réalisées par le personnel des Ponts et Chaussées qui est dépourvu d’une véritable formation. En 1743, l’intendant des finances Daniel-Charles Trudaine obtient l’administration du service des Ponts et Chaussées. Il commence par fonder un bureau des dessinateurs à Paris, afin d’alléger le travail des ingénieurs qui se concentrent sur le levé de terrain. En 1747, Trudaine place Jean-Rodolphe Perronet à la tête de ce bureau, avec une mission élargie comprenant un vaste volet pédagogique. Technicien d’expérience, Perronet conçoit un programme d’études qui devient la référence, en particulier pour les procédures de l’inventaire cartographique qui se poursuivent jusqu’à la fin de la décennie 1770. » Stephane Blond[8]
La voie royale de la Généralité d’Alençon passant par Bellême (Bellesme)[9]
« La route royale Paris-Le Mans dans le Perche.
Au cours du 18e siècle, le roi Louis XV et ses conseillers souhaitent moderniser le réseau routier du royaume pour améliorer la circulation des hommes et des marchandises. Depuis la perte de nombreuses colonies, fondées au XVIIe siècle (Canada, Iles des Caraïbes, comptoirs des Indes), à l’issue de la guerre de Sept Ans (1756-1763), l’heure n’est plus au grand commerce extérieur et la monarchie souhaite dynamiser le commerce intérieur. Ce nouveau réseau routier est organisé à partir de Paris – le centre du royaume- et repose sur la capitale aux principales villes françaises.
Parmi ces routes dites « royales », l’une des mieux conservées à ce jour est le tronçon de la route Paris – Le Mans traversant le Perche entre la Madeleine-Bouvet et Igé sur une cinquantaine de kilomètres. La modernisation du réseau « hippomobile » implique l’implantation de relais de poste, qui permettent de remplacer régulièrement les attelages, et des auberges et hôtelleries pour les repos de voyageurs.
La butte de la Magdelaine (extraits)
En quittant le plat pays de Beauce, la route royale rencontre dans le Perche un premier obstacle naturel : « la butte de la Magdelaine », en amont du bourg de la Madeleine-Bouvet. La pente particulièrement accentuée ( « 9 pouces par toise » soit 12,4%° rend difficile le franchissement de cette colline par les carrosses.
En 1771, Pierre-Sébastien d’Estivent, un jeune homme de la bonne société nantaise, note dans son carnet de voyage :
« …jusqu’à ce que vous trouviez les plaines de la Beauce vous ne faites que monter et descendre. La montagne la plus considérable s’appelle la Magdelaine à cause d’une petite chapelle dédiée à cette sainte ».
Toutes les routes n’avaient pas la même largeur ni n’étaient faites des mêmes matériaux selon leur importance.[…] Ces routes étaient délimitées par des fossés et souvent bordées d’arbres.
Elles étaient légèrement bombées pour que l’eau s’écoule facilement dans les fossés […] les ingénieurs essayaient de construire des routes les plus droites possibles, dans l’idéal, en traçant une ligne droite entre deux clochers.[…].
Colonard : l’Atlas Trudaine et les bornes (extraits)
Le tracé exact et l’environnement de la route royale Paris-Le Mans au milieu du 18e siècle nous sont connus grâce à un recueil de cartes achevées en 1747. Cet Atlas porte le nom de l’ingénieur en chef du service des Ponts et Chaussées, Daniel-Charles Trudaine (1703-1769).[…]
Igé – fin du parcours du Perche ornais (extraits)
C’est à Igé que la route royale quitte la généralité d’Alençon et entre dans celle de Tours pour rejoindre Le Mans. Cette frontière était matérialisée par un obélisque surmonté par une fleur de lys dorée à la feuille ; la « pyramide d’Igé », installée probablement en 1735. Endommagée lors de la Révolution française, elle est aujourd’hui restaurée. »
Prenons les exemples de l’implantation des pommiers le long des trois voies royales principales traversant le Perche de Paris vers Alençon, de Paris vers Le Mans et de Paris vers Vendôme et Tours.
C’est une chance inouïe de pouvoir examiner ces cartes de l’Atlas Trudaine qui datent à ces endroits de 1747 : un Google Map, avant l’heure.
« L’âge d’or. La fin du 18e siècle, le 19e siècle, le début du 20e siècle deviennent l’âge d’or des vergers.
De 1850 à 1914 le Perche, comme d’autres régions, va voir se multiplier les vergers. [1]»
[1] In : In : Pommes et poires du Perche, Association des Croqueurs de pommes des Collines du Perche, Editions Arthéma, 2008, p.12.
Prenons les exemples de l’implantation des pommiers le long des trois voies royales principales traversant le Perche de Paris vers Alençon, de Paris vers Le Mans et de Paris vers Vendôme et Tours.
C’est une chance inouïe de pouvoir examiner ces cartes de l’Atlas Trudaine qui datent à ces endroits de 1747 : un Google Map, avant l’heure.
De Paris à Alençon en traversant la province du Perche
d’Est en Ouest
Atlas de Trudaine pour la généralité d'Alençon.
"Grande route de Paris en Bretagne par Verneuil et Mortagne depuis la Pyramide de Dreux jusqu'à celle du Gué-David".
Prenons la première vue aérienne à Saint-Maurice- de Charencey
De 1747-1949 la culture des pommiers s’est étendue au-delà du centre bourg
En 1949 on discerne les vergers complantés dans les prairies et les labours du Perche ci-dessus
Ci-dessous, au nord de Charencey, à Beaulieu, on retrouve la spécificité des vergers normands, rive sud de l’Avre
Non loin, à Boissy-le Sec nommé aujourd’hui Boissy-au-Perche en 1949, on discerne les vergers complantés dans les prairies et les labours
A la Poterie près de Tourouvre, en 1747 et en 1949 on discerne les vergers complantés dans les prairies et les labours du Perche
La forêt a même gagné du terrain sur les terres, labours et vergers.
A Les Croix chemins Bellegarde (château)
A Les Croix Chemins près de Tourouvre les vergers sont répartis partout 200 ans plus tard
Aux Gaillons, à l’Ouest de Mortagne-au-Perche, les vergers sont plus nombreux depuis 1850 et le sont restés jusqu’en 1950
A Hôtel-Baron près de Boëcé , à l’est de Saint-Julien sur Sarthe limité du Perche ornais dans ce secteur les vergers sont plus nombreux et disséminés depuis 1850 et le sont restés jusqu’en 1950
Prenons les exemples de l’implantation des pommiers le long des trois voies royales principales traversant le Perche de Paris vers Alençon, de Paris vers Le Mans et de Paris vers Vendôme et Tours.
C’est une chance inouïe de pouvoir examiner ces cartes de l’Atlas Trudaine qui datent à ces endroits de 1747 : un Google Map, avant l’heure.
De Paris au Mans en traversant la province du Perche
D’Est en Ouest
Atlas de Trudaine pour la généralité d'Alençon.
"Grande route de Paris au Mans en Bretagne par Bellême depuis Châteauneuf en Thymerais jusqu'à Savigné-l’Evêque ».
A Châteauneuf-en-Thymerais seuls les pommiers et les pépinières sont signalés à l’approche de la porte du Perche
A Digny seuls les pommiers sont signalés à la porte du Perche cidricole
A Belhomert en 1747 les pommiers et les pépinières sont signalés dans le Perche cidricole en répartition diffue, en, vergers complantés dans les prairies et les labours en 1747 et plus encore depuis 1850 jusqu’à 1950
En 1950, en zoomant sur Belhomert
A Bellou-sur-Huisne
Depuis 1747, les vergers ont doublé de superficie en 200 ans
Les pommiers sont dans des closages et parfois complantés dans des labours
Peu de vergers autour du bourg
Les vergers de pommiers entourent le bourg en 1949
Igé en 1747
Peu de vergers en 1747
La superficie des vergers a fortement augmenté aux alentours d’Igé
Bonnetable en 1747
La vigne occupe encore une grande place à Bonnetable en 1747
Les vergers de pommiers occupent la place de la vigne depuis au moins cent ans
Touvoie et Savigné-l’Evêque
Touvoie résidence principale de René du Bellay au 16e siècle
Quelques vergers à proximité de Touvoie en 1747
200 ans plus tard avant leur disparition massive les vergers occupent la campagne bocagère du Perche sarthois
Prenons l’exemples de l’implantation des pommiers le long de la troisième voie royale principales traversant le Perche de Paris vers Tours
C’est une chance inouïe de pouvoir examiner ces cartes de l’Atlas Trudaine qui datent à ces endroits de 1747 : un Google Map, avant l’heure.
De Paris à Tours en traversant la province du Perche
D’Est en Ouest
Atlas de Trudaine pour la généralité d'Alençon.
« Grande route de Paris par Bonneval, Chateaudun, Cloyes, Fréteval »
A Bonneval en 1747, la vigne
A partir de 1850, les vergers de pommiers qui sont encore visibles en 1950
Chateaudun
A Chateaudun en 1747, la vigne
La vigne a disparu au 19e siècle remplacée par les pommiers comme il en restait en 1950
Cloyes
A Cloyes (Cloye) en 1747 : la vigne
200 ans plus tard, les pommiers ont remplacé la vigne
Freteval
Près de Fréteval face à Saint-Hilaire-la-Gravelle
1864
En 1864, le plan géométrique démontre les pré-vergers complantés dans les prairies et les labours, en periphérie de Nogent-Le Rotrou, un siècle avant la vue de l'Atlas aérien édité par Gallimard en 1962.
Titre : Nouveau Plan géométral de la ville de Nogent-le-Rotrou / dressé sous la direction des Frères des écoles chrétiennes ; par plusieurs de leurs élèves et dessiné par Alexis Manceau
Auteur : Manceau, Alexis (18..-18..?). Auteur du texte
9 - L'avènement des Sociétés d'Horticulture et de Pomologie au 19e siècle qui joueront un rôle crucial dans la première sauvegarde des variétés anciennes.
Dans le Perche :
Le 19e siècle verra la création des premières Sociétés d’Horticulture et de Pomologie.
La Société Nationale d'Horticulture de France sera créée en 1827.
Celle d’Eure et Loir en 1847 ; celle de l’Orne le 27 juin 1847 ; celle du Loir-et-Cher en 1883 et celle du Mans en le 18 août 1851.
Concernant les sociétés de Pomologie :
La Société pomologique de France est une société savante fondée en 1872 à Lyon
L'association pomologique de l'Ouest est une société savante fondée en 1883 à Saint-Lô par arrêté préfectoral, qui a contribué au développement de la connaissance en pomologie à l'échelle de la France, par l'organisation de concours, d'analyses détaillées des fruits, et la rédaction d'ouvrages. La pomologie est une branche de l'arboriculture fruitière qui traite de la connaissance des fruits par leur description, identification, classification.
L’Orne et la Sarthe y sont rattachées alors que le Loir-et-Cher et l’Eure-et-Loir semble attachés à la Société pomologique de France.
Cet éparpillement caractérise une fois de plus que le Perche n’est pas une entité pomologique mais son occident est rattaché à la pomologie de l’Ouest et son orient est attaché à la pomologie française.
Ces considérations politiques traversées par l’alternance Monarchie, République, Empire n’arrangera rien aux affaires pomologiques.
« L'Association pomologique de l'Ouest fut fondée en 1883 et sous l'habile direction de M. Lechartier, doyen de la Faculté des Sciences de Rennes, elle inventoria et analysa les variétés de pommiers à cidre spéciales à chaque région de la France. En même temps des chercheurs isolés entreprenaient pour leur propre compte, l'étude des fruits de pressoir donnant les crûs de cidre les plus renommés. Parmi ces études, celles de G. Power, de A. Truelle et de Warcollier méritent une mention spéciale en raison de leur importance.
Le remarquable travail de Hauchecorne et Boutteville n'eut pas seulement pour conséquence
de ramener l'attention sur d'anciennes variétés d'élite que l'on avait délaissées : le Bedan, le Marin-Onfroy, la Peau de Vache, le Frequin, il incita quelques pépiniéristes de la région rouennaise à entreprendre la création de nouvelles variétés de pommiers à cidre ayant une teneur saccharine de plus en plus élevée. Ceux qui obtinrent les plus intéressants résultats furent Godard de Bois-Guillaume, Dieppois et Legrand d'Yvetot, David de Saint-Clair, Lacaille de Frichemesnil, G. Power de Saint-Ouen-de-Thouberville. Environ le tiers des variétés de pommiers à cidre, aujourd'hui classées par l'Association française pomologique, ont été obtenues par ces habiles praticiens ».
En Eure-et Loir (Perche de l’Eure-et Loir)
En 1847 en Eure-et-Loir la Société d’Horticulture compte 6 membres auxquels s’ajouteront 4 nouveaux membres. Les représentants du « Perche » seront Allard, pépiniériste à Nogent-le Rotrou et Chevallier, pépiniériste à la Loupe, Morée, pépiniériste et grainetier à Châteaudun.
La S. H. organise des visites au domicile des membres rapporte Michel Traversat16
16 Michel Traversat, Les pépinières – Etude sur les jardins français et sur les jardiniers & les pépiniéristes, Diffusion ANRT, Atelier national de reproduction des thèses, Thèse à la carte, Paris, 2001, pp 527-529. :
« M. Allard : M. Allard est pépiniériste à Nogent-le-Rotrou. Il présente sa pépinière à la commission en 1856 :
« Les pépinières sont bien tenues et ont été de la part de l’un de nous l’objet de félicitations méritées. Les arbres sont bien espacés, leurs branches bien placées, la végétation bien équilibrée ; on voit que la sève a été répartie comme elle devait l’être. Si l’ensemble des cultures n’est pas aussi parfait qu’on pourrait le désirer, il n’en est pas moins vrai qu’il y a M. Allard un progrès sensible. »
En 1863, M. Allard reçoit une nouvelle visite de la commission pour visiter ses cultures.
« Ses pépinières sont situées près de la ville et dans divers champs sur les communes voisines de Saint-Hilaire, de Condé et de Margon. Outre les arbres à fruit du jardin il élève des arbres à fruits du pressoir. Nous avons vu, avec beaucoup d’intérêt, un champ de deux hectares, à Nogent-le-Rotrou, en écusson de 1862 d’espèces fruitières diverses pour jardin. »
« M. Morée :
M. Morée est pépiniériste et marchand grainetier à Châteaudun.
La commission commence tout d’abord à donner son avis sur l’arboriculture fruitière, celle qui a le plus besoin d’être encouragée en Eure-et-Loir :
« Nous devons confesser ici notre infériorité départementale. Ce sont nos proches voisins de la Seine, de Seine et Oise, du Loiret, de l’Eure et même des voisins plus éloignés d’Indre et Loire et de Maine et Loire, qui sont nos fournisseurs.
Nous sommes leurs tributaires pour la majeure partie de nos plantations. Et pourtant, ce n’est pas le sol qui nous fait défaut […] Les acheteurs, non plus n’y font pas défaut. Ce qui s’y plante d’arbres fruitiers chaque année est considérable. Ce qui nous manque, ce sont des capitaux peut-être, ce sont des encouragements aux pépiniéristes. Il nous manque aussi une certaine publicité qui fasse connaître ce que nous possédons. »
Les pépiniéristes sont ensuite décrites, lors du comice de 1859 :
« Nous avons avec plaisir visité le jardin de M. Morée ; nous y avons vu ces semis de poiriers et pommiers égrains, avec un vif intérêt, nous l’avons entendu nous dire qu’il avait à une certaine distance de la ville trois arpents de terrains en pépinières, et, pour cette année, bons à vendre, mille poiriers sur cognassiers et deux mille francs.»
Dans l’Orne (Perche ornais)
En 1849 l’Orne créé la Société d’Horticulture qui compte en 1854 14 membres Les représentants le proche Perche entre Iton et Avre sont M. David de Chapelle-Viel limitrophe aux Aspres et M. Loret près de Moulins la Marche.
« M. David :
M. David est pépiniériste à la Chapelle-Viel, près de l’Aigle.
« La commission se rend chez ce pépiniériste le 29 août 1883 : La superficie des pépiniériste cultivées par M. David est d’environ six hectares. La commission a parcouru deux pièces avant d’arriver au domicile de M. David. Elle a pu remarquer des plants de marronniers, de platanes… […] Trois hectares de pépinières sont attenants au domicile de M. David (il y met parmi d’autres des plants de pommiers champêtres et il y fait parmi d’autres (forestiers) des semis de poiriers et de pommiers.»
Dans la Sarthe (Perche sarthois)
La Société d’Horticulture de la Sarthe est créée le 8 octobre 1851. Ses membres sont très nombreux et ailleurs qu’au Mans il s’en trouve à La Ferté-Bernard, à Saint-Calais. Il existe peu de renseignements sur leur activité selon les Archives.
Michel Traversat signale M. tortevoie à La Ferté-Bernard pour les arbres fruitiers ; M. Montagnon Jean Baptiste : pépiniériste.
Les incontournables du 20e siècle
Des ouvrages de référence du 21e siècle
Manoirs, logis, châteaux, fermes et prairies du 19e siècle au 21e siècle
Les limites de 1662 sur les cartes des diocèses du Mans indiquent que Pouvrai, Bellou-le-Trichard, Ceton se trouvaient dans le diocèse du Mans, pour autant ce ne serait pas le cas aujourd’hui depuis la Révolution française. La Perrière quant à elle dépendait du Diocèse de Sées.
Deux cartes illustrent à la même période deux visions cartographiques.
Décrivant un même territoire où le Perche est enchâssé sur trois diocèses divisés en doyennés ruraux il faut bien le dire que cela ne correspond plus aux limites diocésaines actuelles et ne prend pas en compte le Perche eurelien, sarthois, ornais et vendômois d’aujourd’hui.
Dans un périmètre restreint et resserré
A Céton la paroisse se trouvait dans la province du Perche tout en étant rattachés au diocèse du Mans et dans l’archidiocèse de Tours mais aujourd’hui dans la Normandie et dans le diocèse de Sées.
A Le Rouge, Le Theil, les villageois se trouvaient dans la province du Perche tout en étant rattachés au diocèse de Sées mais aujourd’hui dans la Normandie et dans le diocèse de Sées.
Au Masle, Aux Etilleux, les paroissiens se trouvaient dans la province du Perche tout en étant rattachés au diocèse de Chartres mais aujourd’hui dans la région Centre Loire et dans le diocèse de Chartres
Alain s’il se revendiquait percheron mais pas normand, à Mortagne, que diraient ces habitants de ce petit carré restreint : percherons mais pas des pays de Loire du Centre ou de Normandie.
On pourrait penser qu’ils pourraient être atteint de trouble dissociatif de l'identité territoriale." P.L. 2026
Pour le cidre je prends des manoirs de ces endroits dans l’Orne et l’Eure-et-Loir pour illustrer l'âge d'or du cidre du Perche du 19e siècle au 20e siècle illustré par beaucoup de plans, cartes, vues aériennes, cartes postales anciennes et d'autre part le rôle de la famille Du Bellay (Percherons dd Langey, La Touvoie et de Glatigny) et du Clergé normand, chartrain et manceau dans la propagation et l'expansion du cidre dans le Perche par les abbayes, prieurés, manoirs et châteaux.
Epreuve originale réalisée vers 1662. Guilhem Blaeu cartographe[1].
Le cas quasiment spécifique des vergers ouverts dans les herbages, prés-vergers, prairies et labours entre 1850 et 1950
que l’on retrouve au 20e siècle à ces endroits et ailleurs en Alsace-Lorraine du Grand-Est (mirabelliers et cerisiers)
Voici vu d’avion le paysage du Perche au début des années 1960 - Cliché extrait de l’Atlas aérien de la France en plusieurs volumes édité par Gallimard en 1962. Comme le commente René Musset « des pommiers partout »
« 10 - A l'ouest de la Beauce, paysage du Perche près de Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir). Quel contraste présentent avec la Beauce les pays qui s'étendent à l'ouest de celle-ci. ! Nous sommes à moins de 50 kilomètres à l'ouest de Chateaudun, dans les environs de Nogent-le-Rotrou, au centre du Perche, et tout est différent...[...] les arbres sont partout, non seulement en bordure des terres mais sur les terres mêmes ; on voit ici des plantations de pommiers. [...] C'est un bocage et non une champagne. (René Musset). - Cl. Robert Durandaud. »Atlas aérien, Tome IV, France, Gallimard, 1962.
Vis-à-vis d’aujourd’hui, si on revenait en arrière, le paysage du Perche serait méconnaissable
Pouvons-nous encore penser que le Perche était resté jadis un paysage immuable, constant, rural, bocager et agricole depuis des siècles :
Ce serait une erreur de l’affirmer aujourd’hui.
En effet si depuis le Moyen-Âge à aujourd’hui le Perche a connu des épisodes de déboisement, de plantation, de défrichements à différentes périodes jusqu’au remembrement du mitan du 20e siècle une période apparait aujourd’hui comme un véritable bouleversement que seuls les anciens ont connu qu’ont signalé les photographes et les peintres percherons.
Entre le mitan du 19e siècle et le mitan du 20e siècle
Un photographe et un peintre nous raconte cette révolution paysagère.
Premier indice révélé par le peintre Jacques Berland.
C’est Jacques Berland, peintre figuratif, natif de la région de Nogent-le-Rotrou qui a appartenu à la nouvelle école de Paris, qui signale cette révolution paysagère au moment de son déclin.
Jacques Berland est légitime pour signaler ce phénomène car il issu d'une famille d'agriculteurs dont les parents sont exploitants jusqu'en 1939. C'est à la ferme de Chassant qu'il passera sa jeunesse. Ils s'installent à cette date à Combres « La Mazure ».
Jacques Berland suit ses études à Nogent-le-Rotrou et à l'école d'agriculture de Nermont (Châteaudun), où il réussit ses examens et s'apprête à reprendre l'exploitation familiale mais la Seconde Guerre Mondiale en décidera tout autrement.
Jacques Berland est né le 6 août 1918 et décédé à Paris en 1999. Il fut Guide-conférencier au Musée du Louvre dans les années 1960. Il fut Peintre de la vie rurale et des ressources agricole par le prisme des Beaux-Arts. Ses sujets de prédilection lit-on à son sujet furent les paysages de sa région, le Perche et la Normandie qui dans son siècle une partie était devenue administrativement en Normandie depuis la Révolution française. Il peignait aussi la côte.
Son huile sur toile de 1750 dont il est question est qualifiée de fidèle au paysage percheron des années 1950 montre les champs de culture complantés de pommiers à la saison des labours, en automne. C’est donc un paysage des campagnes du Perche dans les années 1950 où on observe des pommiers au milieu des labours.
Ce tableau se trouve aujourd’hui dans les collections de l’Ecomusée du Perche, propriété du département.
Paysage du Perche, Jacques Berland, 1950, Ecomusée du Perche.
Avec probablement d’autres tableaux, cette huile sur toile, s’avère un de plus beau témoignage et indicateur d’un siècle de pratique d’agroforesterie que l’on pense redécouvrir aujourd’hui deci delà. Comme quoi on n’invente rien.
Cette période des années 50 a scellé le début de la mécanisation dans le Perche mais pas seulement car la transition s’est opérée avec le cheval percheron comme le montre cette vue prise en Eure-et-Loir au 20e siècle.
Le cheval percheron fut donc la cheville paysanne de cette évolution du paysage et d’agroforesterie dans le Perche mais qui précipita le déclin de l’activité cidricole.
L’image d’un cheval percheron labourant entre les pommiers.
Le cheval de trait percheron était idéal pour transformer un herbage planté en un champ de culture complanté de pommiers, déjà présents avant qu'il ne devienne un champ de labour qui a terme avec la mécanisation seront tombés ou arrachés.
Cheval percheron en labour entre les pommiers en Eure et Loir selon cette carte postale ancienne.
Paysage de Nogent-le-Rotrou
Panorama de Nogent-le-Rotrou réalisé par Méliand au XIXe où apparaissent pas mal de prés vergers (Archives du PNRP, avec l'aimable autorisation du PNRP)
Au 21è siècle
Le manoir de l’Angenardière - Saint-Cyr la Rosière, diocèse de Sées
[2] Chateau de Lonne Igé mission 2017 0021 numéro 287 - le 15 avril 1949 IGN REMONTER LE TEMPS
[3] In : Chateau de Lonne Igé mission 1817 0021 numéro 98 - le 28 septembre 1980 IGN REMONTER LE TEMPS & Chateau de Lonne Igé mission 1817 0021 numéro 98 - lev28 septembre 1980 IGN REMONTER LE TEMPS
En 1949[2], les vergers sont répartis autour du bourg de la Perrière dans lequel s’est trouvé le Logis de l’Evêque de Sées, natif de La Perrière en 1280 qui en fit sa résidence d’été.
En 1980[3], certains vergers se sont amoindris, d’autres ont vu la croissance des hautes tiges
En 2016[4], le paysage de La Perrière se trouve modifié en raison de l’implantation d’un important verger à l’Ouest du Bourg en côteau
En 1949[2], les vergers sont répartis autour du bourg de la Perrière dans lequel s’est trouvé le Logis de l’Evêque de Sées, natif de La Perrière en 1280 qui en fit sa résidence d’été.
En 1980[3], certains vergers se sont amoindris, d’autres ont vu la croissance des hautes tiges
En 2016[4], le paysage de La Perrière se trouve modifié en raison de l’implantation d’un important verger à l’Ouest du Bourg en côteau
[1] In : https.cartes-livres-anciens.comproduitcartes-geographiques-anciennes-original-antique-mapsfrancepays-de-la-loirecarte-geographique-ancienne-du-diocese-du-mans
[2] In : manoir logis de l-Eveque La Perrière 2017 0021 n 88 15 avril 1949 IGN REMONTER LE TEMPS
[3] In : manoir logis de l-Eveque La Perrière 1817 0021 n 4 28 septembre 1980 IGN REMONTER LE TEMPS
[4] In : manoir logis de l-Eveque La Perrière P16000202 n 240 7 juillet 2016 IGN REMONTER LE TEMPS
Le manoir de Sosey / Sosay, La Perrière ; diocèse de Sées
En 1949[2], les vergers sont répartis autour du bourg de la Perrière dans lequel s’est trouvé le Logis de l’Evêque de Sées, natif de La Perrière en 1280 qui en fit sa résidence d’été.
En 1980[3], certains vergers se sont amoindris, d’autres ont vu la croissance des hautes tiges
En 2016[4], le paysage de La Perrière se trouve modifié en raison de l’implantation d’un important verger à l’Ouest du Bourg en côteau
sources iconographiques Conseil Départemental de l'Orne
ADO 2FICP29005 ICONOGRAPHIE BAZOCHE SUR HOUENE
ADO 2FICP38/010 ICONOGRAPHIE BELLEME
ADO 2FICP38/048 ICONOGRAPHIE BELLEME
ADO 2FICP41/001 ICONOGRAPHIE BELLOU LE TRICHARD
ADO 2FICP42/001 ICONOGRAPHIE BELLOU SUR HUISNE
ADO 2FICP50/001 BOISSY MAUGIS
ADO 2FICP154/009 PRIEURE CHENE GALON EPERRAIS
ADO 2FICP97/013 CHAPELLE MONTLIGEON
ADO 2FICP196/001 GUE LA CHAINE
ADO 2FICP230/017 LONGNY AU PERCHE
ADO 2FICP325/005 LA PERRIERE
ADO 2FICP329/011 PIN LA GARENNE
ADO 2FICP293/001 MORTAGNE
ADO 2FICP300/002 MOUTIERS AU PERCHE
ADO 2FICP309/018 NOCE
ADO 2FICP319/006 ORIGNY LE ROUX
ADO ABBAYE SOLIGNY LA TRAPPE
ADO 2FICP491/004 TOUROUVRE
ADO 62FI163 NOCE FONDS GRIGNON
ADO 112FI50 COURBOYER 1981 FONDS CHEVRET
ADO 112FI993 LA PERRIERE FONDS CHEVRET
ADO 112FI996 LA PERRIERE 2 FONDS CHEVRET
ADO 112FI1048 SAINT MARTIN DU VIEUX BELLEME FONDS VERCHET
ADS Avezé-1903 - 1930-2Fi04372
« Au XIXe siècle, l’agriculture percheronne s’est spécialisée progressivement dans l’élevage bovin et équin tout en maintenant la production cidricole. Le Perche est alors devenu un territoire de polyculture-élevage avec pour spécificité les champs de culture complantés de pommiers.
Au cours de la première moitié du XXème, le « Cidre du Perche »était élaboré dans chaque ferme ainsi que dans des cidreries spécialisées implantées dans toute la province. [1]»
[1] In : Cahier des charges de l'Appellation d'Origine Contrôlée Cidre du Perche ou Perche - BO n°47 du 19 novembre 2020, p.8.
10 - l’âge d’or du cidre à partir de 1830 à 1960 avec en toile de fond le commencement du déclin et le démantèlement au mitan du 20e siècle.
Dans l’état actuel des connaissances, à partir de 1830 une unité paysagère dessine les contours d’une aire géographique du cidre du Perche qui va disparaitre totalement à la fin des années 1950.
Des limites de l’actuelle Normandie et de Maillebois à Illiers Combray en passant par Champrond-la-Gatine puis d’Illiers en suivant le Loir jusqu’à Busloup ; au sud de Busloup à Bessé-sur-Braye en longeant Epuisay puis de Bessé-sur-Braye vers Saint-Vincent-sur-Lorouër ; puis vers Saint-Mars-de-la-Brière et Savigné-l’Evêque ; et remontée vers le Nord-Est vers Monfort-en-Vairais puis s’inclinant vers Meslé-sur-Sarthe puis jusqu’à Mahéru.
Pour comprendre ce changement de paradigme il fait examiner l’état des lieux effectué à la fin du 18e siècle et les conditions de restauration des vergers de 1815 à 1845 ; les statistiques ; l’implantation des pommiers dans le paysage percheron ; la question de la mécanisation et la fin du labourage avec le cheval percheron ; la prime à l’arrachage qui expliquent le déclin du cidre dans le Perche à l’échéance du début des années 1960.
Peu ou pas de statistiques ou d’études évoquent les productions du 18e siècle.
Les plus faibles sont publiées vers les années 1820. Ce que l’on sait sur la fin du 18e siècle se résume par le fait des effets répétés et répliqués de la greffe qui ont précipité divers chaos au verger et principalement au sortir de la Révolution française en dépit de toute la science qui a commencé à être véhiculée depuis Frère Dany, Pierre Belon au 16e siècle
Il faut savoir gré aux intendants du 18e siècle, à une époque où les causes qui influent sur la végétation étaient à peine connues des savants [Duhamel de Monceau], des circulaires qu'ils rédigèrent pour engager les cultivateurs à prendre des mesures pour préserver les arbres, des insectes qui attaquent les bourgeons, les fleurs et les fruits. » [Duval, 1896], précieux conseils qui malheureusement n’arrêtera pas le fléau qui frappera les pommiers de l’ouest de la France au début du siècle suivant mais peut-être avait-on privilégié la réplique des pommiers par la greffe et moins pas les semis.
En effet après que les premiers signes de dépérissement au verger ait été constaté en 1793 :
La Convention nationale confia au Muséum d'Histoire naturelle par décret du 10 juin 1793, le soin de réunir et de décrire toutes les variétés d'arbres fruitiers, tant indigènes qu'étrangères et de les soigner pour leur permettre de fournir des greffes destinées à être distribuées dans les départements. »
Le début du 19e siècle fut donc l’avènement de la catastrophe au verger suite au constat du pépinier Prévost de Boisguillaume qui avant 1811 avait découvert les maladies et le chaos à venir dans les vergers de fruits à pressoir.
La maladie du pommier, dès 1811, contribue au dépérissement et à la dégénérescence des variétés à cidre, un fléau dont on cherche les causes au début du 19e siècle : un siècle pour sauver la filière du cidre en France, en Europe.
M. Prévost de Rouen et de Boisguillaume (pays de Caux-Rouen) fut le premier en France – ce que j’ai découvert en explorant les archives de la Société Centrale d’Agriculture du premier volume au dernier sur plusieurs années.
Plusieurs premières constations témoignent du fléau qui va frapper les vergers dans les départements cidricoles dont celle consignée dans le tome 1 du Bulletin de la Société Centrale d’Agriculture de la Seine-Inférieure en 1919 par M. Prévost, pépiniériste à Rouen, suivie par celle de M. Bosc au plan national de la Société d’Agriculture de Paris en 1821.
Le rapport de M. Prévost extrait d’un mémoire sur les ulcères des pommiers note ceci, tout en se détachant des premières conclusions évoquées par les naturalistes les attribuant aux engrais et/ou sols :
«La maladie qui exerce ses ravages sur les pommiers prenant continuellement de l’accroissement, M. Prévost a voulu approfondir quelles en pouvaient être les causes. Il a pensé avec raison que des vices intérieurs devaient être bien plutôt la source du mal dont on se plaint. Il croit que l’épaississement des fluides ou leur décomposition séjournant dans quelques parties délicates de l’arbre y occasionnent des effets désastreux, parce que le séjour de ces liqueurs corrosives tendent à détruire le tissu des parties où elles se corrompent, elles s’ouvrent un passage au travers de la zone qui enveloppe le bois parfait. Cette zone se compose de vaisseaux lymphatiques, du tissu cellulaire, des vaisseaux propres remplis d’une liqueur particulière, d’utricules où s’élabore cette liqueur, et enfin de trachées par lesquelles l’air circule dans l’intérieur. On conçoit que la décomposition de ces organes délicats doit nécessairement résulter l’ulcère coulant. » [SCA 76, 1819]
Dans ses conclusions M. Prévost n’exclut pas le rôle que peut jouer la nature et la qualité des engrais, entre autres. Il propose d’emblée de faire des essais pour savoir si les espèces les plus sujettes aux ulcères n’apportent pas avec elles en naissant les germes de cette maladie et de rapporter à la Société ses résultats. En attendant les résultats, il conseille de faire avec intelligence le choix des pépins qu’on destine aux semis. De ces arbres indifféremment levés dans les semais, les uns annoncent une végétation précoce, les autres une végétation tardive, qu’en les greffant aussi indifféremment, il en résulte une incohérence : les tardifs implantés d’une greffe précoce, et les précoces d’une greffe tardive, sont les uns et les autres opérés en sens inverse et de cette subversion il note des principes de la végétation l’avortement presque continuel des fleurs de certaines espèces, alors il recommande aux pépiniéristes à observer l’analogie qui existe entre les différents sujets qu’ils soumettent à l’opération de la greffe. Il constate par ailleurs que la greffe en couronne est reléguée aux vieux arbres dans l’intention de les rajeunir. [SCA 76, 1819]
M. Prévost attribuant à la greffe en fente des chancres et la pourriture du corps ligneux, il démontre l’avantage de la greffe en couronne sur celle en fente pour plusieurs motifs : la greffe en couronne est plus expéditive, plus promptement soudée avec le sujet, que la plaie se recouvre facilement, attendu qu’elle a lieu au moment où le mouvement d’ascension et de descension de la sève est dans sa plus grande activité et qu’enfin on peut s’affranchir de la fente à faire au corps ligneux pour l’introduction de la greffe. [SCA 76, 1819]
« La première et la principale induction de ces avantages est qu’ils contribuent nécessairement à la santé et à la longévité des arbres, parce que, comme l’observe judicieusement l’auteur, la plaie se refermant de suite, le corps ligneux n’ayant été ni fendu, ni entaillé, ni meurtri, aucune portion du bois ne doit mourir, tandis que le tige d’une infinité d’arbres greffés en fente est viciée au centre par le seul effet de l’ouverture de la fente trop souvent meurtrie par les instruments lors de l’opération, inconvénient grave qui s’oppose au développement de l’arbre et contribue à l’altération des fruits. » [SCA 76, 1819]
Sur ces résultats menés en 1811 il préconise qu’il faut préférer la greffe en couronne car même en cas d’échec on peut recommencer l’opération à la même hauteur avantage que n’aura pas la greffe en fente devant être rabattue de 5 à 6 pouces car la qualité du pommier se voit à la hauteur de tige pour l’entretien du verger et de rendre hors de portée les braches de la dent des bestiaux. [SCA 76, 1819]
Le second rapporteur fut un breton nommé M. Cavoleau rélaté par M. Bosc le 4 mars 1821 en séance de la Société d’Agriculture de Paris à propos de la maladie des pommiers :
« M . Cavoleau a communiqué à la Société une notice sur la culture du pommier à cidre aux environs de Dinan, à la suite de laquelle on lit le paragraphe suivant : « Les pommiers sont assujettis à une maladie contre laquelle nous ne connaissons pas de remède. Elle les attaque lors- qu'ils sont encore très-jeunes. On la reconnaît à des durillons gommeux et remplis d'une poudre blanche, laquelle, enlevée par les vents, est portée sur les autres pommiers, qui présentent bientôt les symptômes du même mal. » [SAP, 1821]
Le troisième rapporteur fut rétrospectivement Charles Brioux qui en 1910 énonce les problèmes de maladie dans les vergers du début du 19e siècle.
« Dès 1827, on retrouve la trace, dans les bulletins de la Société Centrale d’Agriculture, des préoccupations que causaient déjà à ce moment les attaques du puceron lanigère ; en 1830, notre Société instituait un prix de 300 francs pour récompenser les meilleurs Mémoires relatifs aux variétés de pommes donnant le meilleur cidre, et à celles dont le mélange est le plus convenable pour augmenter la qualité de cette boisson. En 1832, elle mettait au concours la question suivante : « A quelle cause peut-on attribuer la dégénérescence et même la disparition de plusieurs espèces de pommes, telles que celles dites de Peau-de-Vache, d’Orange, de Reinettes, etc., et quels sont les moyens de rétablir ces diverses espèces ? Ces prix ne purent être décernés parce que les esprits n’étaient pas encore suffisamment portés sur les études pomologiques ; mais la Société Centrale d’Agriculture n’en persista pas moins à chercher un remède au dépérissement d’un certain nombre des plus anciens fruits de pressoir… » [Brioux, 1910]
Concernant les statistiques qui attestent des volumes dans les départements où se situe le Perche
Les statistiques sur la production du cidre en France dans les départements de l’Ouest indiquent des volumes variables en 1829 et 1841[1]
En premier le Département de la Seine-Inférieure ( 1 621 921 hls / 1 216 166 hls) - suivi du Calvados (901 231 hls / 1 229 457 hls) ; du 35 (748 966 hls) ; du 22 (567 504) ; du 27 ( 656 571 (cidre et poiré) / 1 087 700 hls) ; de la Manche (844 000 hls (Cidre et Poiré) / 1 777 606) ; du 56 (502 500) ;
de l’Orne ( 848 000 hls (cidre et poiré) / 1 384 495 hls) ;
Ce qui est à noter c’est qu’en 1841 les volumes augmentent dans la Sarthe, orne, Eure-te Loiret en Loir et Cher.
Seuls l’Orne, la Manche et l’Eure produisent le cidre et le poiré.
Selon Le cidre / par P. Labounoux et P. Touchard[4], les volumes seront entre 1898 et 1909 de 17 000 000 hls en France variant de 4 500 000 hls en 1903 à 36 300 000 hls en 1914, comparativement à une totalité de 8 582 474 en 1829 et de 11 451 637 en 1841 selon Hauchecorne et De Boutteville d’après les statistiques de Odolant-Desnos
La moyenne de la production française entre 1871 et 1880[5] a varié de 2 128 000 hls à 18 257 000 en 1875 avec une moyenne décennale de 9 744 909.
Et de 1881 à 1890[6] a varié de 3 701 000 à 13 492 000 en 1883 avec une moyenne décennale de 12 769 800
« Dans la première moitié du 20e siècle le cidre devient la seconde boisson la plus consommée par les français (20 millions d’hectolitres) derrière le vin (50 à 60 millions d’hectolitres) et devant la bière (15 millions d’hectolitres).[14] »
En 1923 d’après Warcollier la production en France pour les départements de l’Eure et Loir était de 205 805 hls ; en Loir-et Cher de 67 321 ; en Sathe de 1 172 115 hls ; dans l’Orne de 981 270 hls. Soit pour la France entière de 16 011 840 hls.
La production est dans les années 1930[15] de 25 000 000 hls en France d’après le Syndicat National des cidriers français.
1950 entre 11 et 12 000 000 hls consommés[16]d’après le Syndicat National des cidriers français.
1951 entre 14 à 15 000 000 hls consommés[17]d’après le Syndicat National des cidriers français.
Entre 1952 et 1956 10 à 12 000 000 hls consommés[18]d’après le Syndicat National des cidriers français.
1957 retour aux chiffres de 1829 : 8 à 9 000 000 hl consommés[19]d’après le Syndicat National des cidriers français.
Entre 1921 et 1941 ont siégé au syndicat Général des cidres et fruits à cidre : M. Chartier de Nogent-l-Rotrou ; M. Lamy de la Loupe ; M. Brizard de Nogent-le-Rotrou ; M. Breche de Condé sur Huisne ; M Glond de Authon-du-Perche ; M. Depoilly de Bretoncelles ; Divare de Tuffé en Sarthe (72) ; M. François au Theil-sur-Huisne ; M. Gremillon à Authon-du-Perche (28) ; Herbelin Ets à Le Theil-sur-Huisne ; ; M. Legout de la Ferté Bernard ; M. Manson représentant secrétaire su Syndicat des cidriers de la Sarthe et du Perche, M. Benoist de Bonnetable ; M. Godin-Pelleray de Berd’huis ; M Deneuil de Saint-Germain de la Coudre.
« Le cidre voit sa consommation baisser d’année en année, passant de 2 millions d’hectolitres en 1970 à 500 000 en 2022, soit environ un litre par habitant et par an. S’ajoute à cette baisse constante une très forte saisonnalité de la consommation de cidre, à l’occasion de certaines fêtes (Mardi gras, Epiphanie, Chandeleur) ou de la période estivale. [20]»
[3]La production cidricole française face à la crise de la fin du XIXe siècle, Gabriel DésertÉconomie rurale Année 1988 184-186 pp. 42-50 in : https://www.persee.fr/doc/ecoru_0013-0559_1988_num_184_1_3888
[4] In : Le cidre / par P. Labounoux,... et P. Touchard,...
[9]La production cidricole française face à la crise de la fin du XIXe siècle, Gabriel DésertÉconomie rurale Année 1988 184-186 pp. 42-50 in : https://www.persee.fr/doc/ecoru_0013-0559_1988_num_184_1_3888
A. Chevalier (1921) décrit ainsi l'activité de la Société d'Agriculture de la Seine-Inférieure :
« Vers 1840, la Société d'Agriculture de la Seine-Inférieure avait eu à s'occuper du dépérissement, malheureusement trop avéré, d'un grand nombre d'anciennes variétés de fruits de pressoir. Elle jugea comme urgentes des recherches qui devaient avoir pour objet de signaler aux cultivateurs les variétés à réformer et celles qui méritaient d'être propagées. Elle chargea donc deux spécialistes, A. du Breuil et Girardin, d'étudier les fruits à cidre de la région.
Une première collection de ces arbres fut greffée au Jardin botanique de Rouen et elle commença à fructifier en 1846. On put ainsi établir la synonymie et la répartition géographique dans le département de 181 variétés de pommiers et 128 de poiriers. Malheureusement ces études ne purent être poursuivies, parce que du Breuil et Girardin quittèrent Rouen, le premier en 1848, le second quand il fut nommé en 1857 doyen de la Faculté des Sciences de Lille. En 1862, ces études furent reprises sous la poussée de M. de Boutteville, président de la Société d'Horticulture de la Seine-Inférieure. Une importante exposition de fruits à cidre fut organisée à Rouen en 1862 et 1863. Encouragés par le botaniste Payen, président de la Société Impériale d'Agriculture de France les pomologistes de la Seine-Inférieure s'unissaient bientôt à ceux de l'Eure et du Calvados pour ouvrir en 1864 le Congrès pour l'étude des Fruits à cidre. Dès lors, l'étude des arbres constituant les vergers de Normandie entrait dans la voie scientifique.
Les sessions du Congrès eurent lieu à Caen en 1864, à Rennes en 1865, à Alençon en 1866, à Beauvais en 1867, à Saint-Lô en 1868, à Bayeux en 1869, à Yvetot en 1870.
En 1872, le Conseil d'administration du Congrès pensa que les études étaient assez avancées pour qu'un travail d'ensemble sur les variétés de fruits de pressoir et sur le cidre fut rédigé.
Ce fut l'origine du très important travail de L. de Boutteville et de A. Hauchecorne, -Le Cidre-, édité à Rouen en 1875 ». On note en particulier cette conclusion :
« Il ressort de nos premières études sur la densité des moûts et sur leur composition, cet enseignement que nos plantations d'arbres à cidre sont encombrées d'une multitude de variétés défectueuses qu'il faut éviter de multiplier, malgré la fertilité exceptionnelle de quelques-unes, et que les nouvelles que l'on crée avec des pommiers obtenus de semis sans les avoir épurés par un choix très scrupuleux ne donneront à leur tour que des produits très médiocres et constamment inférieurs à ceux qui proviennent d'arbres greffés en bonnes variétés anciennes ».
« L'Association pomologique de l'Ouest fut fondée en 1883 et sous l'habile direction de M. Lechartier, doyen de la Faculté des Sciences de Rennes, elle inventoria et analysa les variétés de pommiers à cidre spéciales à chaque région de la France. En même temps des chercheurs isolés entreprenaient pour leur propre compte, l'étude des fruits de pressoir donnant les crûs de cidre les plus renommés. Parmi ces études, celles de G. Power, de A. Truelle et de Warcollier méritent une mention spéciale en raison de leur importance.
Le remarquable travail de Hauchecorne et Boutteville n'eut pas seulement pour conséquence
de ramener l'attention sur d'anciennes variétés d'élite que l'on avait délaissées : le Bedan, le Marin-Onfroy, la Peau de Vache, le Frequin, il incita quelques pépiniéristes de la région rouennaise à entreprendre la création de nouvelles variétés de pommiers à cidre ayant une teneur saccharine de plus en plus élevée. Ceux qui obtinrent les plus intéressants résultats furent Godard de Bois-Guillaume, Dieppois et Legrand d'Yvetot, David de Saint-Clair, Lacaille de Frichemesnil, G. Power de Saint-Ouen-de-Thouberville. Environ le tiers des variétés de pommiers à cidre, aujourd'hui classées par l'Association française pomologique, ont été obtenues par ces habiles praticiens. [1]».
Extraits de l’histoire que j’ai rédigé d’après la thèse de Michel Traversat rappelant la mémoire de Legrand d’Yvetot, celui qui a régénéré des variétés anciennes qui plus de 150 ans se trouvent dans la liste des variétés qui font la réputation du cidre du Perche (AOC)
« Les pépinières Yvetot et la célèbre pépinière Legrand, par Michel Traversat
Le Pays de Caux est une haute terre d'excellence pour les pommes de presse, les arbres fruitiers pour les pommes à cidre, un territoire qui a vu naître Pierre-Michel Legrand.
Le Caux est un vaste plateau plongeant dans la mer par des falaises vertigineuses. Ce pays austère est souvent balayé par des vents violents. Ces cabanes isolées sont délimitées par des coteaux boisés ; elles renferment, outre les bâtiments de la ferme, de vastes prairies plantées de pommiers. Les agriculteurs y ont toujours planté leurs arbres.
La Société horticole de l'arrondissement d'Yvetot a été fondée le 9 décembre 1863.
En 1865, deux ans après sa fondation, la Société comptait parmi ses membres M. Legrand, horticulteur à Yvetot. Il en devint plus tard conservateur et archiviste en 1877.
La Société organisa sa première exposition horticole en juin 1865, et ses activités y étaient clairement définies : « Ayant l'horticulture pour objet, la Société étudie, par l'analyse et la culture, les meilleures variétés de fruits et les propage, notamment les pommes à cidre. »
En novembre 1891, les dirigeants comprenaient deux horticulteurs, M. Le Mail père (vice-président) et M. Valentin (conservateur et archiviste), et un pépiniériste, M. Legrand père, était également vice-président.
Pierre-Michel Legrand naquit à Yvetot en 1821. Il produisit ses premiers pommiers à partir de semis vers 1840. Son père, auquel il succéda en 1850, était lui-même pépiniériste et développait de vastes plantations de pommiers à cidre dans cette commune. Pierre reprit la direction de l'entreprise familiale à un moment difficile mais critique, car au cours des deux décennies précédentes, on avait constaté un déclin progressif de la santé de certaines des variétés de pommes les plus réputées de Normandie, signe de leur vieillissement.
Les Sociétés d’agriculture et d’horticulture de Seine-Inférieure furent consultées sur la manière de remédier à cet état calamiteux et furent d’avis « qu’il faudrait songer à rechercher des variétés nouvelles et jeunes qui pourraient avantageusement remplacer celles dont le temps est révolu ».
L'enquête, menée de 1825 à 1843, consulta de nombreux spécialistes, sans grand succès. Ce n'est qu'en 1862 que la Société Centrale d'Horticulture de la Seine-Inférieure décida d'organiser une étude approfondie des fruits du pressoir et lança un appel à tous ceux qui pourraient être intéressés par la culture du pommier à cidre. Monsieur Legrand était de ceux-là : son seul objectif était de remplacer les meilleures variétés, le Doux à Lagniel ou Vagnon, épuisées et ne donnant plus de bons fruits, par une variété régénérée à partir de la même espèce.
Ses convictions de semeur paraissaient si sincères, si profondes, qu'elles convainquirent la Société d'Yvetot d'ouvrir, en 1871, un concours spécial pour les plants de fruits à cidre ; la médaille d'or étant successivement décernée à M. Godard, à M. Dieppois, horticulteur à Yvetot, et à M. Legrand lui-même.
Un peu plus tard, M. Legrand acquit un terrain où il ne planta que les plants mères de ses récoltes les plus prometteuses afin d'obtenir, par hybridation, des variétés hautement perfectionnées. Plusieurs de ces semis devinrent de magnifiques arbres, chargés de fruits splendides. Quelques-uns furent multipliés et commercialisés.
Ce travail d'une telle importance se poursuivit sans interruption pendant plus de trente ans, et sa persévérance attira l'attention d'autres sociétés. Entre 1862 et 1877, il reçut 17 médailles et, en 1878, à l'Exposition universelle de Paris, outre la médaille d'or pour l'une de ses variétés, il fut proclamé premier lauréat du Concours international de fruits de presse. De 1881 à 1888, il remporta quatre nouvelles médailles d'or et deux d'argent vermeil, et en 1888, M. Legrand fut fait Chevalier du Mérite agricole. Ne se reposant pas sur ses lauriers, ses variétés d'élite connurent un succès encore plus grand au cours de la décennie suivante, culminant avec une ultime médaille d'or décernée par la Western Pomological Association.
M. Legrand décéda le 2 novembre 1896, à l'âge de 75 ans. La collection de variétés d'élite qu'il avait créées était présente, à sa mort, dans presque toute la France. On la retrouve également dans la plupart des vergers expérimentaux d'Angleterre, d'Autriche, de Belgique, des Pays-Bas, d'Espagne, de Suisse, du Luxembourg et de certains États américains. Son fils, ancien élève de l'École d'horticulture de Versailles, poursuivit l'œuvre de son père.
Dans son ouvrage « Histoire et amélioration des pommiers et notamment des pommes à cidre », publié en 1921, Auguste Chevalier explique également le rôle joué par Bouteville et Hauchecorne dans l'amélioration des pommes à cidre, ainsi que l'importance cruciale de la chimie dans la fabrication du cidre. Hauchecorne (1824-1905) était un pharmacien yvetot.
La Normandie est actuellement le premier centre de production de pommes au monde. Ici, la culture de la pomme ne vise pas la production de fruits de table, de compotes, de fruits secs ou de vinaigre, mais se concentre presque exclusivement sur la fabrication d'une boisson saine, le cidre, largement consommé dans les régions françaises peu ou pas productrices de vin, à savoir la Normandie, la Bretagne, le Maine et l'Artois. Douze départements produisent chacun plus de 100 000 tonnes de pommes par an pour la fabrication du cidre et de l'eau-de-vie de cidre, ou calvados. Parmi les autres pays producteurs de cidre, on trouve : en Angleterre (Herefordshire, Devonshire, Pays de Galles) ; en Espagne (Pays basque – Biscaye, Navarre, Guipuscoa et Castille) ; et en Allemagne.
En 1872, le Conseil d'administration du Congrès estima que les études sur le déclin des variétés de pommes à cidre initiées par la Société d'Agriculture de la Seine-Inférieure étaient suffisamment avancées pour qu'un ouvrage complet sur les variétés de fruits à presser et sur le cidre puisse être rédigé.
C’est ainsi qu’est né l’ouvrage très important de L. de Boutteville et A. Hauchecorne, « Le Cidre », publié à Rouen en 1875. C’est un ouvrage d’une grande valeur et qui perdurera, avec une description précise des variétés qu’ils avaient adoptées et des méthodes innovantes d’analyse chimique qu’A. Hauchecorne avait mises au point pour déterminer la valeur de chaque type de fruit pressé.
L'étude de L. de Boutteville et A. Hauchecorne a conduit à des recherches dans tous les pays producteurs de pommier à cidre. Elle a mis en lumière les anciennes variétés d'élite et a incité certains pépiniéristes de la région de Rouen à créer de nouvelles variétés de pommiers à cidre à teneur en saccharine toujours plus élevée. Environ un tiers des variétés de pommier à cidre classées par l'Association pomologique française au début du XXe siècle ont été obtenues par des praticiens qualifiés répondant à l'appel de la Société d'agriculture de la Seine-Inférieure, notamment Ambrette et Marabot, obtenues par Legrand.
La collection d'élite de pommes à cidre cultivées par M. Legrand est présentée dans « Le Cidre » et dans l'« Atlas des meilleures variétés de fruits à cidre » (1896) d'Auguste Truelle. Elle comprend :
Ambrette
Argile Nouvelle
Bedan-des-Parts *
Belle-Cauchoise
Binet-Gris
Boutteville *
Michelin *
Pomme Bramtot *
Peau-de-Vache Nouvelle
Pomme Marabot
Pomme-Ridel
Rosine
Rossignol
*Ces pommes figuraient parmi celles sélectionnées pour être emportées en Angleterre par le Woolhope Club en 1884.[2] »
Aujourd’hui quelques-unes d’entre-elles sont dans la liste des variétés du cidre du Perche.
Forts de cette nette amélioration des variétés de pommes à cidre au 19e siècle et de l’amélioration de la fabrication du cidre dont l’ouvrage de référence qui est le « Traité du cidre » de Hauchecorne et De Boutteville qui restera longtemps le guide absolu, d’autres auteurs comme Félix (1883) ; Power (1893) ; Hérissant (1893) ; Truelle (1895) ; Ragaine (1900) puis dans les catalogues et études de Warcollier (1909) ; Brioux (1909-1913) ; Lecoeur(1914) apportèrent des encouragements aux producteurs, aux fermiers, aux agriculteurs, aux particuliers dans les régions cidricoles. Les pommes régénérées au 19e siècle seront dans tous les vergers conservatoires et utilisées par beaucoup. Comme je l’ai déjà cité à maintes reprises Auguste Chevalier fit la synthèse en 1921 dans son excellent article : Histoire et amélioration des pommiers et spécialement des pommiers à cidre[3] revisité en 1941.
Cette courte période entre 1850 et 1950 fut l’âge d’or de la production du cidre en France.
[1] J.M. Boré et J. Fleckinger, Pommiers à cidre, variétés de France, Editions Quae, 1997.
L’implantation des pommiers dans le paysage percheron entre 1850 et 1950 - [1950, date de la politique agricole d’Etat, en faveur de l’arrachage des pommiers.]
Concernant l’unité paysagère que l’on peut examiner d’après les vues aériennes d’IGN France en 1949 correspondant à la disparition des vergers dans le paysage du Perche, de Moulins -la-Marche à Maillebois, de Maillebois à Champrond-la-Gatine, de Champrond -la-Gatine à Illiers-Combray d’Illiers Combray à Fréteval et Sougé ; de Lavenay à Saint-Mars-le-Brière et de Savigné-l’Evêque à Origny-le-Roux et Saint-Julien-sur-Sarthe… au début de la fin de l’âge d’or du cidre du Perche.
Faisant le tour du Perche cidricole
Je vous propose de découvrir grâce en deux vues secteur par secteur le pourtour de la zone géographique dont la première vue où les pommiers se trouvent ont dans l’aire et une autre à proximité hors de l’aire géographique par comparaison d’une part avec une particularité commune pour la Sarthe et l’Orne : ces deux départements ont en commun le fait notamment de n’être pas séparé par une rivière en particulier ce qui explique une continuité vers les paysages de la Sarthe de Courdemanche jusqu’à Beaufai en passant par l’Est du Mans ; de l’autre dans l’Orne de Verneuil Ouest à Saint-Julien-sur-Sarthe où le paysage évolue progressivement vers les bocages de l’Eure et de l’Orne en Normandie.
En revanche du côté de l’Eure et Loir au Loir et Cher, la rivière Loir sépare clairement le paysage et fait rupture tranchée entre la Beauce et le Perche. Plus au Nord de Boissy-lès-Perche à Illiers-Combray, c’est la marche du relief qui créée la rupture de paysage et de culture du pommier avec la Beauce Chartraine et Dreuxiènne.
Je vais vous proposer de démarrer dans la partie de l’Orne qui était rattachée à l’ancienne province du Perche et en rapport avec la nouvelle aire géographique du Perche 2020.
C’est de Mahéru au nord-ouest de Moulins-la-Marche que nous allons suivre cette évolution entre le Perche et la Normandie quoique que cette transition est poreuse parfois entre les rivières de la Risle, l’Iton et l’Avre à l’est.
Fait remarquable à constater entre Mahéru et L’Hôme-Chamondot le bocage reste l’abri majeur des pommiers dans les closages alors qu’à L’Hôme-Chamondot nous pouvons constater que les pommiers et les poiriers sont complantés dans les herbages et labours davantage ouverts. Ce que nous retrouverons de manière caractéristique en faisant le tour du Perche vers Illiers et Sougé longeant le Loir.
Cartographie du Perche cidricole de la période 1850-1950 (en rouge) et de l’aire géographique AOC cidre du Perche 2020 (en vert) – d’après les recherches de Pascal Levaillant 2026
Les « C » correspondent à la toponymie du cormier présents sur le territoire soit lié aux noms anciens depuis le 12e siècle, l’autre relié à l’indication contemporaine IGN
Les endroits et communes limitrophes et hors aire cidre du Perche en 1830 et en 2020 AOC CIDRE du Perche
Hormis Mahéru (légende en rouge) qui est intégré au cidre du Perche AOC 2020, les communes citées démontrent que l'on se trouve dans un paysage de Normandie, de la Beauce, du Blaisais (hors Perche vendômois) ou du Maine (Perche Sarthois)
Le paysage montre l'absence d'alignements de pommiers complantés dans les prairies et labours.
Mahéru 1947, aire géographique cidre du Perche 1830 et 2020 AOC
Ci-dessous
-
------------------
Au nord de Mahéru en Normandie, à l’ouest de l’Aigle hors AGCPerche 1830-2020
Ci-dessous
------------------
Randonnai en Normandie, hors AGCPerche 1830-2020 et hors PNRP.
ci-dessous
--------------------
Beaulieu au nord de Charencey en Normandie, hors AGCPerche 1830-2020 et hors PNRP.
Ci-dessous
-------------------------
Boissy-lès-Perche, Eure-et-Loir, en Région Centre Val de Loire, anciennement dans la province du Perche, AGCPerche 1830 - hors AGCPerche 2020 1830 et hors PNRP.
Ci-dessous
-------------------
Beauche, Eure-et-Loir, en Région Centre Val de Loire au nord-est de Manou, anciennement dans la province du Perche, AGCPerche 1830 - hors AGCPerche 2020 1830 et hors PNRP.
Sur cette commune un cormier est à signaler.
Ci-dessous
-------------------
Louvilliers-lès-Perche, Eure-et-Loir, en Région Centre Val de Loire au nord-est de Manou, anciennement dans la province du Perche, AGCPerche 1830 - hors AGCPerche 2020 1830 et hors PNRP.
Ci-dessous
------------------
Maillebois, Eure-et-Loir, en Région Centre Val de Loire au nord-est de Belhomert, anciennement dans la province du Perche, AGCPerche 1830 - hors AGCPerche 2020 1830 dans le PNRP.2026
Ci-dessous
Sud-ouest de Maillebois avec vergers 1949 Nord-est de Maillebois sans vergers 1949
Pommiers complantés dans les labours un seul verger clos dans un herbage
---------------
Digny, Eure-et-Loir, en Région Centre Val de Loire, à l’Est de Belhomert, anciennement dans la province du Perche, AGCPerche 1830 - hors AGCPerche 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
-------------------
Est de Digny, Eure-et-Loir, en Région Centre Val de Loire à l’Est de Belhomert, anciennement dans la province du Perche, hors AGCPerche 1830 - hors AGCPerche 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
---------------------
Friaize – Saint-Denis-des-Puits, Eure-et-Loir, en Région Centre Val de Loire, à l’est de Champrond-la-Gatine, anciennement dans la province du Perche, AGCPerche 1830 - hors AGCPerche 2020 et limitrophes et hors PNRP 2026
Ci-dessous
--------------------
Bois-Saint-Père , Eure-et-Loir, en Région Centre, au sud de la commune, anciennement dans la province du Perche, hors AGCPerche 1830 - hors AGCPerche 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
------------------
Les Châteliers, N.D., Eure-et-Loir, en Région Centre Val de Loire au nord d’Illiers-Combray anciennement dans la province du Perche, AGCPerche 1830 - hors AGCPerche 2020 et limitrophes et hors PNRP 2026
Ci-dessous
----------------
Ribelle, Eure-et-Loir, en Région Centre Val de Loire au nord d’Illiers-Combray anciennement dans la province du Perche, hors AGCPerche 1830 - hors AGCPerche 2020 et limitrophes et hors PNRP 2026
Si-dessous
---------------
Petit et Grand Jutigny- Eure-et-Loir, en Région Centre Val de Loire au sud d’Illiers-Combray anciennement dans la province du Perche, AGCPerche 1830 - hors AGCPerche 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
-------------
Bullou, Eure-et-Loir, en Région Centre Val de Loire au sud d’Illiers-Combray anciennement dans la province du Perche, hors AGCPerche 1830 - hors AGCPerche 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
------------------
Yèvres - Eure-et-Loir, en Région Centre Val de Loire à l’est de Brou, anciennement dans la province du Perche, AGCPerche 1830 - hors AGCPerche 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
---------------------------
Chesnaye - Eure-et-Loir, en Région Centre Val de Loire au sud d’Illiers-Combray anciennement dans la province du Perche, hors AGCPerche 1830 - hors AGCPerche 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
---------------------
Logron - Eure-et-Loir, en Région Centre Val de Loire au nord-est de Chateaudun, anciennement dans la province du Perche, AGCPerche 1830 - hors AGCPerche 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
-------------
Mortiers - Eure-et-Loir, en Région Centre Val de Loire à l’est de Logron anciennement dans la province du Perche, hors AGCPerche 1830 - hors AGCPerche 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
------------------------
Chatenay - Eure-et-Loir, en Région Centre Val de Loire au nord de Chateaudun, anciennement dans la province du Perche, AGCPerche 1830 - hors AGCPerche 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
---------------------
Boucharville - Eure-et-Loir, en Région Centre Val de Loire à l’est de Chatenay, à l’est du Loir, anciennement dans la province de la Beauce, hors AGCPerche 1830 - hors AGCPerche 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
---------------------------
Touchemont - Eure-et-Loir, en Région Centre Val de Loire au nord de Cloyes, anciennement dans la province du Perche, AGCPerche 1830 - hors AGCPerche 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
Segland - Eure-et-Loir, en Région Centre Val de Loire à l’est de, à l’est du Loir, anciennement dans la province de la Beauce, hors AGCPerche 1830 - hors AGCPerche 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
----------------------
Montauban - Eure-et-Loir, en Région Centre Val de Loire au nord de Cloyes, anciennement dans la province du Perche, AGCPerche 1830 - hors AGCPerche 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
Saint-Hilaire-sur-Yerre - Eure-et-Loir, en Région Centre Val de Loire à nord-est de Cloyes, à l’ouest du Loir, anciennement dans la province du Perche, hors AGCPerche 1830 - hors AGCPerche 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
-----------------
Yvron - Eure-et-Loir, en Région Centre Val de Loire au sud-ouest de Cloyes, anciennement dans la province du Perche, AGCPerche 1830 - hors AGCPerche 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
--------------------
Cloyes-sur-le-Loir - sud, Eure-et-Loir, en Région Centre Val de Loire, anciennement dans la province du Perche, hors AGCPerche 1830 - hors AGCPerche 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
L’Enfer - Eure-et-Loir, en Région Centre Val de Loire au sud-ouest de Cloyes, anciennement dans la province du Perche, AGCPerche 1830 - hors AGCPerche 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
-------------------------
La Broullière - Loir-et-Cher, rive est du Loir, en Région Centre Val de Loire, anciennement dans la province de la Beauce, hors AGCPerche 1830 - hors AGCPerche 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
---------------
Fréteval - Loir-et-Cher, en Région Centre Val de Loire au nord-est de Vendôme, anciennement dans la province du Perche, AGCPerche 1830 - hors AGCPerche 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
-------------------
Morée - Loir-et-Cher, rive est du Loir, en Région Centre Val de Loire, anciennement dans la province de la Beauce, hors AGCPerche 1830 - hors AGCPerche 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
---------------
Busloup - Loir-et-Cher, en Région Centre Val de Loire au nord-est de Vendôme, anciennement dans la province du Perche, AGCPerche 1830 - hors AGCPerche 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
---------------
Espereuse - Rahart Loir-et-Cher, nord-est de Vendôme, en Région Centre Val de Loire, anciennement dans la province du Perche, hors AGCPerche 1830 - hors AGCPerche 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
----------------
Danzé - Loir-et-Cher, en Région Centre Val de Loire au nord-ouest de Vendôme, anciennement dans la province du Perche, AGCPerche 1830 - hors AGCPerche 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
------------------
Boissay - Loir-et-Cher, nord-est de Vendôme, en Région Centre Val de Loire, anciennement dans la province du Perche, hors AGCPerche 1830 - hors AGCPerche 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
------------------
Fortan - Loir-et-Cher, en Région Centre Val de Loire au nord du Loir, anciennement dans la province du Perche, AGCPerche 1830 - hors AGCPerche 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
---------------
Lunay -Loir-et-Cher, au sud de Fortan, en Région Centre Val de Loire, anciennement dans la province du Perche, hors AGCPerche 1830 - hors AGCPerche 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
---------------------------
Fretay - Loir-et-Cher, en Région Centre Val de Loire au nord du Loir, anciennement dans la province du Perche, AGCPerche 1830 - hors AGCPerche 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
--------------------
Fontaine les Coteaux -Loir-et-Cher, au sud de Fretay, en Région Centre Val de Loire, anciennement dans la province du Perche, hors AGCPerche 1830 - hors AGCPerche 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
----------------------
Magny - Loir-et-Cher, en Région Centre Val de Loire sous Bonneveau, anciennement dans la province du Perche, AGCPerche 1830 - hors AGCPerche 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
-------------------
Chenillé - Loir-et-Cher, au sud de Fretay, en Région Centre Val de Loire, anciennement dans la province du Perche, hors AGCPerche 1830 - hors AGCPerche 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
-----------------------
Sougé - entre Braye et Loir - Loir-et-Cher, en Région Centre Val de Loire, anciennement dans la province du Perche, AGCPerche 1830 - hors AGCPerche 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
-----------------------------
Sougé entre bourg et Loir - Loir-et-Cher, en Région Centre Val de Loire, anciennement dans la province du Perche, AGCPerche 1830 - hors AGCPerche 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
----------------------
Lavenay nord Braye - Sarthe, en Région Pays de la Loire, anciennement dans la province du Maine, AGCPerche 1830 - hors AGCPerche 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
---------------------
Entre Braye et Loir sous Lavenay- Sarthe, en Région Pays de la Loire, anciennement dans la province du Maine, Hors AGCPerche 1830 - hors AGCPerche 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
--------------
Vancé Est - Sarthe, en Région Pays de la Loire, anciennement dans la province du Maine, AGCPerche 1830 - hors AGCPerche 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
--------------
Vancé-Ouest - Sarthe, en Région Pays de la Loire, anciennement dans la province du Maine, Hors AGCPerche 1830 - hors AGCPerche 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
-----------------
Courdemanche - Sarthe, en Région Pays de la Loire, anciennement dans la province du Maine, AGCPerche 1830 - hors AGCPerche aoc 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
-----------------
Le Carroi de Bourges - Sarthe, en Région Pays de la Loire, anciennement dans la province du Maine, Hors AGCPerche 1830 - hors AGCPerche aoc 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
------------------
Saint-Pierre-du-Lorouër nord est - Sarthe, en Région Pays de la Loire, anciennement dans la province du Maine, AGCPerche 1830 - hors AGCPerche aoc 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
------------------
Saint-Pierre-du-Lorouër - Sarthe, en Région Pays de la Loire, anciennement dans la province du Maine, Hors AGCPerche 1830 - hors AGCPerche aoc 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
------------------
Le Grand Lucé - Sarthe, en Région Pays de la Loire, anciennement dans la province du Maine, AGCPerche 1830 - hors AGCPerche aoc 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
--------------------
Ardenay-sur-Mérize - Sarthe, en Région Pays de la Loire, anciennement dans la province du Maine, AGCPerche 1830 - hors AGCPerche aoc 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
-----------------------------
Changé - Sarthe, en Région Pays de la Loire, anciennement dans la province du Maine, hors AGCPerche 1830 - hors AGCPerche aoc 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
-----------------------------
Saint-Mars-la-Brière - Sarthe, en Région Pays de la Loire, anciennement dans la province du Maine, AGCPerche 1830 - hors AGCPerche aoc 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
-------------------------------
Savigné-l’Evêque - Sarthe, en Région Pays de la Loire, anciennement dans la province du Maine, AGCPerche 1830 - hors AGCPerche aoc 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
-----------------------------
Beaufai - Sarthe, en Région Pays de la Loire, anciennement dans la province du Maine, AGCPerche 1830 - hors AGCPerche aoc 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
-----------------------------
Beaufai sud-ouest - Sarthe, en Région Pays de la Loire, anciennement dans la province du Maine, hors AGCPerche 1830 - hors AGCPerche aoc 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
--------------------
Nogent-le-Bernard - Sarthe, en Région Pays de la Loire, anciennement dans la province du Maine, hors AGCPerche 1830 - AGCPerche AOC 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
----------------------------
Saint-Cosmes-en-Varais - Sarthe, en Région Pays de la Loire, anciennement dans la province du Maine, hors AGCPerche 1830 - hors AGCPerche aoc 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
-------------------------
Saint-Fulgent-les-Ormes - Orne, Normandie, anciennement dans la province du Perche, hors AGCPerche 1830 - AGCPerche aoc 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
-------------------------------
Commerveil - Sarthe, en Région Pays de la Loire, anciennement dans la province du Maine, hors AGCPerche 1830 - hors AGCPerche aoc 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
-------------------------
Origny-le-Roux / Suré - Orne, Normandie, anciennement dans la province du Perche, hors AGCPerche 1830 – hors AGCPerche AOC 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
---------------------
Mamers ouest - Sarthe, en Région Pays de la Loire, anciennement dans la province du Maine, hors AGCPerche 1830 - hors AGCPerche aoc 2020 et hors PNRP 2026
Ci-dessous
-----------------------
Pervenchères - Orne, Normandie, anciennement dans la province du Perche, AGCPerche 1830 - AGCPerche AOC 2020 et PNRP 2026
Ci-dessous
----------------------
Blèves - Ouest Pervenchères - Sarthe, en Région Pays de la Loire, anciennement dans la province du Maine, hors AGCPerche 1830 - hors AGCPerche AOC 2020 et hors PNRP 2026
----------------------
Boëcé - Orne, Normandie, anciennement dans la province du Perche, AGCPerche 1830 - AGCPerche aoc 2020 et PNRP 2026
Laleu - Sarthe, en Région Pays de la Loire, anciennement dans la province du Maine, hors AGCPerche 1830 - hors AGCPerche aoc 2020 et hors PNRP 2026
Comme nous l’avons vu pour l’avènement du cidre du pays de Caux daté après la Guerre de Cent Ans au 15e siècle, il faut constater que le 20e siècle connaitra un déclin fulgurant en un siècle à peine entre 1918 et 1980. A cela il est possible d’identifier plusieurs raisons :
La première raison fut le contexte de la 1ère Guerre mondiale.
- Le premier point à identifier tient au fait que le paquetage du soldat de la Grande-Guerre contenait en boisson du vin. Le soldat conservera le goût de cette boisson potable sur le front et l’adoptera à son retour du front dans sa chaumière y compris si le cidre était la boisson courante. Ce phénomène évolutif dans les habitudes de consommation pris du temps.
La seconde raison est le fait de remarquer que la production de cidre pour la distillerie fut captée par l’Etat pour contribuer à l’effort de guerre : la fabrication des explosifs
La troisième raison tient au fait que certains les vergers sont un peu à l'abandon par manque de bras voire d’entretien .
Revenons principalement à la première raison et à la deuxième raison :
La 1e raison :
- Le premier point à identifier tient au fait que le paquetage du soldat de la Grande-Guerre contenait en boisson du vin. Le soldat conservera le goût de cette boisson potable sur le front et l’adoptera à son retour du front dans sa chaumière y compris si le cidre était la boisson courante. Ce phénomène évolutif dans les habitudes de consommation pris du temps.
« Au début du XXe siècle, le vin n’était pas connu des familles paysannes de Bretagne. C’est la guerre de 1914-1918 qui a fait connaître aux soldats cette nouvelle boisson issue du raisin (dont le goût ne leur a pas déplu), suite à la volonté du gouvernement de soutenir la production viticole et de refuser le cidre dans la ration alimentaire des poilus moyens, puis pour les moments festifs et les cérémonies. » [Le Bras, 2018]
« Ces boissons alcoolisées (eaux-de-vie, liqueurs, vins, cidres, apéritifs, bières) sont tout autant constitutives de plusieurs identités régionales, voire de l’identité française dans son ensemble : la France, déjà au début du xxe siècle, est un pays « du boire ». Portée par la symbolique régionale (le cidre par exemple en Bretagne-Normandie) ou l’instrumentalisation politique (le « Vin de la République » célébré tout au long du xixe siècle4), la filière des boissons alcoolisées bénéficie alors d’un large rayonnement, tant en termes de puissance économique que de valorisation communautaire. »[Le Bras, 2018]
« Dès les premiers mois de guerre, l’ensemble des soldats mobilisés au front se voit allouer une quantité de vin (qui devient très vite le « pinard ») et d’eau-de-vie (la « gnôle ») pouvant être remplacés si besoin par du cidre ou de la bière, tandis que le champagne est abondamment consommé pour célébrer une victoire ou un jour de fête » [Le Bras, 2018]
« En mai 1915, le sénateur de la Manche Gaudin de Villaine demande au ministre de la Guerre pourquoi il n’organise pas de réquisitions de cidre en Normandie. Ce dernier lui répond qu’étant donné la difficulté de transport et le faible degré alcoolique du cidre, il est difficile d’« envisager la consommation de cette boisson par les troupes de la zone des armées » en dépit de sa présence dans la liste des boissons fournies dans la ration quotidienne des soldats. Le cas du cidre est intéressant car, à plusieurs moments, il met en lumière les concurrences qui existent entre les différentes boissons nationales. Ainsi, en 1917, une carte postale envoyée d’un hôpital finistérien présente un poilu breton et un congénère en habit traditionnel. Celui-ci lui verse du cidre dans sa gourde avec les mots suivants : « C’est pas du pinard mon gas [sic], mais du bon cidre de chez nous qui donne de la force à tous les poilus de Bretagne » [Le Bras, 2018]
« Édouard Barthe en novembre 1915. Il se plaint auprès du ministre de la Guerre que dans certains hôpitaux de la IIIe région (autour de Rouen) du cidre soit servi aux malades, et non du vin. Le ministre lui répond qu’il s’agit de la boisson locale, donc peu chère et, au même titre que le vin, hygiénique (c’est-à-dire qui peut être consommée sur des bases régulières) […] Le Normand Gaudin de Villaine, lui, est secondé dans son effort l’année suivante par Charles Baudet, député des Côtes-du-Nord, demandant à nouveau au ministre de l’Agriculture s’il n’y aurait pas intérêt à réfléchir à une distribution de cidre auprès des armées » [Le Bras, 2018]
«[…] rapidement les intérêts particuliers ont prévalu sur l’intérêt collectif. C’est le cas dans la filière viticole, mais également dans les autres. Ainsi, dans les milieux cidricoles, on cherche tout autant à profiter de la situation. En juillet 1918, le ministère de l’Agriculture et du Ravitaillement, relayant les constatations du député du Morbihan Joseph Le Rouzic, dénonce les grandes quantités de cidre alors distillées45. Celles-ci sont passées de 10 439 hectolitres en 1915-1916 à 68 664 en 1917-1918, une augmentation sans commune mesure avec la croissance de la production, plus limitée. Selon le rapport, la raison est toute simple : il s’agit de réaliser des bénéfices supérieurs en vendant de l’alcool, bien plus rémunérateur. Or les distillateurs ont déjà « réalisé des bénéfices importants » pendant le conflit et la récolte à venir semble décevante, risquant de provoquer un déséquilibre sur le marché du cidre. Dans la foulée du rapport, un décret interdisant toute distillation entre le 15 juillet et le 15 septembre 1918 est alors édicté. » [Le Bras, 2018]
cf. : Une industrie patriotique ? La filière des boissons alcoolisées pendant la Grande Guerre - Stéphane Le Bras[1]
Revenons à la 2e raison :
- Le second point à faire remarquer que la production de cidre pour la distillerie fut captée par l’Etat pour contribuer à l’effort de guerre : la fabrication des explosifs
C’est Arnaud Didier qui en 2018 nous raconte dans son étude du renouveau de la filière cidricole aux Editions Etudes Normandes, 2018 :
"En effet, la fabrication des explosifs nécessaires aux hostilités nécessite de grandes quantités d’alcool. Or les combats ayant dévasté la quasi-totalité des régions du Nord-Est, jusqu’alors productrices des betteraves qui fournissaient le sucre nécessaire aux distilleries, ce sont les fruits qui deviennent la matière première tant recherchée. Les pommes à cidre trouvent donc tout naturellement un nouveau débouché, qui assure par ailleurs un revenu non négligeable à leurs producteurs." [Didier, 2018]
Warcollier rapporte ceci dans le Bulletin de l'Association pomologique de l'Ouest[2], Association française pomologique pour l'étude des fruits de pressoir et l'industrie du cidre, 1921
"Les industries de la pomme ont subi les conséquences de l'état de guerre, conséquences qui ont eu des répercussions profondes sur leur développement, sur leur vie même." [Warcollier 1821]
Année 1914 :
La récolte de fruits de pressoir, évaluée à 24 254 140 quintaux, correspondait à une bonne récolte moyenne :
« En résumé, rien de saillant, à noter à propos de cette campagne cidricole ; retenons seulement les faits suivants : récolte de fruits opérée avec quelques difficultés, fabrication du cidre déjà négligée à cause du manque de main-d'œuvre chez le propriétaire récoltant, vente du cidre presque nulle. »
Année 1915. — Comment se présentait, l'année 1915 au point de vue cidricole. Une récolte extraordinairement abondante en fruits de pressoir, 37.354.960 quintaux, coïncidait, avec une année très déficitaire en vins.
On prévoyait que l'Administration de la Guerre aurait besoin, pour l'alimentation des troupes, de cidre pour remplacer le vin devenu rare et très cher, d'eau-de-vie qui entre de temps en temps dans la ration du soldat, de marmelades, confitures ou compotes. Enfin la fabrication des explosifs allait demander aux industries de fermentation de grandes quantités d'alcool.
Il semblait donc que, sans perdre de temps, les efforts allaient tendre vers une utilisation immédiate des pommes de nos vergers.
Notons enfin qu'en 1910, on vit l'ouverture de fabriques de marmelades, gelées, confitures pour l'armée. C'est la première fois que la pomme à cidre est vraiment utilisée en confiture sur une grande échelle.
En 1916 :
La récolte de pommes s'annonce comme faible, elle ne sera en effet que de 8.826.100 quintaux. Une crise sérieuse de transports sévit el paralyse en grande partie les transactions. Rien de saillant à noter pour la campagne cidricole 1916.
Le cidre est utilisé dans les régions de production ; la fabrication des eaux-de-vie est peu importante ; celle des confitures se trouve aussi contrariée.
En 1917 :
La recolle de pommes s'annonce comme excellente (elle sera en effet de 34.865.600 quintaux). On se préoccupe d'utiliser au mieux tous ces fruits, el l'on pense distiller les excédents pour fabriquer de l'alcool de guerre. La campagne, cidricole commence. La main-d’œuvre est insuffisante pour assurer la récolte des fruits ; beaucoup de fruits de première saison de maturité pourrissent, sous les arbres.
Signalons en passant que' les distilleries travaillant des pommes à cidre établissent qu'il leur faut en moyenne 2.350 kilos de pommes pour produire un hecto d'alcool pur. Le Service des Poudres admet 2.500 kilos. Certaines distilleries (distillerie de Raffetot) arrivent à utiliser 2.200 kilos seulement, avec des pommes de bonne qualité.
En 1918 :
Résumons maintenant les caractéristiques de l’année 1918.
Il faut enregistrer comme un fait. Très important les hauts prix atteints par l'eau-de-vie amenés par les besoins très grands du commerce en liqueurs alcooliques. Comme conséquence, les industriels distillateurs font de gros bénéfices, il s'ensuit une ère de prospérité pour l'industrie cidrière. Les capitaux gagnés restent, en grande partie dans les indus- ries de la pomme et cela se traduit par des améliorations importantes des cidreries existantes : agrandissements, transformations de l'outillage et du machinisme. Création de nouvelles cidreries, de distilleries pour la fabrication de l'alcool de pommes, de confitureries, de sécheries de fruits, etc.
En 1919 :
La récolte des pommes s'affirme en 191g comme excellente (36.567.000 quintaux), et les événements montrent qu'en absence de moyens de transport suffisants pour assurer l'écoulement des fruits, si on n'autorise pas la libre distillation des cidres, la plus grande partie de la récolte de pommes sera perdue
En 1920
La production des pommes à cidre, en 1920, fut faible (12.545.ooo quintaux), et insuffisante pour les besoins. Les prix furent élevés. Au début, 200 à 225 francs la tonne, puis 275 francs ; en octobre, à Rouen, les prix sautent de 270 à 34o francs à quelques jours d'intervalle.
En 1921
Le mouvement de baisse sur le cidre et les eaux-de-vie, se poursuit.
Après-guerre quelles sont les caractéristiques de l’année 1921 ?
L'année 1921 est caractérisée par une très abondante récolte de pommes dans toutes les régions de la France, de sorte que d'une manière générale les fruits devront être en grande partie utilisés sur place.
Auparavant voici la liste des membres en 1895 : Association Pomologique de l’Ouest :
MM. Carré (Charles), négociant, vue- de Nuits, 39, Paris-Bercy, maire de Rouperroux (Sarthe) ; De. Villepin, directeur de l'Ecole d'Agriculture de la Pilletière, par Jupilles (Sarthe) ; Fleury (Bernard), inaire, à. Saint-Martin-d'Ecubley ,près Laigle ; Folie (le colonel), président de la. Société d'Horticulture de la Sarthe, Le Mans ; Le frère Joseph, directeur de l'école libre de Bellème (Orne) ; Leroy (Alphonse), à Garnay, près Dreux (Eure-et-Loir) ; Mercier, horticulteur, à Ballon (Sarthe) ; MM. Padeloup (Georges), au château de Meslay, commune de Fyé (Sarthe), près Mamers ; Thibaud (Maxime), avocat, à Laigle.
En 1921 voici parmi la liste des membres de l’Association Française Pomologique[3] , parmi les 230 membres de France métropolitain et des colonies, sont répertoriés en limite du Perche ou dans le Perche : M. Blossier - instituteur à Laleu (61) ; M. Boulay aîné à Vitray (61) ; M. Brizard Charles cidrerie, Nogent-le-Rotrou (28) ; Dourdoigne, Le Theil-sur-Huisne (Orne) ; Guincêtre, agriculteur, à Vitray-sous-Laigle, par Crulai (Orne) ; Illand, profeseur d'agriculture, à Besse-sur-Braye (Sarthe) ; Mahérie (de la), propriétaire, conseiller général, à Pervenchères (Orne) ; Pinel, ingénieur-agronome, à Irai, par Randonnai (Orne) ; Ricois (Pierre), propriétaire-agriculteur, château de Moresville, par Bonneval (Eure-et-Loir) ; Tondeur, à Buré, par Le MesIe-sur-Sarthe (Orne).
En conclusion Warcollier insiste sur plusieurs points à propos du cidre en France et donc dans les Perche ornais, sarthois, eurélien et vendômois dans une moindre mesure (un seul membre de Blois représente le Loir-et-Cher).
Notre production fruitière a subi une régression momentanée sérieuse, du fait de la destruction d'une grande partie des vergers des régions dévastées qu'on est heureusement en train de restaurer. C'est un travail de longue haleine, et il faudra attendre une vingtaine d'années pour voir les nouveaux arbres atteindre leur développement normal.
« La production de pommes permettait fréquemment aux agriculteurs de doubler leurs revenus dans les années 1930 à 1950.
Mais à partir des années 1950, la fermeture de cidreries industrielles, la mécanisation du matériel agricole et l’intensification de l’agriculture, ont pratiquement fait disparaître les pommiers des herbages et des labours du Perche.[4] »
[4] n : Cahier des charges de l'Appellation d'Origine Contrôlée Cidre du Perche ou Perche - BO n°47 du 19 novembre 2020, p.8.
Une vingtaine d'années après ce fut la seconde-guerre mondiale mais comme le conflit s’est arrêté en 1940 suite à la reddition de la France, les vergers ont continué à être entretenus.
La seconde guerre mondiale passée, la France connu un changement de paradigme tant au plans sociétal, agricole qui favorisera un exode rural massif.
Dans les campagnes un des premiers facteurs de déclin des vergers furent le remembrement ; la mécanisation et la fabrication d’un cidre industriel ; l'arrivée de l'eau potable au robinet ; la prime à l'arrachage ou à l'abattage.
1 - le remembrement
Après la seconde Guerre mondiale, le remembrement, politique visant à réorganiser les terres cultivables pour améliorer leur rendement, entraîne la disparition de la plupart des petits vergers. Perçus comme des obstacles à une utilisation rationalisée des sols, ils sont arrachés, malgré l’opposition des agriculteurs les plus modestes.
In le cours de l’histoire, remembrement histoire d’une politique au taille-haie
Le remembrement : échanges de parcelles pour une agriculture davantage motorisée avec des tracteurs plus imposants
Des années 1950 aux années 1980, le remembrement recompose radicalement le paysage agricole français pour agglomérer des parcelles et les agrandir, au profit d'une logique d'efficacité et de rentabilité. Le mode de vie des paysans en a été profondément bouleversé.
In : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-cours-de-l-histoire/remembrement-histoire-d-une-politique-au-taille-haie-9100320
En 1918 et 1919, les lois Chauveau sont un premier cadre législatif, qui doit permettre le remembrement des terres. Celui-ci entend rassembler différentes parcelles agricoles afin d'améliorer leur rendement et l'efficacité de leur exploitation. "Le morcellement du paysage agricole devient très important à la fin du 19ᵉ siècle et au début du 20ᵉ siècle, notamment lors des successions. Pour marquer les limites de propriété, on construit des haies, et donc du bocage, ce qui complique l'activité agricole. Des parcelles sont contenues dans d'autres parcelles, ce qui oblige à passer chez le voisin. [...] La propriété est complètement émiettée : une ferme est constituée de multiples parcelles, parfois à des kilomètres les unes des autres", rapporte la journaliste et documentariste Inès Léraud, autrice avec Pierre Van Hove de Champs de bataille, l'histoire enfouie du remembrement (Delcourt, 2024).[1]
Prenons un exemple d’un autre bouleversement qui a impacté le Perche ces dernières décennies :
Le bouleversement des structures de l'exploitation agricole dans le Perche par la construction de l'Océane (Autoroute A. 11) par Jean Pelatan, 1976.[2]
Extraits : « Jusqu'en 1970 : Tous les caractères de l'Ouest traditionnel
La région bocagère concernée par l'emprise de l'Autoroute A. 11 s'étend de la partie occidentale de la Beauce chartraine, au Sud- Ouest d'Illiers-Combray, en Eure-et-Loir, jusqu'à la vallée moyenne de l'Huisne au Sud de la Ferté-Bernard, dans le département de la Sarthe ; elle couvre 14 communes du Perche oriental et méridional. Aux confins de l'Eure-et-Loir, on quitte assez rapidement les campagnes découvertes de la Beauce céréalière pour s'élever insensiblement de 150 à 245 m d'altitude, en traversant au passage les vallées supérieures du Loir, de la Foussarde et de l'Ozanne, à peine incisées dans le plateau crétacé d'argile à silex, recouvert localement de limon graveleux et légèrement incliné vers l'Est. Aux parcelles massives, géométriques et nues, de plusieurs ha d'un seul tenant, à l'habitat groupé en hameaux de cinq à dix maisons au centre du terroir, aux chemins semi-rayonnants et rectilignes succèdent, passé Illiers et Vieuvicq, des rideaux d'arbres au long des talwegs, des bosquets, quelques arbres complantés au voisinage de fermes à cour ouverte. Le dessin des parcelles devient plus irrégulier et leurs dimensions se réduisent à un ou deux hectares. Les amples vallons des affluents de la rive droite du Loir sont maintenant séparés par des bois souvent taillés en parcs privés, mais les taillis prennent bientôt autant d'importance spatiale que les champs et les premiers herbages au fur et à mesure que l'altitude se relève, aux limites de la Sarthe et de l'Orne (Authon, 259 m ; St-Bomer, 267.) L'habitat, jusque-là groupé, se disperse, corrélativement au partage à peu près régulier entre herbages et champs céréaliers.
Ici commence un réseau quasi continu de haies, enserrant des parcelles à dominante herbagère, de forme assez géométrique sauf le long des talwegs affluents de l'Ozanne, et d'orientation générale NNW-SSE, qui semble correspondre à la direction des laies forestières du seuil boisé où s'opère le partage des eaux courantes, celles des affluents du Loir coulant vers l'Est, les tributaires de l'Huisne se dirigeant vers l'Ouest. Entre St-Bomer et Théligny, la Braye naissante, orientée- plein Sud, introduit des coupures plus profondes dans le relief, en même temps que l'on passe des sables du Perche à la craie cénomanienne ; sur les versants, des complants de pommiers, alignés mais encore peu nombreux — une centaine d'arbres à l'ha — , avoisinent des parcelles regroupées à l'amiable, dans lesquelles haies et arbres fruitiers ont complètement disparu. Ici, la limite inter-départementale est imperceptible, sauf au Nord pour l'Orne, où un « long chemin » (M. Gautier, 1971, p. 93) allant de Cormes à Authon individualise de nombreuses petites parcelles herbagères laniérées. Le plateau se découpe en collines couronnées de bois, souvent situés en limite de commune ; les secteurs plats portent des cultures, et les alluvions de vallée sont voués aux herbages. Ces alternances se retrouvent le long des grands versants descendant vers l'Huisne, mais la tendance à l'accroissement de la taille des « pièces » (3) est de plus en plus nette sur les argiles vertes de l'infracrétacé. Un paysage plus aéré mais où dominent les herbages, qui occupent la quasi-totalité de la SAU sur les alluvions modernes de la vallée de l'Huisne, marque à peine le passage du Perche à la « campagne » mancelle.[3]»
2 – la mécanisation et le cidre industriel
« Comme pour la haie, la mécanisation provoque la disparition des vergers, conjuguée à la diminution de la consommation de cidre et l’arrêt de la production de l’alcool d’Etat. Des producteurs ont toutefois su maintenir des vergers traditionnels de haute-tige (par opposition aux vergers de basse-tige de la production industrielle) et des associations de passionnés ont permis de retrouver les variétés typiques.[4] »
3 - L'arrivée de l'eau potable au robinet
Dans les années 60, du fait de l'arrachage des pommiers dans les cours, du fait de l'exode rural, du fait de l'arrivée de l'eau au robinet, les habitués à faire leur cidre eux-mêmes délaissèrent progressivement le cidre au profit de la consommation du vin, de la bière et surtout de l'accès à l'eau du robinet.
Prenons l'exemple de mes parents : ayant quitté leur maison d'Hautôt Saint Sulpice en 1964 où ils n’avaient pas encore l'eau potable ; où ils avaient comme boisson alimentaire que la boisson (cidre), à Yvetot dans leur maison neuve ils profitèrent de l'eau du robinet comme boisson alimentaire et ne gardèrent que le cidre bouché pour les fêtes et repas de famille.
Ils faisaient venir les pommes d'Etoutteville qu'on allait ramasser à la saison. La presse venait à la fin de l'automne piler les pommes. On mettait le cidre en bouteilles un peu plus tard vers noël.
Dix ans plus tard, à mesure que la ressource de pomme s'amenuisait, mon père faisait venir du vin d'ordinaire d'Anjou et peu à peu on a moins bu de cidre et à table en semaine on ne buvait que l'eau du robinet.
20 ans plus tard, l'eau de robinet devenait de plus en plus impropre à la consommation du fait de la turbidité de l'eau due aux fortes pluies et des canalisations vieillissantes, c'est à cette époque qu'à Yvetot on a commencé à boire de plus en plus de l'eau minérale.
"En 1984, en France, les réseaux de distribution publics transportent 4 milliards et demi de mètres cubes d'eau potable au domicile de plus de 95 % de la population. En 1954, une enquête avait établi que 58 % seulement des Français étaient, alors, desservis par un réseau collectif et que le volume d'eau potable distribuée était d'un peu moins de 2 mil- lards de mètres cubes. Ces chiffres font apparaître les développements rapides, en trente ans, d'un secteur d'activité qu'il est convenu d'appeler « industrie de l'eau .
Mises à part les eaux « minérales » ou plutôt médicinales, les eaux « de table » ou «de source » embouteillées sont de qualité très variée comme le montrent, sur les étiquettes, les tableaux de composition. La France est le premier producteur et exportateur mondial d'eau en bouteille (29,5 millions d'hectolitres en 1978). La consommation française (dont 90 % d'eau minérale) est la plus forte du monde : près de 50 litres par an et par personne. [5]»
Exemple à Mortagne au Perche
« Ouvrir le robinet est aujourd’hui banal. Un réflexe. Un geste presque insignifiant. Pour boire, laver la vaisselle, se laver, faire son linge… L’eau coule toute seule, d’un simple geste mécanique. Facile. Mais vous êtes-vous déjà demandé d’où cette eau provenait ?
« Il a fallu attendre le début des années 50 pour que les robinets de Mortagne coulent dans toutes les maisons », raconte Jean-Claude Lenoir, sénateur-maire (UMP) de la ville. Auparavant, seulement quelques maisons étaient équipées et reliées au réseau. « L’alimentation en eau a commencé à arriver dans la ville dans l’entre-deux-guerres ». La source ? « Hilaire-le-Châtel, indique Jean-Claude Lenoir, grâce à un petit château d’eau situé à Mauregard ». Ce n’est qu’en 1930 que des canalisations ont été creusées avec une alimentation directe des maisons. Une véritable révolution.
« Porteurs d’eau
En effet, Mortagne-au-Perche est dépendante à 100% de son eau. Aucune source n’est présente dans la ville, située sur des hauteurs et collines. Jusqu’au au 18e siècle, les Mortagnais devaient ainsi se rendre au ruisseau de La Chippe pour s’approvisionner. Avec un point de rendez-vous : le lieu-dit « Le Pissot ». « Les porteurs d’eau étaient une profession très importante », narre Jean-Claude Lenoir. Une économie s’était créée autour du ruisseau. Les porteurs d’eau remplissaient des citernes. Les lavoirs faisaient le plein. Mais au début du 19e siècle, deux réserves étaient créées en ville : à la Poste et rue Ferdinand-de-Boyère. Le début de la modernité. »
Forte hausse de la consommation
Dans les années 1980, Mortagne devait se résoudre à trouver une autre source. Celle d’Hilaire-le-Châtel était trop sollicitée et une pollution progressive apparaissait. Résultat : une source à Comblot était trouvée. Des travaux importants s’engageaient. « L’eau était excellente mais la consommation des foyers montait en flèche. Nous avons donc dû chercher d’autres sources. Et dans les années 1990, les sources de Bubertré et Biviliiers étaient reliées ». Une eau saine, sous la forêt de la Trappe, bien que brouillée par le sable.
Sources différentes
Aujourd’hui, l’eau de Mortagne-au-Perche provient donc principalement de plusieurs sources : Comblot, Bubertré, Bivilliers, Mauves-sur-Huisne…mais toujours pas de Saint-Hilaire-le-Châtel. « Mais Hilaire a réalisé de gros investissements pour assainir son réseau. Sachant que nous avons participé à ces travaux à travers le Syndicat mixte d’alimentation en eau potable du Haut Perche (Smaep) », précise Jean-Claude Lenoir. Un syndicat qui regroupe de très nombreuses communes et qui deviendra unique au 1er janvier 2014. Une nouvelle étape pour la préservation des réseaux de la cité percheronne. Pour que l’eau coule de source. [6]» Thomas NEGRIER
4- La prime à l'arrachage ou à l'abattage notammentpour la raison suivante : Le cidre, transformé en alcool va alors à l’industrie de la poudre à canon. Après 1945 la fabrication de la poudre change et l’état organise l’arrachage des vergers.
Une politique étatique soi-disant en lutte contre l'alcoolisme entre 1953 et 1966 pour restreindre la production et par une amélioration en qualité favoriser un regain de consommation.
"Le décret-loi des 21 et 22 Mai 1955 vient de leur donner satisfaction, en grande partie, en définissant le cidre doux. C’est un cidre qui, respectant les normes générales des cidres de consommation, doit peser 5° au minimum d’alcool total, mais sur ces 5° l’alcool acquis ne peut dépasser 3°, .le reste étant de l’alcool en puissance sous forme de sucre." [Morice, 1955]
1953
« Ce décret de Mai 1955 complète heureusement ceux des 9 Août et 30 Septembre 1953 qui tendaient, d’une part, à restreindre la production d’alcool d’Etat et, d’autre part, à donner un regain à la consommation du cidre dont le degré minimum a été fixé à 5. La vente de la boisson de cidre, c’est-à-dire du cidre mouillé avant fermentation, a été interdite, comme le sont depuis longtemps, les piquettes, en matière de vin.
Il est à souhaiter que les efforts du Syndicat des Cidriers, et ceux des pouvoirs publics, pour revaloriser notre boisson régionale, soient secondés par des initiatives privées. Pourquoi les restaurants urbains ou champêtres ne feraient-ils point des repas « cidre compris » ? Le touriste ne demanderait pas mieux que d’en profiter, notre économie régionale y gagnerait certainement et cette publicité vivante pourrait amener un certain courant d’exportation. »[Morice, 1955]
1955
Les décrets-lois des 9 Août et 30 Septembre 1953, le décret du 7 Octobre 1954, celui du 20 Mai 1955 assurent l’égalité des prix pratiqués par les industriels et limitent la fabrication d’alcool, mais ils tendent à revaloriser la pomme et le cidre.
Une prime à l’arrachage des mauvais pommiers ou de variétés secondaires est prévue et dès à présent le choix des variétés est simplifié.
Lorsqu’un producteur aura bien compris que, par des méthodes de reconversion (surgreffage pour de jeunes plants de 20 ans environ ou plantation nouvelle), les vergers de pommes à cidre deviendront de nouveau rentables, il n’y aura plus de perte de richesse.
Pour ce faire, il faudra évidemment encourager les cidriers à produire des boissons, de qualité et les syndicats professionnels s’y emploient.
Nous en arrivons donc à la même conclusion que pour les pommes de table : qualité d’abord et l’écoulement devient facile. Puisse cette vérité première enrayer la désaffection des consommateurs français qui utilisaient 6 millions d’hectolitres il y a quelque 10 ans pour 3 millions 800.000 seulement en 1953-54. Et n’oublions pas que les cinq départements normands seraient les premiers à profiter du développement de la consommation puisque, sur le million d’hectolitres représentant le stock commercial moyen annuel, ils en détiennent plus de la moitié.
Décret n° 55-578 du 20 mai 1955 relatif à !'assainissement du marché des fruits à cidre eu à poirés et à la reconversion du verger cidricole
EXPOSE DES MOTIFS
Les décrets nos 53-703 et 53-97S des 9 août et 30 septembre 1953 ont profondément modifié l'orientation et l’équilibre du marché cidricole.
La structure et la juxtaposition des divers organismes administratifs existants entravent l'action des pouvoirs publics dans ce domaine qui intéresse l’équilibre économique et social de tout l’Ouest de la France. Il apparaît donc nécessaire de leur substituer un organisme unique bénéficiant de la taxe parafiscale antérieurement affectée au groupement national interprofessionnel des fruits à cidre.
Le décret du 9 août 1953 ayant décidé la réduction des achats d'alcool par l’Etat en précisant qu’une indemnité serait versée aux distilleries dont les contingents seront réduits ou supprimés, le présent décret précise les conditions de celle indemnisation et la subordonne à une sélection et à une meilleure implantation des moyens de production, dans le cadre d'un plan rationnellement établi.
Les décrets de 1953 rendent également nécessaire un effort important de reconversion du verger des fruits à cidre: la réduction du contingent laisse en effet 3 millions de quintaux de fruits a cidre sans débouchés avec, de «surcroît, le risque qu'une partie de ce tonnage soit transformée en alcool de bouche. Il paraît souhaitable que les indemnités d’arrachage prévues à l’article 21 du décret du 9 août 1953 s’insèrent dans le cadre plus large d’un effort de modernisation et d’amélioration agricoles. En tout état de cause, pour sauvegarder le patrimoine foncier en même temps que les intérêts des exploitants, il est prévu un remploi obligatoire sur le fonds même des indemnités qui seront accordées. Tels sont les principes dont s’inspire le présent décret.
Titre 1er
Comité des fruits à cidre et des productions cidricoles. Art. 1er. — En remplacement du groupement national interprofessionnel des fruits à cidre créé par la loi n° 713 du 28 juillet 1942 et de la commission consultative des cidres et poirés de consommation créée par l’article 1er du décret n° 53-978 du 30 septembre 1953, il est institué un comité des fruits à cidre et des productions cidricoles. Ce comité doté de la personnalité civile a pour mission d’étudier, de suggérer et de faciliter la mise en œuvre de toutes mesures d’ordre économique et technique relatives: A la reconversion, à la sélection et la réduction du verger des fruits à cidre et à poirés; A l’orientation et à l’assainissement de la production cidricole.
Art. 2. — A compter du 1er août 1955, le comité prévu à l’article 1er ci-dessus se substitue aux droits et obligations du groupement national interprofessionnel des fruits à cidre, notamment pour la perception de la taxe instituée au profit de ce groupement en vertu de la loi n° 713 du 28 juillet 1952. Les modalités d’assiette et de taux de cette taxe seront fixées par arrêté dans les conditions prévues par l’article 4 de la loi n» 53-633 du 25 juillet 1953 portant aménagements fiscaux.
Art. 3. — Des arrêtés conjoints du ministre des finances et des affaires économiques et du ministre de l’agriculture détermineront les modalités d’application des articles 1er et 2 ci-dessus et fixeront en particulier la composition, l’organisation et le fonctionnement du comité des fruits à cidre et des productions cidricoles. Titre II Plan de fermeture et indemnisation de certaines distilleries autorisées à 'produire des alcools de pommes et de poires réservés à l’Etat.
Art. 4. — Dans un délai d’un mois à compter de la publication du présent décret, les organisations professionnelles les plus représentatives des distillateurs d’alcool de pommes et de poires établiront un plan de fermeture de certaines distilleries autorisées à produire des alcools réservés à l’Etat. Ces organisations seront désignées par arrêté du ministre de l’agriculture. Ce plan devra ramener de 6.993 à 4.000 hectolitres-jour, au plus, le chiffre de la capacité de production des distilleries d’alcool de pommes et de poires, telle qu’elle est définie par l’article 5 du décret n° 53-1004 du 7 octobre 1953. 11 sera soumis à l’approbation du ministre de l’agriculture qui statuera dans le délai d’un mois après avis des organisations professionnelles les plus représentatives des producteurs de fruits à cidre et à poiré.
Art. 5. — Si le plan prévu ci-dessus n’est pas établi ou si, étant établi, il n’est pas agréé par le ministre de l’agriculture dans le délai visé au dernier alinéa de l’article précédent, une commission sera chargée de proposer avant le 15 août 1955 un plan de fermeture. Cette commission est ainsi constituée: Un conseiller d’Etat, président; Le directeur de la production agricole ou son représentant; L’inspecteur général, chef du service de l'inspection générale de l’agriculture, ou son représentant; Le directeur général des impôts, ou son représentant; Le directeur du service des alcools, ou son représentant; Le directeur général des prix et des enquêtes économiques, ou son représentant; Deux représentants du syndicat général des fabricants d’alcool de pommes et de cidres, dont un représentant des entre- { irises individuelles dont la production ne dépasse pas vingt hectolitres-jour ; Un représentant du syndicat national des cidriers et des fabricants d’eaux-de-vie de cidre et de moûts concentrés de pomme; Deux représentants de la Fédération nationale des producteurs de fruits à cidre.
Le plan définitif de fermeture sera arrêté par le ministre de l’agriculture le 1er octobre 1955 au plus tard.
Art. 6. — Par application du décret n° 53-703 du 9 août 1953, une indemnité de 320.000 F par hectolitre-jour sera versée aux distillateurs qui cesseront leur activité à compter de la campagne 1955-1950.
Art. 7. — A compter de la campagne 1955-1956, la marge des distillateurs d’alcools de pommes et de poirés sera diminuée, pour tenir compte de l’abaissement des prix de revient des distilleries continuant leur activité. Titre III Reconversion du verger cidricole.
Art. 8. — Une indemnité de reconversion du verger cidricole sera versée dans les conditions du décret n° 53-703 du 9 août 1953 aux producteurs des régions dont les plantations de pommiers et de poiriers seront diminuées par suite de la réduction des contingents d’alcool de fruits à cidre.
Art. 9. — A cet effet pourront être déterminées avant le 31 décembre 1955 des zones de modernisation fixées par arrêté, pour lesquelles un plan d’amélioration des cultures et des herbages sera établi après avis du comité prévu à l’article 1er. Le versement de l’indemnité sera subordonné à l’exécution de ce plan.
Art. 10. — Pour toute exploitation non comprise dans les zones définies à l’article 9 ci-dessus, l’indemnité sera accordée pour toute reconversion portant sur une ou plusieurs parcelles entières. Elle sera proportionnelle au nombre d’arbres en plein rapport qui auront fait l’objet d’arrachages. Elle sera versée à un compte courant ouvert au nom du bénéficiaire :\ la caisse régionale de crédit agricole mutuel qu'il aura désignée. L’intéressé ne pourra en disposer que lorsqu’il aura justifié de l’exécution d’un programme de réemploi sur l’exploitation dans des conditions qui seront fixées par arrêté conjoint du ministre de l’agriculture et du ministre des finances et des affaires économiques.
Art. 11. — L’octroi de l’indemnité sera subordonné à un engagement de non-replantation pendant une durée de 15 ans selon des modalités qui seront fixées par décret.
Art. 12. — Le ministre des finances et des affaires économiques, le garde des sceaux, ministre de la justice, le ministre de l’agriculture, le ministre de la santé publique et de la population, le ministre de la France d’outre-mer, le secrétaire d’Etat aux finances et aux affaires économiques et le secrétaire d’Etat aux affaires économiques sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent "decret, qui sera publié au Journal officiel de la République française.
Fait à Paris, le 20 mai 1955. EDGAR FAURE., Par le président du conseil des ministres :
Le ministre des finances et des affaires économiques, PIERRE PFLIMLIN.
Le ministre de Vagriculture, JEAN SOURBÈT.
Le garde des sceaux, ministre de la justice, SCHUMAN.
Le ministre de L'inteneur, MAURICE BOURGBS-MAUNOURY.
Le ministre de la France d’outre-mer, PIERRE-HENRI TEITGEN.
Le ministre de la santé publique et de la population, Bernard Lafay.
Décret n°55-576 du 20 mai 1955 ASSAINISSEMENT DU MARCHE DES FRUITS A CIDRE OU A POIRE ET RECONVERSION DU VERGER CIDRICOLE
JORF du 21 mai 1955
1966 : suite et fin de l'orientation la production cidricole et à la commercialisation des cidres et des poirés
MINISTERE DE L'AGRICULTURE Décret n° 58-62 du 20 janvier 1956 relatif aux indemnisations d’arrachage des pommiers à cidre et des poiriers à poiré. Le président du conseil des ministres, Sur le rapport du ministre de l'agriculture et du ministre des finances et des affaires économiques,
Vu le décret n° 53-703 du 9 août 1953 relatif au régime économique de l’alcool et portant organisation d'un plan sucrier ;
Vu le décret n° 53-978 du 30 septembre 1953 relatif à l'orientation de la production cidricole et à la commercialisation des cidres et des poirés ;
Vu le décret n° 55-576 du 20 mai 1955 relatif à l’assainissement du marché des fruits à cidre ou à poiré et à la reconversion du "Verger cidricole ; Le conseil d’Etat (section des travaux publics) entendu, Décrète :
Art. Ier. — Dans les régions où, par suite de la réduction des contingents d’alcool, les possibilités d’utilisation des fruits à cidre et à poiré se trouvent diminuées, une indemnité est, en application des dispositions des articles 21 du décret du 9 août 1953 et 8 du décret du 20 mai 1955 et dans la limite des crédits ouverts à cet effet, versée aux propriétaires de pommiers et de poiriers qui établissent un projet de reconversion ou d'amélioration de leurs exploitations agréé par le directeur des services agricoles du département du siège de l’exploitation.
Art. 2. — Ne peuvent donner lieu à l’attribution de l’indemnité prévue à l’article 1er ci-dessus que les parcelles dans lesquelles il est procédé à l’arrachage intégral des pommiers et poiriers. Les demandes d’indemnisation doivent, pour être recevables, porter sur un minimum de 20 arbres et être accompagnées d’une déclaration des plantations de pommiers et de poiriers existant sur l’ensemble de l’exploitation, ainsi que d'un engagement de non replantation pendant une durée de quinze ans. rEn cas de fermage ou de métayage, les demandes doivent être présentées conjointement par le propriétaire et le fermier ou le métayer.
Art. 3. — L’indemnité allouée pour l’arrachage de la totalité des arbres contenus dans une parcelle est Axée à 1.000 F par arbre de plein rapport. L’état des arbres est constaté préalablement a tout arrachage par la direction des services agricoles du département. L’indemnité ne peut excéder 100.000 F par hectare.
Art. 4. — Dans la limite de la subvention budgétaire accordée en application de l’article 8 du décret n° 703 du 9 août 1953 pour favoriser la reconversion des vergers cidricoles, un arrêté du ministre de l’agriculture et du secrétaire d’Etat aux finances et aux affaires économiques pris après avis du Comité des fruits à cidre et des productions cidricoles, prévu à l’article i9r du décret n° 55-576 du 20 mai 1955, fixera pour chaque département compris dans les régions visées à l’article 1er ci-dessus le montant des crédits affectés au financement des opérations d’arrachage.
Art. 5. — L’ingénieur en chef directeur des services agricoles de chacun des départements intéressés, assisté de deux représentants producteurs de la commission régionale du comité des fruits à cidre et des productions cidricoles statue sur les demandes d’indemnité de reconversion du verger cidricole qui lui sont présentées ainsi que sur l’emploi de celles-ci. Les frais de gestion entraînés par l’examen et la liquidation des dossiers peuvent être imputés dans la limite d’un maximum de 2 p. 100 sur les crédits alloués au département.
Art. 6. — Les demandes d'indemnité doivent être présentées pour la campagne 1955-1956 avant le 31 mai 1956, pour la campagne 1956-1957 avant le 31 mai 1957 et pour la campagne 1957- 1958 avant le 31 mai 1958. L’indemnité n’est versée que si les arrachages de pommiers et de poiriers sont effectués au cours de la campagne suivant celle au titre de laquelle la demande d’indemnité a été faite. Pour les demandes présentées au cours de la dernière période, le taux de l’indemnité est ramené à 800 F par arbre.
Art. 7. — Les modalités d’application du présent décret feront l’objet d'arrêtés conjoints du ministre de l’agriculture et du ministre des finances et des affaires économiques.
Art. 8. — Le ministre de l’Agriculture, le ministre des finances et des affaires économiques et le secrétaire d’Etat aux affaires économiques sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent décret qui sera publié au Journal officiel de la République française.
Fait à Paris, le 20 janvier 1956. EDGAR FAURE. Par le président du conseil des ministres : Le ministre de l’Agriculture, JEAN S0URBET-. Le ministre des finances et des affaires économiques, PIERRE PFLIMLIN. Le secrétaire d'Etat aux finances et aux affaires économiques, GILBERT-JULES.
« Un reportage des Actualités françaises datant de 1957 justifie l’arrachage des pommiers à cidre par la nécessité de mettre un terme à une production agricole « génératrice d’un alcoolisme rural avant-coureur de misère et de maladie »1 ; on ne peut qu’être interpellé. A en croire la télévision, donc, la situation serait celle-ci. Chaque printemps, des « millions de pommiers à cidre font de la France de l’ouest un énorme bouquet » avec leurs parures de fines fleurs roses. Mais celles-ci, une fois devenues des pommes, se caractérisent par « leur piètre qualité, leur cours si bas, qu’à peine valent-elles le coût du ramassage ». Dès lors, le paysan n’a d’autre choix que « l’alambic pour seul débouché ». Le remède à cette situation serait donc sans appel : « mieux vaut sans doute remplacer cette production, ou déficitaire, ou justifiable d’un emploi sans utilité pour l’industrie ».
Chose dite, chose faite : les images du reportage montrent les agriculteurs arracher leurs pommiers en tirant dessus avec leurs tracteurs, « stimulés par les primes gouvernementales », laissant ainsi « à ces mêmes places de larges prairies où l’élevage assurera un revenu très supérieur » [1]»
Au final, on voit bien que l’argument hygiéniste de lutte contre l’alcoolisme rural ne tient pas longtemps la route dans la justification de la politique d’arrachage des pommiers à cidre menée dans les années 1950. Ce sont bien les arguments économiques qui prévalent dans l’abandon de cette production d’alcool, au profit de l’élevage ou de l’arboriculture fruitière, activités conjuguées sur le mode intensif. Tout comme, de manière inversée, on justifie aujourd’hui la nécessité de soutenir le secteur viticole, en tant que fleuron économique français à l’exportation. Thomas PERRONO[2]
Exemple dans le Perche concernant les pommiers
« Vergers hautes-tiges : « une perte de 20 % en 10 ans »
Si les vergers traditionnels hautes-tiges sont des éléments identitaires des paysages du Perche et importants pour la biodiversité, le recul de l’élevage contribue à leur disparition progressive selon le Parc naturel régional du Perche qui travaille à leur conservation avec les agriculteurs et les particuliers. Le point en ce mardi 4 avril 2023.
« La différence est nette lorsqu’on compare les photos aériennes des vergers percherons d’après-guerre avec ceux d’aujourd’hui. Une très grande partie a disparu. Pourtant, à l’époque, le Perche produisait plus de pommes que le Pays d’Auge », rappelle Jean-François Leroux, exploitant cidricole au Domaine du Ruisseau, à Cour-Maugis-sur-Huisne. En dix ans, 20 % ont disparu selon le Parc naturel régional du Perche dans l'Orne. « Ce déclin progressif des vergers haute-tige, emblème du territoire percheron, s’explique par l’absence d’entretien et le manque du renouvellement régulier de ces derniers, faute de valorisation », explique Lisa Garriguenc, chargée de mission bocage au Parc. Les vergers représentent moins de 1 % de la surface du Parc aujourd’hui. [3]»
Le nouveau visage du Perche à Dancé
Au début du 21e siècle
L'agriculture ne rime plus avec l'arboriculture fruitière
[1] In : L’INA. « Anti alcoolisme en France », Les Actualités françaises, 15 mai 1957, en ligne.
« Il a fallu attendre la fin des années 1980, pour que quelques producteurs fermiers se spécialisent dans la production cidricole et permettent la relance de la filière cidricole du Perche. Ces producteurs mobilisent les savoir-faire traditionnels cidricoles du Perche tels que la récolte des fruits à maturité, la mise en œuvre de variétés tardives ou encore les fermentations spontanées et lentes et la prise de mousse naturelle.[1] »
[1] In : Cahier des charges de l'Appellation d'Origine Contrôlée Cidre du Perche ou Perche - BO n°47 du 19 novembre 2020, p.8.
11 - la renaissance du cidre du Perche à la fin du 20e siècle
1791 : Division du Perche en quatre départements : Eure et Loir ; Orne ; Sarthe ; Loir et Cher.
Malgré le découpage de 1791, l’identité percheronne est toujours vivante, portée par l’histoire et d’un fort sentiment d’appartenance pour la population autochtone qui par le passé pouvait administrativement dépendre d’un des quatre diocèses, ou de l’un des différents Perche (Grand, Gouët, vendômois, Thimerais…), aujourd’hui se situer dans une des trois régions françaises ou dans l’un des quatre départements français.
150 ans plus tard, dans le changement de paradigme d’après-guerre, La France entre dans la modernité qui va révolutionner l’agriculture (remembrement) , les paysages des campagnes (arrache des vergers) ; culture intensive ; urbanisation des villages et des bourgs (villes) …
La Fédération des Amis du Perche exprime, depuis 1947, cette aspiration des Percherons à préserver une identité culturelle et patrimoniale, confirmée depuis 1998 par l’existence du Parc Naturel Régional du Perche.
Depuis la fin du 20e siècle les Croqueurs de pommes des collines du Perche retrouvent le chemin des vergers (comme ailleurs dans le pays de Caux), arpentent la campagne à la recherche de variétés anciennes à sauvegarder patrimonialement et génétiquement. Des inventaires et des vergers conservatoires naissent dans le Perche comme celui de Saint-Cyr-la-Rosière.
Le boom des fruits anciens dans le Perche
« Elles reviennent en force après des années d'oubli : les variétés anciennes de fruits sont de nouveau à la mode. Dans les vergers du Perche, elles retrouvent leur gloire d'antan.[Nathalie Legendre, 2016, Actu.fr]
Locard, Pécantin, Comtesse de Paris, Bouet de Bonnétable, Pomme de fer, Reinette dorée ou grise… Longtemps abandonnées à leur sort, au fond de vergers inexploités, ces variétés de pommes à couteau suscitent à nouveau l’intérêt des particuliers.
Sauvegarde
Dans le Perche, l’Écomusée, mais aussi le Parc et l’association des Croqueurs de pommes ont depuis plusieurs années entrepris de les protéger, dans des vergers conservatoires et/ou par le biais d’animations. Aujourd’hui, les demandes de renseignements se multiplient et les Percherons sont de plus en plus nombreux à planter, chez eux, des variétés anciennes dans l’idée de les sauvegarder.
On remarque effectivement de plus en plus de vergers avec des variétés anciennes se constituer chez les particuliers. L’idée est de sauvegarder les variétés locales qui auraient pu disparaître. Les gens ont pris conscience de cela et c’est tant mieux. Planter un arbre d’une variété ancienne, c’est un bon geste pour l’environnement ».
Plus de goût
L’Écomusée dispose d’un verger d’une cinquantaine d’espèces (pommiers principalement mais aussi poiriers, cerisiers, cognassiers et mirabellier). « Il appartenait auparavant à un particulier, avec des variétés nouvelles comme la Boskop, la Golden, la Granny etc… L’Écomusée l’a racheté voilà environ 16 ans. Et depuis dix ans, nous plantons une variété ancienne chaque année ». Les variétés nouvelles ont fait leur apparition au lendemain de la Seconde guerre mondiale : avec le développement de la consommation de masse et celui des grandes surfaces, ces pommes « ont séduit le consommateur, de par leur calibre et leur rendement supérieur ». Par contre « les variétés anciennes sont bien plus résistantes face aux maladies et elles ont plus de goût ».
L’Écomusée a créé dernièrement un second verger, avec environ 80 arbres fruitiers (des variétés anciennes de pommes à cidre).
Patrimoine à valoriser
Du côté des Croqueurs de pommes, on s’évertue à multiplier les actions à destination du grand public. Souvent lors de marchés aux arbres (comme à Mortagne le 27 novembre) mais aussi au sein de l’Écomusée lors d’ateliers. Des ouvrages ont été édités par l’association, dont « Pommes et poires du Perche ». Objectif : faire prendre conscience que planter un arbre d’une variété ancienne est un geste écocitoyen, participant à valoriser le patrimoine fruitier du Perche.[2]
Le cas particulier des vergers de Sainte Gauburge - Ecomusée du Perche
Le corps bâti de l’ancien prieuré Sainte Gauburge comporte déjà en 1972 un verger ancien dont les photographies aériennes attestent en 1949. C’est depuis que l’Ecomusée du Perche a pensé en 2011 une étude pour la création d’un verger conservatoire. Ainsi la vie agricole est évoquée par le verger conservatoire, la cour de ferme, son ancien verger à l’arrière de l’Eglise du prieuré et son jardin paysan.
Depuis des stages de taille et greffage des arbres fruitiers sont proposés car la sauvegarde et la transmission des savoir-faire constituent l’une des missions fondatrices de l’Ecomusée. Le verger du prieuré est donc le cadre idéal pour un stage « greffage des arbres fruitiers » en partenariat avec les Croqueurs de Pommes.
Des sessions de deux heures sont ouvertes et ont pour but de vous faire connaître les gestes simples, mais essentiels du greffage, en passant par la pratique.[3]
A l’étude et à l’examen des documents iconographiques que propose IGN Remonter le temps et IGN Géoportail et avec leur aimable autorisation, force est de constater qu’à cet endroit en 1832 peu de vergers existent à Saint-Cyr-la-Rosière sinon aux hameaux et lieuxdits de l’Angenardière et à la Rosière.
En revanche les photographies aériennes indiquent qu’en 1949, la commune de Saint-Cyr- la-Rosière dont Sainte Gauburge est entièrement couverte de vergers de pommiers et de poiriers à l’endroit de la cour du prieuré et à l’endroit de l’actuel verger conservatoire qui s’est maintenu jusque dans les années 1960. En 1969, cette parcelle plantée était redevenue herbage. La vue d’aout 2012 montre le verger reconstitué et verger conservatoire suite à l’étude menée en 2011 en partenariat avec les Croqueurs de Pommes des collines du Perche.
Dans ce qui va suivre, ce qui est édifiant c'est la vue de 1832 comparativement à la vue de 1948 qui dessine un paysage qui n'est plus et celle de 2001 qui revient à celle de 1832. En somme on peut dire que la période de culture massive des pommiers dans cette partie du Perche s'est déroulée à partir du mitan du 19e siècle jusqu'au mitan du 20e siècle.
Regarder objectivement l'évolution d'un paysage nous fait comprendre par les archives le rôle qu'ont tenus les percherons dans cette histoire du cidre du Perche aujourd'hui labélisé AOC.
« La polyculture élevage, système agricole traditionnel du Perche, occasionnait une charge de travail importante aux mois de septembre et octobre. Les choix variétaux ont ainsi été guidés par la nécessité d’étaler les travaux agricoles et par l’adaptation au climat du Perche. Les variétés à floraison tardive ont été privilégiées car elles subissent moins l’impact des gels de printemps et la maturité des fruits est plus tardive. Outre les variétés sélectionnées localement, d’autres variétés ont été introduites dans le Perche et se sont bien adaptées. On peut observer pour une même variété des écarts entre secteurs dans les dates de maturité, le Perche étant le plus tardif. Les variétés les courantes sont bedan, doux Normandie, tardive de la Sarthe, Saint-Hilaire, fréquin rouge et binet rouge.[1] »
[1] In : Cahier des charges de l'Appellation d'Origine Contrôlée Cidre du Perche ou Perche - BO n°47 du 19 novembre 2020, p.8.
12 - l'appellation AOC cidre du Perche au 21e siècle
Pommes à cidre du perche (Aocidricole et Inao)
Diffusion et reproduction interdite sans l’accord des auteurs cités
Composition variétale du verger type du Perche servant à la fabrication du cidre du Perche en fonction de l’aire géographique retenue par l’INAO et AOCIDRICOLE
Le verger est composé des variétés de pomme à cidre suivantes :
Variétés principales
Variétés amères (phénoliques)
Ameret ou Ameret blanc
Fréquin long
Gringoire
Tardive de la Sarthe
Fréquin blanc
Fréquin rouge
Médaille d’or
Variétés douces-amères (phénoliques)
Argile grise
Bois droit ou Drébois
Moulin à vent
Noël des Champs
Argile rouge
Cartigny
ou Moulin à vent de l’Eure ou Moulin à vent petit de l’Eure
Saint-Hilaire
Bedan ou Calotte
Damelot
Binet rouge
(Petit) Jaunet pointu
Variétés douces
Atroche ou Troche
Bérat blanc
Coquerelle
Doux Normandie
ou Normandie
Fréquin Lacaille
Grise de l’Eure
Muscadet petit de l’Orne ou Muscadet doré
Petite sorte
Pilée
Roger Guyot
Rouge Duret
Doux Normand
Doux Véret de Carrouges
Rousse de l’Orne ou Rousse de la Sarthe
Variétés acidulées
Groseille
Locard blanc
Locard vert
Pomme de Boué ou Pomme de Bouet ou Boué de Bonnétable
Pomme de fer
Queue torse
Marnière
Variétés accessoires
Variétés amères (phénoliques) : Kermerrien, Peau de chien
Sur l’ensemble du verger, 20 % au maximum de la surface est plantée de variétés acidulées.
Afin de préserver la diversité variétale, les variétés de pommes à cidre conduites en haute-tige et non énoncées ci-dessus sont autorisées dans la limite maximale de 20 % de la surface du verger. Ces variétés sont considérées comme accessoire.
Cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée « Cidre du Perche » ou « Perche » homologué par l’arrêté du 28/10/2020
Toutes les étapes de la production (récolte des pommes, élaboration, y compris prise de mousse et conditionnement) ont lieu dans l’aire géographique approuvée par l'Institut national de l'origine et de la qualité lors de la séance du comité national compétent du 6 février 2020. Le périmètre de cette aire englobe le territoire des communes suivantes, sur la base du code officiel géographique de 2019 :
Département de l’Eure-et-Loir (28)
Communes en entier : Arcisses, Argenvilliers, Authon-du-Perche, Beaumont-les-Autels, Belhomert-Guéhouville, Béthonvilliers, Champrond-en-Perchet, Charbonnières, Coudray-au-Perche, Les Etilleux, La Gaudaine, La Loupe, Marolles-les-Buis, Meaucé, Miermaigne, Montireau, Montlandon, Nogent-le-Rotrou, Saint-Bomer, Saintigny, Saint-Jean-Pierre-Fixte, Saint-Victor-de-Buthon, Souancé-au-Perche, Trizay-Coutretot-Saint-Serge, Vaupillon, Vichères.
Département de l’Orne (61)
Communes en entier : Appenai-sous-Bellême, Bazoches-sur-Hoëne, Belforêt-en-Perche, Bellavilliers, Bellême, Bellou-le-Trichard, Berd'huis, Bizou, Bretoncelles, Ceton, Champeaux-sur-Sarthe, La Chapelle-Montligeon, La Chapelle-Souëf, Comblot, Corbon, Coulimer, Courgeon, Courgeoût, Cour-Maugis sur Huisne, Dame-Marie, Fay, Feings, Ferrières-la-Verrerie, Igé, Loisail, La Madeleine-Bouvet, Le Mage, Mahéru, Mauves-sur-Huisne, Les Menus, Montgaudry, Mortagne-au-Perche, Moulins-la-Marche, Moutiers-au-Perche, Parfondeval, Le Pas-Saint-l'Homer, Perche en Nocé, Pervenchères, Le Pin-la-Garenne, Pouvrai, Rémalard en Perche, Réveillon, Sablons sur Huisne, Saint-Agnan-sur-Sarthe, Saint-Aquilin-de-Corbion, Saint-Aubin-de-Courteraie, Saint-Cyr-la-Rosière, Saint-Denis-sur-Huisne, Saint-Germain-de-la-Coudre, Saint-Germain-de-Martigny, Saint-Germain-des-Grois, Saint-Hilaire-le-Châtel, Saint-Hilaire-sur-Erre, Saint-Jouin-de-Blavou, Saint-Langis-lès-Mortagne, Saint-Mard-de-Réno, Saint-Martin-des-Pézerits, Saint-Martin-du-Vieux-Bellême, Saint-Ouen-de-Sécherouvre, Saint-Pierre-la-Bruyère, Soligny-la-Trappe, Val-au-Perche, Vaunoise, Verrières, Villiers-sous-Mortagne.
Communes en partie : Tourouvre au Perche (pour le seul territoire des communes déléguées de Autheuil, Bivilliers, Bubertré, Tourouvre), Longny les Villages (pour le seul territoire des communes déléguées de Longny-au-Perche, Maletable, Monceaux-au-Perche, Moulicent, Saint-Victor-de-Réno).
Département de la Sarthe (72)
Communes en entier : Avezé, La Chapelle-du-Bois, Cormes, Courgenard, Gréez-sur-Roc, Nogent-le-Bernard, Préval, Saint-Ulphace, Souvigné-sur-Même, Théligny.
Commune en partie : Cherré-Au (pour le seul territoire de la commune déléguée de Cherré-Au). [3]»
1) NOM DE L’APPELLATION
« CIDRE DU PERCHE » ou « PERCHE »
2) DESCRIPTION DU PRODUIT
Le « Cidre du Perche » ou « Perche » est un cidre effervescent demi-sec ou brut, obtenu par prise de mousse en bouteille, non pasteurisé et non gazéifié. Il est élaboré à partir de pur jus de pommes à cidre de variétés spécifiques.
Le « Cidre du Perche » ou « Perche » se distingue par sa couleur allant de jaune doré à orangé, sa rondeur, l’équilibre des saveurs sucre, amertume et acidité, des notes fruitées, une légère amertume en milieu de bouche et une note de fraîcheur en fin de bouche.
Le « Cidre du Perche » ou « Perche » présente les caractéristiques analytiques suivantes :
- titre alcoométrique volumique acquis supérieur ou égal à 3,5%vol. ;
- titre alcoométrique volumique total supérieur ou égal à 6 %vol. ;
- teneur en sucres supérieure ou égale de 18 g/litre ;
- pression minimale de 1,5 bar à 20°C.
Avec l’aimable autorisation de l’INAO
« Le « Cidre du Perche » ou « Perche » est un cidre obtenu par prise de mousse en bouteille. Il présente :
- une couleur jaune doré à orange,
- des saveurs équilibrées entre amertume, sucre et acidité,
- une légère amertume en milieu de bouche et une note de fraîcheur en fin de bouche et
- une effervescence vive mais non foisonnante.
Les caractéristiques topographiques, climatiques et géologiques de l’aire géographique sont à l’origine de la présence marquée de pommiers. Le Perche offre des conditions propices à cette culture au travers de son relief accidenté et de ses sols qui présentent un bon drainage permettant la circulation de l’eau et une disponibilité suffisante en minéraux.[4]»
[4] In : Cahier des charges de l'Appellation d'Origine Contrôlée Cidre du Perche ou Perche - BO n°47 du 19 novembre 2020, p.8.
Située à Verrières, La Cidreraie est une des plus jeunes cidreries de l’AOP. C’est en 2022 qu’Emmanuelle Debats et sa fille Jeanne ont choisi de créer ensemble une cidrerie et de planter un verger de 200 pommiers en hautes-tiges, en variétés anciennes du Perche.[5]
La Gaptière - Verrieres 1832 GEOPORTAIL
-----------------
La Gaptière – Verrières - mission 2017 0021 numéro 66 - le 15 avril 1949 IGN REMONTER LE TEMPS
-----------------------
La Gaptière - Verrières - mission 90SAA0041 numéro 638 - le 5 mai 1990 IGN REMONTER LE TEMPS
---------------------
La Gaptière - Verrières - mission P16000252 numéro 88 - le 12 aout 2016 IGN REMONTER LE TEMPS
--------------------
La Gaptière – Verrières - 2023 GEOPORTAIL
[1] In : Cahier des charges de l'Appellation d'Origine Contrôlée Cidre du Perche ou Perche - BO n°47 du 19 novembre 2020, p.8.
Le lieudit Chêne - Cidrerie Sophie Ammann[1] 72 - CORMES
Le lieudit Chêne Cormes 1832 GEOPORTAIL
------------------
Le lieudit Chêne Cormes 2118 0011 numéro 162 - le 19 AVRIL 1949 IGN REMONTER LE TEMPS
----------------
Le lieudit Chêne Cormes P10000211 numéro 412 - le 26 juin 2010 IGN REMONTER LE TEMPS
--------------------------
Le lieudit Chêne Cormes P12000422 numéro 10366 - le 9 juillet 2012 IGN REMONTER LE TEMPS
---------------------
Le lieudit Chêne Cormes 2023 GEOPORTAIL
Domaine du Ruisseau - Le Ruisseau Cour-Maugis-sur-Huisne – Boissy-Maugis-sur-Huisne - 61
Jean-François Leroux
Le Ruisseau Cour-Maugis-sur-Huisne 1832 GEOPORTAIL
------------------
Le Ruisseau Cour-Maugis-sur-Huisne - mission 1816 0011 numéro 428 - le 14 avril 1949 IGN REMONTER LE TEMPS
---------------------------
Le Ruisseau Cour-Maugis mission 90SAA0041 numéro 537 - le 5 mai 1990 IGN REMONTER LE TEMPS
----------------------
Le Ruisseau Cour Maugis mission 96SAA1501 numéro 724 - le 17 juillet 1996 IGN REMONTER LE TEMPS
------------------
Le Ruisseau Cour Maugis mission P06000162 numéro 2258 - le 15 juillet 2006 IGN REMONTER LE TEMPS
-----------------------
Le Ruisseau Cour-Maugis mission P16000202 numéro 922 - le 17 juillet 2016 IGN REMONTER
--------------------
Le Ruisseau Cour-Maugis 2023 GEOPORTAIL
Questionnaire Du Bellaisien et proustien
de Pascal Levaillant
Pouvez-vous décrire votre exploitation et votre motivation à faire du cidre en quelques phrases?
« Mon exploitation, « le Domaine du Ruisseau » est située au cœur du Perche sur la commune de Boissy-Maugis. Nous sommes producteurs en agriculture biologique et nous produisons du cidre AOP Perche, du calvados et d’autres produits issus de la pomme à cidre. Nous avons distillé du calvados pour la première fois en 1991 et commencé à commercialiser des petits lots de bouteilles en 1996.
J’étais en 1998 un des initiateurs de la démarche pour la demande de reconnaissance du cidre du Perche en appellation. Le cidre du Perche est AOC depuis 2020 et AOP depuis 2022. »
D'après vous d'où vient l'intérêt du cidre pour le Percheron ?
« L’intérêt du cidre pour le Percheron est historique et économique, comme toutes les cultures vivrières. Quand le pommier à cidre arrivera dans le Perche au cours de XVIème siècle, il remplacera systématiquement la vigne pour laquelle le climat du Perche était moins favorable. Comme dans toutes les provinces de l’ouest de la France, les Percherons adopteront le clos-verger qui permet de valoriser l’herbe (bovins, ovins) et de produire des fruits pour la fabrication de boisson familiale et la distillation, le tout dans un biotope autosuffisant. Plus tard le Perche fournira soit des pommes soit du cidre pour la nouvelle population ouvrière de la région Parisienne dont c’était la boisson quotidienne.
J’ai toujours vu produire du cidre, puisque nous en faisions chez moi quand j’étais enfant. Une grande partie de la population, pas seulement des paysans mais aussi des ouvriers et des artisans produisait la boisson de l’année. Jusque dans les années d’après la seconde guerre mondiale, une bonne année de pomme payait deux années de fermage… »
Comment l'idée vous est venue de produire du cidre ?
« L’idée m’est venue d’en produire parce que je suis Percheron militant et que la pomme fait partie de l’identité du Perche. Et j’ai toujours pensé que le cidre est un produit noble, de gastronomie. Au-delà de la boisson quotidienne qui pouvait être de grande qualité comme imbuvable… On devait pouvoir faire mieux qu’en se contentant d’empirisme, de recettes de grand-mère, voire d’ésotérisme. »
Comment définiriez-vous le cidre percheron ?
« Le cidre du Perche tire son identité des variétés tardives privilégiées sur le territoire. Récolte tardive et brassage tardif. C’est un cidre de couleur jaune paille à jaune doré. L’attaque en bouche est moelleuse et fruitée, la longueur en bouche légèrement amertumée, et la finale fraiche et acidulée. »
Quelle cote a le cidre dans le Perche ?
« Le cidre, grâce au travail des producteurs de l’appellation est à nouveau perçu comme un produit haut de gamme. Par exemple, il remplace souvent les mousseux et autres rosés dans les vins d’honneur d’association ou de collectivités territoriales. »
Qui en consomme aujourd'hui ?
« Si j’observe la population de mes clients, celle-ci est très hétéroclite, des locaux et résidents secondaires, des touristes, Français et étrangers. »
Comment le consommez-vous et depuis combien de temps ?
« J’en consomme quotidiennement, et je fais attention aux accords mets/cidre. Je peux privilégier du poiré avec le poisson ou du cidre du pays de Caux avec des huitres… »
Qu’a changé pour vous l'obtention du label AOC ?
« L’appellation a d’abord été une aventure collective stimulante qui nous a permis de bien nous connaitre les uns les autres. Les formations que nous avons faites dans ce cadre ont indéniablement contribué à la qualité des cidres que l’on connait aujourd’hui. Nous sommes pris au sérieux et bien considérés, les prix sont plus rémunérateurs et une AOP ouvre des portes et des marchés. »
La Maison Ferré - Cidrerie Distillerie du Perche, Grégoire Ferré
« Grégoire Ferré, passionné depuis sa jeunesse par l’arboriculture et la transformation cidricole, a d’abord travaillé avec ses parents, agriculteurs laitiers à Mauves-sur-Huisne, qui s’étaient diversifiés en 1990 en plantant les premiers vergers de pomme à cidre.
A la fin des années 2000, à peine la trentaine passée, Grégoire Ferré décide de donner le plein essor à l’activité cidricole et décide de fonder la marque La Maison Ferré et de s’installer à Comblot dans une ferme typique du Perche de 20 hectares. [1]»
"Notre ferme est un petit jardin d'Eden où la nature prend toute sa place.
La ferme se construit dans un paysage arboré de pommiers, poiriers, châtaigniers, noyers. Une expérience de « forêt-jardin » (où tout se mange) est née en 2020 pendant le confinement, on y trouvera tous les grands sujets de fruits à coque, des plantes de sous-bois comestibles, des aromates, 200 arbres de variétés de pomme de tables, des cognassiers, sans oublier cet arbre ancestral oublié : le Cormier."
LES MARES COMBLOT MISSION 1816 0011 N° 290 - 14 04 1949 IGN REMONTER LE TEMPS
----------------------------------
LES MARES COMBLOT MISSION 1816 0021 N° 4 - 30 07 1971 IGN REMONTER LE TEMPS
-----------------------------
MISSION 1110 0041 N° 196 - 17 06 1984 IGN REMONTER LE TEMPS
-------------------------------
LES MARES COMBLOT MISSION 96SAA1502 N° 714 - 17 07 1996 IGN REMONTER LE TEMPS
-----------------------------
LES MARES COMBLOT MISSION P06000162 N° 2248 - 15 07 2006 IGN REMONTER LE TEMPS
------------------------
LES MARES COMBLOT MISSION P06000202 N° 909 - 17 07 2016 IGN REMONTER LE TEMPS
-------------------------------
LES MARES COMBLOT Géoportail 2023
---------------------------
associée à Comblot, les vergers
de la Fauconnerie de la Maison Ferré
La Fauconnerie
Histoire d’un lieu cidricole
dans le Perche
1747-2026
Etude de Pascal Levaillant - 2026
Dès 1745, dans la province du Perche de la Généralité d’Alençon qui régissait les routes et l’agriculture du Royaume, la voie royale dessinée sur l’Atlas Trudaine décrit les paysages percherons sur l’une des voies partant de Paris allant au Mans.
Cette voie royale passait par Rémalard et à proximité de Mauves-sur-Huisne non loin de Colonard.
Aux alentours de Colonard et de Mauves-sur-Huisne on discerne très bien l’apparition des pommiers complantés dans des pré-vergers et dans les labours avant qu’ils soient progressivement plus nombreux de 1880 à 1949.
non loin de la Fauconnerie en 1747
Les alignements des pommiers dans des parcelles prés-vergers (en vert) et des labours (en plus clair) voire dans les deux couleurs.
---------
En 1832, la carte d’Etat-major de la France indique la Fauconnerie.
Près de la ferme on discerne un petit verger au-dessus de la ferme à gauche de la route et des alignements de pommiers complantés sur des terres de labour au bord du chemin y conduisant.
------------------
En 1949 on approche plus concrètement de la période de l’âge d’or du cidre du Perche, ici à la Fauconnerie où il est possible de compter le nombre de pommiers qu’ils soient dans des prés-vergers ou dans les labours selon la tradition percheronne.
On peut analyser et interpréter le paysage de la façon suivante autour de la ferme de la Fauconnerie.
Les pommiers sont alignés à la manière des alignements de haies, voire en se croisant.
Près de la ferme 5 grands arbres se distinguent (probablement des chênes)
-----------------
1957 témoigne encore de la fin de la culture intensive des pommiers dans le Perche avant l’arrivée de la mécanisation et de l’arrachage massif des fruitiers dont un des motifs fut officiellement attribué à la lutte contre l’alcoolisme.
Au cours de la première décennie des années 50, trois nouveaux vergers ont été plantés autour de la ferme, deux au nord et un au sud.
-------------------
1966 témoigne de l’évolution du paysage du Perche dessiné grâce aux pommiers et au moment du changement de paradigme dont la mécanisation et de l’arrachage massif des fruitiers dont un des motifs fut officiellement attribué à la lutte contre l’alcoolisme.
Cette époque marque également l’abandon de recours au cheval percheron qui labourait entre les pommiers.
Bon nombre de pommiers ont disparu. Il n’en reste que la moitié vis-à-vis de 1957.
Il faut signaler qu’à mesure que les alignements de pommiers complantés disparaissent, la ferme de la Fauconnerie a créé un verger depuis 1957 qui s’est bien étoffé au nord (2 vergers dont un très vaste) comme au sud du corps de ferme.
Cette période de 1957 à 1966 marque la transition du mode de culture des pommiers à cet endroit.
------------
En 1971, l’arrachage des pommiers se poursuit alentour.
Autour de la ferme subsistent les trois vergers ( deux au nord et un au sud).
Ailleurs les alignements de pommiers complantés disparaissent un à un.
------
En 1977, l’arrachage des pommiers se poursuit alentour. Seuls les trois vergers autour de la ferme sont entretenus. Les parcelles des cultures se diversifient
------------
En 1984, l’arrachage des pommiers se poursuit alentour. Seuls les trois vergers autour de la ferme sont entretenus. Des vergers sont dans les closages autour des fermes et moins dans les labours.
----------
En 1990, globalement l’arrachage des pommiers se poursuit alentour. Seuls les trois vergers autour de la ferme sont entretenus. Des vergers sont plutôt dans les closages autour des fermes et moins dans les labours.
Le verger au sud a disparu, celui attenant à la ferme s’étiole. Seul le pré-verger se maintient. Ailleurs les alignements ont presque tous disparus
-------------
En 1995, le nouveau pré-verger se distingue face à l’ancien pré »-verger. Ce nouveau verger s’est installé en 1994 dans une vaste parcelle là où figurait jadis des alignements de pommiers dits de haute-tige (sur prairie et labour) comme on le voit sur la vue précédente de 1990.
-------------
En 1998, dans le nouveau pré-verger les alignements de pommiers commencent à se distinguer, Quant à l’ancien-verger, il reste encore très dense.
-------------
En 2006, le nouveau pré-verger a douze ans d’existence et à ce stade les alignements de pommiers se dessinent clairement. Quant à l’ancien pré-verger il se clairseme.
-------------------
En 2016, seul un nouveau pré-verger se développe depuis 1994 face à l’ancien pré-verger de la Fauconnière dont le nombre de pommiers a baissé de moitié vis-à-vis de 2006.
-------------
entre 2018 et 2023
Si l’ancien pré-verger a disparu, trois nouvelles parcelles ont été replantées en 1994 puis de 2018 à 2023 pour ceux mitoyens au sud de la ferme
--------------
Les deux vergers anciens qui subsistent à côté de la ferme depuis les années 1950, l’un planté notamment de cerisiers et pruniers
------
L’autre de pommiers, poiriers et noyer
------------
Les trois vergers plantés au sud de la ferme entre 2018 et 2023
-----------
Le verger planté en 1994
Le Tertre à Mahéru
SARL DES PATRETS
« Michel HAVARD et son fils Olivier élaborent des cidres et poirés, ainsi que du Calvados AOC depuis 1993 à partir des fruits récoltés sur la propriété. [1]»
Le Tertre Mahéru producteur cidre 1832 GEOPORTAIL
Le Tertre Mahéru producteur cidre mission 1714 0021 numéro 410- 3 juin 1947 REMONTER LE TEMPS
Le Tertre Mahéru producteur cidre mission 90SAA0041 NUMERO 284 - 5 mai 1990 REMONTER LE TEMPS
Le Tertre Mahéru producteur cidre mission A98S01091 numéro 498 - 10 aout 1998 REMONTER LE TEMPS
Le Tertre Mahéru producteur cidre mission P16000202 NUMERO 2865 - 19 juillet 2016 REMONTER LE TEMPS
Le Tertre Mahéru producteur cidre 2023 GEOPORTAIL
Les Petits Feugerets - Cidrerie Lacour-Veyranne - Chapelle-Souef - 61
« Au cœur du Parc Naturel du Perche, dans une ancienne ferme cidricole, Matthieu Lacour-Veyranne et Guillaume Relier œuvrent pour allier dans leurs cidres terroir, paysages et modernité. Ils remettent en état les vergers percherons, s’appuient sur les variétés de pommes anciennes et typiques du Perche qu’ils sélectionnent et récoltent à la main. Après maturation des pommes, leur sortie du verger est faite en traction animale, à l’aide des chevaux percherons.[2]»
Les Petits Feugerets - Chapelle-Souef - 1832 GEOPORTAIL
Les Petits Feugerets - Chapelle-Souef mission 2017 0021 numéro 260 - le 15 avril 1949 IGN REMONTER LE TEMPS
Les Petits Feugerets - Chapelle-Souef mission 1817 0021 numéro 101 - le 28 septembre 1980 IGN REMONTER LE TEMPS
Les Petits Feugerets - Chapelle-Souef mission 96SAA1502 numéro 850 - le 17 juillet 1996 IGN REMONTER LE TEMPS
----------------------
Les Petits Feugerets - Chapelle-Souef 2023 GEOPORTAIL
Préaux-au-Perche La Cour Croissant - 61 - EARL Le Verger de la Reinette[3]
Nicolas, Éric, Thibault, Gilles et Edmond
Préaux-au-Perche 1832 La Grande Courbetière GEOPORTAIL
Préaux-au-Perche - La Grande Courbetiere mission 2017-0021 numéro 115 -15 avril 1949
Préaux-au-Perche - La Grande Courbetiere mission 1817-0021 numéro 80 -28 septembre 1980
Préaux-au-Perche - La Grande Courbetiere mission 96SAA1502 numéro 820 - 17 juillet 1996
Préaux-au-Perche - La Grande Courbetiere mission P06000162 numéro 315 - 13 juillet 2006
Préaux-au-Perche - La Grande Courbetiere mission P12000422 numéro 9965 - 8 aout 2012
Préaux-au-Perche - La Grande Courbetiere mission P16000202 numéro 407 - 7 juillet 2016
Préaux-au-Perche - 2023 La Grande Courbetiere GEOPORTAIL
Sol. La. Cidre
Sakura Franck et Koshu Mineo sont un couple de japonais travaillant à Paris. Elle est restauratrice et lui est sommelier.
Après avoir découvert les cidres de plusieurs régions du monde, nous sommes tombés amoureux du Cidre du Perche, et de cette région.
Nous avons créé notre micro-cidrerie à Nogent-le-Rotrou en 2024.
Diffusion et reproduction interdite sans l’accord des auteurs cités
Extraits : « Le Perche ne fut pas toujours une région de production de pommes comme la Normandie. L’arrivée du chemin de fer favorisa la livraison des fruits régionaux vers les cidreries dont la production était devenue industrielle, et permit l’arrivée aux Halles de Paris des fruits de table. La consommation des fruits de terroirs (pommes et poires) était déjà importante dans les années 1870. 10 kg par habitant pour la seule ville de Paris intra-muros, des communes comme Draveil, Montmorency, Montreuil, Argenteuil, etc. étant elles-mêmes, à cette époque, productrices de fruits. En 1932, le marché se trouva inondé par les variétés américaines, qui, depuis, n’ont cessé de s’implanter – certaines d’ailleurs sont devenues des classiques , Ontario par exemple.
Dans les campagnes, l’autoconsommation est plus importante encore. En effet, pommes et poires, à cuire ou à manger crues, étaient consommées tout au long de l’année – les premières comme la pomme de moisson était à maturité en juillet, les dernières comme la pomme de Coudre – typique du Perche – avaient une durée de consommation qui pouvait aller jusqu’en juin. Ainsi les fruits de terroir ont-ils toujours accompagné le quotidien de l’homme.
A cette époque et jusque dans les années 1960, si on désespérait de ne pas trouver toutes les variétés locales sur les marchés parisiens, une bonne centaine de ces pommes et poires, prenaient quand même le chemin de fer à destination du ventre de Paris.
Aujourd’hui on peut déplorer que nos étals ne présentant plus d’une dizaine de variétés de pommes, à peine plus de poires, même s’il faut se réjouir du retour de ces variétés anciennes sur les petits marchés, encore trop marginaux pour être représentatifs d’une vraie demande des consommateurs. »
Pommes et poires du Perche, Association des Croqueurs de pommes des Collines du Perche, Editions Arthéma, 2008, p.10.
« Depuis 30 ans[1], l’association des Croqueurs de Pommes recherche les variétés fruitières anciennes et régionales, avec pour objectif, de les sauvegarder. Ils incitent donc à la plantation, car planter un arbre d’une variété locale, c’est aujourd’hui un geste qui protège et valorise le patrimoine fruitier de nos régions, un geste qui participe au maintien de la biodiversité, un geste qui contribue à la protection de la nature. C’est un geste éco-citoyen.
Le Perche aujourd’hui, avec la création de plusieurs vergers voulus et soutenus par des municipalités, avec la création de multiples vergers d’amateurs, Croqueurs de Pommes ou non, le Perche s’inscrit durablement dans une démarche de protection de son patrimoine fruitier, et nous sommes fiers d’y contribuer modestement. » Maïté Dodin[2]
Pommes à deux fins
Entre (parenthèse) les fruits identifiés et validés par Aocidricole et INAO.
En vert, les pommes exclusivement en provenance ou d’origine ou cultivées du Perche
Pomme Belle Fille, Perche Fertois, non cultivée dans tout le Perhe
Pomme Père, origine Normandie
Pomme de Bonnétable, sarthoise de Bonnétable : son nom est Boué de Bonnetable
Pomme Calville d’Hiver, partout en France
PommeCartigny, nord Perche, Orne et Calvados (aocidricole et INAO)
Pomme Châtaignier (1370), Normandie, Maine et Perche
Pomme Choconin, Perche(28) et Orne
Pomme Cœur de Bœuf, courante dans le Perche du nord
Pomme Cousinette, cultivée pour le cidre > 1960 - Perche, presque disparue
Pomme Franchon, gros fruit typique du Perche : son nom est Dame Franchon
Pomme d’Argent, Perche-Gouët et Maine
Pomme de Baratte, Perche et Loir-et-Cher
Pomme de Bedeau, Dreux et nord du Perche
Pomme de Béhier, Alpes Mancelles, Perche sarthois
Pomme deBeurre, Perche et Maine
Pomme de Blanc, Perche-Gouët
Pomme de Chapelle ou « Chapel », Perche-Gouët
Pomme de Châtaigne, Perche-Gouët et Nord-Est Sarthe
Pomme de Coudre, tout le Perche et une partie du Maine
Pommede Fer, Grand Perche (aocidricole et INAO)
Pomme de Glace d’Hiver, Perche-Gouët
Pomme de Madeleine, dans le Perche et ailleurs sous d’autres noms
Pomme de Maillard, Orne et Grand Perche
Pomme de Moisson, Perche-Gouët et tout le Perche
Pomme de Puits, Perche Sarthois
Pomme de Rose, Perche Sarthois
Pomme de Rose du Loir-et-Cher, Loir et Cher (origine Indre ! ce n'est pas certain)
Pomme de Tendron, limite Perche- Beauce
Pomme d’Orange, Perche
Pomme Doux les Saules, Perche Sarthois et Orne
Pomme Feuillu, Sud du Perche
Pomme Finette, Michotte, Rougette
Pomme Finette « de Gallardon », Beauce (Gaillardon)
Pomme Michotte « de Gallardon », (Gaillardon et Est du 28)
Pomme Rougette, Orne et essentiellement en Eure-et-Loir
Pomme Franc- Pépin, Perche ou Saint Michel
Pomme Grelot, Perche
Pomme Haut Goût, Perche Sarthois
Pomme Jean Grignon, Perche, dans les limites Orne et Nord-Est Sarthe
Pomme Gros Locard, partout dans le Perche
Pomme Groseille, 72, 49 et 37 (aocidricole et INAO)
Pomme Locard vert, partout dans le Perche (aocidricole et INAO)
Pomme Loumarin, Perche-Gouët
Pomme Martrange, Sud du Perche
Pomme Passe pomme d’été, Nord-Est Sarthe, Saônois
Pomme Pécantin, Perche-Gouët et Perche Sarthois
Pomme Pigeonnet commun, origine Normandie, répandue dans le Perche
Pomme Reinette des Reinettes, partout en France
Pomme Reinette Clochard, en toutes régions
Pomme Reinette Dorée, Perche et Maine et autres régions
Pomme Reinette du Mans, Sarthe, Perche origine Sarthe, cultivée en Anjou
Pomme Reinette du Mans Jaune Beurre, Sarthe, Perche Sud
Pomme à cidre
Pomme Amer Normandie, Normandie
Pomme Ameret Blanc, Grand Perche (aocidricole et INAO)
Pomme Ameret Roux, Perche et Maine
Pomme Ameret Vert, Perche et Maine
PommeArgile Grise, Perche, 61 et 14 (aocidricole et INAO)
PommeArroche, à Troche ou Attroche, Perche, pays d’Auge (aocidricole et INAO)
Pomme Binet Rouge, Perche, 61 et 14 (aocidricole et INAO)
PommeBisquet, Perche, 61, 72 et 28 (aocidricole et INAO)
Pomme Blanc Mollet, partout
Pomme Blanc Sûr, présente dans le Perche
Pomme Blanche de la Sarthe, Perche, Maine, Normandie
Pomme Bois Droit, Perche et Maine (aocidricole et INAO)
Pomme Calotte, Perche et Maine (aocidricole et INAO)
Pomme Clos Renaux,Perche et Maine (aocidricole et INAO)
Pomme de Moi, Perche, Bretagne (Morbihan)
PommeDoux Normand, Perche et Maine (aocidricole et INAO)
Pomme Normandie, Perche et Maine
Pomme Fréquin Barré, Normandie
Pomme Fréquin Lacaille, origine 76, présente dans le Perche (aocidricole et INAO)
PommeFréquin Rouge, présente dans le Perche (aocidricole et INAO)
PommeGringoire, Perche Sarthois et Sud Est de l’Orne (aocidricole et INAO)
PommeJaunet Pointu, Perche, Orne (Vimoutiers) (aocidricole et INAO)
Pomme Marin-Onfroy, Cotentin, Perche et Maine, Eure et Loir
PommeMoulin à Vent, Normandie, Perche (aocidricole et INAO)
Pomme Muscadet «Petit », présente dans le Perche
PommeNoël des Champs, Normandie, Perche (aocidricole et INAO)
Pomme Peau de Vache, Normandie, Perche
Pomme de Pigeonnet, Perche, Orne, Normandie
Pomme Pionnier, Perche Vendômois
Pomme Queue de Coing, Perche et Maine
Pomme Rousse de l’Orne, Perche et Maine (aocidricole et INAO)
Pomme Saint-Martin, Normandie, Perche Nord, Eure et Loir
PommeTardive de la Sarthe, Perche, Maine, Eure et Loir (aocidricole et INAO)
Avec l’aimable autorisation de Mme Dodin, ancienne présidente des Croqueurs de pommes, association d’amateurs bénévoles créée en 1978
[2]Présidente des Croqueurs de Pommes. Association d’amateurs bénévoles créée en 1978. In : Les fruits de pressoir, Pommes et poires du Perche, Association des Croqueurs de pommes des Collines du Perche, Editions Arthéma, 2008, p.4 - (extrait)
Et si on plantait des VARIÉTÉS LOCALES ?
Autre lien d’une sélection des Croqueurs de Pommes des collines du Perche
POMMES
Pomme Béhier
Pomme Bouet de Bonnetable
Pomme Choconin
Pomme Coudre
Pomme Franchon
Pomme de Fer
Pomme d'Argent
Pomme de Moisson
Pomme Finette de Saint de Saint Martin
Pomme Finette de Gallardon
Pomme Franc Pépin
Pomme Jean Grignon
Pomme Loumarin
Pomme Locard Groseille
Pomme Michotte de Gaillardon
Pomme Reinette du Mans
Pomme Reinette du Mans Jaune beurre
Pomme Rougette
Et si on plantait des VARIÉTÉS LOCALES ? SELECTION DES Croqueurs de pommes COLLINES DU PERCHE[1]
Et des initiatives de vergers conservatoires, de vergers partagés
Le verger partagé de Mortagne-au-Perche
Lancé en 2017 dans la vallée derrière la rue Jean le Blanc, le verger du Talweg commence à donner ses premiers fruits. Il sert déjà d'outil pédagogique pour les familles.
Le Verger Conservatoire de Saint-Cyr-la-Rosière : l’Ecomusée du Perche, installé sur le site de l’ancien Prieuré de Sainte-Gauburge, a pour vocation de transmettre et de sauvegarder le patrimoine historique et ethnologique du Perche. Son Musée des Arts et Traditions Populaires présente un panorama ethnographique du territoire percheron. L’agriculture, les métiers de la forêt, l’artisanat sont les principaux thèmes exposés. Les collections évoquent la mémoire villageoise et rassemblent les différents objets et outils des métiers de tisserand, maréchal-ferrant, briquetier, verrier, forgeron, bûcheron. La vie agricole est également évoquée par le verger conservatoire, la cour de ferme et son jardin paysan.
Le Verger conservatoire de Miermaigne
Ce verger conservatoire ethnobotanique présente près de 200 variétés de pommiers et poiriers à cidre et à couteau. Il a été créé en 1994 afin de préserver les variétés locales et anciennes de pommes et poires. Des animations y sont proposées par l'association locale "Bien vivre Miermaigne" ainsi que par l'association des Croqueurs de pommes.
La commune de Bretoncelles s'est engagée dans la création d'un Espace Naturel Sensible (ENS) , dénommé "Vallées et Marais de Bretoncelles". Verger Conservatoire : Dans ce cadre, BPN a créé en 2015 un Verger Conservatoire avec l'aide des Croqueurs de Pommes des Collines du Perche, en vue de préserver des variétés anciennes du Perche ou de la commune.
Ce verger se veut également un véritable outil pédagogique. En effet, les plantations et la gestion se dérouleront dans le cadre d'animations et de chantiers à destination du grand public avec un parrainage des arbres fruitiers. Ainsi, chaque parrain ou marraine aura l'occasion de participer à la taille des arbres, et ce au cours des années à venir.
Autant de gestes et de techniques routinières pour nos ancêtres, mais dont le savoir s'est malheureusement perdu ou presque.
Tous les ans, les membres des Croqueurs de pommes du Perche qui vous proposent à la vente plus de 70 variétés de greffons adaptées à notre territoire et aux caractéristiques très variées : goût, aspect, précocité, rusticité… , également de nombreuses variétés de poires à couteaux, cerises, prunes, pommes à cidres, poires à poiré…
Ceci est extraordinaire lorsque l'on sait qu'en France 3 variétés internationales (Golden, Gala et la Granny) représentent les 2/3 de la production de pommes à couteau. On peut bénéficier de précieux conseils sur le greffage, la taille et l'entretien des arbres fruitiers, ou répartir avec un des nombreux livres passionnants édités par l’association.
L'association Bretoncelles Patrimoine et Nature dont le but est la préservation du patrimoine, quel qu'il soit, a organisé le système de parrainage des arbres.
Pour information :
Les différentes variétés plantées en 2014 :
Pommiers de Baratte ; Bouet de Bonnétable ; Coudre ; D’Argent ; Gros rosa ; Jean Grignon ; Loumarin ; Moisson ; Pécantin ; Reinette dorée ; Rose du Loir et Cher ; Rougette ; Troche
Liste de vergers conservatoires gérés par les Croqueurs de pomme des Collines du Perche.[2]
« Aujourd’hui le Perche peut s’enorgueillir de posséder quelques vergers dits de sauvegarde.
Le Parc Naturel Régional du Perche a créé à la Maison du Parc, Manoir de Courboyer (61) un verger essentiellement cidricole, mais faisant une petite part aux pommes à couteau ;
L’écomusée du Perche à Saint-Cyr la Rosière (61) enrichit chaque année son verger ancien, d’un nouvel arbre mais toujours de variété ancienne, et l’animation d’ateliers de plantation, taille, entretien et greffage ;
Les communes de Saint Pierre, de Margon, près de Nogent le Rotrou (28), ont planté pommiers et poiriers du Perche ;
Fontaine Raoul (41) a créé un verger de variétés percheronnes où se retrouve chaque année la population pour l’entretien des arbres, veillant tout au long de l’année à leur bonne santé. Un inventaire des poiriers dispersés sur la commune est en cours ;
La Maison Botanique à Boursay (41) greffe chaque année des variétés locales, de celles qui avaient été oubliées renouvelant ainsi le patrimoine ;
Miermaigne (28) continue d’enrichir son verger de sauvegarde déjà doté d’une bonne centaine de variétés locales de pommes, de poires et de variétés à cidre, ouvert au public avec des ateliers de taille et de greffage ;
La Ferté Bernard (72) a été une des premières communes à créer un verger pédagogique …
Est-il nécessaire d’ajouter que pour chacune de ces actions, les Croqueurs de Pommes des Collines du Perche ont été sur le terrain, apportant leurs conseils, leur connaissance et leur savoir-faire, et qu’ils sont chaque année présent dans tous ces lieux ?
Jeunes plantations La Trappe de Soligny IMG_4060
Mortagne 001
Il faudrait encore citer tous les particuliers, et ils sont nombreux, notre inventaire en cours nous permettra d’ici quelques mois de les lister.
Il y a bien quelques vergers d’exception comme celui des frères trappistes de Soligny la Trappe (61), le verger de collection d’un adhérent « Claude » qui, à plus de 77 ans, continue de greffer, de tailler, de récolter, s’émerveillant toujours de retrouver une variété ….
Le dernier projet qui voit sa réalisation se concrétiser est le verger de sauvegarde communal de Thiron-Gardais (28) dans le cadre de la restauration de l’abbaye, avec atelier de greffage de variétés anciennes et parrainage des arbres. Un beau projet de plus, porté également par le PNR, la région et avec notre participation. »
A. −Ensemble, système formé par les noms de lieux d'une région ou d'une langue.Après des siècles et des siècles, le savant qui étudie dans une région lointaine la toponymie, les coutumes des habitants, pourra saisir encore en elles telle légende bien antérieure au christianisme (Proust, Guermantes 2, 1921, p. 418).Le souvenir de la voirie romaine ne persiste-t-il pas aussi dans la toponymie, le nom d'une localité comme Le Perreux ou Le Perray tenant à la traversée de cette localité par une voie empierrée...? (P. Rousseau, Hist. transp., 1961, p. 48).
B. −Étude linguistique des noms de lieux, d'une région ou d'une langue, du point de vue de leur origine, de leur transformation, ou de leur signification.Le créateur de la toponymie française fut Auguste Longnon dont l'enseignement sur les noms de lieux de notre pays qu'il donna à l'École des Hautes études et au Collège de France ne fut publié qu'en 1920 (L'Hist. et ses méth., 1961, p. 678).
Prononc. et Orth.: [tɔpɔnimi]. Att. ds Ac. 1935. Étymol. et Hist. 1869 [certainement plus anc., cf. toponymique] (Bladé, Études sur l'origine des Basques ds Mulon, Terminologie française de l'onomastique ds Actes du XIecongrès internat. des sc. onom., 1975, p. 95). Formé de top(o)-* et de -onymie (-onyme*), cf. le synon. anc. 1872 toponomastique « science des noms de lieux » (Littré).
DÉR. 1.
Toponymique, adj.,ling.Relatif à la toponymie, aux noms de lieux.On doublera l'enquête toponymique d'une enquête dialectologique, on « interrogera » d'une part les lieux-dits et de l'autre les patois (L'Hist. et ses méth., 1961, p. 715).− [tɔpɔnimik]. − 1reattest. 1853 (Baudrimont, Hist. des Basques, p. 398: Vocabulaire toponymique [titre d'un chap.]); de toponymie, suff. -ique*.
2.
Toponymie Arbres pommiers, poiriers, cormiers, vergers, pressoir, en tous lieux du Perche
Le Pressoir ; Le Verger ; Le Verger ; Bois du Verger ; Le Verger ; Le Verger ; Le Petit Poirier ; Le Pressoir ; Le Poirier ; Le Verger ; Le Pressoir de l’Antinière ; Le Pressoir ; Le Poirier de Juillet ; Le Grand Pressoir ; Le Petit Pressoir ; Le Pressoir ; Le Petit Poirier ; Le Pressoir ; Le Pressoir
Dans le Perche ornais actuel
Secteur Tourouvre
Le Verger ; Le Grand Poirier
Secteur Rémalard-Bellême
Le Verger ; Le Verger ; Le Verger ; Le Verger ; La Pommeraie (Bizou)
Pomerai ; Les Vergers ; Le Pressoir ; Le Verger ; Le Haut Poirier ; Le Pressoir ; Le Pommier ; Les Pommeraies ; Le Pommier ; Les Poiriers
Secteur Val-au-Perche
Le Pressoir ; Les Pressoirs ; Le Beau Verger ; Le Poirier ; Le Grand Verger ; Le Pressoir ; Le Pressoir ; Le Pressoir ; Le Pressoir ; La ¨Pommeraie ; Le Haut Pressoir ; Le Poirier Jaune ; Mont Poirier ; Le Poirier
Secteur Authon-au-Perche
La Pommeraie (Ceton) ; Le Verger ; Le Verger ; Le Verger ; Le Grand Verger ; Le Verger ; Le Vau Verger ; Les Poiriers ; Les Petits Poiriers ; Les Pressoirs
Dans le Perche d’Eure-et Loir
Secteur Senonches
Les Hauts Poirier ; Les Grands Jardins de la Pommeraye ; La Pommeraye ; Le Poirier Rouge ; Le Pommier d’Aigre
Secteur Couëtron-au Perche
La Pommeraie ; Le Poirier ; Le Poirier ; Le Poirier ; Le Poirier ; Le Pressoir ; Le Poirier ; Le Pressoir ; Le Verger ; Le Grand Verger ; Le Petit Verger ; Le Poirier ; Le Petit-Gault du Pressoir ; Les Pommereaux
Secteur la Croix-du-Perche
Le Pressoir ; Bois de la Pépinière
Secteur Souday- Freteval
Bois du Verger ; Le Pressoir ; Le Pressoir ; Le Pressoir ; Le Poirier ; Le Poirier Rouge ; Le Poirier au Coq ; Le Poirier Rond ; Le Verger
La toponymie est l’étude linguistique des noms de lieux, d'une région ou d'une langue, du point de vue de leur origine, de leur transformation, ou de leur signification.
D'après notre étude poussée sur la région naturelle du Perche voici nos conclusions à propos de la toponymie boisée :
La toponymie du Perche évoque la diversité des espèces végétales que l’on peut identifier dans les paysages variés et vallonnés. L’arbre est omniprésent tout comme les arbres fruitiers tel le cormier, le pommier, le poirier, le noyer et le châtaignier.[2] Nous nous attarderons sur le pommier, cormier et pressoir
Des cormiers sont signalés au manoir de Courboyer – une centaine ; à Bretoncelles - 4 ; un cormier à Saint-Cyr-la-Rosière
Perche ornais
Clos-des-Pommiers (Le) 72 Ballon Beaufay, Bordage, commune de Beaufay, DicoTopo
La pommeraie, 61, environ La Saucelle, Géoportail, IGN, 2023
La Pommarie, environ Bresollettes, Géoportail, IGN, 2023
La Pommarie, environ La Ferté-Vidame, Géoportail, IGN, 2023
Le Verger, environ Corbon, Géoportail, IGN, 2023
Le Verger, environ Rémalard, Géoportail, IGN, 2023
Les Vergers, environ Boissy-Maugis, Géoportail, IGN, 2023
Le Verger, environ Bretoncelles, Géoportail, IGN, 2023
Le Cormier, environ Condé-sur-Huisne, Géoportail, IGN, 2023
La Pommeraie, Dame-Marie, Géoportail, IGN, 2023
Le Cormier, La Chapelle-Souef, Géoportail, IGN, 2023
Les Pressoirs, Céton, Géoportail, IGN, 2023
La Pommeraie, Céton, Géoportail, IGN, 2023
Le Verger, Céton, Géoportail, IGN, 2023
Pomerai, environ Maison-Maugis, Géoportail, IGN, 202
Cormiers et pressoir
Perche sarthois
Bois-Travers (Le) Le bordage du Cormier autrement Bois-Travers (1594) ; Le Bois de Travers - 72 - Bouloire -Thorigné-sur-Dué - Bordages, commune de Thorigné .
Cormier (Le) Le Cormier-des-Entes 72 Tuffé Boss ; Bordage, commune de la Bosse .
Champ-du-Cormier (Le) - 72- Ferté-Bernard - Cormes - Bordages, commune de Cormes .
Cormier (Le Grand et le Petit-) - 72 Montfort-le-Gesnois- Breil-sur-Mérize- Hameau, commune du Breil .
Cormier (Le Grand et le Petit-) - 72 Saint-Calais - Cognacs - Bordages, commune de Cogners .
Cormier (Le) - 72 - Marolles-les-Braults Monhoudou - Maison, commune de Monhoudou
[2] Ces arbres sont des marqueurs de territoire dont la toponymie reflète leurs présences.
Le bouleau se reconnait aussi sous le vocable de Boulay, Boulaie ; l’aulne sous la forme de Aulnay, Aunay, Launay ; le chêne sous les noms de Chesnay, Chesnaie… ; le peuplier se reconnait sous les noms de Alba, tremble, tremblay, Tremblaie ; le Jarrier est un lieu planté de chênes et l’orme se dit aussi Ormeaux, Ormoie - lieu planté d’ormes.
La liste des lieuxdits, villages, hameaux, bois et forêts évoquent : Le Perche à 66 reprises. Concernant le végétal
bois à 621 reprises ; chêne à 208 reprises ; bouleau à 111 reprises ; haie à 102 reprises ; ; aulne à 100 reprises ; buisson à 79 reprises ; forêt à 48 reprises ; plessis à 46 reprises ; coudrier à 44 reprises ; champs à 44 reprises ; orme 42 ; Epine à 36 reprises ; lande à 34 reprises ; tremble (peuplier) à 30 reprises ; pressoir à 28 reprises ; houx à 27 reprises ; Pré à 27 reprises ; garenne à 27 reprises ; noyer à 23 reprises ; charme : 21 ; saule : 18 ; châtaignier 18 ; Ronce : 18 ; Souche : 12 ; hêtre : 12 ; Fay : 9 ; Friche : 8 ; Aubépine ; Ces 1850 citations évoquent l'identité des paysages du Perche où la faune s'abrite et s'épanouit plutôt sereinement.
Pressoir
Passoir (Le) - Le Pressoir – 72 – Vibraye - Semur-en-Vallon - Bordage, commune de Souligné-sous-Vallon .
Passoir (Le) - Le Passuer (1457) - 72 Bouloire – Maisoncelles - Bordages, commune de Maisoncelles .
Pressoir (Le Bas et le Haut-) - 72 - Ferté-Bernard Souvigné-sur-Même - Bordages, commune de Souvigné-sur-Même .
Pressoir (Le Bas et le Haut-) - 72 - Ferté-Bernard – Préval - Bordages, commune de Préval .
Pressoir (Le Petit-) - 72 - Montfort-le-Gesnois - Sillé-le-Philippe - Bordage, commune de Sillé-le-Philippe .
Pressoir (Le) - 72 - Saint-Calais - Saint-Calais - Hameau, commune de Saint-Calais
Pressoir (Le) - 72 - Saint-Calais – Vancé - Bordages, commune de Vancé (2 écarts)
Pressoir (Le) - 72 - Mans-Est-Campagne - Yvré-l'Évêque - Bordage, commune d' Yvré-l'Évêque (1847)
Pressoir (Le) - 72 - Tuffé - Chapelle-Saint-Rémy - Bordage, commune de la Chapelle-Saint-Rémy (1847)
Pressoir (Le) - 72 - Tuffé - Vouvray-sur-Huisne - Bordage, commune de Vouvray-sur-Huisne - Hameau, commune de Saint-Gervais .
Pressoir (Le) - 72 - Tuffé - Boss - Bordage et maison, commune de la Bosse
Cormier (Le) - 28 - Authon-du-Perche - Saint-Bomer - Ferme, commune de Saint-Bomert
Cormier (Le) - 28 - Nogent-le-Rotrou - Nogent-le-Rotrou - Ferme, commune de Nogent-le-Rotrou .
Cormier (Le) - 28 - Nogent-le-Rotrou - Champrond-en-Perchet Ferme, commune de Champrond-en-Perchet
Cormier (Le) - 28 - Authon-du-Perche - Charbonnières - Hameau, commune de Charbonnières
Cormier (Le) Le fief du Cormier (1499) ; Ung fief assis audit Grizy appelé le fief du Cormier (Le) - 28 - Châteaudun - Lanneray- Ferme, commune de Lanneray , mentionnée en 1577 (ch. de la seigneurie de Sainte-Radegonde).
Pressoir
Pressoir (Le) - 28 – Loupe - La Loupe - Écart, commune de la Loupe .
Pressoir (Le) – 28 - Authon-du-Perche - Bazoche-Gouet - Ferme, commune de la Bazoche-Gouet
Pressoir (Le) - 28 - Loupe Saint-Maurice-Saint-Germain - Ferme, commune de Saint-Maurice-de-Gasloup - Ancien lieudit, commune de Crécy-en-Brie .
15 - la bibliographie des principales sources pomologiques et horticoles
In : Selon Ch. Joret, le pommier était cultivé eu dans la vallée du Nil dès le temps de la XIX dynastie et il y était venu de la Syrie
In : Histoire et amélioration des pommiers et spécialement des pommiers à cidre ; Auguste Chevalier ; Journal d'agriculture traditionnelle et de botanique appliquée Année 1921, p. 175. In : https://www.persee.fr/doc/jatba_0370-3681_1921_num_1_3_4002
In : [Marchenay, 2008 - Des pommes]
In : La pomme, le cidre, le calvados, Jérôme Chaïb, Provinces mosaïques, 2017.
In : Françoise Aubaile-Sallenave – CNRS, laboratoire d’Ethnobiologie, MNHS : Cidre, l’histoire d’une boisson. Le patrimoine fruitier, hier, aujourd’hui, demain. Paris, AFCEV, 1999 p.65-74 (Actes du colloque de la Ferté Bernard, 1998)
In : Références : Friederich & Schuricht, 1989 ; Moinet, 2009. In : Michel Chauvet, Encyclopédie des plantes alimentaires, 700 espèces espèces du monde entier, 1700 dessins, Edition Belin, Paris, 2018, p. 635.
In : La manière de semer et faire pépinière de sauvageaux, enter de toutes sortes d’arbres et faire vergers , imprimé dans les Quatre Traitez utiles et délectables de l’agriculture, Pris 1650, petit in-8e 26-116. In : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k67008n/f79.item.r=Dany.zoom
In : Remontrances sur le default du labour et culture des plantes, contenant la manière d’affranchir et apprivoiser les arbres sauvages.
In : Il s'intéresse également à la botanique et, notamment, à l'acclimatation des végétaux exotiques. Il publie, en 1553, un traité sur les conifères et autres végétaux à feuillage persistant (De arboribus coniferis, resiniferis, aliisque, nonnullis sempiterna fronde virentibus...), l'un des premiers traités sur ces végétaux. En 1558, il préconise dans Les Remonstrances sur le défault du labour et culture des plantes et de la cognoissance d'icelles... l'acclimatation des végétaux exotiques ; c'est lui d'ailleurs, qui, le premier en France, sème des platanes. On lui doit l'introduction en France de l'arbre de Judée, du chêne-liège, du pistachier, du cèdre, du jujubier, du genévrier d'orient, et de la myrte. Dans ses descriptions de botanique, sans doute influencé par ses connaissances d'apothicaire, il accorde une grande attention aux propriétés thérapeutiques des végétaux qu'il cite. In : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Belon
In : L'Art & maniere de semer, et faire pepinieres de sauvageaux, enter de toutes sortes d'arbres, & faire vergiers . Ensemble un petit traicté contenaut plusieurs inventions nouvelles. Le tout rédigé... par Frère Dany,... Auteur : Brossard, Davy. Auteur du texte Éditeur : E. Gibier (Orléans) Date d'édition : 1571, pp 13-19 - https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k318036b/f14.item
In : La manière de cultiver les arbres fruitiers (Réimpression fac-similé de l'édition princeps de 1652...) / par l'abbé Le Gendre,... ; [publiée par le Dr E. Blanche] Legendre, Antoine (1590-1665). Éditeur : impr. de L. Deshays (Rouen) Date d'édition : 1652 Contributeur : Blanche, Emmanuel (1824-1908). Éditeur scientifique - in : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k58176347.texteImage
In : Dictionnaire universel, géographique et historique. T. 3, P-Z / , contenant la description des royaumes, empires, estats, provinces, pays, contrées, deserts, villes, bourgs, abbayes, chasteaux, forteresses, mers, rivieres, lacs, bayes, golphes, détroits, caps, isles, presqu'isles, montagnes, vallées. La situation, l'estendue, les limites, les distances de chaque pays ; la religion, les moeurs, les coustumes, le commerce, les ceremonies particulieres des peuples, & ce que l'histoire fournit de plus curieux touchant les choses qui s'y sont passées, le tout recuëilli des meilleurs livres de voyages & autres qui ayent paru jusqu'apresent. Par Par M. Corneille, de l'Académie françoise, & de celle des inscriptions & des medailles. Tome I [-Tome III] Auteur : Corneille, Thomas (1625-1709). Auteur du texte Éditeur : A Paris, chez Jean Baptiste Coignard, imprimeur ordinaire du Roy, & de l'Académie françoise, ruë Saint Jacques, à la Bible d'or. MDCCVIII. Avec privilege de Sa Majesté. Date d'édition : 1708 – in : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k10401189/f95.item.r=Dictionnaire%20universel,%20g%C3%A9ographique%20et%20historique
In : Michel Traversat, Les pépinières – Etude sur les jardins français et sur les jardiniers & les pépiniéristes, Diffusion ANRT, Atelier national de reproduction des thèses, Thèse à la carte, Paris, 2001.
In : Mûriers (feuilles comme nourriture des vers à soie)
In : Maurice Bordes, op. cit.in : Michel Traversat, Les pépinières – Etude sur les jardins français et sur les jardiniers & les pépiniéristes, Diffusion ANRT, Atelier national de reproduction des thèses, Thèse à la carte, Paris, 2001, pp 370-371.
In : Michel Traversat, Les pépinières – Etude sur les jardins français et sur les jardiniers & les pépiniéristes, Diffusion ANRT, Atelier national de reproduction des thèses, Thèse à la carte, Paris, 2001, pp 343-344.
In : Michel Traversat, Les pépinières – Etude sur les jardins français et sur les jardiniers & les pépiniéristes, Diffusion ANRT, Atelier national de reproduction des thèses, Thèse à la carte, Paris, 2001, pp 612-615.
In : Histoire et amélioration des pommiers et spécialement des pommiers à cidre ; Auguste Chevalier ; Journal d'agriculture traditionnelle et de botanique appliquée Année 1921, p. 175. In : https://www.persee.fr/doc/jatba_0370-3681_1921_num_1_3_4002
In : Bulletin de l'Association pomologique de l'Ouest, Auteur : Association française pomologique pour l'étude des fruits de pressoir et l'industrie du cidre, Éditeur : L. Caillot (Rennes) Date d'édition : 1925 - in : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5572841f/f21.item#
In : Cahier des charges de l'Appellation d'Origine Contrôlée Cidre du Perche ou Perche - BO n°47 du 19 novembre 2020
In : Cahier des charges de l'appellation d’origine « Cidre du Perche » ou « Perche » homologué par l’arrêté du 28 octobre 2020,JORF du 7 novembre 2020
Bulletin officiel du Ministère de l'agriculture et de l’alimentation n°2020-47
In : Depuis 1988
In : Présidente des Croqueurs de Pommes. Association d’amateurs bénévoles créée en 1978. In : Les fruits de pressoir, Pommes et poires du Perche, Association des Croqueurs de pommes des Collines du Perche, Editions Arthéma, 2008, p.4 - (extrait)
L’aire géographique actuelle du cidre du Perche - code couleur orange, avec l’aimable concours de l’INAO. (en code couleur rouge le PNR du Perche.
Le Perche ornais est le plus représenté dans l’aire, suivi du Perche eurélien et du Perche sarthois
Conclusion
Hormis l’eau qui était le plus souvent impropre, les boissons alimentaires du Perche ont été au commencement l’hydromel et la cervoise puis le vin a complété l’offre suivi de peu par le cidre, le poiré et le cormé qui au sud-ouest du Perche, et dans le Perche ornais jadis intégré à la province du Perche depuis la fin du Moyen-Âge, jusqu’à la Révolution française. Le Petit âge de glace n’a pas permis de maintenir une activité viticole prospère. La cervoise depuis le 12e siècle vint à manquer suite aux ravages des multiples conflits armés et suite aux mauvaises récoltes sous l’influence de petit âge de glace depuis le 13e siècle.
Le développement du cidre chez les voisins normands l’a fait venir jusqu’au Perche par l’intermédiaire des prieurés dépendants des deux grandes abbayes dont celle de Tours à Marmoutier (où on y a bu du vin en 1066) (200 prieurés dont beaucoup dans le Perche) et celle de Saint-Denis à Saint-Cyr-la-Rosière et celle de Soligny-la-Trappe fondée par le Comte de Rotrou suite au décès de son épouse Mathilde fille du roi d’Angleterre en 1120. L’abbaye fut cistercienne dont l’abbaye mère fut Clairvaux depuis le 12e siècle et ce sont les moines du Breuil-Benoit, près de Dreux (Perche) qui s’y installèrent les premiers. La boisson traditionnelle des moines de Clairvaux[1] (abbaye mère) pendant un demi-siècle, bien après leur fondateur fut le vin qu’ils ont fini par cultiver avec talent à leur endroit. Mais qu’en fut-il à Soligny la Trappe ? (Moines cisterciens de 1147-1660). On sait que plus tard les trappistes lancèrent la fabrication de la bière.
« Concernant le comte Eudes Ier de Blois, il rétablit l’observance bénédictine en faisant appel à saint Mayeul et à treize religieux de Cluny. Mais Marmoutier garda son indépendance vis-à-vis de Cluny. C’est après cette restauration que fut peu à peu constitué, grâce à des restitutions, des dons et des achats, l’un des plus vastes patrimoines monastiques du moyen âge. Des moines furent chargés d’occuper et de mettre en valeur les possessions de l’abbaye. C’est ainsi que furent créés, aux 11e et 12e siècles, des prieurés qui bénéficièrent d’une organisation méthodique de plus en plus poussée. [2]»
Les pommiers et les poiriers se sont donc installés à ces endroits avant qu’ils soient plantés en quantité dans les cours et vergers des manoirs, à la fin de la guerre de Cent Ans dans le périmètre actuel de l’aire géographique du cidre du Perche.
Les fermiers ont adopté ce breuvage qui s’adaptait très bien sur ce territoire du nord-est du Perche sarthois, ornais et du Perche eurélien au nord-ouest et nord-est et pas dans le Perche vendômois qui comme le sud du Perche sarthois avaient encore l’usage d’une boisson prisée : le cormé, le poiré, le vin.
Les savoirs des maitres semeurs du Mans ont permis d’améliorer la culture et la taille de ces fruitiers tout comme la qualité de ce « vin de pomme ». Le 19e siècle fut la grande période qui permis au cidre de se développer sous les encouragements des Sociétés d’Agriculture, d’Horticulture puis l’association de Pomologie de l’Ouest dans laquelle siégeait des représentants de ce territoire.
Ce fut l’époque où les pomologues ont inventorié les variétés anciennes ou en péril.
Au retour de la première guerre mondiale les soldats survivants ayant bu plutôt du vin, qui était dans leurs rations a eu pour conséquence d’un recul du cidre comme boisson alimentaire, d’autant que les vergers étaient au plus mal après ce conflit par leur manque d’entretien.
L’après seconde guerre mondiale a fait chuter la consommation du cidre surtout en ville après l’exode rural, s’en suivi l’arrachage des pommiers, le remembrement, l’arrivée de l’eau potable au robinet des ménages. Les cidres industriels n’ont pas réconcilié les habitués avec le cidre de terroir d’autant que le vin et la bière sont devenues de nouvelles habitudes alimentaires.
Le cidre du Perche a connu une double influence, celle de la connaissance par le Perche sarthois au 16e siècle et une influence par le Perche ornais devenu normand après la Révolution française au moment de l’âge d’or du cidre de 1830 à 1939. C’est la société de Pomologie de l’Ouest qui en a été le maître d’œuvre auquel les Perche ornais, sarthois, eurélien et vendômois étaient rattachés, de sorte que c’est l’acticité cidricole (cidre, poiré et cormé) qui après la Révolution française a dessiné le Perche dans sa globalité actuelle en considérant le Perche ornais, sarthois, eurelien et vendômois comme nouvelle identité territoriale assumée en dépit de limites départementales, régionales, religieuses et autres qui le fragmentent.
Mais ce fut sans compter sur les passionnés de ce breuvage qui ont relevé les manches, arpenter le territoire à la recherche des variétés locales et anciennes ce qui permis d’envisager le retour en force de ce breuvage dans le Perche dès la fin des années 1970.
50 ans plus tard, le cidre du Perche a retrouvé sa notoriété grâce à des producteurs motivés et défenseurs de leur patrimoine.
Le cidre, le poiré, le cidre de corme reprennent peu à peu localement des galons ce qui je l’espère étendra l’aire géographique de production et de consommation à l’heure où on peut se poser en France la question si la qualité de l’eau potable peut à terme être mise en danger à cause des polluants PFAS et intrants (pesticides) que l’on retrouve peu à peu désormais dans les nappes phréatiques du moment où on les cherche par des analyses.
Le cidre du Perche reste à défendre comme tous ces voisins normands et bretons qui le produisent comme cidre de terroir labélisé.
Vous découvrirez ainsi ce qu'est à nos yeux le Perche vendômois, sarthois, ornais et eurélien dans lequel pourraient s'épanouir une activité cidricole durablement
Conception Collectif Corblin-Levaillant d'après une idée originale de Romane Riault 2025 ;
Edition Ecomusée du Perche 2026
1 - La domestication des fruitiers
Dès le Néolithique, l'homme commence à cultiver les arbres fruitiers en sélectionnant les sujets les plus productifs. La greffe, découverte plus tardivement, permet ensuite d'améliorer les variétés. Les hybridations naturelles génèrent une grande diversité de races fruitières. Le pommier, le poirier et le cormier (Caucase) se diffusent de l’Asie vers l'Europe, leur culture est attestée par les auteurs antiques (Théophraste, Strabon , Pline, Varron).
2 - Apparition du cidre (6e–11e siècle)
Selon le botaniste Auguste Chevalier (1921), le cidre est né dans le nord-ouest de l'Espagne (Asturies, Cantabrie), hors de l'influence romaine, hormis les basques, grâce à l'hybridation du Malus silvestris européen avec des pommiers venus d'Orient. Ces pommes - amères, acides ou douces constituent la base du pommier à cidre. Les marins basques, qui embarquaient déjà leur cidre au 6e siècle comme remède contre le scorbut, sont les premiers à en transmettre le goût aux marins normands de Dieppe.
3 - le verger et le pomarium s’imposent dans les abbayes
Les abbayes jouent un rôle majeur dans le développement de la culture des pommes et poires à couteau. A partir du VIe siècle et jusqu’au X1e siècle, de nombreuses abbayes se développent, notamment celles de Jumièges en Normandie (654), celle de Marmoutier en Touraine, celle de Saint-Denis (Ile de France) (639). Ces établissements fondent ensuite de nombreux prieurés dans le Maine et le Perche, contribuant à la diffusions des savoir-faire arboricoles. Dès le VIIe siècle, cette dynamique favorise l'essor de la culture des pommiers et des poiriers à couteau, ainsi que, peut-être déjà à l'époque carolingienne sous Charlemagne, celle du cormier.
4- La diffusion du cidre venu d’Espagne vers la Normandie, vers la Bretagne et l'Angleterre
Auguste Chevalier [1921] rapporte que dès l'époque gallo-romaine, le fond du Golfe de Gascogne était relié à la Normandie et aux îles anglaises par des routes maritimes. Les Basques, à la suite des Romains, ont entretenu des rapports fréquents entre ces destinations : Cotentin avec escale en Bretagne (Lorient et l'Aber-Vrach) et Angleterre Pays de Galles. Au Moyen-Âge, la Biscaye exportait du cidre en Normandie et jusqu'à la Méditerranée.
5 - De l’Italie vers la France au Moyen-Âge, au temps des Croisades
[...] le cidre était connu en Italie au temps où les normands de Sicile l’ont fabriqué lors de leur installation en Calabre au début du 12e siècle. [F. Aubaile-Salenave, 1998] .
Quatre grands foyers de culture du pommier à cidre émergent ainsi : le Nord-ouest de l'Espagne ; la Bretagne (région de Quimperlé) ; le Cotentin (puis reste de la Normandie et l’ouest de la Bretagne) ; le Devon (Angleterre)
6 - Le cidre prend naissance dans l’ouest de la France
Dès le Xe et XI esiècle, les Anglo-Normands du Cotentin introduisent des variétés basques (pommes à cidre, pommes à deux fins), remplaçant un cidre primitif de mauvaise qualité. Les moines normands sélectionnent et acclimatent les variétés, tandis que l'apparition d’un nouveau pressoir à vis révolutionne la production. A partir du XIIe siècle la fabrication du cidre s’étend du Cotentin vers le Bessin, le pays d'Auge, la Bretagne pour suppléer l’effondrement de la cervoise et l’absence des vignes dans les hautes collines du Perche ce qui n’est le cas du Maine et du reste du Perche méridional qui les cultivent.
7- Expansion et structuration (XVe-XVIIe siècles)
La fin de la Guerre de Cent Ans permet au cidre de franchir la Seine et de gagner le pays de Caux, le Perche et ses environs. Au XVIe siècle, des pionniers comme Frère Dany et Pierre Belon codifient l'art de semer et greffer pour diffuser la pomme et la corme afin de remplacer progressivement la cervoise et le vin en déclin depuis le Petit Âge Glaciaire. Dans le Perche, les Du Bellay, les moines et les seigneurs jouent un rôle moteur. Au 17e siècle, les Percherons développent une arboriculture en prairie (prés complantés) - l'ancêtre de l'agroforesterie qui durera jusqu'aux années 1950.
8- Du mitan du 18e siècle au mitan du 20e siècle : l’âge d’or du cidre dans le Perche - Partie 1
1- Au mitan du XVIIIe siècle, l’Atlas Trudaine indique dans le Perche les prémices de la progression du cidre et le déclin de la vigne du nord-est au Sud-est du Perche. Le déclin de la cervoise et de la vigne profite à l’implantation du cidre. C’est à la fin du XVIIIe siècle qu’il est temps de régénérer des variétés anciennes et locales dans l’ouest de la France car la maladie frappe les vergers dont la reproduction des variétés par la greffe atteint ses limites comme l’avait annoncé Olivier de Serres, 150 ans plus tôt.
9- Du mitan du XVIIIe siècle au mitan du XXe siècle : l’âge d’or du cidre dans le Perche - Partie 2
2- Entre 1850 et 1950, le cidre, le poiré et le cormé connaissent leur apogée dans le Perche.
Face à la dégénérescence des variétés anciennes qui avait frappé les vergers, la Société de pomologie de l'Ouest, poursuivant les recommandations de Prévost de Boisguillaume, entreprend un vaste travail de sauvegarde, d’inventaire et de régénération par semis et greffage sur sauvageon. Le Perche s’inscrit dans cette démarche patrimoniale.
C’est à cette époque que le Perche cidricole devient un paysage cohérent et singulier grâce aux fruitiers : pommiers, poiriers et cormiers, du fait qu’ils soient complantés dans les prés-vergers et les labours.
10- Déclin et renaissance
L'après-guerre 14-18 provoque un regain pour la consommation du vin. Le cidre est alors la deuxième boisson alimentaire derrière le vin et devant la bière. L’après guerre 39-45 fait apparaître un effondrement de la consommantion : lutte contre l'alcoolisme, arrivée de l'eau courante. L'exode rural,contribue à l’augmentation de la consommation de la bière, du vin et des sodas ce qui marginalise le cidre.
L'exode rural et la mécanisation entrainent le remembrement et l'arrachage des pommiers.
Renaissance (depuis les années 1990) : des producteurs locaux relancent la filière dans une démarche biologique. Les goûts changent et les consommateurs d’aujourd‘hui reviennent aux produits de terroir. De leur côté les "croqueurs de pommes" remettent en lumière les variétés anciennes et locales du Perche. Tout ceci aboutit à l'obtention d'un label AOC,(2020) - AOP (2022), gage d'un avenir prometteur.